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La Une du n°624
La Une du n° 604
RETRO-SPORTS ::N°624 du 30/09 au 06/10 2009

Eudoxie MOUNDERE, artiste chanteuse-musicienne burkinabè
“Je remercie le public burkinabè de m’avoir soute
nu”

Ce qui vous frappe au premier abord, lorsque vous êtes avec Eudoxie MOUNDERE (OUBDA Palé Wendé Eudoxie à l’état civil), c’est ce sourire ravageur qui ne la quitte presque jamais. En échangeant avec elle, une sorte de timidité se dégage d’elle mais lorsque vous la voyez sur scène, vous ne la reconnaissez pas. Ses pas de danse et sa voix mélodieuse vous font découvrir une autre facette de sa personne. Eudoxie Mondéré, artiste-chanteuse musicienne a mis sur la place du marché son tout premier opus « Solitude de femme », le 22 avril 2009. Composé de 8 titres, l’album a été arrangé avec maestria par le « pape » du rap burkinabè, Smokey des studios « Abazon » tandis que l’épouse de ce dernier Kadi BAMBARA/TRAORE manage la carrière de l’artiste. L’album réalisé en 6 mois navigue entre des sonorités bissa (Djeka), le high-life et le zoulou. Sa foi religieuse, son inspiration et son passage à la compétition musicale « Faso Academie » ont contribué à enrichir l’œuvre de la chanteuse. Ainsi, des titres tels « O gnam bitou », « Solitude de femme » morceau qui donne son titre à l’album, se laissent « déguster » aisément.

Quelles est votre histoire à vous avec la musique ?
Eudoxie Moundéré (E.M) :
La musique depuis mon bas âge était un passe temps pour moi. Je suis aussi fidèle d’une église protestante si bien que j’étais, étant petite, dans la petite chorale des enfants. A l’âge de 15 ans, d’autres camarades et moi avons formé un groupe musical à l’église et on a commencé à chanter. En 1998, j’ai décidé d’apprendre encore plus et je suis allée à « dernière trompète » qui est une école de musique pour me perfectionner. En 2007, j’ai décidé de tenter ma chance en prenant part à la compétition musicale « Faso Académie » organisée par la Télévision nationale du Burkina. Par la grâce de Dieu, j’ai été classée parmi les 5 finalistes avant d’occuper la 4e place. C’est après cela que le studio « Abazon » a voulu travailler avec moi.

Pouvez-vous nous présenter votre album ?
E.M :
L’album est « solitude de femme » et comporte 8 titres. Je rends hommage aux femmes, et nos mamans parce que nous voyons, de nos jours, que c’est la femme qui est plus exposée aux souffrances. Il y a le titre même « solitude de femmes" qui parle d’une femme veuve délaissée par la société lorsqu’elle a perdu son mari, elle a vu ses enfants retirés, abandonnée dans la rue, ne sachant où aller. Je parle aussi de l’avortement. Je conseille les jeunes filles de ne pas pratiquer l’avortement parce que l’enfant est un don de Dieu. Aux filles-mères je leur dis de ne pas mettre fin à la vie de leur enfant ou bien les abandonner ; car l’enfant est un innocent qui n’a pas demandé à venir au monde. Il faut plutôt prendre ses responsabilités lorsque de telles situations arrivent ou prendre des conseils autour de soi avant toute prise de décision parfois insensée.
On peut faire l’avortement et ne plus jamais avoir d’enfant pour l’avenir ou succomber pendant ou après l’avortement. L’enfant qui naît peut même être recueilli par les religieuses, par exemple, au lieu qu’on mette fin à ses jours. En toute chose, il faut remercier Dieu. Je parle aussi de l’union sacrée à travers le mariage qu’il ne faut pas prendre à la légère. Nous voyons de nos jours que les gens quand ils se marient c’est la guerre, le calvaire une ou deux année(s) après. On se traîne en justice pour aboutir souvent au divorce oubliant même le sort des enfants qui seront éparpillés par ci et par-là tandis que maman et papa vont chercher à refaire leur vie ailleurs. Les enfants en ce moment sont traumatisés et n’ont pas l’esprit tranquille. Cela n’est pas bien et fait du mal à la famille.

Comment ça se passe pour vous ? Satisfaite pour ce début de carrière ?
E.M :
Sincèrement, je suis vraiment satisfaite et je remercie le public burkinabè de m’avoir adoptée et soutenue et fait de moi ce que je suis. Je suis contente parce qu’il y a de bons échos de la façon dont les gens jugent mon album. Il y a beaucoup de gens d’ailleurs qui m’approchent pour me dire : « C’est bien, du courage, c’est pas facile mais tiens le coup ». d’autres aussi disent : « Il faut travailler encore dur, il faut bosser, travailler pour le live… ». Je suis en train de travailler encore en live avec les musiciens. Je répète à tout moment pour me perfectionner parce que, dans la musique, on ne finit jamais d’apprendre (et elle va d’un rire).

