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La Une n°621
La Une du n° 621
RETRO-SPORTS :N°621 du 09 au 15 septembre 2009

Eliminatoires CAN-Mondial 2010
La fin d'un beau rêve

Il est permis de rêver et c'est aussi ce qui fait le sel de la vie. Le Burkina Faso a rêvé au Mondial 2010 Sud-africain après les deux premiers matchs du dernier tour de qualification. Mais la Côte d'Ivoire grâce à son succès du 20 juin au Stade du 4-Août et surtout à celui plus probant du samedi 5 septembre dernier au Félicia lui a ôté son rêve. Maintenant, il s'agit pour les Etalons du Faso d'accrocher le wagon de la CAN 2010 en Angola..

Les Etalons du BurkinaQue ce fut dur de voir les Etalons encaisser cinq buts, eux qui depuis le coup d'envoi de ces éliminatoires combinées n'en finissaient pas de réaliser des performances. Ce fut surtout très dur en ce sens que cinq buts ne séparent pas les deux formations, notamment en terme de jeu, d'idée directrice et de conception tactique.
On pourra toujours dire que les Etalons ont pêché parfois par naïveté, souvent par présomption et quelquefois par manque de caractère. Enfin la prestation de l'arbitre seychellois Malley Eddy ALLEN a eu son influence néfaste sur ce naufrage inattendu et depuis deux ans rangé au rang de l'impossible.
Bien qu'ayant, en effet, pris les devants au score, l'équipe de Côte d'Ivoire n'en menant pas large, dominée doublement dans le jeu et dans l'envie. Mais la force des grandes nations n'est-elle pas de donner l'illusion à l'adversaire qu'elle maîtrise la partie et qu'est proche le moment où elle matérialisera son emprise supposée ou réelle. Pour le Burkina, cela aurait pu se passer si et seulement si le juge central n'avait pas omis de sanctionner un flagrant penalty, admis comme tel par tout le public présent ce samedi après-midi au Félicia.
Non content d'oublier cette faute caractérisée, il donnera à la Côte d'Ivoire du balle du 2-0, qui finissait alors de régler le sort du match. Une faute commise, pour refus de libérer le ballon pendant qu'il était au sol, de Abdoul Kader KEITA. Non seulement dans l'affaire, le Burkina récoltait un carton jaune par Charles KABORE, mais il prenait ce deuxième sur source de tous les tourments futurs d'une équipe entrée à la pause, très énervée du fait du penalty non accordé.
Ces deux faits malheureux de jeu ne suffisent cependant pas à eux seuls à justifier cette débâcle qui porte très justement son nom. Parce que même dominé au tableau d'affichage par deux buts d'écart, il n'est pas admissible le délitement constaté dans tous les compartiments et le fait de verser dans un hourra football, qui a vu des joueurs se disperser aux quatre vents et dans chaque recoin de terrain.
L'heure de la remise en cause du coach en chef Paulo DUARTE a sonné. Ce que tout le monde aura constaté, c'est que l'équipe a commencé à perdre son âme dès l'engagement de DUARTE ave le club français de ligue 1 du Mans. Plus rien n'a plus été comme avant et les raisons sont à notre sens de deux ordres. D'abord, il est compréhensible que toute son attention se soit portée sur le Mans là où se situe son avenir. C'est là où il veut désormais acquérir définitivement ses galons de cador des techniciens capables de coacher les meilleures formations du vieux continent.
Ensuite, la confiance établie entre lui et les joueurs n'est plus la même parce que comme le dit le dicton, "un chien ne peut garder avec efficacité deux concessions", même voisines l'une de l'autre.
Il revient alors au pouvoir fédéral d'étudier la question avec toute la perspicacité qui sied au risque de compromettre le travail déjà appréciable abattu. En se fondant seulement sur le contenu de la première mi-temps, il est évident que la meilleure équiper sur le terrain était celle des Etalons. Qu'est-ce qui a bien pu se passer dans les vestiaires à la pause ? La question aussi anodine soit-elle peut avoir expliqué que la colonne vertébrale se soit brisée au moment où on s'y attendait le moins.
Il s'agit à présent pour la fédération de donner une chance aux Etalons de capitaliser les acquis de deux ans d'efforts et surtout de se présenter à la CAN avec un regain de confiance capable de forcer des portes des quarts de finale. On le sait ce qui n'évolue pas recule. Or, les Etalons ont toujours calé au premier tour des phases finales de la grande messe biennale du football africain. Il est grand temps de briser le signe indien et cette opération semble mal engagée avec les vents contraires qui se lèvent face à une formation que tous les spécialistes présentaient en pleine ascension.
Sans préjuger des décisions qui seront rendues par Zambendé et ses collaborateurs, on veut croire qu'ils auront le jugement avisé et pertinent. L'électrochoc qu'ils doivent créer est un impératif pour ne pas freiner la marche en avant des Etalons. Et c'est dans de moments pareils qu'on peut apprécier de la capacité d'un organisme à affronter la tempête et surtout à couper son développement.
Il importe, en tout cas, que toute l'équipe puisse rebondir immédiatement derrière cette claque. Et c'est déjà contre la Guinée en octobre prochain. Pour ne pas laisser le doute s'immiscer dans les têtes, il faut réussir un résultat. Histoire aussi de se convaincre que la série de huit matchs sans défaite avait un fondement.o.o

