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La Une du n°620
La Une du n° 620

Retro-Rétro – Gouvernance : N°620 du 02 au 08 septembre 2009

Pluie diluvienne
Ouagadougou les pieds dans l'eau !

Les prévisions météorologiques ne donnaient pas favorable la présente saison pluvieuse. Déjà avec des poches de sècheresse par-ci, par-là dans le pays, les Burkinabè avaient les yeux rivés au ciel et implorant Dieu et les ancêtres pour voir l a pluie tomber à suffisance. Si les vœux semblent exaucés, cette pluie torrentielle du mardi 1er septembre 2009 qui a entraîné des inondations et des dégâts dans la capitale Ouagadougou est venue jeter l'émoi et même la peur sur les habitants de Ouaga.

Ce triste spectacle a été observé un peu partout …… donnant du pain sur la planche au ministère que dirige Pascaline TAMINITout a commencé dans certains secteurs et quartiers de la capitale dans la nuit du lundi au mardi 1 septembre dernier. A Nongremasson par exemple, les témoignages se recoupent pour donner 4 h du matin comme étant le moment où il a commencé à pleuvoir et au petit matin vers 6 h à la Patte d'oie. Cette pluie, apparemment calme sans vents ni tonnerre, aura cependant causé en moins de 15 heures d'énormes dégâts surtout matériels. C'est lorsque la pluie s'est arrêtée dans l'après-midi que les Ouagalais ont pu prendre la mesure des dégâts causés. La désolation a gagné la population. De la Patte d'oie à Cissin ; de Niocsin à Nemnin de Pissy à Tampouy ; les quartiers étaient inondés. Des ponts ont cédé, les caniveaux se sont remplis déversant leur surplus dans la rue, les concessions et les édifices publics. Des maisons sont tombées un peu partout aux quatre coins de la capitale jetant des milliers de personnes dans la rue. Des véhicules ont aussi été emportés par la force des eaux. Il n'est pas jusqu'à l'hôpital Yalgado qui n'ait été touché.
En effet, malades et personnels soignants se sont retrouvés les pieds dans l'eau. Au quartier Paspanga où nous nous sommes rendus aux environs de 14h 30 m. Les pompiers et la gendarmerie aidés par les populations riveraines s'attelaient toujours à sauver des victimes d'inondation. Il faut dire que l'eau du barrage n°3 de Tanghin est montée de façon fulgurante et la centrale thermique de la SONABEL et tous ses environs étaient couverts d'eau. Très vite les secours se sont organisés et les sinistrés recueillis à ce niveau étaient logés dans les locaux de la circonscription d'Education de base de Ouaga n°1, Ecole Nongremasson, Ecole Koulouba et bien d’autres centres qui ont servi de lieu d’accueil pour les sans abris. Le ministre Clément SAWADOGO de l'Administration territoriale et de la Décentralisation y est passé un peu plus tôt apporter son soutien moral aux sauveteurs et aux sinistrés.
S'il est vrai qu'on attendait les pluies avec espoir pour remplir les barrages comme le souhaitait récemment le Directeur général de la SONABEL et pour faire le bonheur surtout des agriculteurs, on était loin de penser que le ciel allait ouvrir autant ses vannes pour laisser tomber plus de 260 mm de pluie en un laps de temps. Et maintenant, c'est bonjours les dégâts. S'il n'est pas question pour le moment de perte certaine en vie humaine, les dégâts
matériels se passent de tout commentaire. Nul doute que le ministère de l'Action sociale et de la Solidarité nationale a déjà mis en branle ses structures et ramifications (Fonds national de solidarité, CONASUR, etc) qui interviennent en pareille situation pour les secours d'urgences. C'est ici le lieu d'interpeller ceux-là qui font de la résistance lorsque l'autorité veut les déloger de certains lieux impropres à l'habitation car classés zones à fort risque d'inondation. Mais au fait que se serait-il passé si une telle pluie devait durer des jours de suite ? De mémoire de Burkinabè, c'est la première fois que notre pays enregistre une telle quantité de pluie en un temps relativement aussi court.o

Angelin DABIRE (stagiaire)

Du jamais vu ; du moins depuis 1914 !

Ouagadougou la capitale du Burkina Faso, a été piégé le 1er septembre 2009 par une pluie des plus exceptionnelles avec à la clé près de 300 mm d’eau tombée en 12 heures.

