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la Une du n°634
La Une du n° 634
NATIO : N°634 du 09 au 15 décembre 2009

JMS 2009

Koudougou était à l’honneur
.

La journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA 2009 (JMS) a été célébrée le 1er décembre dernier à Koudougou, chef-lieu de la région du Centre-Ouest, dans la «Cité du cavalier rouge». Placée sous le thème «Accès universel et droit de la personne», par l’ONU ,ce thème vise à renforcer la protection des droits humains et de réaliser un accès pour tous à la prévention, au traitement, de soins et aux appuis en rapport avec le VIH/SIDA. La JMS 2009 était présidée par le ministre de la Santé, Seydou BOUDA, en présence des premiers responsables du Conseil national de lutte contre le sida, des partenaires techniques et financiers et des autorités de la région de Centre-Ouest.

Pour l’ONUSIDA, le thème retenu cette année est fondamental car il est nécessaire de protéger les droits de la personne et de réaliser un accès pour tous, prévention, de traitement, aux soins… Il permet aussi d’inviter les pays à supprimer les lois qui engendrent la discrimination à l’encontre des personnes vivant avec le VIH, des femmes et des groupes marginalisées. A Koudougou, tous les intervenants à la cérémonie ont salué la pertinence du thème. Le maire de la ville Seydou ZAGRE, n’a pas caché sa joie pour le choix cette année de sa ville pour la célébration de cette journée. « Le choix de Koudougou pour abriter la journée mondiale de lutte contre le sida, édition 2009 nous réjouit. En effet, à l’instar des autres cités du pays, la commune de Koudougou n’est nullement épargnée par la pandémie du VIH-SIDA. Sa situation particulière de ville de forte migration et de proximité de la capitale accentue davantage la vulnérabilité de la population.» Propos du maire ZAGRE confirmés par le gouverneur de la région, Banworo Seydou SANOU pour qui le taux de séroprévalence de la région reste élevé par rapport à la moyenne nationale. Pour confirmer ses dires le gouverneur cite EDS 2003 qui relève que le taux de séroprévalence de la région avoisine 2% alors que la moyenne nationale est de 1,8% selon l’ONUSIDA. Le gouverneur révèle aussi que selon la direction des études et de la planification du ministère de la Santé, l’année 2008 a enregistré dans la région 134 cas de nouvelles infections chez les hommes et 188 cas chez les femmes. Il faut donc intensifier la lutte. Pour ce faire, le gouverneur lance un appel aux partenaires techniques et financiers pour une mobilisation au profit de la lutte dans la région. «Après Ouahigouya en 1998, Banfora en 1999, Gaoua en 2000, Fada en 2001, Orodara en 2002, Tenkodogo en 2003, Dédougou en 2004, Ziniaré en 2005, Dori en 2006,Manga en 2007 et Kaya en 2008, nous bouclons ainsi avec Koudougou, le premier cycle de la célébration tournante de la journée mondiale sida des douze régions du Burkina», dira Joseph André TIENDREBEOGO, le secrétaire permanent du Conseil national de lutte contre le VIH et les IST. A noter que Ouaga et Bobo ne sont pas concernées compte tenu de l’effervescence permanente des activités de lutte. Pour M. TIENDREBEOGO, le thème de la journée vient nous rappeler les engagements pris il y a quelques années pour atteindre les objectifs de l’accès universel en fin 2010, en prévision de l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement en 2015. Comme bilan à l’orée de cette date au niveau du Burkina, on peut retenir, entre autres, selon lui,une meilleure organisation des Comités régionaux de lutte, la consolidation et l’extension progressive du Panier Commun sida, l’effectivité de la contractualisation entre le ministère de Santé et les associations et ONG, le financement des plans d’action et des micro-projets des secteurs ministériels, des provinces, des villages…, la poursuite de l’intensification de la prise en charge médicale des PVVIH, l’intensification et la promotion du dépistage volontaire, l’extension du programme de prévention de transmission du VIH de la mère à l’enfant aux 63 districts sanitaires et 60% des formations sanitaires…
Cependant, malgré ces acquis « la situation de l’épidémie du VIH et des IST est toujours préoccupante au Burkina Faso. Outre l’impératif d’offrir à toutes les personnes infectées et affectées par le VIH les services essentiels de bases, les défis de la prévention demeurent encore importants. », précise M. TIENDREBEOGO tout en invitant la population de Koudougou à fréquenter les formations sanitaires pour le dépistage. La lutte contre le VIH rencontre aussi certaines difficultés liées à l’insuffisance dans la coordination des actions, le retard dans le déblocage des fonds et la réduction de plus en plus perceptible des appuis à la réponse nationale.
Le représentant des personnes vivant avec le VIH, dans son allocution, a remercié les autorités nationales pour leur mobilisation, ce qui a permis aux malades d’avoir accès aux ARV. M. Issouf KAMENI (c'est de lui qu'il s'agit) demande donc aux autorités de poursuivre la lutte et la mobilisation en faveur des malades. Pour la coordinatrice pays de l’ONUSIDA au Burkina, il faut renforcer l’engagement et garder espoir, même si beaucoup reste à faire.
Parlant du thème le ministre de la Santé, Seydou BOUDA dira : « Les gouvernants, les institutions internationales, les groupes religieux, la société civile, les médias, les PVVIH et l’ensemble des citoyens ont un rôle de plus en plus important à jouer pour faire des droits des PVVIH une réalité. » Dans ce sens, selon lui, le gouvernement a élaboré des textes d’application de la loi portant lutte contre le VIH et protection des PVVIH. Il précise par ailleurs que les actions menées dans la lutte ont produit des signes encourageants de recul de la prévalence du VIH qui est actuellement de 1.6. Un résultat qui rapproche le Burkina un peu plus de l’atteinte du 6e Objectif du millénaire pour le développement. De son intervention, on retiendra aussi que la quasi-totalité des districts sanitaires du Burkina offrent des prestations de prise en charge avec un total de plus de 25000 patients sous traitement au 30 septembre 2009.Mais pour lui le Burkina doit redoubler d’efforts surtout quand on sait que les femmes et les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus exposés. A l’issue des différentes interventions plusieurs acteurs et structures engagés dans la lutte contre la pandémie ont été décorés .La cérémonie a pris fin par la visite des stands d’expositions de produits sur la lutte contre le VIH, la tuberculose et des produits contraceptifs. La JMS 2010 sera célébrée à Yako dans le Passoré..oo

