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La N°622 du 16 au 22/09/09
La Une du n° 622

Retro-Rétro – Gouvernance: N°622 du 16 au 22 septembre 2009

Chaîne de solidarité

La fibre patriotique comme toujours

Le déluge du 1er septembre 2009 qui s'est abattu sur la ville de Ouagadougou avec à la clé 263,3 mm d'eau ayant causé 8 morts, 150 000 sinistrés et des sans-abri, a une fois de plus réveillé la fibre patriotique des Burkinabè dont le premier des citoyens, le président Blaise COMPAORE, qui a appelé à la solidarité agissante. C'était le 9 septembre 2009 à l'ex-palais de la Président du Faso sis à Koulouba.

Cet appel n'est pas tombé dans les oreilles d'un sourd vu la mobilisation générale, l'engouement des concitoyens ; choses traduisant l'expression d'un patriotisme légendaire de la part des Burkinabè de toutes les couches sociales qui ne se font pas prier pour venir en aide à ceux qui ont tout perdu dans l'inondation du 1er septembre dernier.
C'est un Burkina aux valeurs républicaines faites de solidarité, de soutiens mutuels dans le bonheur comme dans le malheur qui s'exprime à travers cette chaîne de solidarité. Des Burkinabè de l'extérieur comme de l'intérieur, chacun y va de sa modeste contribution pour accompagner l'élan national en faveur des sinistrés du 1er septembre. Ainsi, le comité adhoc mis en place pour collecter les dons est loin d'avoir du répit. Tant les donateurs se bousculent pour répondre à l'appel. Ce sursaut corrobore la maxime qui dit qu'au-delà de l'individu, il y a la nation ; d'où ce sentiment d'appartenir à un peuple. Cette fibre patriotique, il faut la perpétuer en l'érigeant comme valeur sociale cardinale pour une vie communautaire dans le partage. Telle est l'expression d'une nation forte bâtie sur le socle de l'effort collectif pour une nation pour tous. Le comité ad hoc, au bilan des 8 et 9 septembre dernier, fait état de plus d'un milliard trois cent millions de FCFA de dons collectés en nature comme en espèces et certainement que les donneurs ne s'arrêteront pas en si bon chemin. Rien qu'à voir toutes les composantes de la société se mouvoir, chaque citoyen s'exprimant à son niveau au gré de ses moyens, l'on ne peut que féliciter l'initiative consistant à en appeler à la conscience citoyenne de tous. Que tu sois à l'extérieur ou à l'intérieur, tu t'es senti interpellé et c'est ça déjà du gagné. Quant aux sociétés commerciales, leur prompte réaction faisant de la cause nationale la préoccupation première avant tout profit les honore et monter que plus que de faire des affaires, elles sont conscientes que c'est dans un environnement sain, sécurisé et aux valeurs de solidarité qu'elles peuvent prospérer. Le Burkina Faso donne ainsi une leçon de comportement social, à l'échelle mondiale, faite de solidarité agissante des premières marches de l'escalier social jusqu'à la dernière.

Vivement que l'exemple fasse école surtout à l'endroit des plus riches de la planète. C'est dire que ce petit pays pauvre situé au cœur de l'Afrique de l'Ouest a beaucoup à donner à l'humanité en ce qui concerne la paix et la solidarité, une richesse qui ne peut s'acquérir qu'à l'école africaine dont les fondements s'enracinent dans le socle socioculturel.o

Issoufou MAIGA

Synergie d'action à Zongo (Boulmiougou)

A l'instar de la majorité des secteurs de Ouagadougou, Zongo, village relevant de l'arrondissement de Boulmiougou, a connu des heures de calvaire suite à la pluie du 1er septembre dernier. Solidarité agissante des populations, dévouement et disponibilité de la conseillère municipale, Mme TIROUDA/GUIRE Maissaratou ; une mobilisation qui a permis d'amoindrir les dégâts.

