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la Une du n°634
La Une du n° 634
RETRO-SPORTS : N°634 du 09 au 15 décembre 2009

Théâtre
« La légende de Wagadu » où les méandres des
pouvoirs et des palais

Le Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO) présente depuis le 19 novembre 2009 sa 18e grande création, la 4e et dernière de l’année 2009. L’avant-première de ce spectacle intitulé «La légende du Wagadu» a permis aux spectateurs de revivre un temps soit peu et en live le « Sya le rêve du python » le film de Dani KOUYATE.

L’empereur Kaya Manga écoutant le griot sous l’oeil vigilant de sa garde.«La légende du Wagadu» est le dernier né des créations théâtrales du CITO. Quatrième grande création après «Le fou», «Mémoire» et «Donne tout, espère peu, n’attends rien…». Le spectacle a été présenté en avant première, le jeudi 19 novembre 2009 et se joue toujours au théâtre du CITO. C’est l’histoire d’un empire. L’empire de Bida, où tous les 7 ans, au 7ème mois du 7ème jour, de la 7ème année, une jeune fille vierge était sacrifiée au serpent protecteur de l’empire. Cette année-là, les sacrificateurs après avoir interrogé les ancêtres, le choix fut porté sur la plus belle fille de l’empire : Sya. Mais voilà, il y a un hic. Sya est la fiancée d’un des grands guerriers de l’empire qui était au front et ci devant neveu du chef des armées de l’empire de Kaya Manga, empereur Wagadu Bida. C’est ainsi que Sya a été choisie pour être sacrifiée. Mais le sacrifice se révèlera en réalité un viol collectif des 7 sages de l’empire et non un python dévoreur. Sauvée des griffes des sages qui s’apprêtaient à tuer sa dulcinée Mamadou le taciturne, la supercherie des prêtres. Supercherie que Kerfa le fou, n’a cessé de décrier à travers champs, allant même jusqu'à défier Kaya Maga.

SYA, la jeune fille vièrge violée par les 7 sages de l’empireLa légende de Wagadu est en vérité une grande intrigue politique où trahison, mensonge, meurtre, vous transportent dans les méandres du pouvoir, dans les méandres des palais. C’est une mise en scène d'Ildévert MEDA qu’on ne présente plus. La scénographie porte la signature de Issa OUEDRAOGO. Les impressionnants costumes d’époque qui transportent le spectateur est l’œuvre de Yacouba TRAORE. La mise en scène aurait tenue toute ses promesses si certaines scènes n’étaient pas trop longues. Celle par exemple de Kerfa le fou et l’empereur Kaya Manga va chercher dans la dizaine de minutes, toute chose qui finit par perdre le spectateur malgré la poigne des deux comédiens, et mieux malgré la force et la puissance des textes. Outre la longueur de certaines scènes, la présence et le déplacement de certains comédiens (le chef des armées et son neveu) tournent à la gymnastique. Néanmoins cela n’enlève en rien la performance des comédiens notamment Kerfa le fou joué divinement bien par Ousmane BAMOGO.
« La légende du Wagadu» est toujours sur les planches du Cito jusqu’au 19 décembre 2009. C’est le 3e spectacle mis en scène par Ildévert MEDA, après «Monsieur de Pourceaugnac» et «L’éléphant du roi».
En rappel, cette même légende a été adaptée au cinéma en 2001, par le réalisateur burkinabè Dani Kouyaté. Mais Ildévert MEDA a précisé qu’avant cette adaptation, le spectacle portant sur «La légende du Wagadu» avait été créée en France il y a 17 ans, par un groupe de comédiens africains et français..o.o

Frédéric ILBOUDO

 

Littérature
Le CELPAC de Koupéla a 20 ans

Dans les pages du 9e chapitre de la Foire Internationale du Livre de Ouagadougou (FILO), une parenthèse s’est ouverte le 29 novembre 2009. Il s’agit de la célébration du 20e anniversaire d’existence du Centre de Lecture Publique et d’Animation Culturelle (CELPAC) de Koupéla. La célébration de cet anniversaire a eu lieu dans les locaux de ladite structure à Koupéla.

Dramane KONATE, parrain des 20 ans du CELPACLa FILO 2009 est belle et bien terminée. Pendant plus d'une semaine, le livre était en honneur, pas seulement dans la capitale mais aussi dans les provinces. En effet à l’occasion de ce festival, on a célébré cet événement à 135km du centre d’ébullition de la manifestation. Le CELPAC/Koupéla manifestait ses 20 ans d’existence. Autrefois Centre de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC) de Koupéla, cet anniversaire marque l’avènement et l’aventure exaltante du livre populaire en milieu décentralisé. Koupéla a été, il faut le rappeler, le point de départ du vaste programme de la quarantaine d’unités documentaires placées sous tutelle des administrations territoriales. Pour cet anniversaire, les responsables du CELPAC ont initié des jeux de société et des concours littéraires au profit des élèves de Koupéla dont les meilleurs ont été primés à la hauteur de leurs efforts. En deux décennies, le CELPAC de Koupéla a eu un impact positif sur les populations à travers ses prestations. Ce sont plus de cinquante mille abonnés qui bénéficient des services de cette unité de lecture publique par les prêts d’ouvrages et de jeux, les projections vidéo, les animations culturelles, les concours littéraires, etc. Prestations-faisant du CELPAC de Koupéla un instrument essentiel de l’éducation permanente, d’une prise de décisions indépendantes et du développement culturel aussi bien individuel que social.» Pour M. Simplice DAMBRE maire de Koupéla et président du comité de gestion du CELPAC : « Cette unité est par excellence, le centre d’information locale, où nous pouvons trouver facilement toutes sortes de connaissances et d’informations, riche de 11 000 ouvrages». En dépit des motifs de satisfactions dont il faut se réjouir, le maire a souligné que : «le centre éprouve néanmoins des difficultés à satisfaire la demande surtout au niveau de la frange scolaire. En effet, les livres sur le Burkina Faso, l’Afrique et surtout les ouvrages littéraires sont en quantité insuffisante…» un autre constat de taille du premier responsable de la ville est que la jeunesse, malgré l’avancée spectaculaire des technologies de l’information et de la communication, s’adonne à la lecture au sein de ce centre. Les statistiques sur les prêts et les abonnés sont plus que satisfaisantes. Cette dynamique a stimulé le parrain des célébrations des 20 ans d’existence du CELPAC. M. Dramane KONATE a encouragé les jeunes à visiter le centre afin de forger leurs esprits. «Le monde incarné dans le livre est un monde qui appartient à tous et à chacun, car en lisant l’autre, on se découvre soi-même. C’est pourquoi nous encourageons la jeunesse à la lecture, car c’est un exercice noble qui forge l’esprit, délivre des barrières, unit les hommes» a-t-il soutenu. La cérémonie de la célébration dudit anniversaire s’est achevée par une déclaration dite appel de Koupéla. Ainsi, intellectuels, hommes de lettres et de culture, autorités politiques et administratives se sont engagés à la promotion du livre et de l’écriture au Burkina Faso et à soutenir l’initiative «plume dans l’eau» destinée à recueillir des textes et des témoignages écrits afin de graver d’une encre indélébile les inondations du 1er septembre 2009 qui ont frappé le Burkina Faso et singulièrement la ville de Ouagadougou..o.o


- Frédéric ILBOUDO

 

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