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La Une du n°629
La Une du n° 629

NOUVELLES DU GRIN : N°629 du 04 au 10 novembre 2009

“Si tu veux l’argent, rendez-vous au cimetière à minuit”

Election du bureau du conseil régional de la jeunesse des Hauts-Bassins : le maire Karim BARRO taclé
Sur le plan national, on connaissait déjà le conseil national de la jeunesse dont le premier bureau a été présenté au président du Faso lors du dernier forum des jeunes tenu à Bobo-Dioulasso. Pour parfaire la structure, il faut des répondants aux niveaux régional, provincial et communal. C’est ainsi que le ministère de la Jeunesse et de l’Emploi a donné quitus pour l’élection des CRI dans les différentes régions du pays. C’est une compétition qui est ouverte aux jeunes de 15 à 35 ans. Celui qui est élu a un mandat de 3 ans renouvelable une fois. Le jeudi 29 octobre dernier, la direction régionale de la Jeunesse et de l’Emploi des Hauts-Bassins a organisé l’élection du bureau du CRJ. Cela s’est passé à la direction régionale du contrôle financier en présence de la police qui filtrait l’entrée de la salle.
Seuls ceux qui sont dans le cercle des mouvements associatifs étaient informés de cette élection. Il y a eu pourtant la campagne avant l’affrontement. Au départ, 4 candidats se sont présentés pour briguer la présidence du CRJ des Hauts-Bassins. Suite à des enjeux politiciens, deux candidats désistent au profit de Drissa GUIRE, un jeune très proche du député Alfred SANOU.
On lui prête même d’être son protocole attitré. Mais avant tout, Drissa GUIRE est bien connu dans le monde associatif et dans la société civile. Il est proche des politiciens, mais, milite dans la société civile. Il avait comme concurrent le maire de l’arrondissement de Konsa, Karim BARRO. Le matin du jeudi dernier, la devanture de la Direction régionale du contrôle financier était particulièrement animée. Comme s’il était sûr de sa chose, Drissa est venu avec une troupe d’animation munie de tam-tam. Il paraît que tout avait été ficelé depuis la veille dans la nuit.
Mathieu SANOU et un autre candidat ont fait une alliance avec GUIRE. Mathieu SANOU lâche la région au profit de la commune et prend la direction de la campagne du candidat Drissa GUIRE. Les tractations se sont menées jusqu’au bout. Au finish, c’est Drissa GUIRE qui prend la tête du CRJ des Hauts-Bassis. Il gagne avec 27 voix sur 25 contre son rival Karim BARRO, avec un bulletin nul.
Il y avait 53 votants répartis comme suit ; 30 du Houet, 13 du Kénédougou et 10 du Tuy. Après sa victoire, Drissa GUIRE et ses camarades ont fait la fête.
Parmi les votants, il y avait deux membres qui n’avaient pas de reçu pour justifier qu’ils étaient à jour de leurs cotisations. Le camp de Karim BARRO a voulu récupérer cela à son profit. Mais après un coup de fil à Ouagadougou qui a confirmé qu’ils ont payé, ces deux éléments ont été autorisés à prendre part au vote. Karim BARRO proteste et introduit un recours en annulation. Cela ne donnera pas grande chose. La victoire de Drissa GUIRE est confirmée.
Le soir au grin, les débats ont été très vifs sur ce sujet. Les gens se demandent ce que le jeune maire de Konsa est venu chercher dans cette galerie associative. Dans l’esprit des hommes de la société civile, le monde des associations est totalement différent de celui de la politique.
Il faut faire un choix et Karim BARRO avait déjà fait le sien. Il est le maire élu CDP d’un des arrondissements clé de la commune de Bobo-Dioulasso. Mais cela ne semble pas le suffire. Il voulait cette place pour mieux faire passer ses idées sur la jeunesse bobolaise. Il n’a pas touché ceux qu’il fallait. Il voulait un passage en force sans préalable mais les jeunes de Bobo-Dioulasso, de Houndé et de Orodara ne l’ont pas suivi. Ses amitiés avec le maire de la commune rurale de Koti dans la province du Tuy n’ont pas été utiles. Dans les coulisses, on affirme que la trahison est venue du Tuy.
Avant l’affrontement final, Jacob SIA, le propriétaire gérant de la boîte de nuit Macoumba a tenté de rapprocher le point de vue des deux candidats en recherchant un consensus. Cela s’est soldé par un échec. Les deux candidats croyaient avoir la majorité avec lui. Il a fallu le vote pour voir Drissa GUIRE l’emporter. Karim BARRO qui est aussi un ami du ministre KOUTABA a certainement compris la leçon car comme le dit l’adage, les défaites d’aujourd’hui préparent les victoires de demain.

