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La Une du n°618
La Une du n° 618

Retro-Rétro – Gouvernance:N°618 du 19 au 25 août 2009

Le drapeau national dans tous ses états
Patriotisme et fierté nationale

Depuis quelques temps, les Burkinabè, toutes catégories confondues, semblent s'être véritablement appropriés leurs couleurs nationales qu'ils arborent fièrement en les mettant bien en évidence dans leurs lieux d'habitation ou de travail et même partout où ils se trouvent. Qu'est-ce qui justifie cette subite "boulimie" ? Un élan patriotique ? En tout cas, voilà un phénomène qui mérite qu'on y jette un regard.

Ce décor féerique peut être observé au rez-de-chaussée de la Grande ChancellerieL’Emblème national flotte fièrement au dessus de l’Hôtel de ville de OuagadougouOn le dit de nature réservé et peu porté à l'extravagance ; d'où vient-il que le Burkinabè soit aujourd'hui devenu quelque peu exubérant avec cette manie de brandir partout son drapeau national ? Aujourd'hui, s'il y a bien un produit qui se vend bien, c'est les couleurs nationales. Plaquées sur n'importe quel support, elles font la marchandise s'écouler rapidement. Ce qui n'est pas pour évidemment déplaire aux commerçants qui peuvent désormais se passer des services de marketeurs. Du reste, beaucoup de jeunes y ont trouvé le parfait filon, devenant revendeurs de petits drapeaux, de fanions, de maillots et autres vêtements et tous autres gadgets aux couleurs nationales. Des articles qu'ils écoulent comme de petits pains surtout quand arrivent des manifestations de grandes envergures telles la fête nationale, la SNC, le SIAO, le FESPACO… et surtout les matchs de football du Onze national, les Etalons ! C'est vrai, le football est un domaine de passion et le chauvinisme ne tarde pas souvent à guider les supporteurs mais on a rarement vu les Burkinabè s'identifier à leur équipe aussi pieusement, pourrait-on dire, en brandissant un des symboles de la nation, le drapeau national. La chevauchée fantastique des Etalons dans les éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010 aura vu cette fièvre de la "Burkinabité" monter d'un cran et atteindre une côte très élevée au match aller contre les Eléphants de la Côte d'Ivoire. Pour ce match capital, joué à guichet fermé, les records de vente de maillots, drapeaux et fanions ont été battus. Il faut dire qu'ils n'étaient pas que Burkinabè à s'acheter et à brandir le drapeau national car on a vu beaucoup d'expatriés le faire avec joie.
A priori donc rien d'anormal à ce que des particuliers utilisent notre symbole commun. C'est même une chose à encourager si elle peut aiguiser le sentiment d'appartenance à une nation.
Au siège du CDP, les deux drapeaux cohabitent Dans ce magasin de vente d’articles chics (sect.15)  l’emblèmeConcernant les institutions étatiques, nos couleurs nationales devraient flotter à l'entrée des bâtiments même par temps de pluie, d'orage et autres intempéries ! Mais qu'en est-il des structures privées ou des organisations partisanes ? La question est d'intérêt d'autant qu'on ne comprend pas toujours pourquoi par exemple des établissements de commerce n'appartenant pas souvent à des Burkinabè ou encore des partis politiques usent du drapeau national. En l'espèce, le dernier congrès ordinaire du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) a vu l'utilisation du drapeau national aux côtés de celui de ce parti politique ; ce qui a intrigué certaines personnes qui se sont posé la question de savoir si le parti de "l'épi et de la daba", comme tout autre parti politique, avait le droit d'utiliser nos couleurs nationales lors de cérémonies partisanes. D'aucuns de faire un rapprochement avec l'interdiction faite aux partis politiques par des textes réglementaires d'utiliser les symboles nationaux tels les images des héros de la nation comme éléments constitutifs de leurs emblèmes.
Cette interrogation, nous n'avons pas manqué de la répercuter au président du CDP à la conférence de presse que ce parti a animée avec les nouveaux membres de son bureau exécutif national juste après la clôture du congrès et de lui demander si ce fait ne venait pas confirmer les propos de ceux qui affirment que le CDP est un parti-Etat.
Pour le président du CDP, Roch Marc Christian KABORE, il n'en est rien (extrait de sa réponse) : "Non, je pense que l'utilisation du drapeau national ne signifie pas que le CDP est un parti-Etat. Le drapeau national pour nous c'est le signe de notre identité et de notre fierté. Et comme je le dis, vous voyez très bien que, aujourd'hui pour développer cette fierté et cette appartenance au Burkina-Faso, beaucoup d'automobilistes ont mis dans leur véhicule des drapeaux. Donc de ce point de vue-là, je ne vois pas pourquoi le CDP ne peut pas utiliser le drapeau. Mais par contre, nous disons qu'au niveau des élections, ceux que nous avons désignés comme des héros nationaux sont un patrimoine national. Nous n'avons pas dit que le drapeau est une propriété du CDP. C'est une propriété de tout le peuple burkinabè. Nous avons tenu, à cette cérémonie, à témoigner de cette fierté en tant que CDP, d'être des Burkinabè et c'est ça que nous avons tenu à manifester".
Ainsi donc, pour tous, l'utilisation des couleurs nationales est une manière d'exprimer sa fierté d'être Burkinabè et pour les expatriés une façon de montrer leur amitié, leur solidarité avec le peuple du Burkina Faso. Pour satisfaire ce besoin de disposer des couleurs nationales, les artistes-créateurs ne manquent pas d'imagination dans la mise en valeur de ces couleurs. En effet, divers sont les articles proposés : des chapeaux, des habits, des chaussures, des para-pluies etc., frappés aux couleurs nationales. Cependant, il nous a été donné de voir que ce n'est pas partout que le rouge-vert étoile dorée est respecté. Des drapeaux en lambeau, aux couleurs ternes, flottent à certains endroits pourtant hautement stratégiques. Les responsables de ces lieux, surtout administratifs, gagneraient à corriger la situation. L'emblème national est sacré et ne doit pas être objet d'une quelconque forme de négligence ou de banalisation.o.o