La furia des eaux n'a pas évité le village de ZONGO dans l'arrondissement de Boulmiougou. La journée du 1er septembre dernier a donc été triste et éprouvante pour la population et les autorités locales, particulièrement la conseillère de la localité. Aussi, s'exprimant sur les premières heures de la catastrophe, elle dit : "Le 1er septembre pendant la pluie, nous sommes sortis dans les eaux et on aidait la population à récupérer ce qui peut l'être et à donner des consignes pour éviter des pertes en vie humaine. A un moment donné, j'ai demandé à la population de laisser le matériel et de s'occuper de leur propre vie. Certaines femmes voyaient plus leurs valises, ustensiles et autres. Il a fallu les convaincre de tout abandonner et se chercher". Cette sensibilisation a porté fruit. Et c'est ainsi que Zongo, aux premières heures, n'a pas enregistré plusieurs pertes en vie humaine. Selon la conseillère, le cas malheureux reste celui d'un bébé qui aurait été emporté par les eaux. Les premières heures passées, il a fallu trouver des sites d'accueil pour les milliers de sinistrés de Zongo et aussi trouver de quoi se mettre sous la dent en attendant de voir ce qui pourrait être fait. La solidarité aidant, les responsables d'écoles ont accepté ouvrir leurs portes pour recevoir les sinistrés dans les classes. Une fois les sites trouvés, la mairie de l'arrondissement y apportera du pain et des boites de sardines en attendant l'arrivée des vivres du niveau central.
Avec 8 sites pour plus de 3 000 sinistrés aux premières heures de la catastrophe, le nombre a pu réduire à 5 avec environ 1538 sinistrés, certains ayant quitté les lieux pour se faire loger chez des parents ou amis qui ont eu plus de chance.
Les jours suivants ont permis de doter chaque site du village de vivres et de quoi faire la cuisine pour les sinistrés. Les petits problèmes dans les différents sites ont trouvé des solutions, suite aux sorties d'inspections du maire central, Simon COMPAORE et du maire de l'arrondissement, Séraphine OUEDRAOGO.
Malheureusement, en de situations pareilles certains en profitent pour régler leurs comptes. C'est ainsi qu'une rumeur malveillante du détournement de vivres s'est propagée à Zongo, relayée par une certaine presse mettant en cause un conseiller. Sur cette situation, Mme la conseillère de Zongo explique : "Le 1er septembre dans la soirée, vous savez que la plupart des ustensiles de cuisine étaient partis avec les eaux de pluie. Il n'y avait donc pas de quoi préparer sur les sites. Après concertation, l'idée est venue qu'on puisse préparer sur place et ensuite transporter les repas sur les sites. Nous avons donc mobilisé les femmes qui avaient encore quelques matériels de cuisine. C'est ainsi qu'on a acheté des pierres, du riz et autres pour faire la cuisine. C'était le premier au soir. Malheureusement, comme on a fait la cuisine sur place et pas sur les sites, certains ont propagé des rumeurs… Nous avons pourtant pensé bien faire parce qu'il fallait parer au plus pressé pour que les gens mangent. Dans tous les cas, dès le 2 septembre, avec l'arrivée des vivres, l'organisation a changé et chaque site reçoit sa dotation.
Je voudrais présenter mes excuses à ceux qui n'ont pas compris notre démarche". Passés ces moments d'incompréhensions et de suspicions, tout se déroule normalement à Zongo au grand bonheur des sinistrés dont Mme SANFO, veuve, venue témoigner sur tout ce qui s'est passé le 1er septembre et démentir la rumeur.

La conseillère de Zongo n'a pas manqué de remercier certains qui ont soutenu le village dès le 1er septembre, notamment El hadj Adama KINDO, PDG de SOMIKA, qui a donné 100 sacs de riz pour les sinistrés de Zongo.

Ben Alex Béogo

L’appel à la mobilisation de la section Kadiogo du CDP

La section du Kadiogo du parti au pouvoir, le CDP, n’est pas restée en reste face à la catastrophe causée par la pluie diluvienne du 1er septembre dernier. Dans une déclaration de soutien et de compassion aux victimes des inondations signée par son secrétaire général, Patrice NIKIEMA, la section CDP du Kadiogo réunie le 3 septembre 2009 au siège du parti tient à exprimer sa reconnaissance au gouvernement, au conseil régional du Centre, à la commune de Ouagadougou, aux structures déconcentrées de l’Administration, aux mouvements associatifs et les partenaires de notre pays « pour leur mobilisation face à cette catastrophe sans précédent. » Elle remercie « tous ces acteurs pour leur élan de solidarité jamais observé dans notre pays. » Par ailleurs « en affirmant sa profonde compassion aux victimes de cette catastrophe, elle salue particulièrement les actions héroïques des jeunes de Ouagadougou. » Ce qui du reste, l’amène à dire à l’endroit de ses camarades que « c’est en des moments difficiles que l’on reconnaît les grands peuples. » Pour la section CDP/Kadiogo, malgré les efforts multiformes déjà engagés, l’ampleur de la catastrophe continue d’interpeller. Ainsi, elle en appelle à une mobilisation de ses militants et sympathisants face à ce sinistre. Elle lance un appel de générosité de ses camarades dans la province du Kadiogo et singulièrement à Ouagadougou, pour des contributions de toute nature au nom de la solidarité nationale. Tout en marquant son adhésion à accompagner toute mesure du gouvernement qui viserait à soulager la peine des populations, elle soutient fermement celui-ci dans sa volonté de ne plus permettre une occupation des zones inondables et dans la recherche d’urgence des trames d’accueil pour les sinistrés

