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La Une du n°635
La Une du n° 635

Retro-Rétro – Gouvernance:N°635 du 16 au 22 décembre 2009

49ème anniversaire de l’Indépendance du Burkina
La communauté de destin réaffirmée

Ouahigouya a tenu le pari. L’organisation du 49ème anniversaire de l’accession à l’Indépendance du Burkina Faso a été une grande réussite pour la "cité de Naba Kango" qui a déroulé, le grand jour, une fille bigarrée de défilants tous riches de leurs spécificités. Trois heures et trente minutes, une parade sensationnelle distillait de forts sentiments en chaque Burkinabè présents à Ouahigouya ou assis devant son petit écran ce 11 décembre 2009.

Le président Blaise COMPAORE satisfait de la parade En l’espace de 48 heures, Ouahigouya, capitale de la région du Nord, est devenue la capitale du Burkina Faso. En 3 heures et 30 mn, les 6000 défilants ont donné à vivre aux Burkinabè des sentiments d’intenses émotions, de joie, de fierté, des frissons aussi. Devant tout le gotha politique, économique et social que compte notre pays, les défilants ont procuré par leur prestation des moments d'intense communion entre les fils de ce pays dont l'histoire ne fut pas comme un fleuve tranquile. Les 3000 civils, les 2500 militaires et les 500 paramilitaires, représentant toutes les couches socioprofessionnelles, qui ont défilé devant le chef de l'Etat, les grandes autorités du pays et les invités venus de partout le monde, ont rappelé à chacun et à tous les liens qui unissent un peuple et son pays que sont : la solidarité, l’estime, la foi, le travail, …
C’est un honneur….

“Intensification des productions agricoles de saison sèche” thème du 49è anniversaires illustré ici par un camion remorque transportant des productions« C’est un honneur que de faire partie des défilants et pouvoir défiler pour son pays et avec son pays… » A déclaré Sophie, jeune collégienne venue de Ouagadougou pour la parade. Un sentiment que partagent tous ceux qui ont marché au pas dans un rythme cadencé au son de fanfares pour servir ces instants de bonheur à tous les Burkinabè. De l’émotion, ils en ont donnée. Comme ces petites majorettes âgées de 4 ans à peine, qui, défilant fièrement, souvent sans coordination dans leurs mouvements et gestes, sans peut-être même comprendre le sens de leur présence en ces lieux, son importance, ont apporté du piquant à la parade, de la chaleur aux spectateurs. Ou encore ces aveugles et handicapés moteurs qui ont bravé leur handicap et tous les sentiments négatifs, pour rappeler à chaque Burkinabè : « Nous sommes là aussi et nous pouvons apporter quelque chose pour et dans la construction de notre pays… » De la joie, les défilants en ont procurée. Oui de la joie, il y en avait sur tous les visages. Et ce n’est pas les milliers de Burkinabè massés tout au long du trajet du défilé qui nous diront le contraire. Eux, qui, malgré la canicule, malgré la station débout pour certains, ou perchée sur des arbres, des habitations etc. pour d'autres, ont tenu à voir pour ne pas se faire raconter, n’ont pas manqué d’applaudir, de s’émerveiller devant les performance des défilants. A eux, il faut ajouter ceux qui sont restés devant leur petit écran et qui ont partagé ces moments de joie avec le reste des Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur. De la fierté, chaque Burkinabè en ressent au passage de nos hommes en armes. A commencer par le président du Faso quand il dit : « Je voudrais saluer le mérite de tous les acteurs impliqués dans ce défilé. J’ai vu un exercice qui a été impeccablement exécuté ». Qu’ils soient du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), du génie militaire, de la police, de la gendarmerie, des sapeurs pompiers, chaque passage de ces régiments a rappelé à chaque Burkinabè, les sacrifices de ces hommes pour la défense de l’intégrité et la souveraineté de notre cher pays. Même les CRS (Compagnie républicaine de sécurité) qui ne sont pas en odeur de sainteté au sein des étudiants ou syndicats… ont été fortement applaudis. Pourquoi ? Certainement parce que, au-delà des préjugés et de toutes les considérations, tous nous savons qu’au risque de leur vie, ces hommes en armes travaillent pour que le Burkina soit stable, paisible et bon à vivre. Que dire des représentants des 12 autres régions du pays qui ont montré et démontré ce qu’il y a et ce qu’ils ont de meilleurs dans leur localité pour le Burkina Faso. En 3 h et 30 minutes de commémoration, les défilants ont aussi fait frissonner. Ils ont fait trembler la terre par leurs pas cadencés. Que dire quand les motards de l’escorte présidentielle vous offrent des figures et des démonstrations à vous couper le souffle. Ou cette dame, officier de l’armée malienne, qui a su séduire à travers une prestation impressionnante. Le comble du frisson est venu lors du passage du convoi motorisé du ministère du transport. Le passage de la voiture accidentée et l’imagination du sort de ses occupants a fait tressaillir chacun de son siège. Une sensibilisation qui a rappelé à chacun que la prudence doit être de mise sur le chemin du retour de Ouahigouya. Le 11 décembre célébré à Ouahigouya a mis en exergue ce que le pays possède de vrai en termes de cohésion, d’unité, d’union, d’engagement, de sacrifice pour la communauté de destin. Une communauté de destin que chaque Burkinabè quelles que soient sa croyance, son bord politique, ou sa situation socioprofessionnelle doit avoir ressenti dans chaque mouvement, chaque geste, de ses 6000 défilants. « Nous avons remarqué un grand professionnalisme cette année. Dans l’habillement, les pas, on a senti que les choses ont avancé. Rien ne s’acquiert sans effort, il faut de l’expérience, de la pratique et nous allons y arriver ». A dit le Premier ministre Tertius ZONGO. Les choses ont avancé ! Oui le pays aussi et l’on doit être fier de cela.
En remettant au gouverneur de la région des Hauts-Bassins, M. Pascal T. BENON, le flambeau de la célébration tournante de la fête nationale, le ministre Clément P. SAWADOGO lui transmet également les avancées et les insuffisances de cette fête. A lui et à son équipe d’organisation de savoir tirer partie de ce qui a marché et de ce qui est à améliorer. Le 11 décembre 2010, le Burkina commémorera ses 50 ans d’Indépendance et chaque Burkinabè devra avoir des sensations encore plus fortes que celles qu’on a vécues à Ouahigouya.o

