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La Une n°621
La Une du n° 621

Retro-Rétro – Gouvernance : N°621 du 09 au 15 septembre 2009

7 milliards pour les besoins urgents

Le Premier ministre Tertius ZONGO a rencontré le vendredi 4 septembre 2009 les corps diplomatiques et les représentants des institutions internationales accrédités dans notre pays pour leur faire part du bilan des inondations du 1er septembre et solliciter leur assistance aux sinistrés.

Le premier ministre Tertius ZONGOL'Ambassadeur de France au Burkina, François GOLBLATT, a débloqué 50 millions pour les besoins d'urgenceNombreux sont les partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burkina à répondre à l’appel du Premier ministre Tertius ZONGO. C’est la cellule de crise que le gouvernement a immédiatement mise en place le 1er septembre qui s’est chargée de l’évaluation des dégâts. Les représentants des pays amis au Burkina et des institutions internationales ont suivi avec beaucoup d’intérêt l’exposé du premier ministre sur l’état des lieux des inondations qui ont provoqué 150 000 sinistrés rien qu’à Ouagadougou et dans les communes rurales de la région du Centre. Environ 130 000 personnes ont été regroupées dans des sites d’accueil et 20 000 secourues par des familles voisines, de parents ou amis. Au total, 110 sites d’accueil ont été ouverts à Ouagadougou pour un mois dont 60 sites principaux regroupant plus de 200 personnes et 50 sites secondaires pour moins de 200 personnes. La situation serait de moindre ampleur dans les autres localités où environ 180 habitations se sont écroulées faisant 500 sinistrés. Les précipitations sur Ouagadougou ce 1er septembre étaient d’une rare intensité avec 263 mm d’eau en dix heures de temps environ. Hormis Ouagadougou et ses environs, cette pluie qualifiée ‘’d’atypique’’ par Tertius ZONGO a également causé des dégâts dans les régions du Plateau central, le Centre Sud, le Centre Nord, le Centre Est, l’Est, le Sahel et la Boucle du Mouhoun. Le premier ministre s’est montré reconnaissant envers les sapeurs pompiers, la police, la gendarmerie et l’armée qui avec la solidarité spontanée des habitants ont pu circonscrire les risques de noyade. On note toutefois huit décès à Ouagadougou et un décès dans le Sourou ; ce qui fait au total neuf décès.
Cette pluie décamillénaire, selon les spécialistes, qui n’interviendrait que sur dix mille ans a détruit en plus des maisons de nombreux ouvrages et édifices publics. A Ouagadougou, 24 489 maisons se sont écroulées pour une valeur de 13 224 060 000 FCFA. 67,08% de ces logements sont situés en zones non loties et 32 ,92% en zones loties. Trois barrages ont été détruits à Saâba, Koubri et Tongomayel. 12 ponts ont été affectés à Ouagadougou dont 4 sont provisoirement hors d’usage entraînant une restriction du trafic de la circulation. L’hôpital Yalgado OUEDRAOGO a été submergé et pour le moment non opérationnel. Les ministères situés dans l’immeuble Baonghin, la DGTTM, le BUNASOLS, la cinémathèque du FESPACO, le CNSF, deux hôtels de finances et l’imprimerie des forces armées ont été endommagés.
Les besoins urgents font 7 milliards CFA
La mise en place de la cellule de crise a permis également d’enclencher le mécanisme du Comité national de secours d’urgence (CONASUR) appuyé par l’installation d’un comité ad hoc piloté par le maire de Ouagadougou, Simon COMPAORE. Selon le Premier ministre, l’Etat entend gérer cette catastrophe en trois phases (gestion d’urgence, aides à la reconstruction et à la réinsertion des sinistrés, mise en place d’un plan ORSEC) dont la première qui prend en compte les besoins humanitaires et réhabilitation des ponts nécessite environ 7 milliards FCFA. Ainsi repartis :
- Alimentation et approvisionnement en eau potable : 1,475 milliards FCFA ;
- Matériel pour la durée du séjour (couvertures, sceaux, lampes tempêtes, moustiquaires etc) : 1,587 milliard FCFA ;
- Les produits sanitaires : 110 millions FCFA ;
- Appui logistique : 150 millions FCFA ;
- Viabilisation des sites principaux et secondaires : 1 milliard FCFA ;
- Réhabilitation des ouvrages : 2,7 milliards CFA.
Le besoin global pour faire face aux dommages causés par cette catastrophe est estimé à 70,210 milliards FCFA. Un coût que l’Etat, à lui tout seul, ne saurait supporter. D’où l’appel à l’aide lancé à l’endroit des partenaires de notre pays. Et séance tenante de nombreux donateurs ont fait des promesses. Le premier geste est venu de l’ambassadeur de France, François GOLDBLATT, qui a décidé de débloquer localement 50 millions FCFA tout en laissant entendre que le Quai d’Orsay et la mairie de Paris feront eux aussi leur contribution. L’Union européenne qui doit faire venir des experts en protection civile pour soutenir le mécanisme d’urgence s’est dit disposée à donner jusqu’à 40 milliards FCFA mais en posant des préalables. L’ambassadeur du Brésil fraîchement accrédité entend mettre 50 000 dollars à la disposition du PAM pour l’achat des vivres. La représentante de la BAD a décidé d’octroyer 1 million US, le système des Nations unies s’est engagé à nourrir à travers le PAM les sinistrés pendant 30 jours, à débloquer 96 millions FCFA pour lutter contre les maladies notamment le choléra et le PNUD vient en renfort avec 50 000 dollars. Quant à l’Allemagne, elle compte aussi envoyer une équipe technique pour soutenir la SONABEL ou l’ONEA. Les Etats-Unis d’Amérique en plus de 50 mille dollars que l’ambassade offre, vont également dépêcher des experts pour soutenir les équipes de secours. La Taiwan aussi a promis d’agir avec 131 millions de FCFA hormis des vivres qu’elle a déjà offerts. L’UEMOA a délié 200 millions FCFA. La Suisse et le Canada ont aussi promis des aides.o