Ben Alex Béogo

Santé de la reproduction et développement

Le plaidoyer du RAJS/BF

Le RAJS/BF a organisé, les 21 et 22 novembre 2009 à Ouagadougou, deux ateliers de plaidoyer à l’intention des leaders religieux, coutumiers et des associations pour l’intégration de la santé de la reproduction, la planification familiale et la sécurisation des contraceptifs dans les programmes et projets de développement.

Le premier atelier de plaidoyer a concerné les leaders religieux et coutumiers. Le second a, lui, regroupé les associations œuvrant dans le domaine de la santé de la reproduction et lutte contre le VIH/Sida et les IST. L’organisation de ces ateliers répond au double objectif d’informer les participants sur la situation de la santé reproductive des adolescents et des jeunes au Burkina Faso et sa prise en compte dans les programmes et projets de développement. Partant du constat que les programmes de la santé de reproduction (S.R) des jeunes et des adolescents qui existent ne couvrent pas souvent tout le territoire national, et de certaines barrières socioculturelles, le RAJS/BF a initié ce projet de plaidoyer pour une meilleure promotion du bien-être tant physique que mental et social des adolescents et jeunes. Selon Valéa RAGA, coordinatrice dudit projet, on a l’impression que depuis un certain temps, la promotion de la santé de la reproduction et la planification familiale sont occultées au profit de la lute contre le Sida. Ce qui désavantage les jeunes en quête de mieux vivre leur sexualité et même qui complique la lutte contre le VIH/Sida et les IST.
L’information diffusée par les services de santé et les organisations de jeunes, relayée par les médias semble se focaliser sur le VIH/SIDA alors que des besoins non satisfaits en planification familiale sont estimés à 29%. Par ailleurs, l’accroissement du taux de prévalence contraceptive quoique modeste dans son ensemble demande des besoins en ressources financières supplémentaires pour acquérir les produits contraceptifs nécessaires. Le faible positionnement de la sécurisation des produits contraceptifs dans les documents de politique constitue souvent un obstacle à leur accès. En plus, le faible niveau de mobilisation des ressources financières reste préjudiciable à une sécurisation de l’offre des services de planification de qualité. Si la couverture du pays en centres d’écoute conseils pour jeunes est globalement insuffisante, il y a aussi que le coût des prestations de soins et des médicaments, même des génériques, est généralement élevé par rapport au pouvoir d’achat de la majorité des populations.
L’axe du plaidoyer du RAJS/BF est d’amener les autorités et les différents partenaires au développement à intégrer dans leurs programmes la santé sexuelle et reproductive, la planification familiale et la sécurisation des produits contraceptifs pour un développement intégral et harmonieux des adolescents et jeunes. Dans ce sens, il préconise le renforcement des campagnes de sensibilisation en vue d’une grande promotion de la santé de la reproduction. De même, un des volets importants est d’informer les parents, les chefs religieux, traditionnels et autres leaders d’opinion ainsi que les prestataires pour une meilleure compréhension des enjeux de la santé de la reproduction. Pour le RAJS/BF, il serait judicieux de promouvoir une planification intégrée des interventions en matière de la santé de la reproduction et de lutte contre le SIDA. Il est aussi attendu de l’Etat, la prise en compte de l’achat des produits dans les documents et programmes nationaux tels que le PNDS, le PNP/SR, le CSLP, le PADS, ainsi que leurs exonérations des taxes et droits de douanes.o.