Frédéric ILBOUDO

Sport, culture, foire…

Ouahigouya vient de réussir le pari de l’organisation du 49e anniversaire de l’Indépendance du Burkina Faso tant toutes les activités au programme telles le sport, l’animation culturelle, la foire ont tenu leur promesse.

Comme en 2008, c’est la région des Hauts-Bassins qui a remportés le trophée en footballDieu le Tout-puissant a certainement entendu les multiples invocations pour que la fête se passe dans la grande sérénité et la santé tant les organisateurs y ont donné une place de choix à la prière et différentes bénédictions. Dieu (Hosana) a certainement veillé et tout s’est bien passé. Ainsi depuis le lancement officiel le samedi 8 décembre dernier, c’est le sport qui a ouvert le bal avec un cross populaire afin de mettre tout le monde en jambe pour la suite du marathon des activités. Le ministre Clément P. SAWADOGO, ci-devant président du Comité national d’organisation (CNO) en tête du cortège a sué eau pour la nation en battant le pavé sur un circuit de près de 7 km. Le lendemain 6 décembre, une course cycliste nationale présidée par le ministre des Sports et des Loisirs, Jean-Pierre PALM et sur la distance Yako-Ouahigouya et un circuit dans la ville de Ouahigouya a meublé la matière. Wahab SAWADOGO, enlève le trophée et empoche la somme de 250 000 FCFA offerts par le CNO.
Quant au handball, en finale filles, l’AS LONAB a pris le-dessus sur sa rivale de l’ASFA-Y par le score de 20 à 14 et, chez les garçons, l’AS SONABEL qui voulait vaille que vaille s’offrir un trophée dans l’année a tenu sur ses arrières en arrachant avec ténacité la victoire sur la petite différence de score de 1 (17 à 16). Ce fut une partie pleine d’émotion et de suspense tant les deux équipes ont livré un match bon niveau en se tenant au coude à coude au coup de sifflet final de l’officiel.
Chez les garçons comme chez les filles en handball, du 1er au 4e tous ont reçu le mérite et respectivement une enveloppe de 100 000F, 150 000F, 200 000F et 300 000F (1er un trophée et 1er et 2e des jeux de maillots). Karaté, judo, la lutte traditionnelle (dominée par le Nayala) et le gala de boxe ont mobilisé du monde. En football, avec en marge l’inauguration du stade municipal de Ouahigouya dans son nouveau look gazonné, il s’est tenu la coupe de l’Indépendance. Les finalistes désignées après les éliminatoires étaient la région du Centre représentée par l’AS Police et la région des Hauts-Bassins devenue coutumière de la finale de cette coupe.
Avec cette opposition les autorités présentes conduites par le Premier ministre Tertius ZONGO, et à ses côtés le président de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian KABORE ont eu droit à de beaux jeux. La première partie fut très engagée et les 2 équipes ont affiché leur ambition dès les premières minutes tant l’option tactique était tout pour l’offensive.
C’est ainsi que de part et d’autre les portiers ont été ardemment sollicités à sortir le grand jeu pour sauver leur camp. La mi-temps intervient sur une légère domination des Hauts-Bassins.
Mais le score et resté sur la note de zéro but partout. Cette pause a été mise à profit pour gratifier le public d’un saut-para avec de spécialistes en la matière qui ont captivé par la maîtrise de leur art sous les cris et applaudissements de spectateurs après chaque atterrissage réussi. A la reprise, l’AS Police de la région du Centre prend les rênes en main, mais ne réussit pas à scorer. Son adversaire étant sur ses marques remonte la barre mais c’est la région du Centre qui va finir par subir avec même un premier but refusé par l’arbitre. Ce n’était que partie remise. Nelson TRAORE en bon remplaçant sur l’exécution d’un corner prend la balle d’une tête croisée et le portier ne pouvait qu’aller chercher la boule au fond des filets à la 6e minute. Malgré la combativité de part et d’autre des équipes aux prises le score restera inchangé
