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la Une du n°634
La Une du n° 634

Retro-Rétro – Gouvernance:N°634 du 09 au 15 décembre 2009

11-Décembre 2009

Ouahigouya face à son destin

Le samedi 5 décembre 2009 a eu lieu à la Place de la Nation de Ouahigouya la cérémonie officielle de lancement des activités commémoratives du 11-Décembre 2009.

La population est fortement mobilisée pour donner un éclatLes activités marquant la commémoration officielle de la fête de l’indépendance dont Ouahigouya, chef-lieu de la région du Nord, est l’hôte, ont démarré le samedi 5 décembre dernier pour s’étendre jusqu’au 12. C’est la Place de la Nation de cette ville qui a accueilli du monde autour des autorités afin de marquer le lancement officiel de cette fête nationale dont l’intérêt n’est plus à démontrer. Avec la suspension des cours des écoles et établissements de la ville, élèves et populations n’ont pas marchandé leur présence à ce lancement. Signe de l’appropriation de la fête par les Yadsé au-delà des sensibilités sociopolitiques de tout un chacun. Ce que le maire de la ville, Abdoulaye SOUGRI, n’a pas manqué de souligner dans son mot de bienvenue à l’adresse des invités. Pour lui, réussir cette fête, est plus qu’un challenge. Car elle constitue une allégresse pour la ville. Par ailleurs, président de la commission embellissement, il a mis les bouchées doubles pour présenter sa ville dans une «nouvelle tenue» qu’il entend maintenir comme projet de propreté de la commune.


ça promet du carnaval le 11 décembreQuant à la réussite de l’organisation, point d’inquiétude pour Abdoulaye SOUGOURI, puisque Dieu le Tout-Puissant veille à ses côtés. «Je suis persuadé que nous réussirons cette fête», a-t-il rassuré tout en demandant aux populations d’être comme un seul homme, pour faire du 49e anniversaire de l’indépendance l’unique en son genre.
Même son de cloche de la part de Mme le gouverneur de la région du Nord, Viviane KOMPAORE qui a témoigné sa reconnaissance et celle de toute les populations de la région au président du Faso, Blaise COMPAORE et à Son Premier ministre ainsi qu’à l’ensemble du gouvernement pour avoir fait le choix du Yatenga pour cette 49e anniversaire la capitale du Burkina Faso en l’espace d’une semaine. Aussi a-t-elle rendu hommage aux forces vives qui ont accepté dans un temps éclair doter la ville de Ouahigouya de 105 villas type F4 et de s’investir personnellement pour la célébration de cette liberté recouvrée il y a 49 ans. «C’est une fierté, a-t-elle lâché, d’avoir choisi la voie de liberté, l’enthousiasme, la joie et le grand souvenir des luttes de nos devanciers».
Viviane KOMPAORE a surtout évoqué que Dieu et nos ancêtres veillent surtout sur ceux qui feront le déplacement pour la fête à Ouahigouya. A la suite, c’est le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, ci-devant président du Comité national d’organisation (CNO) qui va rappeler le contexte et la justification de la célébration tournante de cette fête nationale. Il a rappelé que la colonie de la Haute-Volta a été créée par décret de l’Assemblée française du 1er mars 1919, rapportée en 1932 pour des raisons économiques et reconstituée le 4 septembre 1947 grâce aux luttes des leaders coutumiers, religieux et politiques de l’époque. C’est aussi avec de longues luttes acharnées que la proclamation de la République a été faite le 11 Décembre 1958 et l’indépendance le 5 août 1960.

Une troupe culturelle s’exprimant à l’occasion de l’inauguration de l’aérodrome Depuis la célébration officielle a institué le 11 Décembre comme jour de la célébration de la fête nationale du Burkina Faso par décret. Le ministre Clément P. SAWADOGO a appelé aux souvenirs et au devoir de mémoire pour cette fierté nationale gage du patriotisme légendaire pour un peuple et au territoire longtemps considéré comme pourvoyeur de mains-d’œuvre aux colonies voisines. Ce qu’il a qualifié de l’injustice coloniale car n’avait d’intérêt que de servir et rentabiliser les grands projets coloniaux au profit de la France. Pour lui, aujourd’hui cette époque est révolue et les Burkinabè libres et consciencieux s’activent au développement du pays dans la culture du civisme, de la paix sociale, de la tolérance dans l’intérêt supérieur de la nation. Quant au choix de la célébration tournante, le président du CNO a souligné qu’elle participe à la fois d’une œuvre de la décentralisation et d’une volonté d’équipement des régions en infrastructures marchandes et de base. Pour le cas de Ouahigouya, 150 villas, une salle de spectacle, la plate-forme maraîchère, des voies bitumées et le siège du conseil régional construit sont à mettre à l’actif de la politique qui sous-tend la célébration rotative de la fête nationale.

