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La Une du n°619
La Une du n° 619
RETRO-SPORTS : N°619 du 26 août au 1er septembre 2009

Championnats du monde d’athlétisme
Après OWEN, LEWIS voilà BOLT

Les mondiaux d’athlétisme de Berlin qui se sont achevés dimanche dernier dans le vieux stade olympique rénové ont définitivement consacré le règne du Jamaïcain Usain BOLT. A 23 ans, il les a fêtés le 21 août dernier, le sprinter marche sur les traces des célèbres Américains Jesse OWEN et Carl LEWIS, qui ont avant lui écrit la légende du sprint mondial.

Et pour de nombreux observateurs déjà, BOLT a surpassé ses deux illustres devanciers. Pas au nombre de ses succès ou des breloques qu’il a pu accrocher à son cou, mais par le niveau des performances qu’il réalise depuis un an et à l’occasion des Jeux olympiques de Beijing.
On se rappelle comme si c’était hier dans le fameux nid d’oiseau de la capitale chinoise. Un éclair a traversé le stade lors des épreuves du 100, du 200 et 4x100mètres hommes.

Usain BOLT, le roi des 100 et 200mDes suspicions infondées sur la féminité de la Sud Africaine Caster SEMENEYALe Jamaïcain Usain BOLT, qui jusque-là, évoluait dans l’ombre de son compatriote Asaja ROWELL et de l’Américain Tyson GAY va crever l’écran à Pékin et reléguer ses désormais deux adversaires les plus coriaces au rang de simples accompagnants.
A Pékin, BOLT allait porter les records du monde sur les deux distances et sur le relais à des temps qu’on avait à peine à imaginer lorsqu’en 1984 à l’occasion des Jeux olympiques de Los Angeles, Carl LEWIS apparaissait comme le nouveau dieu des stades. Du record du 100m appartenant à son compatriote POWELL en 9’’77, il le ramenait à 9’’69 après avoir fortement coupé son effort à 10mètres de la ligne d’arrivée, alors qu’il avait largement course gagnée.
Celui du 200m, propriété de l’Américain Michaël JOHNSON en 19’’32 était battu de deux centièmes, soit la nouvelle référence de 19’’30. Quant au record du monde du relais, 4x100m, œuvre du relais américain des jeux de 1992 de Barcelone en 37’’40, il descendait à 37’’10 grâce à un BOLT supersonique dans le virage en troisième relayeur.
Ces performances jugées alors d’un autre temps ne tiendront pour le 100 et le 200 mètres en tout cas que l’espace d’un printemps. Les mondiaux de Berlin ont été le théâtre cette fois-ci du long règne sans partage en marche de ce longiligence sprinter venu d’ailleurs.
Steffi NERIUS, médaillée d’or en lancer de javeloUsain BOLT a pris con envol et l’on ne voit pas comment quelqu’un pourrait le faire toucher terre dans les sept ans à venir et qui verront se tenir deux jeux olympiques, ceux de Londres en 2012 et ceux de 2016 que se disputent quatre villes candidates, Chicago, Tokyo, Madrid et Rio de Janeiro.
Le Jamaïcain a été fidèle au rendez-vous de l’histoire et les commentateurs n’ont pas trouvé assez de qualificatifs pour marquer comment il a été grand à Berlin. En courant le 100m en 9’’58 et le 200m en 19’’19, il a abaissé à chaque fois de onze centièmes ses propres records du monde. Quand on se dit que les deuxièmes sur ces deux distances ont été respectivement chronométrés à 9’’71 et à 19’’81, il est incontestable qu’aujourd’hui, il y a BOLT et le reste du monde.
Si tous les projecteurs de Berlin et d’ailleurs étaient braqués sur Usain BOLT, un autre athlète mérite tout autant de figurer à son niveau. L’Éthiopien Kenenisa BEKELE, le roi du fond fut, comme à son habitude depuis les mondiaux de Paris 2003, aérien et irrésistible. Après son doublé 10 000-5 000 mètres à Beijing, il a remis ça à Berlin, devenant ainsi le premier à réaliser pareil exploit lors des championnats du monde d’athlétisme.
Sanya RICHARD Kénénissa BEKELE, vainqueur des 10 000 et 5 000mEn l’absence de son pendant féminin Tirunesh DIBABA, écartée pour blessures, BEKELE a sauvé la mise de la délégation éthiopienne, dominée dans le fond et le demi-fond par le Kenya qui s’impose même comme la 3e nation mondiale de la discipline après les Etats-Unis et la Jamaïque. Avec sept médailles en or, la Jamaïque justement est la grande surprise de ces mondiaux, devançant des nations comme la Russie, la Grande Bretagne et l’Allemagne. Cette petite-Île des Caraïbes, grâce à ses sprinters et sprinteuses devient une référence dans les courses de vitesse, alors qu’en athlétisme et dans ce domaine précisément, elle n’était abonnée qu’aux accessits derrière l’ogre américain.
Même si les Etats-Unis conservent leur suprématie avec 22 médailles dont 10 en or, ils ne roulent plus les mécaniques sur les distances dites reines de l’athlétisme. Si les hommes, malgré l’avènement BOLT, résistent encore, chez les femmes, la Jamaïque a pris le pouvoir de façon plutôt flagrante.

Enfin, il convient de noter que le phénomène du dopage est en net retrait. S’il existe encore quelques brebis galeuses, ils sont trois à avoir été épinglés par la patrouille, on remarque de par le niveau des performances et la densité de la concurrence que ce sont des êtres humains qui compétisent. Rien que sur l’exemple du saut à la perche, on peut affirmer que les choses ont changé. La victoire s’est jouée à 5,90m, alors qu’au temps du Tzar Serguei Bubka, cette barre ne donnait droit qu’à la médaille de bronze. Autre temps, autres mœurs certainement !

 

 

 

 

 

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