Drissa TRAORE

Notre imprimerie aussi…

Notre imprimeur, Impricolor, a aussi essuyé les affres de la pluie diluvienne du 1er septembre dernier qui se sont soldées par des dégâts importants évalués à plusieurs millions de FCFA. En effet, l’eau a inondé l’enceinte de l’imprimerie mouillant des machines, un important stock de papier journal et endommageant une partie de son système informatique. Ce qui d’ailleurs explique le fait que nous avons paru la semaine dernière, le jeudi 3 au lieu de mercredi 2 septembre. Il faut noter également qu’une partie du mur s’est écroulée. Pour l’heure, l’imprimerie fonctionne au ralenti à cause des travaux de réinstallation de certains matériels, mais compte reprendre son plein régime en fin de semaine. L’assureur serait déjà passé pour évaluer les dégâts. Deux des employés de l’imprimerie auraient été aussi victimes des inondations en voyant leurs maisons s’effondrer. Evidemment, eux, ne feront qu’attendre l’aide de l’Etat, leur, logis n’étant pas assurés comme c’est le cas de toutes les habitations qui ont subi la furia des eaux..o


Par SD

La solidarité s’organise

L’heure est à la solidarité après les affres causées par la pluie diluvienne du 1er septembre dernier. Une solidarité qui s’est incarnée dans l’appel du président du Faso. Le 7 septembre 2009 les Burkinabè, ceux d’en haut, comme ceux d’en bas, les amis du Burkina tous se sont mobilisés autour du président Blaise COMPAORE pour traduire, dans les faits, le geste de solidarité. En nature comme en espèces, chacun a donné sa contribution pour qu’on vienne en aide aux populations sinistrées.

Le président Blaise COMPAORE, mettantLe moment est solennel. Et quand la garde nationale entonne le Ditanyé, c’est tout le Burkina qui chante. Il chante dans la solidarité, il chante pour la solidarité. Face aux affres de la pluie, le Burkina est debout comme un seul homme. L’appel du président du Faso à ses concitoyens a été entendu. Le ciment de la nation qu’est la solidarité a été retrouvé en cette journée du 7 septembre 2009. Très bientôt, l’angoisse mêlée au désespoir ne se lira plus sur les visages des 150 mille sinistrés. 2heures à peine de mobilisation, et ils ont laissé parler leur cœur ; on sonne le tocsin.

 

Les Burkinabè ont été généreux, leurs amis aussi…
Une vue des membres du comité ad-hoc «Monsieur le président, chaque membre du gouvernement consacre un mois de salaire pour venir en aide aux sinistrés. Ce qui équivaut à 23 583 000 FCFA…». Lance Tertius ZONGO Premier ministre au nom du gouvernement. Tonnerre d’applaudissements. Le geste est louable. «C’est une première» susurrent certains dans l’assistance. Un geste qui va en appeler tant d’autres. Quand Roch Marc Christian KABORE président de l’Assemblée nationale se lève pour annoncer la contribution du parlement, les gens sont tous de joie. «Chaque député donne pour cette cause, 150 000FCFA, ce qui donne un montant total de 20 millions» lâche-t-il. Applaudissements dans l’assistance. Mais, visiblement, nombre de Burkinabè attendaient plus des parlementaires. Dans l’assistance, on entend des signes de désapprobations. Et quelqu’un de lancer : «Pourquoi les députés eux-aussi ne donnent pas un mois de salaire comme les ministres quand on sait qu’ils touchent mieux que les membres du gouvernement, sans oublier qu’ils ont des frais de sessions». Certains se mettent à rire. Visiblement, l’assistance est très regardante sur le sacrifice des uns et des autres à l’endroit des sinistrés. Les Burkinabè via la télé aussi. Pour la première fois le Mogho Naaba, l’empereur des Mossé prend la parole en public. Après avoir invoqué la clémence des dieux et des ancêtres sur le Burkina, après avoir souhaité plein succès à l’opération, il annonce sa contribution : «Nous donnons 1million de francs, mais sur place ici c’est une somme de 250 000f qui sera remise…» Une contribution personnelle de Sa Majesté qui, du reste, a affirmé que le conseil de la chefferie traditionnelle fera son geste dans les jours à venir. L’ancien président Jean-Baptiste OUEDRAOGO lui emboîte le pas et, à titre personnel, offre 1million. Les communautés religieuses, en plus des prières promettent elles-aussi leurs contributions. Les amis du Burkina n'ont pas été en reste. Le consul du Liban, au nom de la communauté libanaise a donné 110 millions. L'institution sous régionale en charge de l'intégration, l'UEMOA, a donné 250 millions. Et ce n'est pas tout. Le Japon via son ambassadeur demande au gouvernement de faire l'état de ses besoins afin que son pays puisse agir. La Chine Taiwan, elle, a remis un chèque de plus de 131 millions…

