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La Une n°621
La Une du n° 621
Lettre de l'Editeur : N°621 du 09 au 15 septembre 2009

Leçons de choses

Du reste, immédiatement après cette opération, Blaise COMPAORE a rendu une visite de plus de quatre heures aux sinistrés installés dans les différents sites de la capitale. Ce qui, rétrospectivement, vient illustrer une fois de plus la maxime qu'il a fait sienne dès le lendemain du 15 octobre 87 à savoir que la réflexion doit toujours précéder l'action. Par ailleurs, on le sait, il n’est pas du genre expansif de sorte que ce n’est pas avec lui qu’il y aura des actions d’éclats. Action, oui ! Mais action dans l’efficacité et pour l’efficacité.

La semaine écoulée a été à maints égards catastrophiques pour le Burkina Faso. La ville capitale, Ouagadougou, n'avait en effet pas fini de pleurer ses morts et de panser ses plaies consécutivement au déluge du 1er septembre dernier qui l'a noyée littéralement sous un flot d'eau, que les Etalons meurtrissaient davantage le cœur des Burkinabè en se faisant piteusement écraser par les Eléphants ivoiriens sur le score, sans appel, de 5 buts à zéro. Deux événements malheureux qui obligent à une introspection, sans appel, si tant est qu'à défaut d'être évitées, leurs conséquences pouvaient être fortement minimisées. C’est cette attitude, qui permet de gagner la lucidité requise pour mieux comprendre les situations, qui devait guider les uns et les autres. Malheureusement ce ne fut pas toujours le cas. En effet, après les terribles évènements du 1er septembre dernier, certains de nos confrères n'ont rien trouvé de mieux que de tomber à bras raccourcis sur le Président du Faso, l'accusant, entre autres, "d'éloignement" avec les victimes de cette catastrophe naturelle, parce qu'il "était au chaud sous une tente bédouine" d'une part, et parce que son service de communication aurait été défaillant, d'autre part. Des arguments spécieux en l'espèce qui cachent mal l'envie de nuire gratuitement et de détériorer l'image d'un homme qu'ils exècrent mais qui ne peuvent pas cacher le soleil tout comme la main ne saurait le faire. Faut-il, en effet, rappeler que dès l'annonce du drame, Blaise COMPAORE a depuis Tripoli exprimé toute sa compassion aux victimes, et a instruit le gouvernement de prendre les mesures d'urgence qui s'imposaient face à cette terrible catastrophe. On ne sait pas ce que sa présence aurait apporté de plus, l'urgence étant ailleurs, en l'occurrence dans la mobilisation des secours au profit des victimes. Et, justement à propos de cette solidarité agissante, le Président du Faso a personnellement pris la tête de l'opération nationale initiée à cet effet. Du reste, immédiatement après cette opération, Blaise COMPAORE a rendu une visite de plus de quatre heures aux sinistrés installés dans les différents sites de la capitale. Ce qui, rétrospectivement, vient illustrer une fois de plus la maxime qu'il a fait sienne dès le lendemain du 15 octobre 87 à savoir que la réflexion doit toujours précéder l'action. Par ailleurs, on le sait, il n’est pas du genre expansif de sorte que ce n’est pas avec lui qu’il y aura des actions d’éclats. Action, oui ! Mais action dans l’efficacité et pour l’efficacité.
Laissons donc nos tartufes à leurs vaines spéculations et venons en à l'essentiel pour dire à l'instar de Blaise COMPAORE, qu'il faut "un schéma d'aménagement urbain plus adapté" à la ville de Ouagadougou. En effet, en dépit de l'ampleur de la pluie du 1er septembre, ses effets dévastateurs auraient pu être réduits, si nos urbanistes et tous ceux chargés de l'aménagement du "territoire" ouagalais avaient mieux joué leur rôle. Le maire lui-même l'a affirmé à une certaine époque, Ouagadougou s'étend sur une superficie plus grande que Paris. Malheureusement, les infrastructures de voirie et d'assainissement n'ont pas suivi ce développement exponentiel de la ville. "Pissy les bains", “ Karpala les eaux’’ ; voilà des expressions imagées que les Ouagalais ont trouvé pour exprimer leur désarroi chaque fois qu'une petite pluie venait inonder leur quartier. Dans le même temps, les habitats spontanés et les chantiers ouverts, sans autorisation préalable, faisaient le lit de la catastrophe que nous avons vécue le 1er septembre. C’est dire que les responsabilités sont partagées et qu’en temps opportun, chacun devra accepter les siennes. Il faut donc diagnostiquer les maux et établir les responsabilités, surtout qu'on n'a pas fini avec les lotissements à Ouagadougou. Dans certains arrondissements la demande et la pression sociale risquent d'entraîner une fuite en avant qui multiplierait les angoisses infrastructurelles de la ville.
Autre catastrophe où les responsabilités devraient être situées, la défaite des Etalons en Abidjan par le score sans appel de 5 buts à zéro. Alors que l'entame de la compétition augurait de lendemains qui chantent pour le football burkinabè (surtout que des structures de formation des jeunes se mettent progressivement en place et que la gestion est de plus en plus assainie) des fissures entre certaines lignes sont venues progressivement brouiller les fréquences. Entre la fédération et le ministère ce n'est plus le bel amour du début, en témoignent certaines interviews où les flèches sont décochées malicieusement en douce. Sans nous immiscer dans ce duel à fleurets mouchetés, disons que chacun gagnerait à se cantonner dans son rôle. Le ministère en tant que représentant de la puissance publique doit financer à la hauteur de ses moyens le football dont le rôle d'utilité publique n'est plus à démontrer. Après quoi, il doit laisser la fédération gérer sa "chose" quitte à lui demander des comptes dans l'utilisation des fonds. Le domaine technique n'est pas de son ressort et, en continuant les ingérences, il nuit dangereusement à la cohésion du programme de la fédé. Si ce n’était que cela on pourrait même laisser courir, mais il semble que ça frise l’animosité gratuite. Le sport rapproche dit-on ; mais dans notre contexte, il divise par la faute de ses principaux responsables qui semblent avoir des agendas cachés. Que chacun s’occupe donc de ses fonctions. Il y a tellement à faire ! Or on ne semble pas en prendre le chemin. Du reste, c'est cette position ambivalente qui lui a valu d'être la cible de certains supporters avant le match catastrophique d'Abidjan. Il n'y a rien de tel que l'union, mais celle-ci ne doit pas se faire au détriment des droits fondamentaux des populations reconnus par la Constitution. Elle ne se décrète pas non plus. Il y a une clarification à effectuer au sein de la famille du football pour lui éviter de retomber dans ses vieux démons qui lui ont été tant préjudiciables. La déroute d'Abidjan sonne le tocsin et, ceux qui ont des oreilles devront entendre. Un mal pour un bien donc que le drame du 1er septembre et la déroute du 5 du même mois, dont l'analyse concrète éviterait des douleurs plus grandes.o

- Alpha YAYA

 

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