Angelin DABIRE (stagiaire)

Le 4-Août 1984 : une date qui devrait faire l'unanimité

Il y a des dates dans l'histoire de tout peuple qu'on ne peut effacer tellement elles renferment des symboles communs. Est de celles-là et concernant notre pays, le 4-Août 1984. Voilà en effet une date qui devrait faire l'unanimité ou tout au moins un large consensus des Burkinabè quant à sa signification, la charge historique qu'elle porte à l'image du 14 juillet 1789, date de la prise de La Bastille considérée comme le symbole de la Révolution française.
Même si ce n'est qu'en 1880 qu'une loi a été prise instituant le 14 juillet fête nationale de la France, les Français se sont retrouvés sur l'essentiel à savoir que cette date est importante pour toute la Nation et mérite, de ce fait, d'être gravée dans les annales de leur histoire. Chez nous ici, au Burkina Faso, le 4 août 1984 qui marque le 1er anniversaire de la Révolution démocratique et populaire (RDP), plus que toutes autres dates, constitue à n'en pas douter le point de départ d'une autre histoire de notre pays. En effet, c'est à cette date que le pays a changé de nom pour devenir Burkina Faso. De même, il a changé d'hymne national passant de la "Fière Volta" au "Ditaniyé" et aussi d'emblème. Pour tous ces faits qui marquent un renouveau historique, cette date doit figurer en bonne place dans l'histoire de notre pays. Indépendamment des chapelles politiques et des humeurs des uns et des autres, il nous faut assumer notre histoire, un patrimoine commun qui, quoi qu'on en dise, a semé les graines qui impriment un visage à notre avenir. C'est vrai qu'aucune histoire de peuples n'a été un fleuve tranquille ; les heurts sont des faits dont elle ne peut être exempte mais c'est aux hommes et femmes de ces peuples à savoir s'entendre sur ce qui les oblige à vivre ensemble. Voilà pourquoi il faudrait aux Burkinabè artisans, partisans ou non partisans de la RDP, taire leurs divergences quant à la portée politique de cette date et ne s'en tenir qu'à cette historique pour notre peuple qui ne souffre d'aucune ambiguïté. Y a-t-il seulement un avenir ou un devenir pour celui qui ignore ou réfute son passé ?

Angelin DABIRE (stagiaire).