C’est le geste qui compte…
Tour à tour, autorités militaires, opérateurs économiques, chefs d’entreprises du privé comme du public, ONG et associations, citoyens lambda, etc., ont laissé parler leur cœur. On retiendra, par exemple, le passage d’illustres personnalités comme El hadj Oumarou KANAZOE, président de la Chambre de commerce qui a donne à titre personnel 100 millions, Adja Alizeta OUEDRAOGO, vice-présidente de la Chambre de commerce 20millions, la FEDAP/BC de Gaston SOUBEIGA au nom de son association remet plus de 11millions de francs donc 10 millions en espèces. Un des opérateurs de téléphonie (Télécel) a ravi la vedette à ses concurrents. Non seulement il a misé dans les dons puisqu’il a remis 50 tonnes de riz, 10 millions de FCFA plus 20 téléphones portables avec un service de flotte pour les membres du comité ad hoc que préside M. Amadé K. BELEM directeur du Comité national de secours d’urgence (CONASUR). L’ADF/RDA, le CDP, puis le PARIS tous des partis politiques mettent la main dans la poche. 1million pour l’ADF, 5millions pour le CDP, 100 000FCFA pour le PARIS. Que dire des citoyens anonymes qui, ayant entendu parler de l’appel du président du Faso sont venus spontanément donner leurs contributions. Qui 2 000 f, qui 5000F, qui 10 000f, simplement par effort de patriotisme ? «Les 2000F que je donne, c’est pas beaucoup je sais, mais c’est ma part à l’appel du président du Faso. Il n’a pas appelé ici que les riches, il a appelé tous les Burkinabè et les amis du Burkina. Et comme le dit l’adage de chez nous, si la danse de la famille se passe dans un plat, chaque membre de la famille doit y mettre son pied, et c’est ce que je suis venu faire.» Confiera une donatrice après avoir accompli le geste qui sauve. Et un autre d’ajouter : «Vous savez, dans ce genre de situation où chaque Burkinabè est invité à laisser parler son cœur, ce n’est pas trop la valeur ou la quantité de ce qu’on donne qui compte, mais le geste. Et je sais que si chaque Burkinabè est sensible à cet appel et qu’il donne quelque chose sans préjugé, cela renforcera le sentiment d’appartenance à cette nation qu’est le Burkina.» Une opération de charme s’est faite devant le président du Faso en personne. En l’espace d’une demi-journée, et répondant à l’appel de leur président, les Burkinabè et leurs amis se sont mobilisés. Environ 1milliard de francs de dons en nature et en espèces ont été récoltés pour les sinistrés. Et ce n’est que le début puisque l’opération se poursuit pendant toute la semaine sur toute l’étendue du territoire. Et comme le dit l’adage, quand on te frotte le dos, lave-toi le visage. En se mobilisant de la sorte, le Burkina montre à la communauté internationale que si il compte sur elle pour lui frotter le dos en ces moments difficiles, il peut aussi par le sursaut de ses fils, se laver le visage.o

Frédéric ILBOUDO

Blaise COMPAORE : “Ce signal vient nous rappeler qu’il faut de la rigueur dans l’organisation spatiale des occupations de terrains”

«Lorsqu’on cite 150 000 sinistrés, 10% de la population, c’est dramatique. Nous avons à l’esprit d’œuvrer à résoudre les questions d’urgence, les besoins présents en matière d’alimentation, de santé, de préparation pour les enfants qui iront à l’école, l’assainissement sur les sites. Mais il faut aussi que l’on commence à imaginer d’autres schémas d’urbanisation qui prennent en considération la possibilité de faire face à des catastrophes de ce genre. Je crois qu’on n’avait pas tout prévu lorsqu’on voit des installations sur les zones non viabilisées ou même dans des bas-fonds. Ce signal vient nous rappeler qu’il faut de la rigueur dans l’organisation spatiale des occupations de terrains dans nos villes»..o

 

Amadé BELEM, président du comité ad hoc de l’appel à solidarité

Nous organisons la collecte des ressources au profit du comité de crise de la mairie qui est chargé de la distribution.
C’est le comité qui peut vous dire, en détail, comment cela va se passer. A notre niveau nous risquons de dire des contrevérités sur la question.

Comment se passent les mécanismes de donations ?
Selon les besoins on remet à la mairie et avec les maires d’arrondissements il font la répartition et chaque arrondissement selon le nombre des sinistrés prend sa dotation.


Et le mécanisme de distribution ?
La mairie a responsabilisé ses agents ou conseillers jusqu’à la base pour faire ce travail.

Et comment cela transparaîtra-t-il ?
Il y a des agents de l’Action sociale qui sont sur le terrain pour suivre les actions posées. Le ministère a organisé des groupes d’agents pour appuyer le personnel sur le terrain afin de corriger certaines erreurs.
Le CONASUR (Comité National de Secours d’Urgence) n’a pas de personnel pour faire ce travail. Ce sont les services techniques déconcentrés de l’Action sociale et des autres services qui font ce travail.

Comment la commission entend-t-elle s’organiser cette semaine ?
Nous serons au palais de Koulouba à l’ancienne présidence jusqu’au 12 septembre pour récolter les dons après quoi, nous nous déporterons au siège du CONASUR.o

 

Des dons pour les sinistrés du 1er septembre 2009

La commune de Ouagadougou a convié la presse, le jeudi 3 septembre 2009 pour être témoin d’une cérémonie de remise de dons aux sinistrés de la pluie diluvienne du 1er septembre 2009.

