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La Une du n°627
La Une du n° 604
RETRO-SPORTS : N°627 du 21 au 27 octobre 2009

Etalons
Il n’y a pas de quoi s’auto-satisfaire

Les Etalons du Burkina se sont qualifiés, le 11 octobre dernier, à Accra en terre ghanéenne pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations qui va se jouer en Janvier-février 2010 en Angola. Le coach Paulo DUARTE en a profité pour régler ses comptes avec la presse. Cette sortie du technicien portugais est révélatrice d’un état d’esprit sur le fait que le foot burkinabè à une place qui n’est pas encore la sienne.

Saluons à l’abord le formidable parcours du onze burkinabè dans ces éliminatoires combinées de la CAN et de la Coupe du Monde 2010. Les Etalons ont agréablement obtenu des résultats « bruts » assez éloquents. Lors de la deuxième phase, le Burkina s’est classé deuxième derrière le Nigeria en terme de performance. Le mauvais résultat des Etalons a été le match nul concédé à la Tunisie au match retour à Ouagadougou. Le tirage au sort de la dernière phase qui va s’achever les 14 et 15 novembre 2008 a logé le Burkina dans la même poule que la Côte d’Ivoire (surtout), la Guinée et le Malawi. Un groupe dans lequel, les Etalons devaient, si on fait l’analyse en tenant compte uniquement du potentiel, se classer à la troisième place derrière la Côte d’Ivoire et la Guinée.

La mauvaise analyse des résultats du second tour
Avant le début de toute compétition, chaque participant évalue ses forces par rapport à ses adversaires et projette ses résultats. Cette phase est capitale dans le planning et fixation des objectifs à atteindre. Si cette dernière phase a été très houleuse pour le Burkina sur le terrain et en dehors, c’est parce que les têtes pensantes du foot se sont plus ou moins laissés entraîner par les résultats « bruts » sans les analyser profondément. Six matchs sans défaites avec des victoires éloquentes à l’extérieur face à la Tunisie, le Burundi et les Iles Seychelles, il y a de quoi se croire capable d’être au plus haut niveau mondial. D’où les déclarations du genre « le Burkina va jouer la coupe du monde en Afrique », etc. Il n’est pas interdit de rêver, mais un pays qui a été privé de phase finale de la CAN deux fois consécutives pouvait-il venir sauter des étapes comme si les autres n’ont rien fait depuis lors ? Non ! Le foot n’a pas de logique, mais il y a la logique. Sans minimiser les victoires, un regard dans le rétroviseur permet de ramener le succès à de justes proportions. En juin 2008, la Tunisie était en crise. La Fédération et l’entraîneur d’alors, Roger LEMERRE, étaient presque à couteaux tirés. La FTF souhaitait son départ immédiat et le technicien français tenait à aller au terme de son contrat pour des raisons financières. Les Aigles de Carthage ont joué ce match dans ce climat quelque peu malsain. Il y a ensuite le Burundi et les Iles Seychelles. Dans le classement FIFA qui n’est pas toujours une référence de la forme actuelle d’une équipe, mais indicatif de ses performances sur une période donnée, ces pays ont toujours été au-delà de la 130ème place. On peut dire que battre ces équipes n’a rien de travaux d’Hercule. Ces victoires sont surtout bonnes pour la confiance que pour le « prodada ». Il nous semble qu’au Burkina, on a fait le contraire. Au second tour, les Etalons avaient le Syli national au programme dès le premier. Un bon test au vu du potentiel de la Guinée. Mais on sait que le foot est tributaire du climat sociopolitique dans un pays. Les Etalons ont gagné, et le Burkina ne peut que se réjouir.

Le véritable test était la Côte d’Ivoire
Au vu de ce qui précède, le véritable test de niveau pour les Etalons était la double sortie face aux Eléphants. Les deux équipes baignent dans des environnements propices au foot. Les Burkinabè étaient donc très confiants face à Didier DROGBA et ses camarades. Une confiance qui a paru quelque peu excessive au vu même du déroulement de la rencontre. Les Etalons ont livré un très bon match, mais ils ont perdu par une mauvaise gestion du jeu. Cette défaite a été un grand choc pour les fans des Etalons qui ont commencé à douter. Mais une campagne de presse menée à dessein a requinqué le moral des supporters. Les Etalons ont été présentés capables d’aller battre les Eléphants à Abidjan. Le résultat a été la déculottée que l’on sait. Les Etalons ont donc échoué dans ce qui était leur véritable test de niveau. Et, il n’y a pas de honte à reconnaître que les Etalons, même s’ils s’approchent du niveau moyen du continent, n’ont pas encore l’étoffe du top niveau.

