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La Une du n°626
La Une du n° 626

Retro-Rétro – Gouvernance: N°626 du 14 au 20 Octobre 2009

15 octobre 1987 - 15 octobre 2009
Prime à l’ouverture démocratique

15 octobre 1987-15 octobre 2009, cela fait 22 ans que le Burkina Faso s’est tourné inexorablement vers un processus démocratique bâti sur les acquis de la Révolution du 4-Août 1983. Un processus qui s’enracine au fil des ans et fait du pays « des Hommes intégrés », un modèle de par la tenue régulière des élections présidentielles, législatives et communales après l’adoption de la Constitution le 2 juin 1991.

La Révolution du 4-Août a marqué un point de rupture de l’évolution politique du Burkina Faso (anciennement Haute-Volta) d’autant que génératrice d’un nouvel état d’esprit et d’une nouvelle vision de projet de société. Une expérience qui connut un recadrage avec le mouvement de la Rectification du 15 octobre 1987 qui n’a pas manqué d’insuffler une nouvelle dynamique à ce processus politique avec aux commandes de sa direction, Blaise COMPAORE. C’est le Front populaire qui crée une décrispation politique avec comme prime l’amorce d’une ouverture en direction de tous les acteurs politiques et les réformes qui aboutirent à l’adoption d’une nouvelle constitution le 2 juin 1991.
L’avènement de la Révolution démocratique et populaire incontestablement a bouleversé les us politiques et renouvelé la classe politique au Burkina Faso. S’inscrivant dans la perspective de débarrasser les populations des entraves qui ont hypothéqué leur émancipation afin de les conduire vers le développement, les Révolutionnaires du 4-Août dont les capitaines Thomas SANKARA et Blaise COMPAORE vont susciter un immense espoir. Certaines initiatives vont marquer de manière positive, le Burkina Faso, sur les plans politique (changement du nom du pays, l’adoption d’un nouveau drapeau et les armoiries, la composition d’un hymne national, etc.), économique (production à la consommation burkinabè, lutte contre la corruption, etc), et social (la solidarité, la fierté nationale, le patriotisme, etc). Moment d’exaltation, certes, mais à peine 4 ans de vécu, l’on était déjà dans l’impasse, les premiers responsables de la Révolution ne s’accordent pas. Et certains se demandant si la Révolution ne s’était pas vite essoufflée. Toujours est-il que des dérives telles le désir manifeste de tuer le secteur privé et les initiatives individuelles, la confiscation de la liberté d’opinion, les licenciements abusifs et à la pelle, l’arbitraire des tribunaux populaires de la Révolution (TPR), les exactions des comités de défense de la Révolution (CDR) vont finir par rendre le régime impopulaire.
Cette situation conduit à l’événement du mouvement de la rectification, le 15 octobre 1987, qui voit le capitaine Blaise COMPAORE devenir le président du Front populaire, nouvelle instance dirigeante et chef de l’Etat. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre par l’implication de toutes les composantes sociales pour une ouverture démocratique. Cet acte fut concrétisé par des mesures hautement symboliques comme l’annulation du port obligatoire du Faso Dan Fani, de la pratique du sport de masse, ainsi que par des mesures de clémence et d’amnistie en faveur des opposants les plus déterminés. Pour éviter tout errement, le capitaine Blaise COMPAORE tient le gouvernail politique du Front populaire (FP) qui n’a eu autre but que d’offrir le changement, gage d’une nouvelle ère démocratique.

