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La Une du n°618
La Une du n° 618
RETRO-SPORTS :N°618du 19 au 25 août 2009

Ministère des Sports-Fédération burkinabè de football
Des relations à cache-cache

Le football burkinabè connaît en ce moment des résultats mitigés. Les Etalons seniors permettent d’entretenir l’espoir, mais on ne peut pas dire de même des autres composantes du sport qui peinent à s’affirmer. Si on ajoute les relations à deux vitesses entre le Ministère des Sports et la Fédération cela mérite bien une analyse.

Le sport en général et le football en particulier est un puissant moyen de mobilisation et de cohésion sociale, de même qu’il est un vecteur économique incontournable. Des pays comme le Brésil, pour ne prendre que cet exemple, ont fondé leur réputation sur le talent de leurs footballeurs. Aucun pays ne peut revendiquer le palmarès du pays de Edson Arantes DOS NACISMENTO dit Pélé et de Roberto DANTON, l’ex-coach des Etalons cadets. On estime à plus de trois mille le nombre de joueurs brésiliens évoluant à travers le monde. Ils rapportent à leur pays plus d’un milliard d’euros par an.
Le Burkina, bien entendu, ne peut pas pour le moment prétendre à une telle manne. Le chemin parcouru par notre football est encore trop court. Son football est loin d’être dénué d’atouts pour jouer un jour dans la cour des grands, tout est une question de travail.
Seulement un grand football ne se construit pas sur la base de faux-fuyant ou des accusations sans fondements. L’organisation du football au Burkina est calquée sur celle fédération internationale. La FIFA créée en 1904 est la structure faîtière du football mondial. Elle décide de tout dans le domaine du sport roi. L’Afrique a mis en place sa confédération (CAF) en 1957. Elle est le répondant de la FIFA sur le continent. Dans chaque pays, c’est la fédération qui est le dépositaire du foot. Au niveau international, on désigne les fédérations sous le nom d’associations nationales. La FIFA est d’ailleurs une fédération des associations nationales de football. Les structures dirigeantes du football par essence sont indépendantes. La FIFA ne s’adresse jamais aux Etats dans ses rapports. Si le Burkina veut, par exemple, organiser une compétition c’est la fédération qui adresse la candidature à la FIFA au nom du pays et non le Ministère des Sports.

Le cas particulier des Africains
Le football coûte cher. L’organisation, les championnats nationaux de première et deuxième divisions du Burkina coûtent environ 200 millions de FCFA par an. Pour une fédé qui ne bénéficie d’aucun sponsoring, il est évident que la collecte d’une telle somme relève du parcours du combattant. L’Etat en tant que puissance publique se fait donc le devoir de la mettre à la disposition de la fédération. En plus des championnats, l’Etat prend entièrement en charge le financement des Etalons. C’est pratiquement la même chose dans tous les pays du continent.
Mais le Burkina a une autre particularité. Depuis pratiquement deux saisons, c’est le Ministère des Sports qui organise les matches internationaux. L’explication est simple, comme l’a dit Alexandre YOUGBARE, le directeur général des Sports dans notre dossier de la semaine dernière, c’est l’argent du contribuable burkinabè qui est investi et l’Etat à travers le ministère répond de son utilisation. Ce qui est juste. Le problème, c’est que le Ministère n’assume pas sa responsabilité jusqu’au bout. Lors du match Etalons contre Eléphants de Côte d’Ivoire comptant pour la troisième journée des éliminatoires CAN-Coupe du Monde 2010 joué, le 20 juin 2009 à Ouagadougou, la distribution des billets a été décriée par tout le monde. C’est la première fois que les tickets d’un match de football font l’objet d’autant de spéculation. Les billets ont été vendus jusqu’au triple de leur valeur.
Les organisateurs (Ministère et fédération) devaient donc donner des explications au public sportif. La veille du match, Monsieur YOUGBARE a expliqué le manque de billets par le fait que des partenaires du Ministère, des ONG ont acheté plus de 25 mille billets pour les mettre à la disposition du public. La fédé n’a reçu que 7 mille tickets. Plus de trois mille tickets ont été vendus à la délégation ivoirienne et c’est ce qui a été mis sur le marché. Face à la très forte demande, ces billets (le reste) ont été écoulés, il est normal que les fans du football se plaignent auprès de la FBF qui est sensée les procurer le précieux sésame. La FBF de son côté ne pouvait que mettre en vente ce qu’elle avait de disponible.
Les propos du directeur général des Sports tendant à reprocher un membre de la fédé de dire qu’il n’a reçu que 7 mille billets pour la vente n’avait pas lieu d’être. La FBF aurait pris un sacré coup en terme d’image auprès de la CAF et de la FIFA si elle avait créé une pénurie artificielle pour permettre de se mettre plein les poches. Mais on ne peut pas nier que des gens ont profité de la générosité de ceux qui ont acheté les 25 mille tickets pour se faire du fric, sans effort.

