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La Une du n°619
La Une du n° 619
RETRO-SPORTS : N°619 du 26 août au 1er septembre 2009

Danse contemporaine
L’OPA féminine est-elle en marche ?

Elles étaient au nombre de 25 en juillet 2008. En janvier 2009, il n'en restait plus que 10. A la date du 22 août 2009, elles n’étaient plus que 7. En octobre 2009, lorsque commencera la phase de la création, elles ne seront plus que 5. Ce qui sera l’aboutissement du défi que la compagnie August et Bienvenu s’est lancé : offrir une chance à la gente féminine africaine sur les plateaux de danse à travers son projet «Engagement féminin». Est-ce l’OPA féminine prônée par Sophie RENAUD, directrice d’Afrique en création de Culturesfrance, qui prend corps ?

Les stagiaires ont pu pendant 10 jours apprendrent . . .. . . des techniques d’improvisation qui pourront leur servir dans leur carrière . . .«Ma seule déception est liée à l’absence de femmes sur les plateaux. Je trouve cela redoutable et ça m’inquiète parce que ça n’était pas le cas les années précédentes. La danse en Afrique s’est masculinisée énormément et je me pose des questions. Je me pose des questions et je pense qu’en Afrique, le statut d’artiste est plus reconnu et plus valorisé qu’en Europe…J’en appelle à une OPA féminine pour reconquérir les plateaux de danse». Ce cri de cœur de Sophie RENAUD, directrice d’Afrique en création de Culturesfrance semble avoir trouvé un écho favorable avec « Engagement Féminin » qui veut apporter un début de solution. En effet, ce projet est la matérialisation de la volonté des deux jeunes danseurs/chorégraphes burkinabé, Auguste OUEDRAOGO et Bienvenu BAZIE, qui désirent apporter leur touche dans la danse contemporaine africaine. En mettant l’accent sur la gente féminine restée jusque-là en marge ils ouvrent le chemin de l’espoir. Le projet « Engagement Féminin » se veut donc un tremplin qui permettra aux filles de la sous-région Ouest-africaine, de s’engager de façon sérieuse et durable dans la pratique de la danse contemporaine. D’où la présence de la chorégraphe française Marlène MYRTIL aux côtés de sept (7) « élues » qui nous viennent de trois pays que sont le Burkina Faso, le Ghana, et le Mali. La chorégraphe française, forte de sa riche et longue expérience dans le milieu de la danse, est venue apporter son expertise aux stagiaires. « Je suis venue pour participer au projet « Engagement féminin », qui conduit avec moi un travail de dix jours, en danse contemporaine, pour 7 danseuses. Le travail se déroule en deux étapes. La première étape, qui se tient en atelier technique, se résume en des modules d’échauffement et un autre travail lié à la physiologie et à la Kinésiologie. . . . sous l’œil  vigilant de Marleine MYRTIL la formatriceAprès quoi, une phase chorégraphique permet aux stagiaires d’apprendre des techniques. La deuxième étape est la phase d’atelier d’improvisation qui dure deux heures par jour et qui permet de donner des outils, des matières et des techniques d’improvisation aux stagiaires. Je leur enseigne la composition de techniques instantanées. Comment avec son corps, ses matières, son imagination, et sa technique on peut dire des choses sur un plateau de façon instantanée sans avoir écrit auparavant. Comment on peut rester à l’écoute des autres et danser avec les autres dans de petites formes de solo, duo ou trio. » Dira Marlène MYRTIL, la formatrice. Après quelques jours de travail, la chorégraphe trouve que ses stagiaires ont un bon niveau, même si beaucoup reste à faire. Pour les géniteurs du projet « Engagement féminin », leurs attentes sont comblées car, les résultats auxquels ils sont parvenus sont satisfaisants. « Tout cela ne serait pas possible sans le soutien de Culturesfrance, de l’AMA, du CDC la Termitière, du CCF Georges Méliès de Ouagadougou, etc. », affirme Bienvenu BAZIE.

Profession danseuse et fière de l’être

Elle fait partie de ces quelques rares filles qui ont osé. Oser affronter regards, critiques, médisances, etc. pour offrir son corps, son « âme », à la danse. Mais ne vous méprenez pas. Derrière sa silhouette frêle, doublée d'une corpulence d’adolescente, se cache en réalité une jeune et très jolie danseuse à la solide expérience. Sa rage d’apprendre et de faire de la danse son deuxième amour après Dieu, fait d’elle, de nos jours, une perle. Ses premiers pas de danses, elle les a esquissés avec une amie d’enfance, Edwige ZONGO. Celle-là même par qui le souffle de la danse est né en elle. Et ce souffle a évolué. Il suffit de la voir sur scène pour le comprendre.

Elle a côtoyé de grands noms de la danse contemporaine pour apprendre. Irène TASSAMBEDO, Solo BADOLO, Lassina COULIBALY, Auguste et Bienvenu, Emmanuel TOE, et actuellement avec Marlène MYRTIL. Leurs écoles à tous lui permettent de tracer, aujourd’hui, un bel avenir plein de promesse, dans la danse contemporaine. Elle, c’est Salamata KOBRE. Et aux mauvaises langues qui la traitent de fille facile, parce qu’elle est danseuse Sali, un petit nom pour ses intimes, lance : « ses chiens aboient et la caravane passe » Et d’ajouter : « C’est la danse qui me fait vivre aujourd’hui, et même qu’elle me permet de venir en aide à ma mère qui pourtant la voyait d’un mauvais œil à mes débuts. C’est vous dire ce que représente cette activité pour moi. » Elle n’a pas encore participé à une création contemporaine majeure. Mais à la voir sur la scène au cours de l’atelier, on sent qu’elle a quelque chose à donner. Si Salamata poursuit dans son effort et si on lui donne sa chance, à n’en pas douter, dans les années à venir, Kettly NOËL du Mali et Dorsin XABA, la Sud africaine, pourront dormir tranquilles : la relève promet. Et cette fois, elle viendra du Burkina. « Mon rêve c’est de poursuivre dans l’effort et pouvoir un jour participer à une création et mieux, monter mon propre solo ». Un rêve tout à fait accessible pour celle qui a partagé la scène de danse d’artistes musiciens comme Floby, Marco DJ, ou des chorégraphies d’Irène TASAMBEDO et de Amadou BOUROU à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du FESPACO, etc. Un rêve qu’elle va atteindre puisqu’elle est déjà dans de bonnes mains : celles d’Auguste et de Bienvenu, jeunes chorégraphes et interprètes qui lui ont donnée sa chance dans le projet « Engagement féminin ». On ne peut que souhaiter bon vent à celle qui n’a que cinq saisons dans le milieu, mais qui regorge d’expériences et de ressources à l’image de quelqu’un qui y a une dizaine d’années de présence.oo

Frédéric ILBOUDO

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Frédéric ILBOUDO

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