Drissa TRAORE

Ram OUEDRAOGO

«La justice transitionnelle aide à concilier les
impératifs de justice, de pardon et de réconciliation
»

Le président du Rassemblement des Ecologistes du Burkina Faso (RDBF), Ram OUEDRAOGO a activement participé du 17 au 19 novembre dernier à Yaoundé au Cameroun, à une conférence organisée par l’Organisation des Nations unies aux Droits de l’Homme avec le soutien du ministère français des Affaires étrangères et le département fédéral des Affaires étrangères de Suisse. Placée sous le thème : «La justice transitionnelle : une voie vers la réconciliation et la reconstruction d’une paix durable», cette conférence a connu la participation de plus d’une centaine d’invités. La justice transitionnelle, un nouveau concept, qui mérite qu’on en parle, si tant est qu'elle peut contribuer grandement à poser les bases d’une paix durable dans les pays africains en quête permanent de stabilité pour leur développement. C’est pour en parler que nous avons pris attache avec M. Ram OUEDRAOGO qui a bien voulu nous recevoir au siège de son parti à «l’espace OR»

M. le président, vous étiez récemment au Cameroun pour une grande conférence sur la justice transitionnelle. Qu’est-ce qui a guidé à votre choix pour cette conférence ?
RAM OUEDRAOGO (R.O) :
Cette question, je ne saurais répondre, il faut plutôt la poser au secrétariat des Nations unies aux Droits de l’Homme. C’est ce secrétariat qui m’a fait appel pour participer à cette conférence. Quant aux motivations, je ne saurais vous le dire.

Quel était l’objet de cette conférence et pourquoi ?
RO :
Cette conférence s’est effectivement tenue les 17, 18 et 19 novembre dernier à Yaoundé au Cameroun. Elle a regroupé des experts de l’ONU, des chercheurs, des enseignants, des défenseurs de Droits de l’homme, des décideurs politiques… Le thème, c’était la “justice transitionnelle : une voie vers la réconciliation et la reconstruction d’une paix durable”.

Qu’est-ce que la justice transitionnelle ?
R.O :
La justice transitionnelle, c’est la manière dont les Etats gèrent l’héritage des violences du passé en vue d’arriver à la réconciliation et à une paix durable. Personnellement, j’ai présidé quelques panels : archives et droits de l’Homme, le droit de savoir, le droit à la vérité et recherche des disparus. Face aux conflits en Afrique et ailleurs et aux conséquences sur les populations, que faut-il faire pour que les gens puissent, à nouveau, vivre ensemble ? C’est toute la problématique. Comme vous le savez, en justice classique, il y a toujours un gagnant et un perdant, alors que dans la justice transitionnelle, on veut faire en sorte que justice soit rendue et que dans le même temps, les gens puissent vivre ensemble dans la même société. Voilà brièvement résumé le concept de justice transitionnelle. On était donc réuni à cette conférence pour explorer ce concept, cette nouvelle voie. Je vous donne un exemple : ce que le président Blaise COMPAORE du Burkina Faso fait actuellement avec ses médiations, c’est de la justice transitionnelle. En Côte d’Ivoire par exemple, c’est une voie vers l’apaisement, la réconciliation et une paix durable. Ce qu’il a entamé en Guinée, c’est aussi la même chose. Faire dans la justice transitionnelle, c’est essayer de concilier les impératifs de justice et de réconciliation. Comment concilier les deux impératifs quand les victimes réclament toujours justice tandis que les bourreaux sollicitent une sorte d’amnistie, une sorte d’impunité ? Alors comment faire pour concilier les deux dans la mesure où les gens sont condamnés à vivre encore ensemble ?