De la nécessité d’un environnement institutionnel légalisé
Pour opérer une rupture d’avec les régimes précédents, le leader du FP dans son discours du 19 octobre 1987, prônait déjà l’ouverture politique basée sur la concertation. Mieux, son message de fin d’année 1989 évoque dans son esprit la nécessité d’un environnement institutionnel légalisé, accepté par la majorité de la population au moyen de mécanismes démocratiques.
En mai 1990, une commission regroupant toutes les sensibilités sociales fut créée et présidée par Arsène Bongnessan YE pour l’élaboration d’une constitution. En octobre 1990, l’avant-projet de constitution fut amendé et complété du 14 au 16 décembre de la même année ; des assises tenues à la Maison du peuple ont permis de faire les derniers toilettages.
Une fois cette constitution adoptée, le président COMPAORE a convoqué une table-ronde pour discuter de sa mise en œuvre. Un groupe de partis avec à leur tête, l’ADF (Alliance pour la Démocratie et la Fédération) s’est constitué pour exiger que la table ronde soit souveraine. Ils vont finir par se regrouper en collectif des forces démocratiques (CFD) conduit par Me Hermann YAMEOGO pour exiger la tenue d’une conférence nationale souveraine (CNS). D’autres comme le PAI (Parti africain de l’Indépendance) s’opposèrent à cette initiative et créèrent l’ARDC (Alliance pour le respect et la défense de la constitution) en soutien aux constitutionnalistes. Le projet de constitution élaboré sortait le pays de l’Etat d’exception en garantissant les libertés individuelles et collectives.
La constitution approuvée par voie référendaire le 2 juin 1991 a constitué incontestablement l’aspiration du peuple à un Etat réellement démocratique (93% de oui et 49% de taux de participation). Ainsi, le cadre général de l’Etat de droit fut fixé et le constituant burkinabè y définit le Burkina Faso comme un Etat démocratique, unitaire et laïc (titre II, art. 31) consacrant la séparation des pouvoirs en exécutif, législatif et judiciaire. La première élection présidentielle en décembre 1991 vit Blaise COMPAORE (l’unique candidat, l’opposition ayant choisi le boycott) élu avec 86,19% des suffrages exprimés. Ce dernier va adapter son pays au vent de mutations qui devait souffler sur le monde avec l’avènement au plan politique du processus de la démocratisation à la faveur du discours de la Baule et des nouvelles options des pays occidentaux bailleurs de fonds qui fixaient comme la conditionnalité de l’aide des institutions de Breton Woods (Banque Mondiale, Fonds monétaire international) à l’ouverture politique et la restructuration de l’économie par le Programme d’ajustement structurel (PAS). Ce pays qui dans les années 90 était « à la croisée des chemins » a derrière lui 18 ans de vie constitutionnelle normale, depuis 1991, ponctuée de 3 élections présidentielles, 4 législatives et 3 municipales qui ont le mérite d’instaurer peu à peu les bases d’une culture démocratique au sein des populations. C’est un pays qui vient de loin dont les partenaires ne résistent pas à lui octroyer de bons points eu égard aux différents progrès enregistrés dans moult domaines et faisant office d’exemple à part entière dans la sous-région Ouest-africaine. Il ne serait pas exagéré de parler de « modèle burkinabè ».o

Issoufou MAIGA

Une réalité incontestable

« Les débats contradictoires sont un élément fondamental du jeu démocratique. L’acceptation de l’expression libre dans la différence est au premier niveau des facteurs progressistes de la démocratie… La démocratie constructive est celle qui favorise l’action par l’expression consensuelle, qui n’arrête pas sous prétexte de l’expression contradictoire. C’est là un exemple de contrainte qui impose à la démocratie un minimum de discipline et à tous les protagonistes du jeu démocratique un minimum de sacrifice et de patriotisme ». Ce sont là, des propos de Blaise COMPAORE tenus lors du discours d’ouverture des Assises sur l’Avant-projet de constitution, le 14 décembre 1990. On ne pouvait être plus clair, le Burkina entrait dans une nouvelle ère où option politique rime avec démocratie.

Persuadé que la mise en place d’un véritable état de droit constitue le seul et unique gage de rupture d’avec les « errements politiques » sans issue, Blaise COMPAORE, dès janvier 1991, autorise la création des partis politiques. Le 2 juin 1991, un référendum permet l’adoption de la constitution qui est promulguée, le 11 juin de la même année. Les fondements de la IV République venaient ainsi de prendre corps. Depuis lors, l’ancrage démocratique va se traduire par l’organisation sans discontinuer d’élection libre et transparente où chaque acteur politique ou formation politique mesure son aura sur le terrain. La première élection présidentielle va se tenir en décembre 1991. Premier test grandeur nature pour les acteurs politiques, cette élection va connaître un boycott de l’opposition, convaincue qu’elle allait tout droit à l’échec, après ses vaines tentatives de dévoyer le jeu politique. Blaise COMPAORE sera alors élu pour un mandat de 7 ans.
La deuxième expérience d’une élection présidentielle sous la IV République a lieu en 1998 et Blaise COMPAORE, candidat à sa propre succession, aura en face de lui deux challengers en les personnes de Frédéric GUIRMA et Ram OUEDRAOGO. Victoire sans surprise du candidat Blaise COMPAORE.
La présidentielle de 2005 va marquer un tournant décisif de la dynamique politique. En effet, l’opposition ayant pris conscience de l’inefficacité des boycotts et de la politique de la chaise vide va s’organiser pour affronter le candidat COMPAORE, non sans avoir au préalable quereller cette candidature au prétexte de son anticonstitutionnalité. Ce que ne reconnaîtra pas le Conseil constitutionnel garant de la régularité des élections.
Ainsi, pour la ligue de départ pour cette présidentielle, 13 candidats : une première dans l’histoire de notre pays. Ce candidat Blaise COMPAORE sortira à nouveau vainqueur de cette « élection historique ».
A côté des élections présidentielles successives et cela depuis l’adoption de la constitution, des élections législatives et municipales sont régulièrement organisées. Premières élections législatives de la IVe République (mai 1992), deuxième élections législatives (1997), troisièmes élections législatives (mai 2002) et quatrièmes élections législatives (2007).
Quant aux élections municipales, elles ont lieu en 1995, 2000, 2006. Toutes ces élections ont consacré la maturité et le dynamisme de la classe politique burkinabè, prouvant ainsi l’attachement des tous à l’Etat de droit.

