[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
La Une du n°633
La Une du n° 633

Retro-Rétro – Gouvernance :N°633 du 2 au 8 Novembre 2009

Viviane COMPAORE, gouverneur de la région du Nord

«Nous n’allons pas gérer tout le monde»

Viviane COMPAOREL’acte II, de la célébration tournante des festivités du 11-Décembre après la région de l’Est, échoit à celle du Nord dont le gouverneur et chef d’orchestre du comité régional d’organisation est Viviane COMPAORE. Dans cet entretien, elle reste sereine quant à la bonne tenue de cet événement national.

Votre région s’attelle à accueillir les festivités du 11-Décembre 2009, quel état peut-on dresser aujourd’hui (ndlr : entretien réalisé le jeudi 26 novembre 2009) de l’organisation ?

Viviane COMPAORE (V.C) : Nous sommes toujours dans l’organisation. Au jour d’aujourd’hui, nous pouvons dire que chaque commission est pratiquement prête. Dans l’ensemble, nous sommes dans la dernière ligne droite et nous pensons que nous pouvons recevoir les invités comme il le faut.

Combien de personnes attendez-vous ?

V.C : Il est difficile de donner un chiffre. Nous savons seulement qu’il y aura près de 6 000 défilants, sans compter les invités, les corps constitués de la nation. Nous recevrons beaucoup de monde et même les filles et fils de la région qui sont à l’extérieur et qui seront là pour la fête.

Comment comptez-vous gérer tout ce beau monde ?

V.C : Nous n’allons pas gérer tout le monde. Ce n’est ni rôle, ni notre travail. Maintenant dans le cadre de l’organisation, il y a un certain nombre de gens impliqués qui n’ont pas demandé à venir. Pour toutes ces personnes, nous n’aurons pas de problème d’hébergement, car la capacité disponible est au-delà du nombre.

Quel est l’apport des filles et fils de la région ?

V.C : La cité des forces vives est l’illustration de la contribution des filles et fils de la région. Ils participeront à la fête et juste après, parce que pour nous c’est un point de départ pour donner plus d’impulsion au processus de développement de la région.

C’est une originalité, comment avez-vous pu les convaincre ?

V.C : Ce sont des gens qui sont dans l’élan du développement qui ont accepté investir qui 20 millions et même qu’il y a des villas de 40 à 50 millions dans cette cité. Cet exploit ils l’ont fait en moins de 6 mois. Je dirai que c’est la justesse de l’argument que nous avons tenue à leur endroit qui les a convaincus, la fibre patriotique a beaucoup joué aussi.

Quel défi vous tient à cœur pour l’organisation ?

V.C : Nous sommes presque prêts. Ce matin (ndlr : le jeudi 26 novembre 2009) nous avons eu la journée de salubrité. C’est un point qui était un peu sombre dans l’organisation. Je pense qu’avec l’engagement de tous, ce problème sera résolu dans les délais.

Est-ce que vous avez envisagé l’après-fête, surtout des factures à gérer ?

V.C : Nous n’avons pas de factures à gérer. Tout sera dans la proportion du budget.

Issoufou MAÏGA Ouahigouya

Festivités du 11-Décembre 2009

La touche spéciale des Yadsé

A la faveur de la célébration tournante de la fête nationale, la région du Nord est à l'honneur de ce 49e anniversaire de l'Indépendance. Une région riche en diversités tant sur le plan historique, politique, économique que socio-culturel. Le chef-lieu de la région, Ouahigouya, pour gagner le pari de l'organisation de l'événement, s'attelle au dernier réglage pendant que la population semble déjà dans l'ambiance du 11-Décembre 2009.

Une vue des membres du comité national d’organisationLa région du Nord, à la porte du Sahel, couvre une superficie de 16 129,62km2, soit 6,5% du territoire national ; elle compte 4 provinces : le Lorum, le Passoré, le Yatenga et le Zondoma ; 31 départements et 868 villages avec plus de 1 185 796 habitants. Ouahigouya chef-lieu de la région, est aussi celui de la province du Yatenga, la plus vaste et qui abrite le plus grand nombre de villages et communes. La ville est à 190 km de Ouagadougou.