Idriss SEMDE

La défaite de l’inconséquence

La 4ème journée des éliminatoires combinées de la Coupe d’Afrique des Nations et de la Coupe du Monde 2010 jouée le week-end des 5 et 6 septembre dernier, a été marquée par la très lourde défaite des Etalons du Burkina Faso face aux Eléphants de Côte d’Ivoire. Score : 5 buts à rien. Une défaite qui peut être attribuée aux inconséquences dans la démarche du football burkinabè.

«Tout est dans la démarche», a dit le maître de cérémonie dans «La Tragédie du Roi du Christophe», la célèbre pièce de théâtre du Martiniquais Aimé Césaire. En sport et plus spécifiquement en football, la démarche, c'est-à-dire la préparation des matches, est très importante, voire capitale. Une équipe bien préparée arrive sur le terrain avec assurance et surtout l’envie de prouver qu’elle est dans son "élément" pour produire un bon résultat. Une préparation approximative aboutit à la précipitation dans l’espoir de surprendre l’adversaire.
En relisant le match du 5 septembre dernier, on arrive à la conclusion que les Burkinabè ont mal préparé la rencontre ou n’ont pas tiré les leçons de la défaite du 20 juin dernier à Ouagadougou puisqu'ils maintiennent Paulo DUARTE à la tête de l’équipe. Comme nous l’avons déjà écrit quelles que soient les qualités de cet entraîneur il ne peut pas encadrer deux équipes en même temps. Depuis qu’il a décidé d’encadrer conjointement les Etalons et l’équipe française du MUC 72, les Etalons ont perdu tous leurs matchs en amical comme en officiel. Dans sa déclaration d’après match à Abidjan, DUARTE a reconnu sa responsabilité dans la défaite. S’il n’a pas pu le faire comme à son habitude, c’est tout simplement à cause de son ambivalence. En tant qu’entraîneur de club, DUARTE ne peut plus faire le travail d’observation des joueurs dans leurs clubs. Il ne peut plus s’entretenir régulièrement avec leurs encadreurs pour connaître leur réel état de forme. Cette tâche qu’il a, sans doute, confiée à ses adjoints ne peut être que mal fait ou partiellement bien fait. L’avis sur la forme d’un joueur est souvent subjectif, comme le choix de l’aligner.