Le niveau du barrage n° 2 de  Tanghin à 8 h du matinMardi noir, pourrait-on qualifié ce jour du 1er septembre 2009 où le pluviomètre a été explosée par un déluge faisant état de 263.3 mm d’eau entre 4 heures du matin et 15 heures 30 de l’après-midi avec une intensité maximale de 97.3mm entre 7 et 08 heures. A en croire le chef de service exploitation de la météo, Didier OUEDRAOGO, il s’agit d’une situation exceptionnelle causée par une surplace de perturbations météorologiques au dessus du pays provocant un blocage de nuages d’où cette forte pluie sans vent. « Dans le cas qui nous préoccupe, une ligne de creux sud-nord, c’est à dire le long de la Mauritanie, du Mali et du Niger a bloqué la perturbation au dessus du Burkina », a-t-il confié dans la presse tout en soutenant que Ouagadougou a été l’épicentre des précipitations qui ont intéressé l’ensemble du territoire. Les statistiques sur l’ensemble du pays font état de 61.1mm à Bogandé, 62 mm à Fada, 61 mm à Dédougou, 19 mm à Ouahigouya, 13.3 mm à Pô, 12 mm à Dori, 0.1 à Boromo. De mémoire de Burkinabè une telle situation exceptionnelle n’a pu être vécue à Ouagadougou qu’en mai 1953 avec 121 mm et à Bobo Dioulasso avec 246 mm en août 1914. C’est dire que les populations ont subi un énorme choc après un tel déluge dont le bilan est des plus désolants.

Le premier ministre Tertius ZONGO a effectué une tournée sur les lieux du sinistre.Les autorités sur le terrain
Les plus hautes autorités avec à la tête le Premier ministre, Tertuis ZONGO, ont fait une tournée dans les zones sinistrées pour marquer leur solidarité avec les familles affectées et faire le constat des dégâts. De la zone non lotie de Lanayiri du secteur 30 en passant par Paspanga et l’hôpital YALGAGO les premiers responsables du pays ont pu mesurer l’ampleur du sinistre. Tous les secours d’urgences ont été déployés et Tertuis ZONGO au nom du gouvernement de demander à toutes les bonnes volontés d’apporter leur soutien aux sinistrés à la mesure de leur capacité. o

 

Issoufou MAIGA

Le Président du Faso exprime sa sympathie et sa solidarité aux victimes des inondationssurvenues au Burkina

La capitale burkinabè et certaines localités du pays ont connu des inondations suite à des pluies diluviennes tombées le 1er septembre 2009. Le Président du Faso, Blaise COMPAORE a exprimé en cette circonstance sa solidarité aux sinistrés :

«J’ai appris avec beaucoup de tristesse les événements vécus par Ouagadougou et d’autres localités suite à ces inondations. J’exprime tout d’abord ma sympathie et ma solidarité à toutes les victimes de ces catastrophes naturelles. J’ai bien sûr été tenu informé par le Premier Ministre des 1ères mesures qui ont été prises par le gouvernement et l’ensemble des autorités communales. Bien sûr, nous restons préoccupés par cette situation et je pense qu’il faut très rapidement veiller au niveau du gouvernement, des autorités communales, à la prise de mesures, je dirai, exceptionnelles pour une viabilisation plus grande des localités urbaines, mais aussi, comment organiser davantage de solidarité des Burkinabè afin que par rapport à ce genre de catastrophe, nous puissions avoir une action collective beaucoup plus énergique. Nous vivons là une situation exceptionnelle et il nous faut envisager à la fois des réflexions et des moyens exceptionnels pour qu’à l’avenir cela ne puisse pas se répéter».


Direction de la Communication de la Présidence du Faso

La violence des eaux

La violence des eaux

Vues des dégâts de la pluie

 

Opérations de secours

Désolation après la pluie

 

 

 

La solidarité pour vaincre le désespoir

La pluie diluvienne du 1er septembre a beaucoup affecté le quartier Paspanga de la ville de Ouagadougou. Après le déluge, les habitants qui ont pu se sauver n’ont que leurs yeux pour constater la désolation. La chaîne de solidarité continue de soulager les sinistrés partout où la pluie a fait des dégâts.