Des utilisateurs et vendeurs s’expriment

Antoine KOUAKOU, président de l'association cadres-UA (Gounghin)
Pourquoi ce fanion aux couleurs nationales en évidence sur votre bureau ?
A.K :
L'emblème représente les couleurs de l'Etat du Burkina Faso et comme nous sommes au Burkina Faso, j'ai donc mis le drapeau du Burkina Faso. C'est pour indiquer notre patriotisme à l'Etat du Burkina. Je crois que ce sont ces couleurs qui doivent montrer notre appartenance au panafricanisme. Ce sont les couleurs et les valeurs sûres de notre continent pour ne pas dire du Burkina Faso. Il faut aujourd'hui être fier d'être dans un Etat comme le Burkina Faso. C'est une fierté pour moi.

Hamadou DIABATE, grilleur de viande au sein d'un groupe
Pourquoi vous êtes tous habillés aux couleurs nationales ?
H.D :
Ici on vend de la viande grillée, et tous les grands viennent manger ici. Donc il faut être propre quand on fait à manger pour les gens.

Mais vous êtes joliment habillé aux couleurs nationales. Pourquoi ?
H.D :
C'est parce que nous sommes Burkinabè et nous sommes des supporteurs des Etalons. Donc des fois, on s'habille tous comme ça.

Où les avez-vous payés et à quel prix ?
H.D :
Nous les avons payés au marché à 2000F l'unité. C'est pas beaucoup cher parce que ce n'est pas les vrais maillots. On fait avec ce qu'on peut.

Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?
E.S.D :
Moi c'est Emile Stanislas DABIRE à l'état civil, gérant du maquis "Gazoil" à la Patte d'oie.

Pourquoi le drapeau national dans un maquis ?
E.S.D :
Je suis né au Burkina Faso et j'aime ma patrie. Les couleurs nationales reflètent l'image de nos pays au plan national. Je suis un patriote et fier de mon pays.

Est-ce que vous n'avez pas de problèmes avec certains de vos clients qui peut-être ne comprennent pas votre attitude ?
E.S.D :
Non ! jamais ! Ils sont contents de voir ça. Je pense qu'il faut même faire une grande promotion des drapeaux. Il faut que ça soit partout. Les maquis se trouvent ici au Burkina. Je peux donc mettre le drapeau national pour exprimer mon patriotisme. Voyez-vous même, il a de très belles couleurs, pourquoi le cacher ? Le drapeau montre que les gens ont un amour pour leur pays, qu'ils se battent pour son développement.

Yasya SAWADOGO
Pourquoi portez-vous ce chapeau à nos couleurs nationales?
Y.S :
C'est la couleur nationale qui me plait beaucoup sur le chapeau, c'est pour cela que je porte ce chapeau. C'est pour montrer que je suis fier de mon pays.

A combien avez-vous acheté ce chapeau ?
Y.S :
Je l'ai acheté à 2000 F au marché le jour du match Burkina-Côte d'Ivoire.

Soumaïla TIENDREBEOGO (conducteur de véhicule)
Pourquoi ce drapeau accroché au rétroviseur interne de votre véhicule ?
S.T :
En tant que Burkinabè, je suis fier de mettre le drapeau devant mon véhicule. Par ça, je me fais remarquer là où je vais.

Boureima SAWADOGO (revendeur de fanions aux couleurs nationales)
Est-ce que ces drapeaux que vous vendez sont bien payés ? ça marche ?
B.S :
Oui ça marche un peu.

Pourquoi avez-vous choisi de vendre des drapeaux et pas autres choses ?
B.S :
Y a pas de solution c'est pourquoi je vends ça.

A combien les vendez-vous ?
B.S :
A 500F CFA

Comment vous les gagnez ?
Certainement soupçonné et craintif il dit maintenant ne pas bien comprendre français et ne dira plus rien malgré nos relances.

Abdoul Salam OUEDRAOGO (ASO), revendeur de fanions aux couleurs nationales 36 ans)
Pourquoi vous vendez nos couleurs nationales ?
A.S.O :
C'est parce que les gens aiment ça qu'on vend. Ça nous encourage beaucoup. Les gens aiment leur pays et achètent les drapeaux.

Est-ce que ça se vend bien ?
A.S.O :
Ça marche un peu un peu. On peut pas dire que ça marche très très fort. Mais dans la semaine on peut gagner un peu d'argent.

Combien vous pouvez avoir dans la semaine ?
A.S.O :
Le maximum qu'on peut gagner ? Ça on ne le sait pas. Vous voyez non ? (cherchant visiblement notre compréhension).