Ainsi pour la seconde fois consécutive, les Hauts-Bassins décrochent le trophée avec 1,5 million FCFA plus un trophée, des jeux de maillots et des ballons. Les 3 autres équipes classées ont reçu des enveloppes en numéraires, des jeux de maillots et des ballons.

Autres activités
A l’image du palais de la culture, la ville de Ouahigouya a bénéficié d’un certain nombre d’infrastructures.Après l’inauguration de la plate-forme maraîchère qui porte désormais le nom de Bougouraoua OUEDRAOGO illustre homme politique national, c’est la foire qui a cristalisé les festivités de la fête nationale avec des expositions essentiellement composées des richesses du terroir. Les objets de l’artisanat, (pagne traditionnel, les poteries, la vannerie, etc.), les produits de l’agriculture (pomme de terre, tomates, carottes, etc.) ont eu du goût pour les visiteurs. Une fois de plus, c’est l’originalité du thème : «Intensification des productions agricoles de saison sèche», qui a été saluée.
Un thème qui a fait l’objet d’un forum présidé par le docteur Bernard Ledéa OUEDRAOGO, président de l’ONG, les «6S» (savoir se servir de la saison sèche en savane et au Sahel) et de la Fédération de l’union des groupements Naam. Un hommage a été rendu à cet illustre devancier qui avec persévérance a su transformer la saison sèche en saison de pleine production agricole. En animation culturelle, l’inauguration de la salle de spectacles a vu des troupes essentiellement traditionnelles se produire sur scène avec pour clou la prestation des artistes maliens (la République malienne était l’invitée) du 49e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso). Aussi, une cérémonie de décorations en reconnaissance de la nation a fait aux 105 loyaux et bons serviteurs, des heureux récipiendaires allant de l’Ordre national, au mérite, palme académique, industrie et commerce et médaillés d’honneur des collectivités territoriale et du développement local. On peut citer entre autres le Cheick Aboubacar MAÏGA de Ramatoulaye, Docteur Bernard Ledéa et Gérard Kango OUEDRAOGO. Ce dernier a été fait Grand Croix. Quant à la réjouissance populaire, tous les quartiers ont reçu leurs lots d’animation avec à la clé un grand djandjoba servi à la place de la nation le 11 décembre présidé par Chantal COMPAORE, l’épouse du chef de l’Etat. Autre événement important, l’agrandissement de la famille de la presse. Ainsi, la région après, le Sahel et l’Est vient de bénéficier d’une radio rurale dont l’inauguration a été présidée par le Premier ministre, Tertius ZONGO. Cet instrument de développement local participe à l’éveil de consciences des populations rurales sur un rayon de 75km d’émission sur la fréquence 9.5 FM. Pour le ministre en charge de la Communication, Filippe SAVADOGO, cette radio «est un instrument de la construction de la société de savoir que nous impose le XXIe siècle». Un grand concert suivi de la remise de flambeau au gouverneur des Hauts-Bassins l’hôte du cinquantenaire a été le clou de la soirée et l’apothéose de la réussite de l’organisation a été les feux d’artifice qui ont coloré le ciel de la cité de Naaba Kango..o