La bâtisse de l’aérodromeParlant du siège du conseil régional, le lancement de la célébration de la fête de l’indépendance a été couplé par l’inauguration du premier siège de conseil régional, celui de Ouahigouya.
Un bâtiment R+1 abritant 20 bureaux aux coûts de 200 millions de francs-un joyau que le président du conseil régional du Nord, Aboubacar SAWADOGO a qualifié d’une source de motivation pour plus de rendement et d’efficacité afin d’assurer davantage sa mission de service public au profit de la région dans le cadre de la conduite du plan de développement régional, adopté le 12 novembre 2009.
M. SAWADOGO a promis, dans un proche avenir doter le siège d’une salle de conférences d’une capacité de 117 places pour parachever l’investissement.
Quant au ministre chargé de la Décentralisation, cette dotation bien que c’est la toute première pour une région participe de la volonté du gouvernement d’accompagner non seulement les régions, mais aussi les communes (351) en leur octroyant des sièges décents. Tout ça dans le cadre de la dynamique régionale qui est l’esprit de la célébration tournante de la fête nationale.

Le ministre de l’Agriculture, Laurent SEDOGO visitant un stand agricolePour lui, bien que la mission du conseil régional soit inconnue de la population, il doit œuvrer au développement à grande échelle au niveau de la région et au-delà des communes, créer une symbiose entre les différentes entités de sa juridiction.
C’est ainsi qu’il a rappelé au président et à son équipe de saisir toute occasion pour faire connaître le conseil régional aux populations. «Heureusement que le plan régional de développement est adopté mais il sera utile que l’application sur le terrain soit effective», a-t-il laissé entendre. Cette inauguration a été l’occasion pour le conseil régional du Nord de remettre du matériel de tournage composé d’une caméra numérique au ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication (MCTC) pour la RTB du Nord.

Une vue des nouveaux logementsPour ce lancement, l’animation et le sport n’étaient pas en reste et un cross populaire sur 5 kilomètres a marqué le démarrage de activités sportives qui se sont poursuivies le dimanche 6 décembre 2009 par une course cycliste avec pour départ Yako. C’est dire que. Ouahigouya est en pleine effervescence de la fête.o.

 

- Issoufou MAÏGA (Ouahigouya)

 

Produire en saison sèche, c’est lutter contre la pauvreté

La 49e fête nationale est célébrée cette année sous le thème : «Intensification des productions agricoles de saison sèche». Les raisons de ce choix sont de deux ordres. Premièrement, cela témoigne de l’engagement du gouvernement à s’investir dans l’agriculture pour une souveraineté alimentaire et également de lutter contre la pauvreté. Deuxièmement, eu égard aux données climatiques (200 à 300mm d’eau par an) et géographiques, la région du Nord est la tribune la mieux indiquée pour aborder le thème choisi.

Production agricole de contre saison de la région du Nord
Les productions agricoles de contre-saison occupent près de 40 000 producteurs sur une superficie de plus de 3 300 hectares de périmètres emblavés. Les spéculations en culture de contre-saison concernent entre autres le riz, les légumes et tubercules.
Des céréales comme le maïs ont aussi de bons rendements par la culture irriguée. Des techniques culturales tels le zaï et autres sont rendues possibles grâce à la politique d’implantation de périmètres irrigués par la mise en œuvre des activités du projet petits barrages du ministère en charge de l’Agriculture. Les spéculations rencontrées en maraîchage sont principalement : la tomate, 20 000 tonnes, l’oignon 32 500 tonnes, la pomme de terre et les choux, 8 500 tonnes chacune.
La pratique des productions agricoles de contre-saison est rendue possible à cause de la fixation des jeunes dans leur terroir qui est une source de création d’emplois agricoles et de revenus. L’option de la sécurité alimentaire reste une alternative crédible à la lutte contre la pauvreté dans notre pays dans un contexte de crise financière et économique mondiale.

Extrait du dossier de presse

 

 

Yacouba BARRY, commissaire politique du CDP/Région du Nord
Face à l’adversité, les militants du CDP se
surpassent toujours pour atteindre des résultats
.”

Yacouba BARRYDepuis le dernier congrès ordinaire du Congrès pour la Démocratie et le Progrès, la région du Nord a un nouveau commissaire politique, il s’agit de Yacouba BARRY. A la faveur des festivités du 11-Décembre nous avons rencontré cet homme discret mais pas inconnu dans le landerneau politique national pour parler de la fête nationale, de sa mission de commissaire politique, de l’ancien commissaire Salif DIALLO et du climat politique qui prévaut dans le Yatenga. Lisez plutôt.

Comment ressentez-vous l’organisation du 11-Décembre à Ouahigouya en tant que fils de la région ?
Yacouba BARRY (Y.B) :
Je vous remercie d’abord pour m’avoir donné cette opportunité pour parler de cette fête nationale. Pour mes sentiments, c’est une grande joie et une fierté qui m’animent dans la mesure où fêter le 11-Décembre permet à tout Burkinabè de mieux resserrer la fibre patriotique. C’est un événement majeur et important surtout pour toutes les générations de savoir qu’il a fallu qu’un certain nombre de tâches soient abattues pour accéder à l’indépendance. Que la fête soit tournante est également une bonne chose. En tant que natif du Yatenga, nous nous réjouissons du choix porté au chef-lieu de la région du Nord d’abriter cette fête. Surtout le coup d’accélérateur qui est donné à travers les réalisations faites au niveau des infrastructures. C’est un programme de développement qui a été réalisé à moins d’un an avec un nouveau quartier créé, un aérodrome, des routes et une plate-forme maraîchère. Nous sommes reconnaissants au gouvernement pour avoir fait ce choix.