Des réformes quand il le faut
La démocratie, l’Etat de droit, c’est aussi des réformes susceptibles de renforcer le processus. Loin d’être une donne figée, le processus démocratique, a besoin qu’on fasse souvent une halte pour voir les avancées et déceler aussi les insuffisances. Les réformes politiques sont souvent alors leurs fondements.
C’est ainsi qu’à partir de 2000, plusieurs réformes seront menées dans le sens du renforcement de la démocratie. Par exemple, on a abouti à une Commission électorale nationale indépendante (CENI), à la loi portant financement des partis politiques, à la loi sur le statut de l’opposition, la charte de partis politiques… Plus récemment, l’Assemblée nationale a proposé plusieurs réformes qui ne peuvent que renforcer la dynamique politique : loi sur le quota, le nomadisme politique, le chef de file de l’opposition… Toutes ces réformes ont nécessité une large concertation de tous les acteurs (politiques, société civile, autorités coutumières et religieuses …). L’objectif étant que chacun apporte sa pierre pour l’édification d’un Burkina démocratique et stable.
Blaise COMPAORE n’a-t-il pas dit que la démocratie constructive est celle qui favorise l’action par l’expression consensuelle qui n’arrête pas l’action sous prétexte de l’expression contradictoire ? Et cela depuis 1990. Qui dit expression contradictoire, dit liberté. C’est ainsi que la liberté de presse va dès 1991 se manifester par l’ouverture du paysage médiatique. Plusieurs radios et journaux verront le jour avec des lignes éditoriales différentes, confirmant ainsi la pluralité et la liberté d’opinion.
En somme, depuis 1991, le Burkina Faso inexorablement et de manière irréversible s’est engagé sur la voie de la démocratie, sans occulter le fait que tout système politique ou démocratique reste perfectible. C’est ce qui fait la force de notre démocratie et la longévité jamais égalée des institutions de la IVe République.o

Ben Alex Béogo

Des institutions qui fonctionnent

La République est fondée sur le principe de la séparation des pouvoirs : l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Les institutions burkinabè sont une dizaine qui remplissent plus ou moins bien la mission à elles confiée.

Rpch Marc Chritian KABORE, président de l’Assemblée nationale«Le Burkina Faso est un Etat démocratique, unitaire et laïc. Le Faso est la forme républicaine de l’Etat» article 31 de la constitution. La loi fondamentale qui régit actuellement l’Etat burkinabè a été adoptée par référendum, le 2 juin 1991. Sa rédaction a été confiée à la commission constitutionnelle créée en 1990 et présidée par l’actuel député Bongnessan Arsène YE. Le retour du Burkina, qui baignait dans un environnement régional marqué par des troubles sociocritiques, des conférences nationales à la démocratie, a été rendu possible grâce à la volonté des autorités, le président Blaise COMPAORE, en particulier de donner une vie constitutionnelle normale au pays dirigé depuis plusieurs années par des régimes d’exception.
Depuis son adoption, la constitution burkinabè a connu quatre révisions : (27 janvier 1997, 11 avril 2000, 22 janvier 2002 et 5 avril 2002). Ces relectures ont porté sur des domaines variés : les conditions d’élection du Président du Faso (article 37), changement d’appellation de l’Assemblée nationale « Président de l’Assemblée des députés du Peuple » par président de l’Assemblée nationale », l’alinéa 2 (article 43) « la Cour suprême par la Cour constitutionnelle alinéa 3 ».
La constitution du 2 juin énumère les institutions de la République et leur fonctionnement.