La polémique des entraîneurs
L’encadrement technique des équipes nationales du Burkina sont sur la sellette. L’entraîneur des seniors, le Portugais Paulo Rebelo DUARTE a décidé de prendre en charge une équipe française de ligue 1, Le Mans 72 tout en restant à la tête des Etalons. Nous avons toujours pensé qu’il est difficile pour un entraîneur quelles que soient ses compétences de diriger à la fois une équipe nationale et un club. Depuis que DUARTE a signé au Mans, les Etalons ont perdu les deux matchs qu’ils ont disputés avec le même nombre de buts encaissés (trois buts à deux contre la Côte d’Ivoire et 3 buts à zéro le 12 Août à Rouen en France face au Mali). Nous ne disons pas que ces déconvenues tirent forcément leur source de la dualité ; mais constatons seulement l’état de fait. Pour parler plus technique, nul doute qu’il est difficile de se concentrer sur la préparation de deux équipes. DUARTE va le savoir. Après avoir perdu avec les Etalons contre le Mali, son équipe française du Mans 72 a perdu lors de la deuxième journée de la Ligue par trois buts à un contre le Paris saint Germain (PSG) le 15 Août au Parc des Princes.
Voilà que le 13 Août, on annonce le limogeage de Roberto DANTON, le coach brésilien des Etalons cadets. Les raisons invoquées pour remercier DANTON semblent fallacieuses. Il lui serait reproché de faire du mauvais travail. Une argumentation pour le moins légère. DANTON a fait une bonne participation au championnat d’Afrique des nations de moins de 17 ans. Le onze s’est classé troisième et est qualifié pour la prochaine coupe du monde qui se joue en novembre au Nigeria. C’est à la veille d’un voyage pour la Tunisie pour la préparation de la compétition que son limogeage lui a été signifié. C’est à croire que pour les Etalons on aime les paradoxes. On se rappelle que c’est Séraphin DARGANI qui a conduit l’équipe jusqu’à la qualification pour la phase finale en Algérie. DANTON sera titularisé et DARGANI relégué au rang d’assistant. DARGANI savait, a-t-on dit, qu’il occuperait la place d’adjoint dès l’arrivée du titulaire. C’est le titulaire qui est aujourd’hui débarqué à quelques semaines de la coupe du monde et remplacé par Brahma TRAORE, ex-coach des Etalons juniors avec DARGANI comme adjoint. TRAORE ne connaît presque rien des Cadets. La logique aurait voulu que DARGANI soit rétitularisé parce qu’il a déjà fait ses preuves au poste. Même s’il est resté dans l’encadrement, son titre d’adjoint ne lui permet pas de prendre certaines décisions.
Mais qui a limogé Roberto DANTON ? Cette question mérite d’être posée. Depuis l’annonce de son limogeage, ni la Fédération ni le Ministère ne veulent prendre la responsabilité de la décision. Nous avons pris contact avec la FBF pour en savoir davantage. Il nous a été demandé de voir le ministère. Au département des Sports on nie presque avoir pris la décision de la séparation sans l’avis de la FBF. Si le ministère assume la responsabilité administrative en payant son salaire, c’est la Fédération qui assure la tutelle technique. C’est le directeur technique Ousmane SAWADOGO qui lui a signifié son limogeage après la séance d’entraînement.
Au-delà du limogeage de DANTON, c’est la raison invoquée qui inquiète. Selon nos informations dignes de confiance, des joueurs se seraient plaints du travail physique fait par le coach dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde. Si les décideurs du football burkinabè ont suivi les joueurs sur cette voie laxiste, au lieu de les remettre sur le droit chemin ils ont montré eux-mêmes leur propre laxisme. On ne participe pas à une coupe du monde avec une condition précaire, à moins que les Burkinabè se rendent au Nigeria pour faire du tourisme.o