Les dons de vivres faits aux sinistrés leur permet de faire bouillir la marmiteD’habitude prolixe en parole, c’est un maire de la commune à la mine triste, peu bavard qui s’est adressé aux hommes de médias ce jour 3 septembre 2009 depuis l’hôtel de ville. C’est vrai qu’avec les évènements vécus et les dégâts humains et matériels recensés jusque-là, l’heure n’était vraiment pas aux réjouissances. En effet, des 5 morts officiellement déclarés à la date du 2 septembre dernier, le nombre a augmenté le lendemain 3 septembre. Un corps a été sorti ce jour là par les pompiers du barrage n°3. Pendant que M. le Maire remerciait les donateurs pour leur geste un coup de fil venait de l’informer que des cadavres dont le nombre était indéterminé venaient d’être découverts du côté de l’Hôtel Silmandé. Et la tristesse de s’emparer encore de l’assistance. En plus des morts dont le nombre va certainement augmenté avec le retrait des eaux, ce sont 150 000 personnes sinistrées qui ont été logées sur 90 sites d’accueils, dont des écoles et lycées, des mosquées et églises, etc. Les dégâts matériels aussi sont énormes : maisons écroulées, ponts effondrés, véhicules hors d’état d’usage, des biens matériels détruits ou emportés. Face à ce tableau sombre, les donations reçues par la commune pour les sinistrées ne pouvaient que tomber à pic. La Commune, en effet, a reçu 2 tonnes de riz de l’ambassade de Chine (Taiwan) et 100 000 Euros. D’autres donateurs dont le CONASUR, la SGBB, ECHA, EBOMAF, les Boulangeries Wend Konta, Oryx gaz ont fait parler leur cœur. De l’eau minérale, 180 nattes, 120 couvertures, de l’huile, du pain, du carburant ont été remis à la commune pour les sinistrés. L’un des donateurs, le directeur général de Oryx a expliqué son geste (700 foyers et 700 bouteille de gaz pleine de 6 kilos) par la nécessité de venir au secours des victimes du sinistre. En ces temps où les sinistrés ont besoin de manger alors que le bois est mouillé ; Oryx a trouvé que mettre ces bouteilles et foyers à la disposition des sinistrés permettait de remédier au problème du bois sur les sites d’accueils
C’est donc pour des raisons essentiellement humanitaires que les donateurs ont répondu à l’appel des autorités. Ils appellent les bonnes volontés à suivre leur exemple en faisant parler leur cœur
Pour le Maire de la Commune, Simon COMPAORE, l’heure n’est pas aux paroles mais aux actes, à l’action. Il a remercié les donateurs du jour et a invité les bonnes volontés à ne pas hésiter car les besoins sont énormes. Du lait, des biscuits, du riz, etc. tout ce qui peut être utile est attendu.o

Angelin DABIRE (stagiaire)

Que Simon ouvre l’œil !

Simon COMPAORE, maire de Ouagadougou devra redoubler de «Sur instruction de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, on a pris toutes les dispositions organisationnelles pour assurer une gestion transparente maximale dans la gestion de ces aides» affirme le Premier ministre Tertius ZONGO lors de la cérémonie de lancement de l’appel à la solidarité nationale et internationale. Cette affirmation du PM semble être battue en brèche par d’ignobles individus acteurs directs de la gestion de l’aide. En effet, il nous est revenu que des conseillers municipaux dont une dame, des chefs traditionnels et autres, en charge de la gestion de l’aide aux sinistrés se livreraient à des pratiques qui n’honorent pas leur titre. De sources dignes de foi, ces derniers subtilisent les vivres à des fins personnelles. D’ailleurs une radio de la place en a fait écho le jour même du lancement de l’opération de solidarité, les invitant à ramener les vivres subtilisés sous peine de dévoiler leurs identités sur ses ondes. Voilà des choses qui devraient faire réagir le maire Simon COMPAORE, adepte de la transparence et de la bonne gestion de la chose publique. Simon COMPAORE devra ouvrir l’œil et le bon afin d'extirper la mauvaise graine au sein des commissions en charge de la gestion. Quant on sait que nombre de Ouagalais contestaient déjà le fait que la mairie gère les dons en lieu et place du CONASUR, cette mauvaise action des ouailles du maire risque de donner raison à ces derniers qui doutaient de l’intégrité des conseillers. Que Monsieur le maire et ses ouailles se mettent au travail dans la transparence pour que venu le temps du bilan, l'équipe municipale puisse dire : "Nous nous sommes tirés avec les honneurs de la guerre". Et que l'extérieur qui nous regarde "affirme qu'être Burkinabè c'est être intègre".
Qui a dit ? On sait comment on y entre, mais on ne sait comment on y sort. Que M. le maire ouvre donc l’œil et surtout le bon pour que des mauvaises graines ne salissent pas le noble travail que la mairie abat chaque jour.

Frédéric ILBOUDO

Le conseil municipal de Bobo remet 5 millions aux sinistrés

Suite à la pluie diluvienne qui s'est abattue sur la ville de Ouagadougou le 1er septembre 2009, et qui a occasionné des dégâts importants et des pertes en vie humaine, le conseil municipal de Bobo-Dioulasso s'est réuni de façon extraordinaire le jeudi 03 septembre 2009 afin d'échanger sur la situation.

Salia SANOU, A l'issue de ce conseil extraordinaire présidé par le maire Salia SANOU, les élus locaux de la ville de Sya ont exprimé leur vive compassion au conseil municipal de la ville de Ouagadougou, aux victimes et aux familles éplorées.
Ils en appellent à la solidarité de toute la population de Bobo pour soutenir les sinistrés dans ces moments difficiles.
Pour donner le bon exemple, le maire Salia SANOU et ses conseillers ont dégagé à chaud la somme de 5 millions de francs CFA pour venir en aide aux nombreux sinistrés. Mieux, tous les conseillers de Bobo et des villages rattachés ont renoncé à leur perdiem de conseil au profit des victimes des inondations de la capitale. Une somme de plus d'un million a ainsi été récoltée ; ce qui donne un total de plus de 6 millions. Après ce geste "symbolique", la commune de Bobo compte initier des actions de collectes de vêtements, couvertures, nattes et autres matériels nécessaire pour venir en aide aux sinistrés.
L'appel du conseil municipal de Bobo n'a pas tardé à avoir un écho favorable. Le vendredi 04 septembre dernier, le groupement des transformations des produits oléagineux de Bobo (GTPOB) conduit par son président Mamady CAMARA, a remis un chèque de 10 millions de FCFA au gouverneur de la région des Hauts-Bassins pour soutenir les sinistrés de Ouagadougou.
Les Bobolais comme on le constate, sont restés solidaires de leurs frères de Ouaga. Ils se sont manifestés par des appels téléphoniques le jour du sinistre pour s'enquérir de la situation. Tout ce qui touche à la capitale touche à toute la nation. C'est dans le malheur qu'on reconnaît la capacité des peuples à se soutenir. Le peuple burkinabè dans son ensemble est resté solidaire depuis le 1er septembre, toute chose qui ne fera que donner de l'espoir aux sinistrés..o