La présidence du Faso
Le Président du Faso est la plus haute autorité de l’Etat. La Constitution en son article 36 dit ceci : « Le président du Faso est le chef de l’Etat. Il veille au respect de la Constitution. Il fixe les grandes orientations de la politique de l’Etat. Il incarne et assure l’unité nationale. Il est garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la permanence et de la continuité de l’Etat, du respect des accords et des traités. » Ainsi, Blaise COMPAORE exerce, la fonction de Président du Faso depuis 22 ans. Arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 à la faveur du mouvement de Rectification de la Révolution du 4 Août 1983 ; il se voit porté à la tête de l’Etat suite à l’adoption de la Constitution. En tant que chef de l’Exécutif, «le président du Faso nomme le Premier ministre et met fin à ses fonctions». Le peuple souverain du pays lui a toujours renouvelé sa confiance sur la base d’élections libres et transparentes. L’article 46 de la Constitution. Cinq (05) Premiers ministres se son succédé sous l’ère COMPAORE : Roch Marc Christian KABORE, Issoufou OUEDRAOGO, Kadré Désiré OUEDRAOGO, Paramanga Ernest YONLI, Tertius ZONGO. De nombreuses personnalités ont été appelées au gouvernement du Burkina Faso en fonction du jeu démocratique et de l’intérêt supérieur de la Nation.

L’Assemblée nationale
Le Parlement est, sans doute, la plus vieille institution de la République où les Burkinabè ont la charge. Sa vie comme les autres institutions est liée aux péripéties de l’histoire du pays. Un bref rappel historique permettra de mieux la situer dans le paysage institutionnel. Le Conseil général qui tenait lieu de représentation nationale remonte à 1948. Georges KONSEIGA fut son premier président, Christophe KALENZAGA (1949), Pierre BERNARD (1950), Guillaume OUEDRAOGO qui a donné son nom au plus grand camp militaire de Ouagadougou (1951) et Tibo Bernard OUEDRAOGO (1951-1952). De 1952 à 1958 le Conseil général est remplacé par l’Assemblée territoriale. Joseph OUEDRAOGO (1952-1954), Mathias SORGHO (1954-1957) Yalgado OUEDRAOGO (avril-juillet 1957) Nazi BONI (déc. 1957-fév. 1958) et Laurent BANDAOGO (1958) La constituante qui a vécu entre 1958 et 1960 a été présidée par Begnon Damien KONE. Il sera le premier président de l’Assemblée nationale de la Haute-Volta indépendante de 1960 au 3 janvier 1966, chute de la première République. La représentation de la deuxième République (1970-1974) est dirigée par Joseph OUEDRAOGO, celle de la troisième République (1977-1980) par Gérard Kango OUEDRAOGO.
Après l’adoption de la présente constitution le 2 juin 1991, le Parlement burkinabè est à sa quatrième législature. Le poste de président est occupé depuis le 14 juin 2002 par Roch Marc Christian KABORE. Il a remplacé Mélégué Maurice TRAORE qui était en poste du 17 juin 1997 au 14 juin 2002. B Arsène YE a présidé la première législature de la IVème République du 17 juin 1992 au 14 juin 2002. L’Assemblée nationale qui regroupe les élus du peuple est au cœur de la démocratie burkinabè. Son président est le dauphin constitutionnel du Président du Faso (article 43 de la Constitution). Les députés de l’actuelle législature débutée le 4 juin 2007 ont été élus sous l’empire de la loi n° 014/2001/AN du 3 juillet 2001 (modifiée par les lois n° 002-2002 /AN du 23 janvier 2002, n° 013-2004/AN du 27 juillet 2004, n 0246-2005/AN du 25 mai 2005 et n° 002-2006/AN du 27 février 2006). L’Assemblée nationale compte 111 députés élus en raison de 15 sur la liste nationale et de 96 sur les listes provinciales. Les députés sont organisés par groupes parlementaires selon leurs affinités politiques. Il faut dix députés pour constituer un groupe parlementaire. L’AN en compte quatre : CDP (73 députés), ADF/RDA (14), CFR (12) et ADJ (11) et un non inscrit en la personne du professeur Laurent BADO issu du PAREN. L’institution est organisée en commissions : la Commission des Finances et du Budget (COMFIB), la Commission du Développement économique et de l’Environnement (CODE), la Commission des Affaires Etrangères et de la Défense (CAED), la commission des Affaires générales et des Droits de l’Homme (CAGI-DH) et la Commission de l’Emploi, des Affaires sociales et culturelles (CEASC). Le parlement burkinabè fonctionne bien au regard des dispositions constitutionnelles. Elle se réunit de plein droit deux fois par an (article 87) et se réunit en session extraordinaire sur convocation de son président à la demande du Premier Ministre ou de celle de la majorité absolue des députés sur un ordre du jour déterminé (article 88).