L’élan de solidarité des amis du Burkina
Les recettes d’une diplomatie de développement

L’adage selon lequel c’est dans les difficultés qu’on connaît ses vrais amis aura fait école dans notre pays à la suite des inondations du 1er septembre dernier. L’élan de solidarité que les partenaires bilatéraux du Burkina Faso lui ont manifesté à la survenue de la catastrophe témoigne de la dynamique d’une diplomatie bâtie par le chef de l’Etat.

Au lancement de l’opération de solidarité nationale et internationale pour venir en aide aux sinistrés des inondations, le lundi 7 septembre dernier, initiée par le président du Faso, les partenaires du Burkina Faso n’ont pas marchandé leur adhésion à l'action. Il faut rappeler que séance tenante, lors de leur rencontre avec le Premier ministre, le vendredi 4 septembre dernier, sur la gestion de ces inondations, ils étaient déjà nombreux à promettre des appuis multiformes. Certes, une certaine maxime dit que les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. Mais il faut reconnaître que dans le malheur, les hommes savent faire fi de l'esprit mercantile pour remettre en surface leur humanisme. Ainsi, ne saurait-on pas assimiler tous ces différents soutiens apportés par les partenaires bilatéraux à une solidarité de façade au regard de leur enthousiasme et de leur prompte réaction à l’appel de solidarité agissante fait par le chef de l’Etat.
La compassion des amis du Burkina est, sans doute, une marque de reconnaissance au président COMPAORE. C’est aujourd’hui une vérité de La Palisse que le président du Faso s’est forgé une image de marque au plan international, ce qui irradie le rayonnement du pays. Reconnu pour ses bons offices dans les règlements des conflits en Afrique et avec sa vision d’une diplomatie de développement, Blaise COMPAORE a pu élever le Burkina dans le concert des grandes nations. Rien que sa propension pour la paix qui reste un immense trésor pour le continent, il ne saurait laisser indifférente la communauté internationale à la catastrophe qui a frappé son pays. Il est loisible de souligner que de nombreux Etats africains ou d’ailleurs n’ont pu autant bénéficier d’un engouement de leurs partenaires bilatéraux et internationaux lorsqu’ils ont connu des sinistres similaires. Quand bien même certains d’entre eux regorgent de ressources convoitées ou sont supposés être plus forts.

Il est aussi à remarquer que ce sinistre a été une occurrence de mesurer l’efficacité de la coopération Sud-Sud. Dans le listing des donateurs, on peut se réjouir de voir des pays du Sud parmi les grands  soutiens.  Ainsi par exemple, la Côte d’Ivoire, malgré la crise, le Brésil, à peine en coopération avec le Burkina, l’Algérie, le Bénin, le Mali, le Maroc pour ne citer que ceux-ci, ont fait preuve d’une grande solidarité qui donne des lueurs d’espoir pour les pays dits du Tiers-monde. Cette marque de solidarité doit vraiment être maintenue et renforcée entre les Etats du Sud. C’est, sans doute, par de telles actions, aussi modestes soient-elles, que nos Etats pourront faire face à la ‘’cruauté’’ du monde occidental embarqué dans sa mondialisation sans état d'âme. Comme toujours : «Prolétaires de tous les pays unissez-vous !»

Drissa TRAORE

Quand viendra l’heure de la reconstruction ?

Après un déluge, on pare au plus urgent. C’est ce que s’attèle le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers depuis la survenue du sinistre du 1er septembre 2009.  Maintenant qu’on pare au plus urgent, avec plus ou moins de succès, il faut aussi, songer à la reconstruction. Car c'est l'élément le plus fondamental dans un processus de réhabilitation des infrastructures hors usage.