“Si tu veux l’argent, rendez-vous au cimetière à minuit”
C’est l’histoire d’un jeune homme issu d’une famille nombreuse. A force de ténacité, il a réussi dans la vie. Du coup, il est devenu le soutien de la famille. C’est lui qui paye l’eau, le courant, les vivres (riz et maïs). Il n’est pas mariés mais c’est lui qui donne l’argent de la popote aux femmes de ses nombreux frère qui se changent pour faire la cause familiale.
Malgré tout ce qu’il fait, notre jeune bras financier est obligé de donner l’argent de poche à ses frères qui ne cessent de le harceler. Un jour, excédé de subir les caprices financières de ses frères, il craqua ; à l’un deux qui lui demandait de l’argent pour aller en boîte, il a répondu qu’il aille au cimetière à minuit comme il l’a fait lui, ainsi, il aura de l’argent à n’en point finir. Sur ce, il se leva et sortit en voiture. Le frère est resté pensif pendant un bout de temps et s’est résolu à boycotter l’argent de son frère parce qu’il serait “sale”.
Il a tenté de convaincre les autres de le suivre dans son boycot. Mais ils ont refusé en bloc arguant qu’ils ne croyaient pas que leur frère puisse dire une telle chose et que même si c’était le cas, c’était par exaspération. Malgré sa pauvreté, il est resté le seul à boycotter l’argent et la nourriture de son frère, l’unique qui a réussi. Sa femme et ses enfants eux continuent de manger avec les autres membres de la famille.
Au grin, certains ont condamné le comportement du jeune frère qui a les moyens. Ils pensent qu’il n’avait pas le droit de parler de cette façon à son aîné. Maintenant qu’il a lâché un tel morceau, peut-on le faire confiance à 100%. Rien n’est encore sûr. Les autres membres ont fustigé le comportement du grand frère. Il devait prendre cela pour lui seul et si possible faire des enquêtes avant d’informer ou pas la famille.
Mais cela ne semble pas ébranler outre mesure le jeune homme qui continue de veiller financièrement sur la famille..o


"Le petit fâkir toujours dispos"

 