Par Drissa KONE à Bobo-Dioulasso

Situation des contributions à la date du 7 septembre 2009

I. Ministère de l'Action sociale et de la Solidarité nationale

- EBOMAF/S.A, aide en nature 288 000F, en espaces 10 000 000F
- Boulangerie Wend Konta, 520 000F
- ONATEL/S.A, 4 240 500 en nature (riz, huile, sucre, nattes et couvertures) 10 000 000 en espèces
- Zain, 7 558 000 en nature (riz, nattes et couvertures)
- Personnel COTECNA : 1 700 000F en nature (riz)
- Naim Ali/Bobo : 2 945 000F en nature (riz, nattes et couvertures)
- Lions club : 12 000 000F en nature (maïs, riz, sorgho, farine, couvertures, moustiquaires, sacs d'écolier, médicaments et blocs notes)
- Club Golf de Ouaga : 250 000F en espèces
- BRS : 500 000F en espèces
- Société Univers 3000 : 100 000F en espèces
- Petites et moyens entreprises : 100 000F en espèces
- UNICEF : 23 millions
- PAM : Appui technique, 22 800 000F
- UNFPA : 200 kits de dignité, 6 millions en nature
- OMS : Kits de désinfection, 96 millions de francs CFA, un véhicule
-- Total : 376 050 000FCFA

II Mairie de Ouagadougou
- Total des dons du 2 au 5 septembre 2009, 6 563 000F, 30 tonnes 250kg de vivres, 590 couvertures, 1050 nattes
- Gouvernement : 1 mois de salaire : 23 583 000FCFA
- Assemblée nationale : 20 millions
- Oumarou KANAZOE : 100 millions FCFA
- Communauté libanaise : 110 millions FCFA
- Chambre de commerce ; 100 millions
- Alizèta OUEDRAOGO : 20 millions FCFA
- Armée : 3 millions
- Le Mogho Naaba : 1 million
- Journal L’OPINION : 125 000 F CFA
- Jean-Baptiste OUEDRAOGO, ancien président :1 000 000 F CFA
- FEDAP-BC : 11 360 000F
- CDP : 5 millions
- ADF/RDA : 1 million
- PARIS : 100 000F
- L'UEMOA : 250 millions
- Chine Taiwan : 131 191 000F
- BRAKINA : 108 750 000F
- TELECEL : 50t + 10 000 000 FCFA + 20 portables avec flotte.
- Bolloré : 25 millions
- MABUCIG : 50 millions
- Lassiné DIAWARA : 5 000 000 F CFA
- CFAO : 25 millions
- N.B : La collecte sur place de l'appel à solidarité du 7 septembre 2009 s'élève selon le président du comité ad hoc, à plus d'un milliard de francs CFA.
Il est à préciser qu'il s'agit là de quelques chiffres.o

Les députés sur les sites d'accueil

Les élus nationaux sensibles aux désastres créés par la pluie diluvienne du mardi 1er septembre dernier ont interrompu leurs vacances parlementaires pour aller sur le terrain et constater par eux-mêmes la manière dont sont installés les sans-abri qui ont tout perdu dans le sinistre. C'était, le vendre 4 septembre 2009.

