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la une du n°623
La Une du n° 623
:N°623 du 23 au 29 septembre 2009

Un raciste à la tête de l’OM ?

Assurément, le président de l’Olympique de Marseille (OM), Jean-Claude DASSIER, pour ne pas le nommer, doit se dire qu’il aurait mieux fait de la boucler ou du moins tourner sept fois sa langue avant de s’exprimer lorsque, devant le personnel du club, il déclarait le 9 septembre dernier : «Je ne serai pas un président à la libanaise, ni à l’africaine». Des propos qui ont naturellement heurté plus d’un au point de faire la Une des journaux dans toute la presse Hexagonale pendant des jours malgré une actualité très fournie en faits d’intérêt.
On le sait, l’OM est le club le plus populaire du sport le plus populaire en France. On le sait aussi, il n’y a pas longtemps ce club était dirigé par le seul homme de couleur de la haute administration du sport français, le charismatique Franco-sénégalais, Pape DIOUF.
«Last but not the least», les propos pour le moins controversés du genre, dans lesquels l’incurie le dispute à un relent de racisme primaire, tendent à foisonner actuellement dans la patrie de nos «ancêtres les Gaulois». Il n’est pas en effet jusqu’au gouvernement où on en entend ; Brice HORTEFEU ne dira pas le contraire lui, qui trouve parfaitement normal de soutenir qu’il n’y a de problème que quand il y a plus d’un Arabe dans un milieu ! Il faut dire qu’avec l’ouverture de la majorité présidentielle à un pan de l’extrême droite, rien ne devrait plus surprendre dans ce pays. On en entendra donc de bien plus saugrenus dans l’avenir.
En attendant, pressés de toutes parts, Monsieur DASSIER et ses conseils, au lieu d’exprimer des excuses qui les auraient grandis, bottent en touche à travers des arguties qui indiquent beaucoup plus leur nanisme intellectuel qu’autre chose, montrant encore une fois que la bêtise est vraiment humaine.
Tenez, pour M. il faudrait plutôt s’en prendre à ceux qui se disent choqués car lui a «… simplement voulu exprimer une technique de gouvernance». Une technique par laquelle, dit-il «je ne serais pas un dirigeant fantoche à la libanaise, ni un président autocrate à l’africaine. J’ai établi un parallèle politique et la couleur de la peau n’avait aucune place dans mon propos… Je veux être un chef d’orchestre qui rassemble et pas m’inscrire dans une pratique omnipotente qui convoque tout le monde et ne décide de rien…». Et d’ajouter sans sourciller « J’ai le plus grand respect pour Pape DIOUF et je n’ai cessé de défendre sa politique depuis mon installation… » Excusez du peu ! Pour faire un parallèle avec des dirigeants fantoches, M. DASSIER n’a point besoin d’aller jusqu’au Liban et risquer de se voir taxé de racisme. Il aurait bien pu prendre exemple sur le régime de collaboration et de traîtrise de Vichy sous l’occupation allemande qui est bien plus proche et compréhensible pour le Français lambda.
Pour l’autocratie ou «la pratique omnipotente qui convoque tout le monde», le mode de gouvernance actuel de la France avec «l’omni-président» SARKOSY n’est-il pas plus illustratif et vivant qu’une éventuelle «autocratie à l’africaine» dont on sait que les véritables décideurs sont dans l’Hexagone ? Par ailleurs, en général, lorsqu’on veut parler d’autocratie on évoque beaucoup plus le stalinisme ou le nazisme qu’autre chose à moins d’avoir d’autres sous-entendus derrière la caboche, et cela semble être le cas. A la vérité, M. DASSIER est donc beaucoup plus à plaindre qu’à blâmer. D’autant plus que si Robert Louis DREFUS qui lui a confié les rênes du club phocéen était encore vivant, il l’aurait certainement vidé pour ses propos. Pape DIOUF a donc parfaitement raison de les juger «ambigus et douteux» et de s’estimer «profondément heurté».
Pour terminer, M. DASSIER pourrait au moins avoir la reconnaissance du ventre au vu des Arabes et des Africains qui mouillent le maillot au nom du club et lui assurent ainsi sa pitance quotidienne.o.o.

Par Faèz

 

 

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