Le pouvoir Judiciaire
MOussa Michel TAPSOBA,Aucune démocratie ne peut fonctionner correctement sans une justice forte et indépendante. Elle est gardienne « des libertés individuelles et collectives » (article 125 de la Constitution). La cour de Cassation est la juridiction supérieure de l’ordre judiciaire, le conseil d’Etat celui de l’ordre administratif et la cour des Comptes celui du contrôle des finances publiques. L’institution judiciaire joue tant bien que mal son rôle dans le paysage institutionnel. Elle a souvent été au cœur de certaines controverses quand il s’est agi de se prononcer sur des affaires aussi délicates que les affaires David OUEDRAOGO et Norbert ZONGO, etc. Dans le domaine des affaires économiques, l’institution judiciaire a aussi été au centre de bien de controverses. On peut citer les affaires Salif Kossouka et Ousmane GUIRO le directeur général de la Douane. La justice burkinabè a connu un grand développement avec l’ouverture de plusieurs juridictions pour rapprocher la justice du justiciable.

 

Le Conseil économique et Social (CES)
L’article 141 de la Constitution le définit comme un organe consultatif chargé de donner son avis sur les questions à caractère économique, social ou culturel porté à son examen par le Président du Faso ou le gouvernement. Le CES soumets les résultats de ses travaux au Président du Faso ou au gouvernement. Le CES comprends 90 commissaires issus de tous les secteurs de la société burkinabè. Elle tient ses sessions de façon régulière.

 

 

Les autres institutions de la République
Aux côtés des institutions inscrites dans la constitution, l’article 142 parle de la création d’organes de contrôle par la loi. « Leur compétence recouvre des questions économiques, social et culturel d’intérêt national ».

La Commission Electorale nationale Indépendante (CENI) créée par la loi n°021/98/AN du 7 mai 1998 est chargée de l’administration des élections au Burkina. Elle est composée des commissaires issus de toutes les sensibilités politiques et de la société civile. On peut dire que la CENI accomplit bien son rôle. L’organisation des élections est régulière et les résultats ne font l’objet, généralement, que de contestation de principe. La preuve que les scrutins sont crédibles.

Le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) créé par la loi organique n°028-2005 AN du 14 juin 2005 la régulation et il assure le contrôle des médias. Le CSC attribue les fréquences-radio et télé. Il interpelle les responsables des médias en cas de constatation de dérive dans les contenus des médias. Les commissaires sont issus de l’Etat et des organisations professionnelles.

Le médiateur du Faso créé par la loi organique n°22/94/ADP du juin 1994 est chargé de résoudre les problèmes qui opposent l’administration aux administrés. Il a été sollicité dans des crises comme les crises universitaires du début des années 2000. Pour se rapprocher des citoyens, le médiateur du Faso a ouvert des délégations dans certaines provinces.
En définitive, les institutions de la République fonctionnent bien au Burkina. La perfection n’étant pas de ce monde, il reste entendu que cette vie institutionnelle va s’améliorer avec l’approfondissement de la démocratie. Comme le dit si bien Montesquieu dans son livre V (chapitre II page 64) « La vertu, dans une République, est une chose très simple : c’est l’amour de la République ; c’est un sentiment, et non une suite de connaissances ; le dernier homme de l’État peut avoir ce sentiment, comme le premier. Quand le peuple a une fois de bonnes maximes, il s’y tient plus longtemps que ce qu’on appelle les honnêtes gens. Il est rare que la corruption commence par lui. Souvent il a tiré de la médiocrité de ses lumières un attachement plus fort pour ce qui est établi. L’amour de la patrie conduit à la bonté des mœurs, et la bonté des mœurs mène à l’amour de la patrie ».

