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La Une du n° 632
:N°632 du 25 Novembre au 1er décembre 2009

Limitation du nombre de mandats présidentiels :Et le peuple souverain dans tout ça ?

«La limitation du nombre de mandats présidentiels en Afrique : cas du Burkina Faso», c’est le thème choisi par le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD) dans le cadre de son dialogue démocratique.
C’était le 19 novembre dernier à Ouagadougou. Le débat a été effectivement démocratique car hommes politiques et acteurs de la société civile ont pu s’exprimer longuement sur le sujet qui visait en réalité l’article 37 de la constitution burkinabè.

Selon le CGD, «L’analyse des données des enquêtes afro-baromètres montre que les Africains en général et les Burkinabè en particulier sont majoritairement favorables à la limitation du nombre de mandats présidentiels. Ce constat empirique va à l’encontre du discours dominant véhiculé par certaines personnes selon lequel les Africains, en raison de leur culture politique s’accommoderaient davantage de chefs aux pouvoirs illimités. Plus particulièrement, la majorité des Burkinabè ne souhaitent pas que la constitution de juin 1991 soit modifiée pour permettre au président Blaise COMPAORE de se présenter à un nouveau mandat de 2015».
Comme on peut le constater, bien avant la rencontre, le CGD avait bien sa conclusion et souhaitait simplement la renforcer. C’est intéressant tout ce débat qui se mène et qui semble se résumer à l’article 37 de la constitution qui, soit dit en passant, prévoit en elle-même les conditions de sa révision. Nulle part dans cette constitution, il n’est dit que l’article 37 ne peut pas être revisité. Où se trouve alors l’os pour qu’on arrive à se focaliser sur un seul article donnant l’impression que les autres articles de la constitution ne sont que des artifices ?
Ce qui est bien gênant dans ce débat, c’est le fait que les politiciens et autres acteurs dits de la société civile monopolisent le sujet donnant par la même occasion l’impression qu’ils ont le monopole de la vérité. Pourtant, la majorité, pour ne pas dire le peuple souverain, a son mot à dire.
On n’ose espérer que le CGD ne pense pas que son « sondage » pourrait remplacer cette expression. Il faut l’espérer car à lire les affirmations péremptoires et les analyses pour le moins tranchées qui vont avec, on a le sentiment qu’on croit y détenir la science infuse et agir pour et par le peuple ! On ne se gène pas ; il faut le dire ! Or on a beau théoriser, sonder, faire des conférences, voir même marcher, le dernier mot, le seul valable, revient au peuple à travers des mécanismes clairement définis par la constitution.
Si la constitution prévoit en elle-même les conditions de la révision ; pourquoi tente-t-on par tous les moyens de vouloir faire autre chose ? Et puis 2015, ce n’est pas demain ; surtout quand on donne l’impression de n’avoir rien à faire !? C’est ça aussi la démocratie que nous avons tous choisie et adoptée. Même si certains veulent la « tropicaliser.o.

Par Ben

 

 

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