Vous les gagnez comment pour les revendre ?
A.S.O :
On paie chez d'autres personnes pour revendre.

Ces personnes les gagnent où ?
A.S.O :
A Lomé.

Sayouba ILBOUDO (S.I) vendeur de casquettes aux couleurs nationales)
On voit de belles casquettes avec les couleurs du Burkina là-dessus. Pourquoi vous les vendez ?
S.I :
Nous on les trouve au marché et nous aussi on les achète pour les revendre. On gagne aussi notre "mangé" dans ça.

Est-ce que ça marche ?
S.I :
Un peu. On prie Dieu seulement.

Combien pouvez-vous avoir dans la semaine ?
S.I :
C'est Dieu qui pourvoit à tout.

Où les gagnez-vous ?
S.I :
Au marché.

vous les payez à combien ?
S.I :
1 250 FCFA pour les revendre à 1 500 ou 2 000F CFA si on s'entend sur le prix j'encaisse.o

Angelin DABIRE (stagiaire)

Rigobert SEMDE, administrateur civil, Secrétaire général de la Grande Chancellerie des Ordres burkinabè
vous devez être fier de votre pays et le montrer en arborant le drapeau à tout moment

Rigobert SEMDEL'utilisation populaire du drapeau national suscite pas mal d'interrogations. En effet, sous diverses formes ou imprimées sur divers supports, les couleurs nationales sont omniprésentes dans l'univers des Burkinabè. Zèle patriotique ou effet de mode ? En tout cas la réalité est là ; et il y a à savoir si cet usage populaire est autorisé. En cela, la Grande Chancellerie des Ordres burkinabè par l'entremise de son Secrétaire général, M. Rigobert SEMDE, nous apporte un éclairage à travers cette interview à nous accordée. Lisez plutôt.

Pouvez-vous nous faire un bref historique, au niveau mondial, des couleurs nationales ?
Rigobert SEMDE (R.S) :
Merci tout d'abord de me donner la parole. L'origine universelle du drapeau remonte depuis la préhistoire. En effet, à cette période, les chefs de tribu tenaient de longs bâtons ornés d'emblèmes divers qui servaient de ralliement qu'on appelait "vescatie". Ensuite, avec l'intervention de la soie en Chine, on vit apparaître peu à peu des bannières aux multiples couleurs. L'avantage des bannières était leur grande visibilité à distance. Les premiers drapeaux nationaux de l'univers remontent seulement à la fin du 18e siècle.

Qu'en est-il pour ce qui est du Burkina Faso ?
R.S :
Chez nous au Burkina, le drapeau voltaïque de l'époque est né avec l'indépendance de notre pays. Il était conçu de trois bandes horizontales d'égales dimensions respectivement de couleurs noire, blanche et rouge. Couleurs en références aux trois Volta (cours d'eaux) de l'époque. La première emblème nationale burkinabè, le drapeau actuel, a hérité de la Révolution démocratique et populaire déclenchée le 4-Août 1983.
C'est le symbole le plus présent, le plus visible dans la vie quotidienne des citoyens. Le drapeau est déployé dans la plupart des cérémonies officielles civiles ou militaires, les établissements publics, les casernes, les démembrements de l'Etat, les écoles, etc ; il flotte sur les édifices du gouvernement où s'exerce l'autorité de l'Etat. L'emblème national est de couleurs rouge et verte avec une étoile jaune or au milieu. Ces couleurs ont une signification que vous pourrez voir dans le dépliant (NDLR : document mis à votre disposition).