Dans le contexte du Burkina a-t-on encore besoin de cette justice ?
R.O :
Absolument ! Nous avons donné l’exemple. Peut être que ma présence au Cameroun n’a pas été fortuite. Vous-vous souviendrez que chez nous, nous avons déjà exploré cette voie, même si nous ne sommes pas allés jusqu’au bout. Vous avez suivi la crise que nous avons connue dans les années 98, 99. Nous avons, à l’époque, exploré la même voie. C’était d’ailleurs une bonne expérience. L’objectif était de résoudre les problèmes que nous avons sans créer d’autres problèmes. Mais nous ne sommes pas allés au bout de la logique, parce que la réconciliation, ce n’est pas en un jour que ça se fait. C’est pendant de longues années, on panse les plaies, et on agit de sorte à convaincre les plus sceptiques. Au Burkina, on a donc eu recours à la justice transitionnelle, mais on n’est pas allé au bout. C’est d’ailleurs pourquoi, dans nos réflexions à Yaoundé, il y a eu la clause de non répétition. C’est-à-dire qu’il ne faudrait pas que ce qui s’est passé se répète. C’est de résoudre les crises, mais c’est encore mieux si on pouvait les prévenir, les éviter.

Ne pensez-vous pas que si on n’y prend garde, la justice transitionnelle pourrait faire la part belle à l’impunité ?
R.O :
Mais, c’est pour cela on, vous dit que c’est une problématique. Je vais vous prendre un cas : Prenez la Guinée aujourd’hui, une situation s’est produite au stade du 28 septembre. Il y a des bourreaux et de l’autre côté des victimes. Quelle que soit la solution, ce sont des Guinéens qui sont obligés de vivre ensemble dans la même société. C’est pourquoi, on a parlé du droit de savoir, et du droit à la vérité. Il faut donc faire en sorte que les bourreaux s’insèrent dans la société ce qui suppose le pardon des victimes. Et c’est tout l’enjeu de la justice dont il est question. Cela ressemble à ce qui se passe dans notre société traditionnelle où sous l’arbre à palabres, on essaie de résoudre les problèmes de telle sorte que l’on ne lése pas une partie en se disant que c’est la même famille, le même village. Ce n’est pas le cas de la justice classique où il y a un perdant et un gagnant. Dans le cas de la Guinée, il faut trouver des solutions qui vont satisfaire les victimes et qui en même temps, ne mettent pas définitivement les bourreaux au ban de la société. C’est une problématique et nous sommes en train de réfléchir sérieusement sur la question. Et à Yaoundé nous avons abordé tous les contours de la question et insisté sur le fait que l’impunité n’a pas droit de cité. Comme thème je peux citer, les enjeux de la justice et la paix dans les situations de conflit et de poste conflit, justice et paix, la garantie de non répétition, l’intégration des critères de la justice transitionnelle dans les questions de démobilisation, de désarmement et de réintégration (cas de la Côte d’Ivoire). La question du droit de savoir et du droit à la vérité se doit d’être au centre des préoccupations. Dans la recherche de la vérité, on doit prendre aussi en compte la question du pardon et de la réconciliation…En sus il y a aussi les politiques de réparation…Ici au Burkina Faso, la dynamique n’est pas allée au bout tout simplement parce que nous n’avons pas eu de clause exécutoire sur les engagements qui ont été pris puisque beaucoup que nous avons pris ici le 30 mars 2001 au stade, n’ont pas été mis en œuvre parce qu’il n’y avait pas une clause exécutoire, une loi ou une garantie internationale. L’idée qu’il faut retenir est que les victimes ou bourreaux, doivent vivre ensemble dans la même société. Prenez le cas du Rwanda, il y a eu des milliers de victimes, mais les Rwandais essaient aujourd’hui de vivre ensemble et la vie a repris son cours. Par exemple au Togo, il a été mis en place une commission vérité et justice pour travailler pour la paix et la réconciliation. Je pense que la justice transitionnelle est une voie salutaire qu’il faut explorer. Je vais vous donner encore un exemple, il y a quelques années en France, le petit Gregory a été retrouvé, mort ligoté dans une rivière. Dans la recherche de la justice, les juges ont épinglé quelqu’un qui se trouve être le cousin du père de Gregory et ce dernier après les enquêtes a été remis en liberté provisoire et le père de Gregory en a profité pour assassiner son cousin supposé être le coupable. Mais 10, 15 ans après les faits nouveaux sont intervenus et les juges veulent rouvrir le dossier. Mais le cousin lui a été déjà tué…Vous voyez un peu le problème de la justice. S’il se trouve que le cousin n’est pas coupable… Il faut donc de la patience en privilégiant le pardon. Parce que la justice des hommes peut faire des erreurs.