 

Ouahigouya et son histoire

Ouahigouya, pôle économique du Nord, est une ville légendaire, capitale du royaume du Yatenga. Cette ville fut fondée en 1757, détruite en 1825 et reconstruite par les Français autour d'un fort (une forteresse de défense) vers 1896. En effet, au XIVe siècle, alors que les premiers royaumes moosé prospéraient dans la paix, deux frères, Koumdoumyé et Yadéga, prétendirent à la succession de leur père, le Naba Srébiri de Ouagadougou. Koumdoumyé. après avoir évincé son frère Yadéga, s'empara du trône. Ce dernier quitta l'Oubritenga et s'installa dans un village san à proximité de Gourcy à cheval entre Yako et Ouahigouya. De là, il se lança à la conquête des villages voisins. Une œuvre que vont poursuivre ses descendants qui continuèrent l'extension de ce territoire qui devint le royaume du Yatenga. Une autre figure marquera l'histoire du Yatenga, il s'agit de Naba Kango, véritable guerrier et stratège politique. Héritier légitime évincé du trône, ce dernier, après trois années d'exil, reconquit le Yatenga en 1757 à la tête de mercenaires bambara, bwaba et san. Lorsqu'il n'eut plus besoin de leurs services, il les élimina purement et simplement. Naba Kango régna sur le Yatenga en monarque absolu pendant 30 ans, luttant contre le brigandage et une aristocratie frondeuse. Il réussit à réinstaller la paix dans le pays, créa une nouvelle capitale du Yatenga qu'il nomma Ouahigouya qui signifie "venez-vous prosterner devant moi".

L'organisation administrative

La ville de Ouahigouya, capitale historique du royaume du Yatenga, est érigée en 1958 en commune de plein exercice de la colonie de Haute-Volta. Chef-lieu de cercle depuis l'époque coloniale (1904), elle deviendra successivement au gré des changements dans l'organisation administrative, chef-lieu de département en 1960, de préfecture en 1973, de province en 1984 et de région à la faveur de la mise en œuvre de la politique nationale de régionalisation en 2001. Avec l'avènement du processus démocratique entamé depuis 1990 après des régimes d'exception successifs, Ouahigouya fait partie de la première génération des communes de plein exercice du Burkina Faso avec les élections municipales de 1995.

Depuis 2004 avec l'adoption du code général des collectivités territoriales et les élections de 2006 consacrant la communalisation intégrale du "pays des Hommes intègres", la commune urbaine de Ouahigouya couvre l'entité départementale avec 37 villages administratifs rattachés pour une superficie de 491 km2 et 125 030 habitants au dernier recensement. Ainsi, fort de 110 conseillers, le conseil municipal est présidé par le maire, Abdoulaye SOUGOURI depuis les élections de 2006.

Ouahigouya, plaque tournante de l'économie du Nord

La cité des Forces vives était toujours en chantier le 9 novembre dernierLes principales activités de la "cité de Naba Kango" sont : l'agriculture vivrière, le maraîchage de contre-saison et l'élevage. Dans un second plan non moins important viennent le commerce, l'artisanat, les services. Toutes ces activités génèrent une valeur ajoutée ( 7,2 milliards de francs CFA). Certes le sorgho, le mil, le maïs, le fonio (cultures vivrières), l'arachide, le sésame, le coton et le niébé (cultures de rentes), les cultures irriguées et maraîchères constituent depuis une quinzaine d'années un des secteurs les plus dynamiques de l'économie communale, mais la pomme de terre, l'oignon, le haricot vert, la tomate, les carottes, l'aubergine, occupent une place de choix dans la production.

Pour ce qui concerne l'élevage, il occupe près de 50% des populations du monde rural et constitue une grande richesse en contribuant à hauteur de 58,3% aux revenus des ménages. Avec le soutien de la commune, (3) marchés sont érigés dont 2 à Ouahigouya et 1 à Youba, village situé à quelques km de la ville. En terme d'équipements marchands et grâce aux financement de la coopération, le grand marché de Ouahigouya a vu le jour avec plus de 1 600 boutiques, des boutiques le long des principales artères de la ville, un abattoir moderne, une gare routière et bientôt la plate-forme maraîchère en construction pour le 11-Décembre.