Cette manifestation n’est-elle pas une opportunité pour vous pour mobiliser vos troupes en attendant l’année électorale de 2010 ?
Y.B :
L’objectif n’est pas de mobiliser les troupes pour 2010. Mais toutes les occasions sont bonnes pour être près de nos militants, les mobiliser pour les activités quotidiennes et pour les échéances futures. On ne profite pas du 11-Décembre pour mobiliser nos militants, mais ça nous donne l’occasion de vivre à côté d’eux et les rappeler les obligations et les préparer aux tâches que nous avons, le CDP en tant que parti important dans la région se doit de venir mobiliser ses militants.

Ouahigouya est bien connue pour son ébullition politique notamment entre le CDP et l’ADF/RDA. Qu’est-ce qui explique cette situation ?
Y.B :
Il ne faut pas le prendre dans le sens d’ébullition politique CDP/ ADF/RDA. C’est surtout une ville hyper politisée. Quand nous étions jeunes c’était toujours la même température qui s’observait entre l’UDV/RDA de Gérard Kango et les Indépendants de Bougouraoua. Les gens depuis ce temps ont pris l’habitude d’avoir des positions extrêmes. Mais après les échéances, la température baisse. J’estime que c’est une tradition qui se perpétue et les gens trouvent du plaisir à faire de toute action de la récupération politique.

Vous venez de succéder à Salif DIALLO comme commissaire politique, est-ce un lourd héritage pour vous ?
Y.B :
Déjà, le mot succéder, je n’aime pas trop ce mot parce que je suis militant du parti tout comme le commissaire Salif DIALLO. Nous avons cheminé ensemble, mais c’est qu’à même lui qui a travaillé dès la création du CDP comme premier commissaire dans la région. Il a parcouru la région avec notre soutien pour implanter le parti.
Juste avant le dernier congrès, il y a eu un certain nombre d’actes qui ont été posés. Conformément donc au statut du parti, le camarade Salif DIALLO qui était déjà allé comme ambassadeur à Vienne (Autriche) a été suspendu du parti. A l’issue du 4e Congrès j’ai été nommé commissaire politique. Ce n’est pas un héritage, parce que le camarade Salif a été suspendu mais n’a pas quitté le parti.
Je dirige le commissariat avec le soutien de tous. Ce n’est pas un lourd héritage, c’et plutôt un travail normal qui va se poursuivre. Et le CDP continuera à bien se porter dans la région.

Certains analystes soutiennent que l’absence de Salif DIALLO peut-être une opportunité pour l’ADF/RDA de prendre le-dessus sur le CDP. Votre avis ?
Y.B
: Je ne ramène pas la suprématie de l’ADF/RDA à la présence ou l’absence d’un individu. Comme je disais tantôt, c’est un camarade (Salif DIALLO) qui s’est battu pour le parti et qui demeure un fils de la région et qui a mené ce combat avec des camarades. Aucune structure n’a bougé. Ce n’est que des avis, on n’a pas encore eu des consultations électorales. C’est vrai qu’il a eu beaucoup d’écris de la part des journalistes, on peut spéculer à faire des débats internes, mais, face à l’adversité, les militants du CDP se surpassent toujours pour atteindre des résultats.
Comme l’a dit un policier ivoirien, quand les gens s’estiment premiers de la classe qu’ils organisent la composition. Notre détermination est intacte. Si dans le passé on a eu de bons résultats, on va continuer à les avoir.

S’il y a un débat qui intéresse actuellement la classe politique, c’est celui de la révision de la Constitution, notamment son article 37 limitant le nombre de mandats présidentiels. Votre avis ?
Y.B :
A la clôture du 4e congrès de notre parti, le président l’a dit, une constitution qui date de 1991 doit être revisitée. Revisiter la constitution, c’est en tout ce qui peut être revisité. Quant à la question particulière de l’article 37. Je pense que la constitution est approuvée par référendum, à la sanction du peuple. S’il y a un amendement qui concerne l’article 37 on le soumet à la «vox populi» comme on le dit. De mon point de vue, la limitation du nombre de mandats, peut constituer un acte de restriction. Pourquoi ne pas laisser le choix au peuple de déterminer le candidat qu’il pense capable de diriger le pays.
Je ne vois pas d’inconvénient à ce que l’article 37 soit amendé. Je pense que seules les urnes détermineront le choix du peuple. C’est un débat d’intellectuels, mais je pense que seul le peuple est souverain. Suivant le contexte, il faut faire beaucoup attention pour ces questions de limitations qui d’ailleurs portent un frein au droit des individus d’être candidats aux élections.

- Issoufou MAÏGA (Ouahigouya)

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