Le député Sié Roger HIEN a conduit la délégation de l’Assemblée nationale sur les sites d’accueilLa vie des sinistrés recasés sur les sites d'accueil officiels (écoles, collèges et lycées essentiellement) n'est pas du tout aisée comme on peut s'en douter et les mots que nous utiliserons pour décrire leur situation sont faibles pour traduire la souffrance de ces personnes qui ont tout perdu au plan matériel et sont dans un désarroi complet. De façon exacte, à la date du 4 septembre 2009, ce sont 3 480 personnes sinistrées qui ont été recensées dans l'arrondissement de Signonghin et installées sur 10 sites. A Baskuy, elles sont plus de 10 000 réparties sur 20 sites. L'Arrondissement de Boulmiougou quant à lui totalise 23 072 sinistrés logés dans 21 sites tandis qu'à Bogodogo, ce sont 19 sites qui abritent des sinistrés, dont le nombre n'avait pas encore été déterminé à la date de l'expédition des députés de la commission de l'Emploi, des Affaires sociales et culturelles de l'A.N. avec à leur tête son président, l'honorable Sié Roger HIEN. A Nongr-Massom ce sont 17 sites qui ont été déterminés comme pieds-à-terre temporaire de 12 600 sinistrés. Ces chiffres sont bien sûr loin des 150 000 personnes en état de détresse parce qu'ils ne prennent pas en compte ceux des sinistrés recueillis par des familles. C'est d'ailleurs ce nombre de personnes que le programme alimentaire mondial (PAM) prendra prochainement en charge pendant 15 jours par l'octroi de produits alimentaires (huile, lait, de Niébé…) a confié le maire de la commune, M. Simon COMPAORE, aux élus nationaux. Mais en attendant, les sinistrés installés sur les sites d'accueil officiels sont pris en charge par le ministère de l'Action sociale et de la Solidarité nationale, le Comité national de secours d'urgence (CONASUR) grâce à leurs propres moyens, mais aussi grâce à d'autres structures publiques ou privées ou tout simplement des bonnes volontés qui répondent à l'appel à la solidarité lancé en faveur de ces victimes dont la restauration journalière nécessite au moins 60t de riz par deux repas (midi et soir). Et dire que ce sont, au bas mot, 10 à 15 nouvelles inscriptions que les différents sites reçoivent par jour. Le moins que l'on puisse dire est que la délégation de nos élus nationaux conduite par le maire de la commune et les maires d'arrondissement a constaté de visu l'ambiance qui règne sur certains des sites. La randonnée a démarré devant l'Assemblée nationale (A.N) à bord de 2 cars, le premier avec à son bord les députés et les journalistes dans le deuxième. Le convoi s'est alors dirigé vers la mairie centrale où le maire de la commune et ceux des 5 arrondissements de la commune ont brièvement briefé leurs hôtes que nous étions sur l'état des lieux, nous on fait part des difficultés rencontrées, avant de nous inviter à visiter les actions entreprises depuis l'installation des sinistrés. Ne pouvant pas visiter tous les 93 sites qui abritent les victimes du sinistre, 5 sites dont un par arrondissement ont été retenus.
Dès lors, la visite guidée des lieux choisis pouvait commencer et voilà le convoi doté d'une escorte policière de la municipalité qui s'élance vers sa première destination, l'école Nimnin dans l'arrondissement de Baskuy. Sur les lieux, c'est un spectacle désolant qui se présente à nous. Les conditions dans lesquelles vivent les pensionnaires de ce site ressemblent étrangement à celle des mineurs décrite dans "germinal" de Emile ZOLA. La promiscuité et l'insalubrité y règnent en maître. En effet, dans la cour de l'école, des habits lavés qui ressemblent plus à des haillons sont étalés sur l'herbe attendant une hypothétique apparution du soleil dont les rayons les sècherons. Dans la cour, le matériel sauvé après le sinistre est entreposé pêle-mêle. Des chaises, des tables, des lits, des bidons, des vélos, des lits ; bref, tout est entreposé les uns sur les autres rendant le décor plus triste. Dans les salles d'école transformées en dortoirs pour l'occasion est aussi disposé du matériel que les propriétaires ont pu sauver. Il s'agit essentiellement de quelques matelas, de buffets et quelques tables et chaises ayant meilleure allure que ceux disposés dans la cour à la merci des intempéries de la saison pluvieuse. Les pensionnaires du centre quant à eux selon qu'il s'agit d'hommes, de femmes ou d'enfants sont les uns plongés dans l'ennui et l'osivité, les autres essayant de se trouver coûte que coûte de quoi faire. La ronde dans les autres sites (école Kamsonghin à Signonghin, école Naaba Yândfo à Boulmiougou, école Koubri à Bogodogo et enfin école primaire de Kossodo) nous a permis de voir que les sinistrés vivaient dans les mêmes conditions de dénuement total, d'insalubrité et de promiscuité.
L'ambiance au niveau des sites oscille entre désespoir du moment et incertitude du lendemain. Ce désespoir est perceptible même chez les tout-petits qui, le regard sombre, vident parfois les larmes de leur frêle corps signe qu'ils ont faim ou que malgré leur immaturité, leur bas âge, ils avaient pleine conscience de l'ampleur de la situation dramatique dans laquelle eux et leurs parents sont plongés.
Les plus grands (7 à 15 ans pour la plupart) passent leur temps à errer sur les sites entre les habits étalés, et les matériaux récupérés des ruines de ce qui était encore des maisons avant cette date fatidique du1er septembre. Leur mine exprime une douleur silencieuse et muette dont une personne extérieure à cette âme ne peut mesurer la souffrance.
Quant aux hommes, ils sont là à se tourner les pouces. C'est avec beaucoup de dignité qu'ils essaient de cacher leurs sentiments de désespoir et d'impuissance qui remontent vite à la surface une fois que la parole leur est donnée. Aussi, Hamidou BELEM, sinistré du secteur 2 de Kamssoghin, installé à l'école Kamssonghin de Signoghin nous a confié les yeux hagards et la voix coupée : "Nos maisons sont tombées après la pluie et on a tout perdu… maintenant on ne sait plus quoi faire". Et Chantal OUEDRAOGO, sinistré de Boulmiougou recasé à l'école Naaba Yândfo tenant son bébé dans les bras, d'ajouter : "C'est après la pluie que nous avons remué la terre avec nos mains pour récupérer quelques objets et partir". Qu'ils se prénomment Salif, Fabrice, Assèta ou Opportune, les hommes et les femmes rassemblés dans les différents sites sont dans la même situation que Hamidou BELEM et Chantal OUEDRAOGO.
Les hommes se préoccupent de la situation de précarité dans laquelle ils sont plongés. C'est à juste titre qu'ils se demandent s'ils auront, leur femme, leur (s) enfant (s) et eux-mêmes de quoi manger. Les enfants iront-ils à l'école cette année ? Et s'ils venaient à tomber malade ? Après ces questionnements, la foi africaine refait surface et Dieu et les ancêtres sont alors chargés de définir leur destin eux dont la plupart des sinistrés disent que tout ce qu'ils font est bien.
Les femmes, même si elles ne le manifestent pas, semblent les êtres les plus touchés par la situation. Toujours affairées en temps normal dans l'exécution des tâches domestiques, champêtres, commerciales et autres, elles se retrouvent à ne rien faire pratiquement sur les sites. Cette sorte d'oisiveté forcée pèse plus sur elles et alors, elles se trouvent des occupations ainsi, on lave par ci quelques habits, par-là, on tresse les rares cheveux de son enfant pour celles qui ont des fillettes. Mais comme on ne peut faire grand'chose en ces lieux, la majorité d'entre elles se laissent aller à la méditation sur leur sort, assises où elles peuvent ou tout simplement débout. Le désœuvrement semble les tuer à petit feu. Quelle tristesse que de voir ces locomotives du développement se tourner les pouces à ne savoir quoi faire de leur temps et de leurs doigts !
Les sinistrés qui ont tout perdu, ou presque, appellent l'opinion nationale et internationale à voler à leur secours. Ils ont besoin de manger, de s'habiller, de se soigner et se reloger. Nous espérons que leur SOS sera entendu pour la prise en compte de ces besoins liés à leurs droits fondamentaux. Les députés qui ont pu prendre la mesure du drame qui se vit sur les sites ont promis faire un rapport à qui de droit assorti de propositions concrètes. Pour ce qui nous concerne, c'est avec un pincement au cœur, les yeux embués de larmes pour les plus sensibles d'entre nous, que nous quittions chaque site visité. Entre besoins de nourriture et de soins, besoins de s'habiller et de se reloger. Entre insalubrité, promiscuité et odeurs pestilentielles, les sinistrés essaient de vivre dans la dignité et la solidarité en attente de lendemains meilleurs.o