- Issoufou MAÏGA (Ouahigouya)

 

11-décembre 2009

Le cours d’histore de Gérard KANGO

M. Gérard Kango OUEDRAOGO n’est plus à présenter. Il est l’un des acteurs clés de l’accession à l’Indépendance de notre pays. L’occasion faisant le larron, nous avons profité à la fin de la parade du 11 décembre tenue sur les terres qui l’ont vu naître un certain 19 septembre 1925, pour nous retracer l’histoire. Comme si c’était hier, l’homme se souvient dans les moindres détails de ce qui s’est passé. Lisez plutôt.

M. Gérard Kango OUEDRAOGOM. Gérard Kango OUEDRAOGO : « Il est inutile pour moi de dire que c’est une joie immense pour l’homme que vous voyez pour la raison bien simple que moi, Gérard Kango OUEDRAOGO, je suis né dans cette ville de Ouahigouya. Ça veut dire donc que je suis resté 7ans, de 1925 à 1932, en tant que Voltaïque. J’étais donc de la Haute-Volta. A partir du 1er janvier 1933, j’appartenais au Soudan français, actuel Mali. C’est de là-bas que lors du passage du Président Vincent AURIOL, du ministre de la France d’Outre-mer, Marius MOUTAI et du premier fils de M. Paul RAMADIER président du conseil de gouvernement de l’époque, qu’à la demande de sa Majesté le Roi Tigré du Yatenga qui avait reçu la visite du Mogho Naaba Saaga à Ouahigouya, le 16 juin 1946 a précisé au président Vincent AURIOL, qu’il souhaitait comme son frère, le Mogho Naaba de Ouagadougou qu’on réunisse les frères séparés, qu’on recrée la Haute-Volta. C’est ainsi que le 4 septembre 1947, la Haute-Volta fut recréée dans ses limites de 1932. Celui qui vous parle, a vécu tout ce temps. Et la Haute-Volta recréée, je me suis retrouvé à Ouagadougou capitale de la nouvelle colonie. Et ce qu’il faut surtout vous dire, c’est que, le 11 décembre 1958 c’est quoi ? Le 11 décembre 1958, est né le protocole du 17, 18, 19 octobre 1958, ce protocole est né de la rencontre des partis politiques représentatifs du peuple de ce pays. Il y avait une délégation du RDA représentée à l’époque par son président Christophe KALANZAGA secondé par Ousmane BA ensuite venait Joseph OUEDRAOGO, Maurice YAMEOGO, Ali SORE et Georges OUEDRAOGO. Je les cite exactement comme délégation du RDA à l’époque. Du côté du P R A il y avait Gérard Kango OUEDRAOGO président du P R A, Nazi BONI, le Dr Joseph KONOMBO, Pierre GUIGMDE de Koupéla et Mathieu OUEDRAOGO de Yiou. Voilà ceux qui représentaient le PRA. Et ce sont ces deux délégations qui se sont rencontrées sur la demande express de Ouezzin COULIBALY qui m’avait reçu le 4 septembre 1958 à l’hôpital Saint Antoine de Paris et qui avait téléphoné à Houphouët BOIGNY et à Maurice YAMEOGO. Et Ouezzin tenait absolument à ce que la situation que notre pays a vécue le 17 mai 1957 à l’installation des institutions de la loi cadre, que ce climat, puisque les institutions ont été faites dans l’accord, dans l’unité, dans la concorde nationale, il tenait à ce que cet atmosphère prévale. Parce qu’il disait que seule l’entente permettra à notre pays la Haute-Volta d’occuper une place enviable en Afrique Occidentale Française. Il faut qu’on connaisse l’histoire, car il ne faut pas fausser l’histoire d’un pays. C’est donc ces hommes qui représentaient la Haute-Volta, le pays tout entier, ce sont ceux-là qui ont signé le 19 octobre 1958 un protocole, et ce protocole demandait qu’il y ait d’abord la constitution d’un gouvernement. Un gouvernement fait uniquement d’éléments RDA, car le PRA n’avait rien demandé en ce moment là. C’est pour prouver que le problème de notre pays en ce moment-là n’était un problème de place, mais qu’il fallait à tout prix qu’il y ait l’entente, la concorde, la paix des cœurs et des esprits, c’était notre objectif. Et c’est ainsi que le gouvernement a été mis en place et il y avait 68 conseillers