Doit-on comprendre que la justice transitionnelle n’est applicable que dans les pays en crise ?
R.O :
Non. Ce n’est pas seulement dans les pays en crise que cette forme de justice prend sa source puisqu’elle prend en compte la dimension de la prévention aux délits et aux meurtres au sein de la société concernée. Il faut prévenir les crises. En réalité, ceux qui créent les problèmes, les crises, ce sont les hommes politiques. C’est toujours au nom de la conquête du pouvoir que les gens créent les problèmes. Je prends un exemple : Le Niger. Dans ce pays, le président TANDJA a modifié la constitution. Et ces derniers temps, on dit qu’il y a des grognes au sein de l’armée sur la question. Supposons que cela débouche sur des tensions qui finissent par la violence. Ce sont encore les innocents qui vont faire les frais. Ce sera encore des violations des droits de l’homme. Faut-il attendre que cela arrive ? C’est pour cela que la CEDEAO, par exemple, a entamé des discussions avec les autorités, l’opposition et la société civile pour une solution acceptable. Mais en amont, il faut que les dirigeants ne posent pas des actes qui peuvent mettre en péril la cohésion et la paix. Il est toujours bon de guérir mais mieux vaut prévenir. Je suis obligé de parler de mon pays. Quand je suis un peu l’actualité, je constate des velléités de toucher à l’article 37 de la constitution. Or si vous vous souvenez, quand le Collège de Sages a été mis en place en 1999, l’article 37 de la Constitution a été le point d’achoppement dans le diagnostic fait par ce collège qui a demandé qu’on ramène la limitation du mandat si non nous courons de graves dangers et aujourd’hui ,il se trouve encore des gens pour penser qu’il faut toucher à cet article de notre loi fondamentale. Si c’est un passage en force, cela peut entraîner le pays dans heurts politiques, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Je crois qu’il faut prévenir. Il faut avoir le courage politique de dire qu’il faut éviter de précipiter le pays dans une autre crise. Il faut éviter d’ajouter des problèmes aux problèmes que vivent déjà les populations du Burkina

Comment voyez-vous la situation en Guinée et quelles solutions vont-ils envisager ?
R.O :
Le président COMPAORE, nommé facilitateur est en train de chercher des solutions. Personnellement, j’ai ma lecture de la situation, j’ai mes propositions, sans être la panacée je pense que ce sont des solutions qui peuvent satisfaire et les Forces vives et les victimes et la junte au pouvoir. Mais je me garde d’en parler, parce que ça peut contribuer à compliquer davantage les négociations du Facilitateur. Mais si officiellement, je suis saisi pour apporter ma modeste contribution, je peux partager mes idées. Il y a des idées. A Yaoundé, il y avait une ONG guinéenne qui a intervenu sur la question, j’ai écouté. Mais j’ai mes idées et si on me consulte je pourrais les partager. J’ai regardé les propositions du Facilitateur, j’ai suivi aussi la réaction des Forces vives et du CNND…mais je pense qu’il y a des solutions.

Et la situation en Côte d’Ivoire, le pays qui vous a vu naître ?
R.O :
La Côte d’Ivoire comme vous le dites c’est aussi mon pays. Ce qui touche à ce pays me touche aussi. Face à la situation, je ne peux qu’être optimiste. Etre pessimiste, c’est être un oiseau de mauvais augure. Vous-vous souviendrez qu’en septembre 2002, j’ai été le premier à prédire la rébellion en Côte d’Ivoire. Vu la dynamique actuelle, je suis un peu confiant et d’accord avec le facilitateur et le président GBAGBO qu’une élection mal organisée débouche toujours à la catastrophe. Tout le monde est pressé, c’est vrai, mais quand on est pressé, on va doucement. Il faut créer les conditions d’une élection incontestable. Et en Côte d’Ivoire, on la chance que beaucoup de gens sont aux cotés du pays : la communauté internationale, L’ONU, l’U.A, la CEDEAO… tout le monde est mobilisé pour que les élections se passent bien. Il faut prendre le temps qu’il faut et je crois qu’une date approximative vient d’être trouvée, fin février ou début mars 2010, c’est tenable. La seule inquiétude qu’on peut avoir, c’est le respect strict des résultats de ces élections. Il faut que le gagnant tende la main aux perdants et il faut que les perdants acceptent la main tendue pour que la Côte d’Ivoire puisse reprendre son développement. Et le processus de réconciliation doit se poursuivre après les élections, c’est un long processus pour guérir toutes les blessures..o

Idrissa BIRBA

 

 

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