Ahmed NAZE

Athlétisme

La légende Usain Bolt
Usain BOLT triple champion olympique à Pékin, s'est facilement qualifié pour le 2e tour du 200 m des Championnats du monde, en s'imposant en 20 sec 70, mardi à Berlin. Dans la 5e des 9 séries, le détenteur du record du monde (19.30) et champion du monde du 100 m depuis dimanche, a tranquillement bouclé son demi-tour de piste au couloir N.5, avec un vent quasi nul (-0,2 m/s). "Tout s'est très bien passé", s'est contenté de déclarer le Jamaïquain, deux jours après son prodigieux record du monde sur 100m (9.58).

BEKELE roi du 10000 mètres
Qui doutait de la victoire de BEKELE ? Le concours de pronostics aurait sans doute donné 20 contre 1... Le seul petit doute aurait pu être insufflé par son absence de marque sur cette distance cette saison, où il s'est limité avec grand bonheur au 5000 mètres. Et par les possibles séquelles de la fracture de fatigue qui l'avait immobilisé quelques mois cet hiver, lui interdisant le Mondial de cross. Mais le double champion olympique ne fait pas les choses à moitié, et son voyage à Berlin ne pouvait que rimer avec victoire. La 4ème dans un Championnat du Monde ! Il rejoint ainsi Gebre SELASSIE, également quadruple champion du Monde. Et BEKELE reproduit l'éternelle méthode de Gebre : rester calé derrière le leader et placer une accélération brutale pour s'envoler vers la victoire. Simplement BEKELE démarre à la cloche, quand Gebre patientait souvent jusqu'au virage du 200 mètres... A Berlin, BEKELE est resté dans la « roue » de l'Erythréen TADESE, qui tentait son va-tout, prenant la tête après 5000 mètres et enchaînant les tours à un rythme infernal. Le 5000 m bouclé en 14'28''81, et ça continue avec des kilomètres en 3 minutes, pour amener BEKELE sur la ligne en 26'46'', nouveau record du Championnat.

Shelly-Ann FRASER le Usain BOLT féminin
C'était une course entre copines, entre voisines aussi. Lundi 17 août, la finale du 100 mètres aux Mondiaux de Berlin a opposé quatre… Jamaïcaines. Deux représentantes des Bahamas et deux autres des Etats-Unis. Les deux premières places ont été chipées par des fusées aux couleurs jaune et vert.

A l'ombre du géant BOLT – la veille, il a atomisé le record du monde du 100 mètres en 9''58 – la petite plante Shelly-Ann FRASER (1,52 mètre) court décidément de plus en plus vite. La Jamaïcaine de 22 ans, championne olympique à Pékin, a "roulé" la distance en 10''73. Elle signe la meilleure performance mondiale de l'année et égale le troisième chrono de tous les temps – détenu par Christine ARRON.

Valérie VILI conserve son titre en lancer de poids
La Néo-Zélandaise Valérie VILI a remporté le concours du poids des Mondiaux de Berlin. Championne du monde et championne olympique en titre, Valérie VILI n’a pas laissé d’espoir à l’Allemande Nadine KLEINERT d’être sacrée à domicile. La Néo-Zélandaise décroche un deuxième titre mondial après un concours de haute volée (20,44 m). KLEINERT se contente de l’argent (20,20 m), la Chinoise Lijiao GONG prend le bronze (19,89 m).o

 

 

Rassemblés par Issoufou MAIGA

 

 

 

 

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