Le narcissisme dangereux de Paolo DUARTE
Les grands espoirs suscitent aussi les grandes déceptions. La double-défaite face aux Ivoiriens a plus ou moins ramené une certaine lucidité dans le groupe. Les critiques ont donc été acerbes surtout vis-à-vis de l’ambivalence de l’entraîneur Paulo DUARTE de diriger à la fois les Etalons et l’équipe française de ligue1 du Mans. Les fans du football ont, sans doute, compris que cette situation ne peut être que dommageable pour les Etalons. La victoire du 11 octobre dernier contre la Guinée à Accra était du pain béni pour le Portugais. Il est descendu à bras raccourci surtout sur la presse comme pour dire qu’il est efficace en manageant les deux équipes. DUARTE qui ne connaît pas l’histoire du football burkinabè a laissé croire que ses résultats sont le summum du succès. Ce qui est faux. En termes de valeur, cette campagne se classe peut-être au quatrième rang après la CAN 98, les éliminatoires de la CAN 96 où les Etalons se sont classés en tête devant la Côte d’Ivoire et le Maroc, les éliminatoires de la CAN 2004 en Tunisie où un sursaut national a poussé tous les Burkinabè à mettre la main à la poche pour soutenir les Etalons. On se rappelle qu’un milliard avait été collecté et le Président du Faso au cours d’un gala à la salle des fêtes de Ouaga 2000 a remis le drapeau au capitaine des Etalons. Ce sont des temps forts qu’on aimerait que DUARTE nous fasse revivre surtout lors de la phase finale en Angola parce que tout en saluant son travail à la tête des Etalons, on a déjà vu ça. Le grand défi du Burkina dans la phase sera de passer le premier tour ou à tout le moins gagner un match en phase finale hors du Burkina. DUARTE a donc du grain à moudre avec les Etalons. Ne lui en déplaise, sa présence au Mans comme entraîneur ne va pas lui permettre de manager au mieux l’équipe. Parce que le championnat de France ne connaîtra pas de trêve pendant la phase finale de la CAN. Les clubs qui emploient des joueurs africains recrutent des doublures pour pallier leur absence.

Le retour des Etalons en phase finale de la CAN est une performance à saluer. Le fait d’être dans le top seize de la CAF est bon à prendre, mais il serait incongru au-delà de ce fait. Nous sommes prêts à nous abreuver du fiel de DUARTE s’il remportait le trophée ou à tout le moins atteignait les demi-finales comme en 1998.o

Ahmed NAZE

Formule 1

La grosse cote BRAWN GP

La saison de Formule 1 2009 vient de rendre son verdict. L’écurie BRAWN GP créée ex-nihilo en début du présent exercice a tout raflé à la surprise générale. Alors que tous les spécialistes annonçaient un duel au couteau entre les Ferrari et les Mclaren Mercedès, BRAWN s’est adjugé les deux titres des constructeurs et surtout, celui très convoité des pilotes.