Des citoyens utilisent massivement ces derniers temps l'emblème national. Est-ce légitime et légal ?
R.S :
Vous avez tout à fait raison. On voit ces derniers temps un engouement de tous les citoyens dans l'utilisation du drapeau. Mais ce n'est pas seulement le fait de notre pays où les citoyens très contents de leur patrie utilisent l'emblème national qui est le drapeau. Cela s'explique par une certaine joie de se réclamer citoyen d'un pays et d'arborer ses couleurs. Cependant, il y a une nuance à faire. Vous savez, lorsque vous-vous promenez devant les édifices officiels tels l'hôtel de ville, le Premier ministère, les casernements et autres installations de l'armée, la police, etc. vous allez voir flotter le drapeau et cela est très bien. Lorsque vous approchez les autorités responsables de ces édifices et structures, vous saurez que ces drapeaux ne sont pas arborés n'importe comment. La fabrication de ces drapeaux obéit à des normes et à des dimensions réglementaires et ça, c'est contrôlé. Par contre, il y a aussi une utilisation anarchique du drapeau dans le pays et là, c'est difficile à contrôler parce que cela n'obéit pas à des normes, en tout cas, à une réglementation. Les gens, parce qu'ils sont très contents, parce qu'ils veulent exprimer leur patriotisme, vont voir des fabricants, à l'intérieur et même à l'extérieur du pays, qui ne sont pas agréés, pour se faire fabriquer le drapeau. Vous verrez cela car ces drapeaux sont massivement utilisés pendant de grands évènements comme les grands matchs. C'était le cas lors du récent match, Burkina-Côte d'Ivoire. Dans ces situations-là, les citoyens utilisent de façon massive le drapeau et là, ça échappe à tout contrôle administratif. C'est même difficile pour l'Etat de mettre en place une cellule ou une structure chargée du contrôle des dimensions utilisées pour la fabrication de ces drapeaux. En tout état de cause, il faut aussi permettre aux citoyens de manifester leur joie et leur appartenance au pays. C'est pour ne pas justement réprimer le citoyen dans l'expression de son sentiment patriotique que l'utilisation de ce type de drapeau est tolérée et n'est pas sanctionnée.
Mais n'empêche qu'il faut accompagner et encadrer l'utilisation faite du drapeau national par les citoyens. Cette utilisation doit se faire dans le respect de l'emblème qui représente le pays. Cet usage ne doit aucunement être source de moquerie ou de négligence. Si l'emblème national doit obéir en tout cas à certaines dimensions, nous disons aussi qu'il faut encourager le citoyen à arborer les couleurs nationales.

Est-ce que les partis politiques peuvent aussi utiliser l'emblème national lors de certaines de leurs manifestations ?
R.S :
Oui, c'est comme je l'ai dit tantôt. Il faut distinguer deux sortes d'utilisations. Lorsque le drapeau national est utilisé pour des cérémonies officielles, cela obéit à des normes et à des règles précises, à un cérémonial précis. Mais lorsque le drapeau est utilisé par les citoyens pour exprimer leur joie, on ne peut plus contrôler. Comment envoyer la police contre des citoyens qui défendent les couleurs de leur pays ? Aux Etats-Unis par exemple, le drapeau est utilisé d'une façon vraiment plurielle : en chapeau, en chemise, en pantalon… Ici, lors des matchs, on voit des gens qui se badigeonnent aux couleurs nationales ; il y en a qui habillent leurs vélos, leurs mobylettes, leurs chevaux aux couleurs nationales. Tout ça fait éclater la joie et surtout la fierté d'appartenir à la même nation qui est le Burkina Faso. Il ne faut pas réprimer le citoyen pour cela mais plutôt le sensibiliser sur le fait qu'il ne doit pas utiliser le drapeau comme un torchon ou un élément vulgaire. Non, le drapeau national est sacré et tout le respect doit prévaloir dans son utilisation. C'est sous ce drapeau que tous les Burkinabè se reconnaissent et c'est ça qui fait la Nation.

A vous entendre parler, on dirait que les administrations ont une obligation de mettre les couleurs nationales devant, par exemple, leurs édifices ?
R.S :
Bien sûr ! Les administrations ont une obligation de mettre le drapeau devant leurs édifices. Vous voyez le drapeau qui flotte au Premier ministère, à la Mairie, dans les Hauts-commissariats et autres bureaux de l'Administration, dans les écoles ou les commissariats de police... C'est en tout cas une obligation et il faut encourager l'utilisation du drapeau à tout moment. C'est souhaitable qu'on monte le drapeau au travail à 7 h et que le soir à la descente, on descende le drapeau ; c'est ce qui est recommandé. Les édifices publics doivent arborer le drapeau national pour que l'on sache que c'est un édifice officiel, public, qui défend l'intérêt général.

Est-ce la Chancellerie qui dispose de ces drapeaux pour les mettre à la disposition d'éventuels acquéreurs ?
R.S :
Oui ! La Grande chancellerie dispose effectivement du monopole de la fabrication de ces drapeaux. Nous avons en tout cas des fabricants agréés qui respectent les dimensions prescrites. Nous vendons même les drapeaux, mais, le fruit de toutes ces ventes revient au Trésor public parce que c'est pour l'Etat. Si par exemple vous voulez commander un drapeau, vous venez à la Grande chancellerie et vous désignez la quantité que vous voulez. Nous on se fait le plaisir de saisir le fournisseur qui la livre. Nous vous la vendons et l'argent est reversé au Trésor public.