- Angelin DABIRE (stagiaire)

La compassion du CDP

A la suite de la pluie diluvienne du 1er septembre dernier le bureau exécutif national du CDP a par ce communiqué de presse exprimé toute sa compassion aux populations sinistrées.

Le 1er septembre 2009, une pluie diluvienne exceptionnelle par son ampleur, son rythme et sa durée, s'est abattue sur la capitale.
263 mm de hauteur d'eau tombée en quelques heures sur Ouagadougou qui n'avait enregistré qu'un maximum de 121 mm en 1953.
De mémoire de burkinabè, seules les villes de Ouahigouya, 222 mm en 1922 et de Bobo-Dioulasso, 246 mm en 1919, ont connu de telles précipitations.

Un tel fléau inédit dans notre pays a engendré des pertes en vies humaines et de considérables dégâts matériels.
Le Gouvernement réuni le même jour en Conseil extraordinaire de Ministre, au regard de la gravité de la situation, a pris les dispositions idoines visant à organiser le sauvetage et l'assistance aux populations sinistrées.
Ainsi, les sapeurs pompiers, les services municipaux compétents appuyés des forces militaires et paramilitaires et des services publics, ont chacun en ce qui le concerne, déployé toute leur énergie, tout leur savoir-faire et tout leur dévouement pour la mobilisation des moyens humains et matériels de secours d'urgence.
D'une manière générale, notre Parti apprécie la célérité du déploiement des secours publics par le Gouvernement et se réjouit de l'action solidaire et spontanée des populations.
Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) adresse ses félicitations aux forces de sécurité et de protection civile, pour leur efficacité ainsi qu'aux populations pour leur élan de solidarité et de fraternité.
L'esprit de solidarité qu'il nous a été donné de constater, montre bien que notre peuple porte en lui les valeurs inestimables qui tissent, soutiennent et solidifient depuis des siècles notre nation en formation.
C'est le lieu pour notre Parti de présenter ses condoléances aux familles endeuillées et d'exprimer sa compassion aux populations sinistrées et à tous ceux qui de près ou de loin ont subi les conséquences de cette catastrophe environnementale.

Face à une telle adversité, le CDP en appelle à l'unité d'action et à la solidarité de tous les burkinabè en faveur des populations sinistrées et exhorte le Gouvernement à poursuivre ses actions multiformes d'assistance, tout en œuvrant à la recherche de solutions durables.
Pour notre Parti, il est plus qu'urgent de prendre conscience la réalité des dérèglements climatiques et de la nécessité pour tous d'adopter un style de vie et un comportement éco-citoyen pour la sauvegarde de notre planète.o


Démocratie -Progrès -Justice
Ouagadougou, le 02/09/2009

Le Président du Parti,
Président du Bureau Politique National

Roch Marc Christian KABORE

Des sinistrés s’expriment

Hamidou BELEM, sinistré du secteur 2 de Kamsonghin, installé à l'école Kamsonghin de Signoghin
C'est la pluie du 1er septembre qui a fait qu'on est ici. Je suis là avec ma femme et mes 5 enfants. Nos maisons sont tombées après la pluie et on a tout perdu. Mon argent qui s'élevait à 100 000F CFA, mon téléphone portable, mes 4 maisons qui étaient dans la cour, mes valises, les assiettes de ma femme tout est perdu, emporté par les eaux. On a seulement pu nous sauver avec les enfants. Maintenant on ne sait plus quoi faire. On est arrivé ici, le 2 septembre dernier et on nous donne du riz à manger deux fois par jour. Vraiment je remercie le gouvernement et Pascal OUEDRAOGO de la mairie qui s'occupent de nous. Je remercie aussi mon fils Hamadé qui vient me donner de l'argent parfois. Côté santé, Dieu merci ça va jusqu'à présent. Il y a des infirmiers qui sont passés une fois nous voir, mais ils ne nous ont pas parlé ou donné des médicaments. C'est difficile, c'est vrai mais Dieu merci pour nous avoir sauvés.

 

Chantal OUEDRAOGO et son bébé, sinistrés de Boulmiougou installés à l’école Naba Yandfo
On a presque tout perdu avec la folle pluie du 1er septembre. Notre maison s'est effondrée sur notre matériel et nous-mêmes. C'est après la pluie que nous avons remué la terre avec nos mains pour récupérer quelques objets. Avec ma vieille mère et mon enfant, nous avons été à la mairie de Boulmiougou où le maire nous a orientés ici. Nous sommes là depuis le 2 septembre. C'est vraiment difficile pour manger même si depuis notre arrivée on nous apporte du riz. Pour boire on utilise l'eau de la fontaine. Nous lançons un appel au secours pour nous sortir de cette situation.

