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la Une du n°634
La Une du n° 634

NOUVELLES DU GRIN :N°634 du 09 au 15 décembre 2009

Il vole un mouton et se retrouve dans une impasse

Les musulmans du Burkina Faso ont célébré la fête de l'Aïd al Ad'ha appelée couramment Tabaski le vendredi 27 novembre 2009. Le gouverneur des Hauts-Bassins, Pascal T. BENON, et ses collaborateurs étaient présents à la place Wara wara de Bobo-Dioulasso, aux côtés des musulmans pour les soutenir dans cette période de grande foi. Le maire Salia SANOU qui fête généralement le Ramadan à Dandé était cette fois à Bobo-Dioulasso pour la Tabaski. Il avait à ses côtés le maire de Dafra, Sidi SANOGO. Les deux autres maires sont restés dans leurs arrondissements pour faire la prière en compagnie de leur base.
La fête s'est très bien déroulée à Bobo-Dioulasso malgré les prix exorbitants des béliers. Heureusement qu'il y en avait pour toutes les boursses. Ceux qui voulaient attendre jusqu'au dernier jour pour acheter leur mouton ont été surpris de voir qu'il n'y avait plus rien, même devant l'abattoir.
Les gens se demandent où sont subitement passés ces nombreux moutons qui étaient en ville. De deux choses l'une. Soit ils ont été achetés, soit ce sont les vendeurs eux-mêmes qui ont fait disparaître les moutons le jour de la fête pour spéculer sur les prochaines Tabaski. dans tous les cas cela n'a empêché personne de faire la fête. Les enfants sont sortis le soir, parés de beaux habits ; les femmes plus coquettes que jamais ont envahi les différents salons de coiffure. Au grin, le thé a eu de la compagnie ; à côté du fâkir qui s'attelle à faire un premier spécial, il y a un grilleur de viande en train de manipuler de la bonne chair de mouton. La nuit venue, les maquisards ont pris d'assaut les différents bars dancing, boîtes de nuit et night-clubs de la ville.

Célébration de la Tabaski le vendredi Bonheur ou malheur ?
Depuis le samedi 21 novembre 2009, le président du présidium de la fédération des Associations islamiques du Burkina Faso avait rendu public un communiqué qui fixait la Tabaski 2009 au vendredi 27 novembre. Dès lors, les spéculations sont allées très vite. Ils étaient nombreux, ceux-là qui disaient que les musulmans n'étaient pas "fous" pour fêter la Tabaski un vendredi et donc tout naturellement, chacun attendait la fête pour le samedi pour être finalement surpris par le communiqué.
Depuis la nuit des temps, une rumeur raconte que lorsqu'une des deux grandes fêtes musulmanes tombe le vendredi, il y a un malheur qui frappe au sein des autorités ou des dignitaires religieux. Cette rumeur ne finit pas de rouler malgré les démentis et les exemples de fêtes célébrées le vendredi certaines années sans qu'il n'y ait ces malheurs prédits par qui on ne sait.
Pour la Tabaski du 27 novembre dernier, beaucoup de choses ont été dites au grin et un peu partout en ville.
Le jeudi 26, alors que toutes les pensées étaient tournées vers la fête, l'imam de la petite mosquée Moussa COULIBALY du secteur 10 (Yéguéré) est subitement décédé. Apparemment, il n'était pas malade. Il a même jeûné ce jour-là, puisque c'était le jour "d'Arafat" et a officié les prières du matin et de midi (13h 30) sans problème. Entre temps, il est allé au marché pour aiguiser les couteaux qui serviront à égorger et à dépecer le mouton de Tabaski puis est rentré chez lui pour se reposer en attendant la prière de 16 heures. Un fidèle musulman d'un autre secteur qui avait besoin de lui est venu l'attendre à la mosquée où il était sûr de le retrouver à l'heure de la prière de 16 heures : mais surprise l'imam n'est pas au rendez-vous de la prière. L'homme qui ne sait où il habite s'est renseigné avant de se rendre chez lui. Il y trouve la femme de l'imam occupée à préparer la bouillie pour rompre le jeûne de son mari, lui demande après l'imam. La femme répond qu'il dort toujours et que cela n'est d'ailleurs pas normal à cette heure. Sur ce, elle rentre alors dans la maison pour réveiller son mari puis ressort en criant, les deux mains sur la tête. Celui qui était venu voir l'imam est paniqué. Il ne comprend rien. La femme de l'imam le charge d'aller prévenir les autres fidèles de la mosquée afin qu'ils viennent voir son mari. Ceux-ci ont vite accouru et, premier réflexe, ils ont appelé les sapeurs-pompiers qui sont venus confirmer le décès brustal de l'imam. C'est la consternation au sein des fidèles musulmans de la mosquée Moussa COULIBALY de Yéguéré. L'imam qui vient de décéder était aussi celui qui officiait les prières de la fête de Ramadan et de la Tabaski sur l'espace du dispensaire islamique du secteur 10. Comme une traînée de poudre, la nouvelle du décès de cet imam a fait le tour de la ville. Cette information est venue conforter la position des gens du grin qui avaient prédit des malheurs si la Tabaski coïncidait avec un vendredi. Il y en a même qui ont dit que ce n'était qu'un début.
Le vendredi, à la prière de la Tabaski, il y a des imams qui ont abordé la question dans leur sermon. C'est ainsi que celui de la mosquée de vendredi du secteur 8 a démenti avec véhémence "cette vieille parole qui n'est pas pour autant une vieille vérité". Pour cet imam, tout cela n'est que de la rumeur spéculative. Il n'existe aucune relation de cause à effet entre la mort d'un imam et le fait que la Tabaski tombe un vendredi. dans tout les cas, le berceau de l'Islam qui se trouve être l'Arabie Saoudite était sur la même longueur d'onde que le Burkina Faso puisque là-bas, on fêtait le même jour.
Si un malheur doit frapper, ce sont eux qui doivent le redouter le plus. D'ailleurs, le fait que la fête coïncide avec le vendredi devrait être bien interprété puisque cela fera deux fêtes en une journée (le vendredi étant considéré comme la fête de la semaine). Lorsque la fête de la semaine et celle de l'année se joignent, ce doit être une double fête et non un malheur.