Bruits du Yatenga


Ouahigouya, la cité de Naaba Kango, chef-lieu de la province du Yatenga, s’apprête à recevoir les festivités du 49e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso (anciennement Haute-Volta) le 11 décembre 2009. C’est, à n’en pas douter, dans un froid hivernal dont les signes annonciateurs prévoient un climat de basse température conjuguée à un vent d’harmattan qui ne sera pas des moins cléments que vont baigner les convives et autres hôtes de Ouahigouya. Déjà, cher ami, moi qui ne suis pas très «ami, ami» avec le froid, je viens de goûter à celui d’ici, et franchement je me demande ce que cela donnera quand viendra le vrai moment ! «Ici c’est comme ça, tu vas t’adapter», s’est empressée de me rassurer une grande sœur qui y réside depuis avec son époux. Cette situation n’entame cependant en rien la détermination des filles et fils de la région qui entendent être à la hauteur de la confiance à eux placée pour accueillir la célébration officielle tournante de la fête nationale à Ouahigouya. Mon intention par cette appréciation sur le temps qu’il fera est de te prévenir afin que tu prennes tes précautions pour cette fête de la fierté nationale que, je sais, pour rien au monde tu ne rateras.
Planté ce décor, je m’en vais te dire que la cité de Naaba Kongo a vibré 72 heures (du 29 au 31 octobre) au rythme de la 7e édition du Festival Sport et Culture de Ouahigouya (FESCO) dont le promoteur n’est autre que le ministre des transports, Me Gilbert Noël OUEDRAOGO, ci-devant président du parti de l’éléphant, l’ADF/RDA et bien sûr natif de la région. Les activités au programme ont concerné les compétitions de Liwaga avec 16 troupes venant des quatre coins de la région et de la diaspora dont le gros des troupes est du bord de la Lagune Ebrié, les jeux de société (lido, scrabble, waré, damier, pétanque et belote), une course cycliste pour personnes valides et handicapées moteurs, match de football pour les élèves du primaire, un défilé de mode au profit des établissements secondaires et un dassanga tenu à Bogoya. Pour les prix, la meilleure troupe qui a fait forte sensation est celle de Manegda de Zogoré (200 000FCFA et des lots en nature), en ce qui concerne la diaspora, c’est la troupe Liwaga d’Adjamé qui a pris le dessus, en cyclisme et handisport, Rasmané SANA et Mahamadi GANAME sont sortis vainqueurs (respectivement 45000FCFA et des tee-shirts et 15000FCFA, 3 pneus et 3 chambres à air), en foot, l’école primaire Ipala remporte le trophée plus 30 000FCFA, des kits scolaires, des tee-shirts et un jeu de maillots. Quant aux 4 finalistes des différents jeux de société, ils ont des prix, allant de 6000FCFA à 12000f et des tee-shirts. Le défilé n’était pas en reste avec 12 candidats. Tous ont reçu des prix en espèces et des kits scolaires mais les heureux gagnants, ceux qui ont convaincu le jury par l’élégance de leurs accoutrements traditionnels chez les filles et les garçons ont eu en plus un vélo. C’est dire que ce festival s’est imposé dans la région et le promoteur n’entend pas rester en si bon chemin, lui qui a annoncé dans la foulée le thème de la 8e édition pour 2010 qui portera sur «Valorisation culturelle et promotion de la femme et des droits humains». Pour associer culture et solidarité, Me Gilbert OUEDRAOGO a fait un don de vivres à l’association pour la protection des Orphelins et des enfants déshérités (APOED). Passé cet événement culturel important, un autre anniversaire, cette fois-ci celui des Forces Armées Nationales (FAN), a été célébré dans la capitale du Yatenga. Le dimanche 1er novembre 2009, les Forces Armées Nationales (FAN) ont célébré leur 49e anniversaire de prise d’armes sur toute l’étendu du territoire sous le signe : «Armée et protection civile», et Ouahigouya n’était pas reste. Au niveau régional notamment dans le chef-lieu de la région du nord, Ouahigouya, le commandement de la région militaire a marqué cet anniversaire d’une cérémonie hautement symbolique. Cérémonie présidée par le gouverneur, Viviane Yolande COMPAORE avec à ses côtés le commandant du 12e Régiment d’Infanterie Commando (RIC), Yves THOMBIANO. Après la revue des troupes par les autorités, le chef de corps et commandant de la place d’arme de Ouahigouya a livré le message du ministre de la Défense, Yéro BOLY. Un message qui porte sur le rôle des FAN dans la gestion des catastrophes naturelles qui s’intensifient dans le monde. Le commandant THOMBIANO a rappelé que le thème s’inspire des événements du 1er septembre relatifs aux inondations et l’apport de secours conséquents des FAN. Ainsi, désormais la formation des corps militaires et paramilitaires prendra en compte les aspects de changements climatiques avec pour corollaire les catastrophes naturelles. A Ouahigouya, 8 récipiendaires ont reçu la reconnaissance de la nation pour service rendu avec une médaille d’honneur militaire (Le commandant Yves THOMBIANO), 6 médailles militaires et une médaille d’honneur des sapeurs pompiers. La cérémonie d’adieu marquant le départ pour les militaires (5) qui quittent le service actif et la cérémonie de prise d’arme de nouvelles recrues intégrant les FAN de la 1re région militaire ont été le clou de l’événement. Une démonstration des techniques d’intervention rapprochée en situation de maîtrise de foule et violence a été servie au public mettant en exergue les réformes en matière de formation des militaires. A l’occasion, la participation des militaires aux opérations de maintien de paix dans le monde tel le bataillon «Laafi» au Darfour et autres théâtres d’opération a été vivement saluée. Rendez-vous est pris pour la semaine. Bye cher ami.o

L’historien

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