territoriaux à l’Assemblée et quand ils ont voté, il y avait 70 et deux étaient absents, il y a eu 68 voix pour ce gouvernement. On était arrivé à une entente totale à la réconciliation de tous les Voltaïques. Le premier acte était de faire ce gouvernement pour que les uns et les autres sachent que nous avons oublié ce qui nous avait divisés. Et qu’est-ce qui nous avait divisés ?je ne vais pas le rappeler, mais les hommes de notre âge et de notre époque connaissent. Sur la demande de Ouezzin COULIBALY, nous avons mis un trait sur tout ce qui nous divisait. Le deuxième acte a été de mettre un gouvernement d’union nationale. Ce gouvernement d’union nationale a été installé, le 10 décembre 1958 et dans ce gouvernement il y a des gens qui sont encore en vie et qui peuvent témoigner, je ne voulais pas être membre de ce gouvernement, mais on m’a répondu que les 17 et 18 mai, il était convenu que Ouezzin devait être le chef du gouvernement et toi tu devais Gérard tu devais être le président de l’Assemblée territoriale, tu as refusé et Ouezzin t’a dit que ce n’était pas bien, mais tu as prétexté qu’il y avait un homme qui était bien dans tes rangs, qui était valable en la personne du Dr Yalgado OUEDRAOGO, et tu as mis celui-là qui a été élu président de l’Assemblée territoriale et nous ne le regrettons pas. Mais malheureusement, le dimanche 21 juillet à la suite d’un accident, il est décédé et c’est à la suite de cela que Abo Dama DIA également grand conseiller est décédé et ce sont ces deux évènements-là qui nous ont conduit au dépôt de la demande faite par le Dr Joseph CONOMBO contre le gouvernement Ouezzin, etc. Je ne veux pas en parler et nous avons décidé d’oublier tout ça. Les gens ont insisté pour que je sois membre de ce gouvernement. Et dans ce gouvernement d’union nationale ils m’ont nommé ministre des Finances. La première mission de ce gouvernement a été de s’adresser à toutes les forces politiques et à la société civile de la Haute-Volta et tout le monde était d’accord pour que le lendemain, l’Assemblée territoriale proclame que l’Assemblée territoriale du territoire colonial de la Haute-Volta est devenue l’Assemblée législative constituante. Et c’est cette Assemblée législative constituante, qui a proclamé que le territoire colonial de la Haute-Volta est devenue la République de Haute-Volta. Il faut que les choses soient claires et que les gens sachent exactement comment les choses se sont passées. Et puis, c’est cette Assemblée qui a dit que les conseillers territoriaux qui la composent prennent désormais le titre de députés. Et c’est cette Assemblée qui a déclaré, que le territoire de la Haute-Volta devenu République a pour drapeau aux couleurs suivantes Noire Blanc Rouge représentant les trois grands fleuves de notre pays. C’est également cette Assemblée qui a déclaré que la date de la fête nationale de notre pays, est désormais le 11 décembre et elle fut célébrée le 11 décembre 1958 parce que c’est à cette date que tous les partis politiques et la société civile se sont mis d’accord pour décider que notre territoire colonial est devenu la République de Haute-Volta. Et pour vous citer un cas, quand les quatre présidents se sont présentés à Paris au Général de Gaulle pour négocier, il a dit : « J’ai un problème. Les trois autres territoires à savoir la Côte d’Ivoire, le Dahomey, (Bénin) et le Niger, je peux les envoyer à mon Premier ministre Michel DEBRE, mais celui de la Haute-Volta est président de la République, il doit négocier avec moi de Gaulle. » Je tenais à préciser tout ça, pour que l’on connaisse la vraie histoire de notre pays. »o.

Frédéric ILBOUDO

 

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Frédéric ILBOUDO

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