La pluie est passée. Elle a fait des ravages. 9 morts à ce jour et plus de 150 mille sinistrés. Côté infrastructures, on estime à plus de 24 000 logements détruits, sans compter les infrastructures publiques affectées. Mais à l'étape actuelle, l'heure est aux urgences : nourrir décemment les sinistrés, leur trouver des logements pour qu’ils libèrent les écoles. Ainsi, l'étape de la reconstruction pourrait être amorcée.
A ce jour, la quantification des objectifs (budget) se chiffre à la somme de 70milliards de nos francs répartis, selon le gouvernement, de la façon suivante :
-aménagement des sites de relogement des sinistrés (il est question de libérer les écoles pour permettre la rentrée scolaire) 700 000 000 de FCFA,
-aides à la reconstruction des logements des sinistrés, 6 250 000 000FCFA,
-aides à la réinsertion sociale, 1000 000 0000 de FCFA.
La réfection et la réhabilitation des infrastructures publiques telles que les ouvrages, barrages, bâtiments publics, assainissement, équipements, matériels, fournitures, etc. sont évaluése à 33 900 000 000 de FCFA.
Le gouvernement entend donc aider les populations sinistrées à se reloger. Mais comment va s’organiser ce relogement ? Comment l’aménagement de ces quartiers sinistrés va se faire sur le terrain ? Tous les sinistrés seront-ils relogés sur les mêmes parcelles ? Comment se fera le dédommagement pour le relogement ? Autant de questions que le commun des burkinabè se posent.

Rester souple, mais rigoureux
La reconstruction des quartiers durement touchés par le sinistre ne sera pas chose aisée.  Certes, le Premier ministre a été, on ne peu plus clair  quand il disait : «On entend des gens dire : on est né ici, c’est la cour de mon père, personne ne pourra nous faire partir d’ici. Je crois que nous serons désormais plus intransigeants sur ces questions-là.» En clair plus rien ne sera comme avant. Le gouvernement va donc prendre ses responsabilités. Mais comment ?
D’abord, tous les sinistrés ne sont pas logés à la même enseigne. Il y a ceux qui étaient régulièrement et normalement installés sur des terrains lotis. Il y a aussi ceux qui sont en zone nons-loties en pleine capitale. Deux catégories de sinistrés qu’il faudra gérer avec tact.
A cette épineuse question, s’ajoutera inévitablement, celle du cahier de charges. Le gouvernement devra trouver un cahier de charge qui répondra à la situation. Un document tenant lieu de cahier de charges qui déclinera les obligations des bénéficiaires ciblés relativement à l'occupation du terrain pour une reconstruction à faible coût et avec des matériaux résistants. L’autorité devra être ferme dans le respect de ce cahier de charge. Mais, autant il sera ferme avec ces derniers, il devra l’être aussi avec ceux qui étaient illégalement installés sur le lit du barrage. Elle devra surtout rester ferme dans l’aménagement des quartiers. Il ne sera donc pas de trop de souligner que la réinstallation des sinistrés se ferra dans une approche globale basée sur un plan, un schéma d'aménagement de la ville de Ouagadougou qui prenne en compte la dimension sécuritaire des installations socioéconomiques et routières.
Le sinistre est venu précipiter une opération de lotissement. Les opérations de lotissements s’imposent donc afin que les victimes puissent être attributaires de parcelle et envisager toute reconstruction.
C’est dire que les chantiers de reconstruction et de réaménagement ne seront pas de tout repos pour Tertius ZONGO et son équipe.  Des pleures et des grincements de dents, il y n’en aura. Car les besoins des sinistrés sont immenses.  Et à coup sûr tout le monde ne sera pas satisfait. C’est pourquoi, la solidarité devra s’étendre encore plus au sein des familles. 2010 est une année électorale. Et il est clair que le relogement et la reconstruction ne seront pas au rendez-vous si toutes les parties prenantes à l'action ne jouent pas convenablement leur partition. En dernier ressort, il est impérieux que les politiques ne fassent pas dans la récupération politicienne en vue des élections à venir.

Frédéric ILBOUDO

Restons, tout de même, vigilants

Ainsi donc, c’était  de fausses alertes. Toutes ces folles rumeurs de vol de vivres. De conseillers voleurs.  Tous cela n’était que des ballons de sondes lancés par de sinistres individus, dont l’objectif était de nuire à l’image des conseillers.  Monsieur le maire, restez tout de même vigilant ; car il n’y a pas de fumée sans feu.

