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La Une du n°631
La Une du n° 631

NOUVELLES DU GRIN : N°631 du 18 au 24 novembre 2009

Le "chitoumou"est-il interdit aux musulmans ?

La saison des pluies est maintenant en train de céder sa place à l'harmattan. Dans les grins les débats sont de plus en plus vifs. Pour soutenir la flamme, le thé doit être disponible en grande quantité. Plus les premiers se suivent, plus les discussions sont houleuses.
A Accart-Ville (secteur 9), on a assisté à une grande explosion de joie dans les différents grins et pour cause, l'équipe de l'AS Maya a accédé en première division. Après dix ans passés en D2, l'équipe du secteur 9 est désormais en D1. L'AS MAYA a battu lors de la dernière journée de la super division de la D2 au stade Wobi l'équipe de JCB du secteur 8 par 1 à 0. Un match nul était suffisant pour JCB pour monter en D1 mais l'AS MAYA a été la plus forte.

Cocktail de remerciement du nouveau bureau du CRJ des Hauts-Bassins ; le maire Karim BARRO fair-play
Le Conseil régional de la jeunesse des Hauts-Bassins a organisé le dimanche 15 novembre dernier au bar-restaurant le Frangin de Bobo un cocktail de remerciement.
Au cours de cette invitation, le président élu le 29 octobre dernier, Drissa GUIRE était assis auprès du candidat malheureux Karim BARRO. C'est d'abord le premier cité qui a pris la parole pour remercier l'ensemble de la jeunesse des Hauts-Bassins. Il a rendu un vibrant hommage au maire Karim BARRO qui a été selon lui un bon perdant. Pour lui, l'essentiel, c'est que la jeunesse des Hauts-Bassins soit unie. Quant à Karim BARRO, il a laissé entendre que tout ce que Dieu fait est bon et qu'en définitive, c'est la jeunesse qui a gagné.
Pour le maire de Konsa, on doit attendre la fin du mandat de ce bureau pour juger leur bilan. Les jeunes présents ont longuement applaudi les deux candidats.
Mais à la présentation du bureau du CRJ, on a constaté que la province du Kénédougou (province du maire BARRO) n'est pas représentée. Le bureau du CRJ des Hauts-Bassins est constitué par des jeunes du Houet et du Tuy.
Le 29 octobre dernier, lorsque Karim BARRO a perdu, les jeunes du Kénédougou lui sont restés solidaires. Ils ont alors refusé de rentrer dans le bureau. Aujourd'hui, avec ce geste inattendu de leur champion, on se demande si l'union n'est pas de façade.
Dans tous les cas, le Kénédougou restera toujours en marge des activités du CRJ. Au grin, les gens pensent que la politique a ses raisons que la raison elle même ignore. Le geste du maire Karim BARRO a été salué par la plupart des membres, mais, certains sont restés prudents. Pour eux, le maire BARRO en tant que responsable n'avait pas d'autres choix après son échec. Il doit continuer malgré lui à boire le calice jusqu'à la lie pour respecter les règles. En tant que politicien avéré, il n'avait pas à se mêler des activités de la jeunesse associative. Mais, toujours est-il que c'est une véritable leçon d'humilité que Karim BARRO et le président du CRJ des Hauts-Bassins viennent de donner à la jeunesse bobolaise qui, quoiqu'on dise est embarquée dans la même barque.
Après ce cocktail de remerciement et de réconciliation, le sage du grin souhaite que le maire de Konsa aille plus loin dans son engagement aux côtés du CRJ en incitant la jeunesse du Kénédougou à participer massivement aux activités du bureau malgré qu'ils n'y font pas partie. C'est en cela que l'union sera vraiment effective.

Le "chitoumou" est-il interdit aux musulmans ?
Le vendredi 13 novembre dernier, lors de la grande prière, c'est un Egyptien qui a dirigé la prière dans la Mosquée du secteur n°8 (Sikasso-Cira). Il a été envoyé en mission religieuse au Burkina Faso par la Libye. Il avait d'abord été présenté aux fidèles par l'imam de vendredi. La semaine d'après, il a été autorisé à officier la prière de vendredi. Dans le sermon a prononcé, le religieux égyptien s'est apesanti sur les animaux que les musulmans ne doivent pas consommer. Il s'agit pèle-mêle du margouillat, de la souris, du rat, du chat, du singe, du "chitoumou"… et de tous les animaux quoi ont des griffes et qui attaquent les autres animaux (les carnivores en occurrence).
L'imam du jour s'exprimait en arabe et c'est l'imam titulaire, Hamad SANOU, qui était chargé de traduire. Ce fut un sermon particulier et à la fin de la prière, certains membres du grin n'ont pas hésité à repousser les dires de l'Arabe.
Le soir au grin, ce fut l'un des sujets phares.
Les amateurs de "chitoumou" ont refusé d'adhérer aux dires de cet imam venu d'ailleurs. Certains très remontés s'en sont pris à l'imam titulaire qui se trouve être un Bobo bon teint. Ils se demandent même si l'Egyptien connaît les "chitoumou" en question.
Le débat était très chaud et des non musulmans, se basant sur les valeurs nutritionnelles certaines du "chitoumou" se sont également opposés au sermon de cet Arabe. Ces esprits cartésiens craignent qu'il aille un jour prêcher dans la mosquée de Diolassoba et décourager les consommateurs de chenilles de karité alors que c'est un aliment très riche en protéines.
Les avis sont partagés sur cette question au grin et chaque religieux interpellé se réserve le droit de donner sa position surtout si on ajoute que c'est l'imam Hamad SANOU qui était le traducteur. D'autres sont néanmoins très clairs : dans le Coran, seule la viande de porc est interdite. Alors d'où vient cette longue liste d'animaux énumérée par l'Egyptien qui serait impropre à la consommation des musulmans ?
Aujourd'hui, avec l'évolution actuelle des choses, les missionnaires islamiques doivent savoir doser leur message à l'endroit de ceux qu'ils sont censés éclairer sinon c'est l'effet contraire qu'ils vont récolter. Un membre du grin très remonté pense que cet Egyptien doit peut-être faire un tour du côté de la Chine pour comprendre qu'en matière de consommation de viande de tel ou tel animal, c'est surtout une question de culture. Si, chez les Arabes ils sont vachement riches, qu'ils se contentent de manger ce qu'ils veulent mais qu'ils laissent les Africains consommer ce qu'ils ont toujours mangés depuis des lustres. Les organisateurs de la fête du "chitoumou" à Bobo-Dioulasso ont ainsi du pain sur la planche. A l'édition prochaine, ils devraient songer à impliquer certains dignitaires musulmans dans leur combat de valorisation de la chenille de karité qu'on appelle ici le "chitoumou".

« Le petit fâkir, toujours dispo »

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