Ahmed NAZE

Les anciens révolutionnaires se disputent-ils le pouvoir ?

Depuis l’instauration du multipartisme sous la IVe République, les partis sankaristes tentent tant bien que mal de se faire une place au soleil. Et ils arrivent souvent à contraindre le parti au pouvoir à des concessions plus ou moins anachroniques au point que le jeu politique semble se transformer en une confrontation entre le CDP et des partis d’obédience sankariste.

Autant il est vrai qu’un parti politique se crée pour la conquête du pouvoir, autant il est logique que le parti au pouvoir travaille à garder le plus longtemps possible son « bien » chèrement acquis, il doit être omniprésent dans toutes les affaires de l’Etat et à la pointe de l’animation politique du pays. En tout cas, le CDP, qui est aux affaires depuis l’avènement de la IVe République, s’est incontestablement fait une assise sociopolitique qui lui vaut toujours la confiance des populations. Mais depuis un certain nombre d’années, le parti au pouvoir semble pécher dans ses stratégies d’occupation de terrain donnant ainsi l’impression d’un jeu politique entre anciens révolutionnaires. Se trompant parfois d’adversaires politiques et se laissant souvent aller à des concessions anachroniques, le CDP ne fait que déblayer davantage le terrain aux partis sankaristes qui tiennent à s’illustrer comme une alternative. Tout se passe comme si les partis sankaristes constituaient l’adversaire principal, ramenant le jeu politique présent à une sorte d’empoignade entre, anciens révolutionnaires en train de conquérir le pouvoir d’Etat. Pourtant, la réalité du terrain montre que les Sankaristes sont loin d’avoir cette audience qu’on semble leur prêter. Alors, pourquoi le parti au pouvoir laisse-t-il apparaître cette impression de confrontation avec les partis sankaristes si ce n’est leur accorder une importance dont il risque de payer cher les conséquences ?
L’adoption de la controversée loi sur le statut de l’opposition et la célérité dans la désignation du député Bénéwendé SANKARA comme chef de file de l’opposition sont des éléments récents qui étayent que le CDP est en train de favoriser lui-même une certaine alternative sankariste, non sans iniquité. D’autant que jusqu’à présent on ne sait trop les raisons qui ont amené la conférence des présidents de l’Assemblée nationale à se précipiter dans la désignation de Me SANKARA, président de l’UNIR/PS, comme chef de file de l’opposition avec seulement cinq députés au détriment de l’ADF/RDA qui en a 14 et qui s’est toujours réclamée de l’opposition. Encore faut-il souligner que Me Hermann YAMEOGO alors président de l’ADF/RDA avait couru en vain derrière ce titre. Même si Me SANKARA s’est hissé deuxième avec moins de 5% à la présidentielle de 2005, il ya qu’il reste un bec blanc politique par rapport aux Hermann YAMEOGO de l’UNDD, Laurent BADO du PAREN, Ali LANKOANDE du PDP/PS, etc.
Certes, le CDP essentiellement composé d’anciens révolutionnaires a ses tactiques politiques qui lui permettent de gouverner. Mais il est à se demander si ceux-ci n’éprouvent pas une certaine nostalgie de la période révolutionnaire au point de vouloir que les partis sankaristes soient la deuxième force politique du Burkina. Sinon comment comprendre souvent leur propension à feindre ignorer la présence des partis sankaristes à certains endroits pour ne combattre que leurs propres alliés surtout pendant les élections législatives et communales ? On n’a pourtant pas besoin de trop remuer les méninges pour savoir que parmi les principales forces politiques au Burkina les partis sankaristes tiennent la queue du peloton. A vrai dire, le CDP devrait revoir sa stratégie de challenge avec les autres partis politiques afin d’éviter une situation confuse dans le paysage sociopolitique du pays. Le jeu politique ne devrait pas se résumer en une sorte de prolongation du combat fraticide entre révolutionnaires Aoûtards. Et cela, les responsables du CDP devraient le comprendre sinon l’histoire retiendra qu’ils auront plombé la renaissance démocratique en gardant l’esprit révolutionnaire qui planche plutôt sur la clarification idéologique que sur la diversité idéologique. Toute chose qui limite le champ du jeu politique et par conséquent met hors-jeu les acteurs qui ne se retrouvent pas dans leur classification. Pour tout dire, ceux qui ne sont ni « Blasistes » ni « Sankaristes » ; et ils ne sont pas les moins nombreux..o