Le domaine de la culture, du tourisme et de l'hôtellerie participe à l'essor économique de la ville et partant de la région. Fortement empreintes de la culture maoga (ethnie majoritaire), les activités culturelles telles les éliminatoires de la Semaine nationale de la culture (SNC), le Festival sport et culture (FESCO), le Festival scolaire, (FESC), Top vacances, Festival kundé, Kultur'Art, rythment la vie de la cité tout au long de l'année ; les bois sacrés de Sissamba, les fosses aux lions de Konra-Bagré, les aménagements agricoles de Gnoinsé, le palais du Yatenga Naba, la place Naba Kango, la Maison rouge, les tombes royales de Soumiaga et le tamarinier du traité de protectorat de 1895 du palais du Yatenga Naba sont l'essentiel de l'attraction touristique de la région. Qui dit tourisme, dit infrastructures hôtelières et la ville en regorge même s'il faut davantage renforcer celles existantes. On peut dénombrer 5 hôtels et des auberges appartenant à certaines ONG et associations de développement de la région. L'apport de la coopération décentralisée est énorme dans la vie de cette commune qui entretient des relations amicales tant au niveau national qu'à l'extérieur. Ainsi, Banfora et Pouytenga au Burkina Faso, Mopti au Mali, Chambery et Veule en France, Lahntein en Allemagne, la Coordination communale pour la paix (COCOPA) d'Italie sont entre autres les témoins d'un partenariat dynamique au profit de la ville.

Dans l'ambiance de la fête

La fête de l'Indépendance, événement majeur de la vie de la nation, est vraiment attendue du côté de la cité de Naaba Kango. Sur toutes les lèvres, dans les marchés de la ville, élèves et citoyens lambda, commerçants, restaurateurs et hôteliers, tous s'activent pour réserver le meilleur des accueils aux invités dans la pure tradition de l'hospitalité légendaire des fils de Naaba Yadéga. Côté infrastructures, l'originalité vient de l'implication des forces vives de la région en dotant la ville, en l'espace de 6 mois de 102 villas, toutes à la phase de finition et certainement qui seront fonctionnelles dans les délais. Au niveau gouvernemental, des efforts énormes ont été faits pour que les routes soient ouvertes à la circulation. Parlant de circulation en plus des deux feux de signalisation que compte la ville, 3 autres ont été mis en place dans différents carrefours stratégiques aux fins de désengorger la circulation. Autres investissements encore, c'est la plate-forme maraîchère qui est prête à la réception. Ce qui faisait l'objet d'inquiétude en terme de délai d'exécution est la salle de spectacle. Mais depuis la dernière visite du président du comité national d'organisation, le ministre Clément P. SAWADOGO, les travaux ont beaucoup évolué tant les exécutants ont mis les bouchées doubles pour tourner la bétonnière 24 h/24. Ce chantier sera au rendez-vous, a même rassuré le gouverneur, Viviane COMPAORE. L'autre point d'orgue est le toilettage de la ville qui est en train de porter ses fruits, ce que le maire avec la compréhension et le soutien de la population a entamé. Et même que le jeudi 26 novembre 2009, une journée de salubrité a mobilisé toutes les populations autour de ce projet. Toutes les commissions mises en place, surtout au niveau local, travaillent d'arache-pied pour être au rendez-vous. De la formation des défilants, du côté de l'hébergement, du sport, de la culture, la thématique, etc., rien n'est laissé au hasard. Ainsi, à partir du 5 décembre 2009 jusqu'au 12, Ouahigouya sera la capitale du Burkina Faso. Des activités sportives, tels le cyclisme, le football, la boxe et autres loisirs, des projections cinématographiques dans les chef-lieux des provinces de la région, de la nuit culturelle et artistique, de la grande parade militaire et civile, tous contribueront à donner une dose d'humeur à cette fête. Aussi, une grande foire appelée, foire de l'indépendance, donnera à voir sur une aire d'exposition les potentialités agricoles, culturelles et artistiques de la région. Ces rencontres d'échanges et visites des producteurs sur le terrain "mettront en exergue l'engagement du gouvernement quant à l'appui à l'intensification des productions agricoles de saison sèche". Ce 49e anniversaire qui célèbre la souveraineté nationale marquera un tournant décisif dans l'organisation tournante de notre fête nationale du 11-Décembre dont la philosophie n'est autre qu'un élan de soutien du processus de développement des régions. Ainsi après l'expérience de Fada, chez les "esclaves" ou "maîtres" des Yadsé (c'est selon), Ouahigouya n'entend pas faillir. Surtout pas !

Issoufou MAIGA/Ouahigouya

 

 

 Haut

 

 Haut

 

.

 

 

 

 Haut

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé