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La Une du n°620
La Une du n° 620
Lettre de l'Editeur : N°620 du 02 au 08 septembre 2009

La nature, toujours aussi forte !

C’est en pareille situation que la solidarité nationale doit s’exprimer dans toute sa plénitude. Déjà, les populations ont donné le ton en se secourant mutuellement dans la lutte menée contre les eaux pour sauver ce qui pouvait l’être et surtout éviter de trop grandes pertes en vie humaine. Il est présentement fait état de plus d’une centaine de milliers de sans abri à Ouagadougou. C’est dire qu’avant toute forme d’aide venant d’ailleurs, la solidarité légendaire des Burkinabè doit être encore plus forte pour réconforter, soulager les concitoyens victimes de cette catastrophe naturelle...

Paysage apolyptique ; voilà le visage que Ouagadougou, la capitale, présentait ce mardi premier jour de septembre, mois qui jadis annonçait une petite pause dans la saison pluvieuse au pays des Hommes intègres. Une hauteur de pluie jamais enregistrée, près de 300mm, a transformé la ville par endroits en marécages, les eaux submergeant tout et emportant tout dans une violence inouïe. De mémoire de Burkinabè, c’est au début et au milieu du siècle passé que l’on a pu observer semblable phénomène au Burkina. En effet, le 31 août 1914, Bobo-Dioulasso enregistrait 246 mm d’eau en une journée et le 28 mai 1953, Ouagadougou en recevait 121mm. C’est dire si le 1er septembre restera dans les annales.
Pouvait-on prévoir la survenue d’une telle pluie afin de parer à ses affres ? Certes non et les spécialistes de la météo sont formels. Jusqu’à présent, malgré sa technologie de pointe, l’homme ne peut que spéculer sur des prévisions atmosphériques qu’il doit du reste constamment réviser en fonction de l’évolution des éléments ; sinon, des pays comme les USA, le Japon et autres dragons d’Asie ne connaîtraient jamais de catastrophes naturelles, eux qui disposent de moyens exceptionnels et de l’expertise scientifique la plus pointue. Mais voilà, la nature est ce qu’elle est : Souvent capricieuse et toujours forte. Ce n’est pas un hasard si on dit que l’eau n’est presque jamais inutile. Si elle n’est pas utile, elle devient nuisible.
Pour cette pluie diluvienne qui a dévasté une bonne partie de la ville de Ouagadougou, si elle ne pouvait être envisagée, sa survenue a permis aux autorités et aux populations de voir à quel point la ville n’est pas préparée pour faire face à une telle occurrence. L’épicentre de la catastrophe, c’est des quartiers centraux tels Paspanga, Dapoya, Nimnin, Ouidi, la vieille ville, et les quartiers périphériques aux habitats précaires qui se sont retrouvés dans les eaux. En plus, il faut ajouter le fait que les infrastructures de canalisation n’ont pas été efficaces ou ont vu leurs capacités largement dépassées. Les eaux ont fait le reste. Les barrages, pour ce qu’il en reste, ne sont-ils pas plutôt en train de devenir un danger pour la ville ? Leur capacité de réception des eaux de ruissellement s’est drastiquement amenuisée en raison de leur ensablement et de leur envahissement par la jacinthe d’eau si fait que rapidement pleins, ils ne peuvent que rejeter les eaux sur les quartiers environnants. Les spécialistes de l’aménagement urbain sont interpellés pour trouver solution à cette situation d’autant que le curage de ces barrages semble poser problème.
Nul doute que des propositions de solutions fourmillent dans la tête de nos spécialistes. En attendant que cela se matérialise pour éviter aux populations le résultat de leur vaine lutte contre les flots que l’on vient de connaître, il faut parer au plus pressé en venant en aide aux sinistrés. En cela, la prompte réaction du gouvernement dont des membres, le Premier ministre en tête, sont allés, dans le feu de l’action, compatir avec les habitants des zones affectées et les rassurer du soutien dont ils ont besoin, est à saluer. Il va falloir avec l’aide des organismes intéressés pourvoir aux besoins pressants de ces derniers notamment en matière de logements, alimentation et soins sanitaires. La gestion de pareille situation n’est pas aisée mais gageons que nos autorités sauront trouver les formules idoines et que les populations dans un esprit citoyen ne se laisseront pas gagner par des comportements répréhensibles. C’est en pareille situation que la solidarité nationale doit s’exprimer dans toute sa plénitude. Déjà, les populations ont donné le ton en se secourant mutuellement dans la lutte menée contre les eaux pour sauver ce qui pouvait l’être et surtout éviter de trop grandes pertes en vie humaine. Il est présentement fait état de plus d’une centaine de milliers de sans abri à Ouagadougou. C’est dire qu’avant toute forme d’aide venant d’ailleurs, la solidarité légendaire des Burkinabè doit être encore plus forte pour réconforter, soulager les concitoyens victimes de cette catastrophe naturelle..o

- Fatogoma DOUSSE

 

 

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