J’ai eu le privilège d’écouter votre album dans lequel on retrouve également de la rythmique zoulou. Pourquoi ce clin d’œil à la culture zoulou ?
E.M :
Moi j’ai toujours aimé la musique zoulou surtout à cause de la musique de Brenda Fasie que j’affectionne beaucoup. Qu’elle repose en paix elle qui est malheureusement partie si tôt et si vite. J’ai voulu aussi mélanger la rythmique bissa et zoulou pour voir ce que ça allait donner et voilà.

Vous êtes vous-mêmes Bissa ? Si oui, est-ce que cette langue est « musicale»?
E.M :
Je suis petite fille de Bissa. Je suis OUBDA. Ma grande-mère maternelle est Bissa de même que ma grande-mère paternelle.
Moi, j’ai été élevée par ma grande-mère maternelle qui elle aussi chantait. C’est ainsi que petit à petit, j’ai commencé à chanter en bissa. Le bissa est une langue comme toute autre langue et moi je me sens plus en chantant en bissa, je suis à l’aise parce que mon inspiration en grande partie vient de là (rires). C’est donc aussi une langue musicale.

Pourquoi avoir choisi le studio « Abazon » pour vous encadrer lorsque l’on sait les liens fraternels qui vous unissent à son propriétaire, Somokey lui même Bissa ? Est-ce par sentimentalisme ?
E.M :
Non, je suis entourée par une équipe de professionnels et nous travaillons en toute convivialité. Pour le moment, ça va, on a aucun problème.

Une batterie de mesures est prise en faveur des artistes-musiciens ces temps-ci par le ministère de la Culture. Un commentaire ?
E.M :
Je pense que c’est une bonne chose parce que ça va permettre à beaucoup de personnes de découvrir des talents. Il y a des gens qui ont des projets de sortie d’album mais qui n’ont pas les moyens. Je remercie le ministère qui m’a personnellement soutenue et je souhaite que son soutien aille vers tous les autres artistes pour que notre musique aille de l’avant.

Côté sponsors, ça va pour les artistes que vous êtes ?
E.M :
Pour les sponsors, c’est par coup de chance. Il y a d’autres qui gagnent et d’autres pas. Nous appelons les sponsors à nous aider pour avancer (rires).

Plus difficile d’être artiste-musicienne femme que artiste musicien homme au Burkina ?
E.M :
C’est à peu-près la même chose mais, pour les femmes c’est un peu plus compliqué. Les gens ont un autre regard envers les femmes musiciennes par rapport même aux autres femmes. Nous sommes exposées parce qu’on est sous les projecteurs, on pense même souvent qu’on est des femmes faciles alors que ce n’est pas le cas (rire).

Le mot de la fin ?
E.M :
Je lance un appel au public burkinabè afin qu’il paie nos cassettes et nos CD. C’est ça qui permet à l’artiste de vivre et d’aller de l’avant. Que le public sorte nombreux nous soutenir également lors de nos spectacles. Je remercie les autorités en charge de la Culture, les journalistes pour tout ce qu’ils font pour nous et merci au public pour avoir adopté ma musique.o

Angelin DABIRE

Musique
Le caporal « KEZY » en « réflexion »

Le vendredi 25 septembre 2009, l’artiste-musicien KEZY a marqué la sortie officielle de son premier album dénommé « réflexion d’artiste » par le biais d’un concert-dédicace tenu au nom des officiers de Ouagadougou.

L’artiste musicien KEZYKaled ZENSENOU à l’état civil est un caporal des Forces armées nationales (FAN) qui pour son amour pour la musique va travailler à intégrer l’orchestre de la grande muette dans sa section arts et culture. Du nom d’artiste KEZY, à force de travail et persévérance pour vivre sa passion, il fut lauréat de plusieurs prix avec à la clé un diplôme CS1 de l’orchestre des FAN en qualité de chanteur principal. C’est dire que ce jeune militaire était connu du milieu culture des Force armées dont le parcours fut béni par ses supérieurs. Ce qui a accouché d’un album de 10 titres au couleur locale faite du wininga, wiré, du salsa, du zouk chanté en langue mooré, français, bissa, la langue de ses ancêtres. Un album mûri par plusieurs expériences du live et la maîtrise des musiciens accompagneurs dans l’orchestre.
Les spectateurs ou du moins la grande famille des militaires, parents et amis ont pu déguster en live des titres comme « Habiba », « hommage aux parents », « brave homme », pour faire un clin d’œil à l’armée. Dans cet album, l’artiste-musicien Bonsa et bien d’autres parents bissa, l’ont accompagné par un featuring et en chorégraphie.
L’artiste a bénéficié du soutien du commandement pour l’accomplissement de l’œuvre puisque la production est à l’initiative des FAN. Le chef d’Etat major général adjoint des armées, le colonel-major Brice BAYALA représentait le parrain, le général Dominique DJENDJERE, le chef d’état-major général des armées.
Il a félicité l’artiste et l’encourage à faire honneur à l’armée. Quand à KEZY, il a remercié naturellement ces chefs militaires pour l’avoir donné cette chance de poursuivre ses rêves de « Réflexion d’artistes » par le biais de la musique.o

Issoufou MAIGA

 

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