Quel est le coût d'un drapeau?
R.S :
Je n'ai pas une idée exacte des prix, mais, je vais vous envoyer chez notre régisseur qui va vous donner les détails des prix officiels fixés par décret présidentiel. Il n'est donc pas donné à n'importe qui de les vendre comme il veut. Les prix sont fixés et contrôlés. (NDLR : nous apprendrons chez le comptable que les prix vont changer dès le retour de vacances des ministres parce qu'un décret a été préparé dans ce sens. L'intéressé il nous a donc conseillé de ne pas publier des prix qui deviendront très bientôt caduques).

Quelle est la politique de la Chancellerie pour amener les administrations à se doter de nos couleurs nationales ?
R.S :
Monsieur le Grand chancelier des Ordres burkinabè, le Colonel Mamadou DJERMA, est plusieurs fois sorti à la rencontre des différents responsables des administrations pour les inciter à arborer le drapeau ; d'abord, au niveau de leur édifice et ensuite, au niveau des cérémonies officielles. Cela a pour avantage d'attirer l'attention du citoyen sur la défense de la patrie. Que vous soyez journaliste, juge, enseignant, etc., vous devez être fier de votre pays et le montrer en arborant le drapeau à tout moment. La politique finalement de monsieur le Grand chancelier des Ordres burkinabè, c'est d'encourager tous les citoyens, même en privé, à arborer nos couleurs nationales. Vous pouvez même fixer le drapeau burkinabè devant votre porte, toute chose qui montre que vous aimez votre pays.

Un dernier mot Monsieur le Secrétaire général ?
R.S :
Je suis très content que vous journaliste vous, veniez à la source, à la Grande chancellerie pour comprendre comment on peut utiliser le drapeau et parler surtout de ce que vous voyez sur le terrain. Cela m'a permis de vous faire ressortir deux situations différentes de l'utilisation du drapeau dont celle officielle et celle populaire. Je pense que ces éclaircissements étaient nécessaires parce que ça pouvait prêter à confusion. En effet, ce drapeau étant utilisé n'importe comment, à n'importe quel moment et par n'importe qui il faut faire la distinction entre l'envie qu'on a de faire éclater sa joie pour son appartenance patriotique pour le pays parce qu'on aime son pays et l'utilisation officielle de notre emblème qui est, elle, réglementée.o

Angelin DABIRE (stagiaire)

Emblème du Burkina Faso

L'Emblème du BURKINA FASO est un drapeau bicolore (rouge et vert), divisé en deux bandes horizontales de dimensions égales.
Le centre du drapeau est frappé d'une étoile jaune / or à cinq branches.
La ligne reliant sa pointe supérieure à son point central est perpendiculaire à la ligne de jonction des deux branches du drapeau.
La branche centrale de l'étoile ainsi que des deux branches latérales supérieures sont placées dans la bande rouge du drapeau et ses deux branches inférieures dans la bande verte ;
Le diamètre du cercle reliant ses pointes est égal au tiers (1/3) environ de la largeur du drapeau.

Dimensions courantes
A. Longueur : 1,20 m ; 1,50 m ; 1,80 m ; 2,40 m ; 3,00 m
B. Largeur : 0,80 m ; 1,00 m ; 1,20 m ; 1,60 m ; 2,00 m
C. Centre du drapeau : 0,60 m ; 0,75 m ; 0,90 m ; 1,20 m ; l,50 m
D. Diamètre du cercle dans lequel est circonscrite l'étoile : 0,27 m ; 0,34 m ; 0,40 m ; 0,54 m ; 0,67 m

Signification des couleurs
ROUGE : Il symbolise le sang versé hier, aujourd'hui et demain par les martyrs de la REVOLUTION pour en assurer la victoire. Par extension, il représente tous les sacrifices du peuple Burkinabé
VERT : C'est le symbole des diverses richesses agricoles de notre peuple. Il symbolise par extension l'abondance qui fera le bonheur de notre peuple.
ETOILE JAUNE : Guide idéologique de la révolution Démocratique et Populaire dans sa marche radieuse.

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