Il vole un mouton et se retrouve dans une impasse
Lorsque la fête s'approche, le souci d'un chef de famille musulmane c'est comment avoir un mouton pour perpétuer le geste du patriache Abraham qui en voulant égorger son fils à la demande d'Allah, s'est retrouvé devant un bélier rapidement amené par l'ange Gabriel pour être immolé en lieu et place du fils.
Dans un secteur de l'arrondissement de Dafra, un vieux a eu la chance de s'acheter un bélier qu'il est allé attacher chez lui. Pour lui et les siens, le rite sera accompli et la fête sera belle. Mais, voilà, la veille de la Tabaski, la nuit tombée, un voleur a fait irruption dans la cour et a enlevé le bélier. Le lendemain, le vieux après constat du forfait, n'en revenait pas. Il passa tout son temps à maudire tous les voleurs en général et en particulier celui qui a pris son mouton. L'heure de la prière s'approchait, l'ami du vieux, qui est un marabout bien connu du quartier, est venu le voir pour qu'ils aillent ensemble sur l'aire de prière. Il trouve son ami découragé et désespéré qui ne voulait plus aller prier. Mis au courant de ce qui avait mis son ami dans cet état, le marabout pour l'encourager lui dit ce proverbe : "si ton ami est le singe, ton habit ne restera jamais sur l'arbre" ; il demanda à avoir des excréments frais de mouton. On lui en trouva sans problème. Il en mit dans un sachet qu'il alla déposer chez lui avant d'aller seul à la prière, son ami n'étant vraiment pas en état d'y aller.
Après la prière, le marabout s'enferma dans sa maison avec les excréments de mouton. Au bout d'un certain temps, il repartit voir son ami et lui dit de ne pas s'en faire car son bélier lui reviendrait sain et sauf. Le voleur, pendant ce temps, était en train de chercher à vendre le mouton. Les dieux du marché ne semblaient pas être avec lui car personne n'était intéressé par " sa marchandise". Chose bizarre en ce jour où le mouton était l'animal le plus recherché. Il dut repartir à la maison avec son bélier. Cette nuit, son sommeil fut perturbé. En effet, il vit en songe des gens vêtus de blanc tenant de longs coutelas prêts à l'égorger. Les nuits suivantes furent cauchemardesques pour le voleur de mouton. Il n'attendit pas la troisième nuit et se présenta chez le vieux, le dimanche matin, avec le bélier se confondant en excuses et en demandant de pardon.
La fête était certes déjà passée mais le vieux fut très heureux de retrouver son mouton. Il accepta le pardon du voleur qui n'était autre qu'un de ses voisins. Celui-ci lui faisait parfois ses courses. Le vieux égorgea son mouton, fit la fête le lundi dernier sans écouter certains qui lui conseillaient de garder ce bélier jusqu'à la Tabaski prochaine. "Lorsque vous avez été mordu par un serpent, vous allez vous méfier désormais d'une simple corde traînant sur le sol. Coupa-t-il, court".o

 

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« Le petit fâkir, toujours dispo »

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