L’erreur de DUARTE
On aura remarqué l’erreur que DUARTE a commise dans le choix du onze de départ surtout en attaque. Le championnat du Qatar où évolue Moumouni DAGANO n’a pas encore débuté. Le goleador burkinabè manque donc de compétitions. Dans un match comme celui-ci où le joueur a besoin d’être à 100.%, DAGANO aurait pu être un simple remplaçant de luxe. A sa place Aristide BANCE qui joue à Mayence en Bundesliga aurait pu bien faire l’affaire. BANCE était plus en confiance. Il a été l’auteur du but victorieux de son club contre le grand Bayern de Munich en championnat. Et n’oublions pas que c’est lui qui a réduit le score, le 20 juin dernier à trois buts à deux quelques minutes après son entrée sur le terrain.
Une association de BANCE avec Youssouf KONE qui est aussi en compétition avec son Cluj en Roumanie aurait donné un autre visage au match que la paire DAGANO– ZOUNDI qui ne voyait que du feu. Nul ne nie les qualités de DAGANO mais le football c’est d’abord la compétition, ce que le buteur burkinabè n’en a pas depuis son exil qatari. Mais DUARTE qui n’a pas le temps ne pouvait que surfer sur le passé.

L’entame en fanfare
Comme au match aller les Burkinabè ont encore commis l’erreur de débuter le match en fanfare. La première occasion gâchée par DAGANO aurait pu changer le cours du match s’il le mettait au fond. Mais il a manqué simplement de lucidité ou confiance. Yaya TOURE dans des circonstances quelque peu similaires a inscrit le troisième but ivoirien à la 54ème minute. Le manque de lucidité des Burkinabè a été confirmé six minutes après l’occasion manquée de DAGANO par l’auto goal de Paul Kéba KOULIBALY. Comme si cela ne suffisait pas, l’affaire Habib BAMOGO rebondit au mauvais moment. L’attaquant de l’OGC Nice a choisi depuis des lustres de jouer pour le Burkina. En juin dernier à Nassau aux Bahamas, la FIFA a levé la mesure qui obligeait les joueurs binationaux à choisir le pays pour lequel ils veulent jouer avant l’âge olympique (-de 23 ans). Cette décision ouvrait les portes de la sélection nationale à BAMOGO, mais la FBF n’aurait pas accompli les formalités administratives qui l’accompagnent. Conséquence BAMOGO n’a pas pu prendre part au match.

La pagaille des patrons des supporters
Les hommes qui sont à la tête des supporters sont-ils vraiment des fans des Etalons ? On peut en douter un peu parce que les bagarres récurrentes qui surgissent n’ont souvent rien à voir avec le soutien de l’équipe. Ce sont des problèmes de personne sinon de « gombo » qui enflamment souvent les milieux. Autrement on n’a pas besoin de se battre pour défendre la même cause. Il faut trancher rapidement ce problème à quelque niveau que ce soit pour ne pas mettre en péril l’avenir même de l’équipe. Les textes de la République doivent s’imposer à tous et il n’y pas de raison que des gens en font à leur tête et surtout au gré de leurs intérêts.
Les supporters burkinabè doivent surtout être éduqués aux techniques de soutien. Il y a plus de folklore que de réel apport à la bataille de l’équipe. D’où est venue cette philosophie de fêter la victoire avant de jouer le match. Au match aller les Burkinabè de Ouagadougou tenaient un carnaval la veille et la matinée du match. La défaite est venue fermer le bec de tout le monde. Les supporters, version «Kooswéogo», ont remis ça à Abidjan. Les Etalons sont accueillis tel un chef d’Etat comme s’ils revenaient d’une expédition victorieuse. On connaît la suite. On ne gagne pas un match de football avant de le jouer quand on sait que dans les gradins, les supporters ne font pas grand'chose pour pousser les joueurs à se surpasser.
Il reste deux matches à jouer. Rien n’est encore gagné ou perdu pour les Etalons. Mais il va falloir changer le fusil d’épaule. Pour l’amour du pays, les autorités doivent avoir le courage de demander à Paulo DUARTE de choir entre la tête des Etalons et celui du Mans. Sinon le pire est à venir.o

- Ahmed NAZE

 

 

 

 

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