Les rumeurs, les plus folles ont circulé. Au lendemain du sinistre du 1er septembre dernier, alors que s’organisaient les opérations de secours à travers la collecte des dons.  C’est en ce moment que, Ouagadougou a commencé à bruisser. Sur des ondes d’une radio de la place, des conseillers municipaux sont mis en cause dans le vol de vivres destinés aux sinistrés. Ils ont même été sommés de restituer ce qu’ils ont subtilisé sous peine de se voir dénoncer publiquement sur la voix des ondes. Les bruits ont couru également en ce qui concerne les bouteilles de gaz. Des conseillers seraient en train de sillonner les rues de la capitale avec  ces dons de la société bienfaitrice dans l’intention de les revendre. Cela a créé un scandale. En effet, il est difficile d’imaginer que pendant que plus de 150 mille Burkinabè sont sans-abris et ne savent pas quoi manger, des conseillers puissent agir de la sorte. Les rumeurs ne sont pas restées sans suite. Une enquête a été diligentée par la gendarmerie. Des conseillers dont les noms circulaient dans les rumeurs ont été arrêtés et entendus. Mais selon les services de communication de la mairie centrale : «Il n’en est rien. Les conseillers qui ont été mis en cause ont fait l’objet d’une enquête qui a révélé que les rumeurs sont sans fondement.» Ils ont été injustement accusés par dame rumeur. C’était donc une fausse alerte. Une fausse alerte, des rumeurs qui ont entaché la dignité des mis en cause.  Mais des rumeurs qui appellent tout le monde à redoubler de vigilance. «Tout système à ses brebis galeuses et c’est sûr que tous ceux qui travaillent dans les commissions à l’aide aux victimes ne sont pas tous des saints». Ces propos du maire Simon COMPAORE est sans commentaire. Mais disons aussi que si les rumeurs naissent, cela découle de précédents. En effet, l’opération Bayiri est encore fraîche dans la mémoire des Burkinabè. Jusqu'à l’heure où l’on parle, aucun bilan de cette opération n’a été fait. La gestion de cette opération a laissé un goût amer au sein des populations sinistrées d’alors. «Le ministre en charge de la Solidarité et celui des Finances ont été instruits afin que des règles de gestion fiables soient instaurées et que la possibilité soit donnée à tout citoyen qui le souhaite, d’avoir l’information en temps réel, non seulement sur le montant des contributions enregistrées mais sur leur utilisation». A dit Tertius ZONGO. Il faudrait donc que les citoyens apprennent à se rendre à la source pour avoir la bonne information. Cela pourrait éviter des situations fâcheuses comme ça a été le cas avec les conseillers qui ont été soupçonnés à tord. Evitons donc de verser dans la délation. En étant tout de même vigilant. Pour que ce qui sont aujourd’hui rumeur et soupçon sans fondement ne deviennent pas demain, ou dans les mois à venir une véritable caverne d’Ali Baba, Pascaline TAMINI et Simon COMPAORE doivent rester sur leurs gardes afin de traquer les brebis galeusesv.

Frédéric ILBOUDO

Attention aux vais faux sinistrés

La grande pluie du 1er septembre dernier a mis dans la rue des dizaines de milliers de Burkinabè. Le gouvernement, sous la houlette du président du Faso, a déclenché un élan de solidarité en faveur des sinistrés. Malheureusement des personnes mal intentionnées tentent de tourner à leur profit la situation.