Pour sauver ce qui pouvait encore l’être……les populations des quartiers durement touchés…La solidarité est le ciment d’une Nation a dit Pascaline TAMINI, ministre de l'Action sociale et de la Solidarité nationale, alors qu’elle était sur le terrain, sous la pluie, pour être de cœur avec les sinistrés. Ce ciment, les Ouagalais l’ont éprouvé avec les affres de la pluie diluvienne de ce mardi. Partout, dans les quartiers les plus sinistrés, les habitants s’épaulent. Entre voisins, on s’entraide pour arracher les tôles, dégager la boue, extraire ce qui reste de « bon ». Dans cet apocalypse ouagalais, les quartiers de Dapoya, Paspanga, Ouidi, Nimnin, etc. sont les plus durement touché. Là aussi, l’élan de solidarité des uns et des autres a vaincu le désespoir et les affres de la pluie. Les habitants de ces quartiers sortent plus forts et plus grandis.

Paspanga n’existe pratiquement plus !
… ont utilisé tous les moyens en leur possession…Ils n’ont même plus de larmes pour pleurer. Sur les visages de chacun de ses habitants, le désespoir, la douleur sont visibles. On parle très peu. Chacun se dirige vers son logement pour prendre ce qui peut-être encore pris. Car rien n’a pu être sauvé. Les hommes, eux, s’occupent d’arracher les tôles, pendant que les femmes cherchent ustensiles de cuisine, vêtements, etc. « Nous arrachons les tôles pour les comptabiliser en espérant que, s’il y a dédommagement, les autorités vont prendre en compte le nombre de tôles…» dira un chef de famille. Tout est devenu un tas de boue. Dans ce qui ressemble encore à des six mètres, l’eau continue de ruisseler. Et c’est entre eau, boue, murs effondrés etc. que s’efforcent les uns et les autres de cacher la souffrance, pour récupérer leurs biens. Les badauds, venus en grand nombre, sont dans la consternation. «Je n’imaginais pas le désastre à ce point » lance Mme OUAEDRAOGO, Secrétaire, venue chercher ce qui reste de la cour de son collègue. A Paspanga, seuls les arbres, et quelques maisons bâties en parpaings sont encore debout. A ces bâtiments, on ajoute quelques maisons bâties en banco qui ont résisté. Mais les occupants sortent leurs biens. «Nous pensons qu’il est plus prudent de quitter les lieux. Parce que même si elle a résister à la pluie d’hier, vue l’état dans laquelle elle se trouve, nous préférons aller ailleurs que de risquer notre vie ici.» Lance M. COMPAORE pour qui la demeure n'inspire plus confiance en ces temps.

Un déménagement forcé
Mais à Paspenga, il n’y a pas que la pluie qui a semé la désolation. En effet, des esprits malins ont profité du sinistre pour s’introduire nuitamment dans les habitations en ruines pour voler des biens. Certains parlent de motos emportées. D’autres de valises. «Les voleurs ont profité de l’occasion pour partir avec ma moto YAMAHA. Mais Dieu les jugera» fonds en larmes une dame qui raconte son histoire à une amie. Pendant qu’on s’échine à extraire de la boue les choses utiles, on scrute le ciel. «Prions Dieu pour que ces nuages qui se forment ne deviennent pas de la pluie. Sinon…» Camille OUEDRAOGO n’a pas fini sa phrase que son voisin de l’autre coté lui crie «Camille, touche du bois pour que ce que tu dit reste en toi»! Des éclats de rires fusent de partout. Comme quoi, malgré ces pires instants de leur vie, ces habitants peuvent avoir encore de l’humour. Même s’il ne dure qu’un instant. Plus les heures passent, plus les habitants redoublent d’ardeurs dans le travail. Ils sont aidés, qui par des charrettes, qui par des camions, des véhicules, qui des motos etc., pour charger ce qui reste de biens, dans ce déménagement forcé où chacun se cherche un abri temporaire, qui dans les centres d’accueil, qui chez des parents moins touchés. « Où sont passés chiens, chats et autres animaux de compagnie de ces habitants sinistrés ? » S’interroge un passant. Une question qui n’aura pas de réponse puisque les préoccupations de ces derniers sont ailleurs ? Pour beaucoup, c’est une nouvelle vie qui commence. Une dans laquelle, Paspanga se conjuguera au passé. Une vie dans laquelle ils ne garderont peut-être pas que ce triste jour du 1er septembre 2009. Que deviendra Paspanga ? Personne ne le sait pour l’heure. A coup sûr, cette question n’est même pas une préoccupation pour les sinistrés.
Devant le désastre causé par dame nature, les habitants de Paspanga, Dapoya etc., que nous avons visités se sont serré les coudes pour vaincre la douleur et le désespoir.o

Frédéric ILBOUDO

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