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la Une du n°634
La Une du n° 634
:N°634 du 09 au 15 décembre 2009

La preuve par Toumba

On peut le dire, la Guinée est actuellement suspendue au sort du capitaine Dadis. Autant les spéculations vont bon train sur son état de santé, autant on s’interroge sur l’avenir du pays.
Ainsi, si pour certains le chef de la junte guinéenne serait entre la vie et la mort et plutôt proche de la seconde, pour d’autres il serait déjà sur pieds et pourrait incessamment reprendre les commandes du pays. En tout cas, son état de santé ne laisse personne indifférent, même si c’est une attention intéressée qui a peu de choses à voir avec des préoccupations humanistes pour ne pas dire simplement humaines. La preuve, interrogé par RFI, lundi dernier, l’opposant Cellou Dalein DIALLO n’a même pas daigné compatir quelque peu à sa situation, n’en parlons même pas lui souhaiter un prompt rétablissement. Bien au contraire, il n’a pas du tout fait mystère de son souhait de voir son état s’empirer, au point de ne plus pouvoir reprendre sa place à la tête de la junte. Une interview qui fait froid dans le dos en ce qu’elle montre à quel point les acteurs de la scène sociopolitique guinéenne peuvent se détester.
En fonction de leurs positions par rapport à la junte et de leurs visions de la sortie de crise, les uns et les autres y vont de leurs prédictions et de leurs souhaits. Ainsi les adversaires irréductibles de la junte et de son chef ne cachent pas leurs souhaits de le voir définitivement hors-jeu, ce qui, à les croire, mettrait en selle l’actuel intérimaire, le N°3 de la junte, le Général Sékouba KONATE alias «El Tigre» que l’on dit plus conciliant. Les tenants de cette ligne ne manquent d’ailleurs pas de faire observer que les deux hommes, Dadis et «El Tigre», seraient en froid depuis longtemps tout en précisant que le second serait opposé aux méthodes brutales des partisans du premier et ne serait ni de près, ni de loin mêlé aux massacres du 28 septembre. Ils le disent aussi jouir d’une grande probité et d’un certain ascendant sur la troupe. Des atouts qui en font l’homme de la situation, à telle enseigne qu’on ne peut s’empêcher de penser que si Toumba n’avait pas tiré sur son chef Dadis, on l’aurait volontiers fait à sa place.
Au total, on découvre donc que l’Armée guinéenne n’est pas aussi pourrie que les mêmes personnes nous le faisaient croire ! C’est tant mieux ! Mais tout cela nous tombe dessus avec un tel naturel que nous ne pouvons pas ne pas nous poser des questions. En effet, on a la nette impression de coïncidences loin d’être fortuites pour ne pas dire que cela sent le souffre. L’avenir nous dira certainement de quoi tout cela retourne.
Plus vite que certains ne le pensent, il semble, car selon des sources fiables, Dadis serait un vrai miraculé et pourrait reprendre ses fonctions à tout moment, puisque contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, il ne serait pas aussi mal en point que cela.
C’est tout le mal que souhaitent à la Guinée tous ceux qui pensent que la situation dans ce pays comporte trop d’incertitudes pour qu’on s’amuse à vouloir jouer avec le sort ou à tenter le diable. Pour eux, il serait sage de continuer le dialogue avec le chef actuel de la junte que de souhaiter un autre interlocuteur surtout que se sera par défaut et avec un tas d’incertitudes que les affirmations péremptoires de certains comblent difficilement. Ce n’est pas qu’il faudrait remettre en cause tout le bien qu’ils disent du Général, mais on peut légitimement se demander pourquoi, avec tant d’atouts, il n’est que N°3 ou pourquoi laisse-t-il faire et prendre une part de responsabilité de fait dans des actes qu’il réprouverait au plus haut point.
Pour ce qui est de Dadis, ce qui lui est arrivé n’est-il pas la preuve qu’il n’est pas aussi fautif dans les massacres du 28 septembre que le voudraient ses contempteurs ? Cela ne donne-t-il pas plus de crédits à ses déclarations du 29 septembre lorsqu’il disait n’être pas très au fait de ce qui s’était passé puisqu’il était au bureau au moment des faits ? En tout cas, des interrogations qui méritent attention si tant est-il qu’on veut réellement la vérité et que, les enquêtes étant en cours, la présomption d’innocence commande un minimum de prudence.o

NDLR : (1) Toumba surnom de l’aide de camp
de Dadis qui a attenté à sa vie.

Par Faèz

 

 

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