"Si nous prenons un fraudeur, nous n’aurons aucune pitié pour lui", a déclaré le maire de Ouagadougou, Simon COMPAORE.
Nous saluons cet engagement du bourgmestre de la capitale. Mais il faut dire qu’il a sérieusement du pain sur la planche parce que les saprophytes seraient à l’œuvre sur les sites.
Il y a d’abord les faux-sinistrés. Ceux qui n’ont rien perdu et qui se plaisent à jouer aux victimes. Des gens dont les maisons ne seraient pas endommagées viennent se faire recenser comme sinistrés. Une fois inscrits, ils désertent les lieux et ne reviennent qu’à l’heure du repas ou la nuit pour faire acte de présence et ensuite foutre le camp. Pour mettre leur nom sur la liste des sinistrés, il y en a qui ne reculent devant rien. On parle de cette femme d’un certain âge qui cherchait à corrompre un agent recenseur avec la somme de vingt mille FCFA pour se faire inscrire.
Le problème serait plus complexe au niveau des zones non loties. Ces zones non aménagées fournissent la grande majorité des sinistrés. Ce qui est du reste normal puisque l’habitat est spontané et construit souvent à la va-vite avec le banco qui est loin d’être un matériau résistant. C’est pour ça que les arrondissements périphériques (Boulmiougou, Bogodogo, Signoghin et Nongrmassom) sont les plus touchés.  Dans les zones non loties, il n’y a pas possibilité de maîtriser le nombre de maisons de sinistrés. Ce sont des bâtisses généralement regroupées en grappe sur des espaces réduits. Le non-aménagement du terrain ne permet pas à l’Administration de maîtriser les effectifs. C’est là-bas qu’on recenserait la plupart des malhonnêtes qui ont trouvé dans cette malheureuse situation une aubaine. Avec ou sans maison tombée, la plupart de ceux qui habitent se sentent obligés de se retrouver sur la liste des malheureux.
On raconte l’histoire de cette bonne dame qui conduisait ses enfants sur un site proche pour manger et empocher l’argent de la popote que son époux ne manquait pourtant pas de lui verser. Ce dernier est rentré dans une colère noire et a même battu la pauvre dame quand il a appris qu’elle posait cet acte indigne avec ses enfants. L’acte de ce monsieur est à saluer comme une preuve de probité.
Il n’y a hélas pas que les citoyens lambda qui tentent de profiter de la situation. Certains responsables notamment les conseillers municipaux chercheraient à se remplir les poches. C’est généralement au niveau des vivres et des effets d’habillement qu’ils cherchent à soustraire quelque chose. Sur les antennes des radios, les accusations de détournement pleuvent. Un conseiller municipal qui était chargé de la distribution de nattes et de couvertures s’est subtilement installé une natte et une couverture destinées aux sinistrés pour faire son travail. A la fin, il n’a fait que les ranger en lieu sûr. Deux autres ont simplement choisi de se servir au vu et au su de tout le monde. Ils ne se sont pas gênés pour porter ces habits volés pour revenir « travailler ». Des actes d’irresponsabilité de ce genre doivent être sévèrement punis pour la postérité.
Il n’est pas question dans cette situation de faire prévaloir l’adage qui dit qu’on ne peut pas partager la viande sans se lécher les doigts. Les fruits de la solidarité nationale et internationale doivent revenir entièrement aux sinistrés comme les autorités s’y sont engagées. Il est de bon ton que toute la chaîne de distribution respecte ce serment. Comme le maire Simon COMPAORE l’a si bien dit la prise de responsabilité doit se faire à tous les niveaux. Si les autorités à certain niveau respectent leur engagement et ceux chargés de faire parvenir l’aide aux sinistrés font du mauvais travail, l’action de solidarité pourrait ne pas avoir tout l’effet escompté. Ce qui va porter un coup dur à l’image du pays au vu de l’engagement des Burkinabè et des amis du Burkina à l’appel du chef de l’Etat. A quelque chose, sommes nous tentés de dire, le malheur est bon. Le Burkina est en train de démontrer sa capacité de réaction face aux évènements et on ne doit pas laisser des farfelus se faire facilement du fric.

Le comportement condamnable de certains sinistrés

Il est difficile d’avoir un regroupement spontané d’autant de personnes, et éviter des écarts de comportement. Le problème, c’est quand cela frise le gaspillage sinon l’irresponsabilité. Comment comprendre que des gens utilisent de l’eau Lafi pour autre chose que la boisson alors que les sites sont régulièrement approvisionnés par des citernes. La situation de sinistré ne doit pas être vécue comme un privilège mais un désastre d’abord personnel. L’Etat fait de grands efforts pour les soulager. Mais quand on vient à déplorer des problèmes de mœurs sur les sites, il y a de quoi verser des larmes. Rien n’est plus révoltant que voir certaines victimes se soucier peu de leur propre situation. Heureusement, qu’ils sont largement minoritaires et les autres sinistrés vivent dignement leur situation tout en cherchant à y sortir rapidement. Le relogement des populations reste évidemment le gros défi à relever même si pour la majorité, la priorité reste la survie

Ahmed NAZE

 

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