Drissa TRAORE

Sankarisme
La vaine recherche d’une idéologie fédératrice

Le 15 octobre 1987 disparaissait de manière tragique le président Thomas SANKARA, président du Conseil national de la Révolution (CNR). La renaissance démocratique sous la houlette du président Blaise COMPAORE aidant, des acteurs politiques et même de la société civile vont s’organiser soit dans des associations, soit dans des formations politiques. Objectif, défendre les idées et perpétuer la mémoire du président défunt, Thomas SANKARA. Mais à l’épreuve du temps, l’objectif de départ s’il n’est pas simplement galvaudé sera relégué au second plan laissant la place à une course effrénée vers des intérêts bassement personnels. Conséquence, le Sankarisme se cherche toujours un contenu à même de fédérer tous ses adeptes. Ce qui n’est pas une mince affaire.

Norbert TIENDREBEOGO du FFSIl faut l’avouer, le nom de Thomas SANKARA se vend bien. Il suffit seulement de voir comment tous ceux et toutes celles qui se réclament héritiers politiques se comportent pour s’en convaincre. En lieu et place d’un combat politique sain, à même de perpétuer les idéaux de l’homme, ses « disciples » ont trouvé en sa disparition une aubaine pour se faire une place au soleil. Un constat valable tant dans le milieu se réclamant de la société civile que politique. Sur le terrain politique, les empoignades entre leaders de partis sont monnaie courante et cela ne date pas d’aujourd’hui. On se rappelle que dès la naissance du courant Sankariste, certains leaders de retour d’un voyage en France auprès de la veuve SANKARA, se sont donnés en spectacle pour une histoire de 15 briques offertes par la veuve. Et depuis lors, les divisions se sont s’exacerbées donnant naissance à plusieurs partis se réclamant du même « père spirituel », Thomas SANKARA. Dans un tel contexte de divisions où chacun préfère être chef plutôt que militant de base ou simple responsable de structure, il est certain que la priorité ne sera pas la défense d’une prétendue idéologie dont le contenu emprunte bien à cette caricature du cavalier qui va à la recherche du cheval sur lequel il est assis. Pour simplement dire que les ambitions personnelles aveuglant on n’est pas prêt dans cette galaxie politique à une exégèse qui clarifierait les choses. C’est donc tout naturellement que les multiples tentatives d’union qui vont laisser espérer les militants vont finalement échouer tant l’instinct de préservation de son leadership est tenace chez chaque responsable de parti.


Me SANKARA BASSIERRE de l’UNIR/PSAinsi, du MTP à l’UNIR/PS en passant par la CPS, le FFS, l’UPS, l’UNIR/MS, c’est une véritable « guerre cordiale » que vont se livrer les responsables, chacun se disant plus sankariste que l’autre. D’ailleurs l’emblème de certains partis présentant fièrement l’éfigie de Thomas SANKARA comme un patrimoine dénote de l’esprit qui y règne. Autrement dit, pour eux, SANKARA est leur « bien ». Pourtant, dans son programme dit Programme alternatif Sankariste, l’UNIR/MS définissait le Sankarisme comme une option politique dont «la mission historique est de rendre justice à Thomas SANKARA en rendant justice au peuple burkinabè, le réhabiliter en lui restituant son honneur, sa dignité, en démontrant à la face du monde que la politique qu’il prônait est la seule voie du progrès dont disposent à l’heure actuelle les peuples opprimés d’Afrique et d’ailleurs pour sortir du sous-développement et de la misère». Si tel est vraiment l’objectif, on comprend difficilement cette floraison de partis sankaristes, surtout qu’ils ne se font pas de cadeaux, chacun voulant tenir la dragée haute. Le summun de cette « haine cordiale » a été atteint en 2005 où certains souhaitaient vivement que pour une fois les Sankaristes puissent s’entendre pour choisir un seul candidat pour l’élection présidentielle mais ils ont été déçus de constater pas moins de quatre (4) partants.
Comme des marchands d’illusions, les Sankaristes continuent de donner raison à ceux qui, dès le départ, se sont démarqués, parce que voyant le sankarisme comme un fonds de commerce. Pas plus.o

Ben Alex Béogo

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