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La Une du n°618
La Une du n° 618
Lettre de l'Editeur :N°618 du 19 au 25 août 2009

Un consensus est-il possible ?

Comme certains aiment à citer le président américain Barack OBAMA, citons-le aussi pour dire que la question est si sérieuse que nous devrions éviter de discuter les uns contre les autres mais les uns avec les autres et surtout de discuter sur des faits et non sur des informations erronées ou volontairement travesties pour servir des intérêts politiciens. Il n’aurait certainement pas dit autre chose au regard des propos de certains et de la mauvaise foi dont ils usent en se drapant du manteau d’acteur de la société civile.

Maintenant que la fièvre du scoop est plus ou moins tombée et que la realpolik est en train de prendre le pas sur les plans tirés sur les comètes par certains, il est peut-être temps, de revenir aux vrais sujets, ceux qui intéressent ce pays, son présent, son avenir. Il faut dire qu’aussi incongru que cela puisse paraître, pendant quelque temps il y a eu un tel mélange de genres et de reniement qu’on a eu l’impression d’un film surréaliste dans lequel les acteurs étaient appelés à jouer le contraire de leurs rôles. C’était à y perdre son latin même s’il est vrai que dans ce bas monde rien ne devrait plus surprendre.
Toujours est-il que le tsunami annoncé a tourné à la tempête dans un verre d’eau laissant de nombreux analystes et observateurs groggy et forts dépités comme des enfants devant le tas informe de cartes de ce qui était le château qu’ils avaient eu toutes les peines du monde à bâtir.
Tournons donc la page, tout en gardant néanmoins « un œil ouvert » sur ce feuilleton qui a tourné court, car de toute évidence, son dernier épisode n’est pas encore écrit. Toutefois, en dépit de toutes les réserves de prudence, on peut faire confiance au CDP et en sa capacité à gérer et à maintenir la situation dans des proportions acceptables et de confirmer encore qu’ « un grand n’est pas un petit ». Dans ce sens, à notre humble avis, il faudrait commencer par remettre l’ouvrage sur le métier. Il le faut d’autant plus que sur le sujet principal, la révision de la Constitution, ça vole dans tous les sens et çà s’exprime sur tous les tons, chacun y allant de ses petites phrases et de ses démonstrations « scientifiques » apportant encore une fois de plus la preuve que dans ce pays aucun sujet n’est tabou. Surtout pas celui-ci et toutes ses implications, contrairement à ce qu’on voulait nous faire croire. En effet, si sa seule évocation donnait de l’urticaire à certains, il semble que ce n’est plus le cas et c’est tant mieux car notre Constitution a vraisemblablement besoin d’un coup de lifting pour répondre au mieux aux aspirations actuelles de notre peuple, de ses principaux acteurs politiques et de sa société civile. Il faut néanmoins noter que le débat se situe pour le moment, au niveau des deux derniers, chacun n’hésitant pas à se faire le porte-parole du premier comme s’il avait besoin de cette caution pour se convaincre de ses propres arguments.
Si tout le monde ou presque est donc volontiers partant pour une révision, on est loin de faire les mêmes rêves. C’est peu dire puisque certains acteurs se perdent en des conjectures sur les opinions des autres au lieu de travailler à convaincre que les leurs sont les meilleures. De là à croire qu’ils n’y croient même pas eux-mêmes, il y a un pas que nous ne franchirons pas même si nous attendons toujours leurs fameux arguments pour nous faire une idée définitive sur les rêves qu’ils nourrissent pour ce pays. En effet, le hic est que nombre d’entre eux veulent qu’on les croie sur parole, si ce n’est qu’on leur accorde le bon Dieu sans qu’il n’ait besoin de se confesser, alors que dans le même temps, ils n’hésitent pas à se proclamer athées ! N’est-ce pas nous demander un peu plus que nous ne devrions raisonnablement donner ? Il faudrait peut-être qu’on s’accorde pour demander à chacun de montrer pattes blanches. Ce n’est pas trop demander à ces honorables personnalités, compte tenu de l’importance du sujet et des jugements de valeurs dont elles se permettent quelquefois sans aucune nuance.
En fait, ce qui gêne ce n’est pas la vision que chacun pourrait avoir, mais l’incapacité à écouter les autres et à examiner leurs arguments sans a priori, ni condescendance. C’est un préalable important et qu’il faut résoudre sinon le débat risque de tourner en des joutes oratoires entre des camps opposés œuvrant à s’exclure mutuellement. Comme certains aiment à citer le président américain Barack OBAMA, citons-le aussi pour dire que la question est si sérieuse que nous devrions éviter de discuter les uns contre les autres mais les uns avec les autres et surtout de discuter sur des faits et non sur des informations erronées ou volontairement travesties pour servir des intérêts politiciens. Il n’aurait certainement pas dit autre chose au regard des propos de certains et de la mauvaise foi dont ils usent en se drapant du manteau d’acteur de la société civile. Dans un tel contexte il sera difficile de parvenir au consensus national indispensable à une révision qui prendrait en compte les aspirations de tous les segments de la société. Or à ce jeu le perdant serait la nation entière car, la victoire d’un camp sur un autre ou les autres serait préjudiciable à ce consensus. C’est le challenge que le pouvoir doit relever tout en sachant que ses adversaires les plus dangereux ne viendront pas forcément d’en face (opposition) mais d’horizons censés être moins partisans ou plus enclins à aller dans son sens et à accepter des compromis.
Comparaison n’est certes pas raison, mais ce qui se passe chez les autres devrait nous enseigner. Pour qu’il y ait un débat national et un consensus national, il faudra qu’on discute ensemble et non les uns contre les autres. C’est une condition sine qua non et on ne pourra pas y couper. C’est vrai que cela implique l’éducation de chacun mais l’un dans l’autre on devrait pouvoir arriver à minimiser les nuisances de ceux-là qui ont de réels progrès à faire à ce niveau au vu de leur propension à tancer les autres et à les déconsidérer pour le seul fait qu’ils ne partagent pas leurs opinions. Il ne faudra pas donc tomber dans le jeu de tels individus qui, manifestement ont d’autres agendas à mettre en œuvre que ceux qui intéressent les populations qu’ils ne se gênent d’ailleurs pas de traiter de tous les noms d’oiseaux, oubliant le temps de leurs anathèmes qu’ils prétendent défendre les intérêts de ces mêmes populations. On s’étonne aussi de les entendre décrire ce pays comme en crise aiguë et se plaindre qu’on soutienne le contraire tout en souhaitant une révision de la Constitution. A les croire, les deux faits seraient antagoniques et il ne pourrait y avoir de révision constitutionnelle que dans les situations de pays en crise ! C’est à croire qu’ils ont traversé la cour de l’université en courant ! Et pourtant !
C’est dire que le ridicule ne tue pas lorsqu’à un certain niveau d’intelligence pour ne pas dire d’intelligence certaine, on croit pouvoir se passer du bon sens populaire. A tout le moins, ils sont beaucoup plus à plaindre qu’à condamner car l’histoire se fait toujours sans eux puisqu’ils se retrouvent presque toujours à aboyer pendant que la caravane passe. Certains de ces personnages feraient mieux de redescendre de leur piedestral. Ils s’apercevront qu’ils ne sont qu’eux-mêmes et tout eux-mêmes. Ni plus, ni moins ! Et ici comme ailleurs !o

Cheick AHMED
ilingani2000@yahoo.fr

 

 

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