Au début des années 2000, la domination sans partage de Ferrari et de l’Allemand Michaël SCHUMACHER notamment avait rendu la course automobile phare un peu ennuyeuse. En l’absence de tout suspense dès le coup d’envoi du championnat, les taux d’audience commençaient à chuter. Naturellement les annonceurs aussi, face à la baisse de l’engouement, n’étaient plus  disposés à mettre les mêmes cagnottes sur la table.
Cela a, bien entendu, amené la Fédération internationale d’automobile (FIA) à prendre des mesures qui ont révolutionné les mœurs en vigueur dans les paddocks. En dehors des qualifications où chaque pilote a désormais droit au même nombre de tours, la FIA a opté pour qu’ils gardent le même baquet sur deux courses à la suite. Plus question donc, de changer de voitures, comme le faisaient les grandes écuries, au gré des aléas de la course.
Ces mesures ont réduit les écarts entre les constructeurs, chacun pouvant nourrir l’espoir de gagner une course pour peu que les mécaniciens trouvent un bon réglage du châssis. Apparemment, c’est ce que l’ancien mécanicien, le Britannique BRAWN, longtemps officier chez FERRARI a réussi, en décidant de créer sa propre écurie.
Il a confié les deux baquets à des pilotes expérimentés, l’Anglais Jenson BUTTON et le Brésilien RUBENS BARRICHELLO qu’il a eu à coacher chez FERRARI. Dès la première course de la saison, à Melbourne en Australie, BUTTON l’emportait après que les BRAWN eurent trusté le pôle position.
Pour les observateurs, il s’agissait là du tour de chauffe de la saison, le temps pour les favoris FERRARI et Mc Laren de FC bien se régler. Mais les BRAWN n’avaient pas fini de surprendre puisque l’ex-belle gueule du circuit, une réputation de beau gosse qui a longtemps desservi BUTTON, allait aligner cinq succès de suite. Bien sûr, cette domination sans partage lui a permis de s’envoler définitivement en tête du classement des pilotes et à BRAWN GP de consolider de même sa position de leader du classement du monde des constructeurs.
Un peu trop facile, BUTTON va connaître alors un vrai coup d’arrêt. Lors des sept courses à venir, il affichera des résultats en dents de scie au point de voir le titre qui lui tendait les bras sans opposition devenir un enjeu ouvert avec la menace de son coéquipier Rubens BARRICHELLO et de l’Allemand Sébastien VELTEL.
Jensons BUTTON saura cependant, résister à la pression, aidé en cela par les deux victoires de son devancier tenant la couronne de champion du monde des pilotes, Lewis HAMILTON. HAMILTON en empêchant VELTEL et BARRICHELLO de marquer des points importants dans deux courses sur sept, a joué le rôle d’arbitre de ce duel qui semblait tourner en défaveur de celui qui est devenu depuis dimanche champion du monde 2009 de Formule 1
En effet, sur le circuit brésilien de Suterlagos, BUTTON a fini cinquième d’une course remportée par l’Autrichien Marle WEBBER. Avec 89 points contre 74 à Sébastien VELTEL, BUTTON ne peut plus être rattrapé alors qu’il reste à disputer le grand prix de Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis) le 1er novembre prochain.
A 29 ans, ce pilote présenté par tous comme l’un des plus sympathiques du circuit réalise son rêve au moment où il s’y attendait le moins. En effet, la démonstration l’année d’avant de la maestria de son compatriote Lewis HAMILTON, plus jeune champion du monde de la discipline, semblait ouvrir une période de domination de celui qui disait-on pouvait marcher sur les traces de SCHUMACHER. Même si HAMILTON a prouvé par moment qu’il reste un futur protagoniste aux places d’honneur, sa victoire n’a pas montré une fiabilité de nature à lui permettre de se battre pour le titre.
La surprise BUTTON apporte à la Formule 1 une vraie bouffée d’oxygène, tant la hiérarchie dans ce sport est très rarement prise à défaut. C’est pourquoi, les spéculations vont déjà bon train en prévision de la saison à venir. BRAWN GP sera-t-il toujours parmi les prétendants ? FERRARI, Mc LAREN et RENAULT retrouveront-ils leur place de leaders après cette saison 2009 complètement ratée ?
Ce qui est pour l’heure certain, c’est que la place forte de la Formule1 FERRARI a décidé de frapper un grand coup. La scuderia a engagé l’Espagnol Fernando ALNONSO, double champion du monde avec RENAULT en 2006 et 2007. Depuis deux saisons, l’Espagnol évolue en demi-teinte. Mieux, des affaires salaces de magouilles avec RENAULT ont seulement écorné son image. Aussi, il avait besoin d’un autre chalenge pour relancer une carrière qui ronronne sérieusement et qui semble s’enliser dans la médiocrité.
Avec un HAMILTON qui voudra lui-aussi revenir au devant de la scène après sa saison ratée, le duel à distance entre les deux ex-ennemis quand ils couraient tous deux pour Mc LAREN, promet. Encore faut-il que FERRARI réussisse à dégager un pilote vedette entre ALONSO et son coéquipier brésilien Felipe MASSA. Ce dernier a annoncé les couleurs en disant que la tricherie révélée chez RENAULT, qui a permis une victoire de ALONSO, était bel et bien connue du pilote espagnol.

En attaquant ainsi son futur coéquipier, MASSA veut, sans doute, montrer qu’il n’est pas disposé à se contenter du second rôle dans la distribution de la hiérarchie. Une bataille inter coéquipiers qui peut bien profiter à Lewis HAMILTON.

 

 

 

 

 

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