Boukha TASSEMBEDO, sinistré de Bogodogo, installé à l'école Koubri
La pluie a détruit notre maison, voilà pourquoi nous sommes présentement là, ma femme, mes deux enfants et moi-même. La moitié de nos affaires a été emportée par les eaux dont le riz et la farine. Et comme nous ne savons plus où aller, le maire nous a mis ici. En tout cas, on nous donne à manger depuis qu'on est arrivé. Aujourd'hui on n'a pas encore mangé (on était, le 4 septembre 2009 à 10h 43 mn).

 

 

Idrissa OUEDRAOGO, sinistré installé à l'école Koubri
Vraiment la pluie est venue détruire tout ce que je possédais. J'étais installé au niveau du barrage (à 50km environ de l'école) et la pluie est venue tout emporter. Rien n'est resté. Je suis donc ici avec 12 personnes qui composent ma famille. Depuis notre arrivée, on nous donne du pain et du riz. Nous demandons des aides pour le manger, les soins et le logement. Il y a aussi la rentrée scolaire qui arrive et nous avons donc besoin d'aide pour inscrire les enfants à l'école.

 

 

 

Assèta NANA, sinistrée de Bogodogo,
Les eaux ont fait tomber notre maison et tout emporté. Les habits que porte mon bébé nous ont été donnés par de bonnes volontés. Mon mari et 3 autres de mes enfants sont aussi-là. La pluie a emporté la moto, la télévision et tout ce qu'on avait. C'est une chance qu'on soit sorti tous indemmes de ce désastre. On nous donne du pain et du riz à manger. Nous n'avons plus rien et on ne sait plus où aller alors qu'on ne peut pas rester longtemps ici avec l'école qui va reprendre bientôt. On sollicite de l'aide (avant de fondre en larme).

 

Propos du député Sié Roger HIEN, président de la Commission de l'Emploi des Affaires sociales et culturelles de l'Assemblée nationale
Nous sommes sortis pour constater l'ampleur des dégâts. Face à ce que nous avons constaté, nous avons alors tenté d'encourager les populations pour ce qui leur est arrivé. Il s'agit aussi d'encourager les services chargés d'apporter les soins aux victimes. Que ça soit les services de l'Etat, les organisations de la Société civile ou toutes les bonnes volontés qui oeuvrent dans ce sens-là. Nous avons aussi donné des conseils aux populations. Vous savez que de tels attroupements présentent toujours des risques si des mesures d'hygiènes ne sont pas prises. Maintenant, nous allons faire un rapport avec des propositions à qui de droit. Ce qui est sûr l'Assemblée nationale jouera toujours sa partition comme d'habitude. Le député c'est la personne qui sert d'interface entre les populations et surtout les partenaires au développement. Le député est issu du peuple, un élu du peuple qui est toujours avec les populations. Nous essayons de voir les problèmes qu'ils rencontrent pour pouvoir contribuer à leur trouver des solutions.o


Angélin DABIRE (stagiaire)

Quand l’opposition rate le coche

Me Hermann YAMEOGO de l’UNDDEmile PARE du MPS/PFL’opposition a manqué encore un grand rendez vous de l’histoire. En boudant l’appel à la solidarité du chef de l’Etat, Me SANKARA, le Dima de Boussouma, Laurent BADO, Emile PARE et les autres ténors de l’opposition, ont une fois de plus boudé le peuple en souffrance. Ils ont démontré à quel point ils sont en déphasage avec le peuple et ses réalités. Sinon, comment comprendre une attitude pareille qui compte diriger ce pays quand ils ne sont même pas capables de taire les divergences et querelles politiques ; la situation l’exige. En brillant par leur absence à ce rendez-vous pour l’histoire, ils se démarquent de la souffrance du peuple. Pire, cette absence démontre encore une fois de plus que ces «leaders» manquent grandement de stratégie de communication, s’ils ne manquent pas tout simplement de conseillers en communication.

Me Bénéwendé S. SANKARA de l’UNIR/PSNorbert TIENDREBEOGO du FFSUn Me SANKARA, un Norbert TIENDREBEOGO etc., sortiraient grandis dans une telle opération de par leur présence d’une part, et d’autre part de par les critiques qu’ils auraient à porter sur l’organisation ou la gestion de la crise. Mieux ils pourraient constituer une véritable tour de garde pour contrôler de près la gestion de ressources qui seront réunies. Malheureusement nos hommes politiques de l’opposition ont préféré chacun naviguer dans des critiques inutiles ou des pseudo organisations sans crédit. Comment comprendre que pendant que l’on parle de « panier » commun pour le soutien aux victimes, l’UNIR/PS organise de son côté une collecte parallèle. Il est plus que nécessaire que ces opposants reviennent à la République. Comme le dit l’adage de chez nous : « quand la danse de la famille se déroule dans un plat, chaque membre doit y poser son pied et esquisser son pas de danse.» L’appel du président COMPAORE a été fait à l’endroit de tous les fils et filles du Burkina. Et ces opposants font partie de ses fils et filles. Qu’ils ne s’étonnent donc pas si lors des élections, le peuple les sanctionne. Avant donc de crier à la fraude et à la manipulation, que chaque opposant se rappelle de ses actions antérieures. Pour l’heure, l’ADF/RDA semble une fois de plus avoir pris les devants en démontrant qu’elle est un parti organisé. En étant le premier parti à donner sa contribution, il a coupé l’herbe au pied de ses adversaires, s’il ne les force pas à suivre ses pas. En attendant de voir ce que les partis politiques d’opposition et leurs leaders feront pour les sinistrés ; disons-le, ils ont attrapé l’herbe comme dira l’autre..o

Par Frédéric ILBOUDO

 

 

 

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