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La Une du n°635
La Une du n° 635
NATIO : N°635 du 16 au 22 décembre 2009

Guerre d’Afghanistan
Amalgames fâcheux

Oui, entend-on dire çà et là, Barak Hussein OBAMA, 44e président des Etats-Unis d’Amérique et prix Nobel de la paix 2009, n’aurait pas dû recevoir ledit prix, au motif qu’il « n’a pas encore fait ses preuves », mais surtout qu’il est un président en guerre qui s’apprête à envoyer 30 000 « boys » se faire trucider dans le bourbier afghan. Procès d’intention qui cache mal cette peur ancestrale que l’avènement d’OBAMA a réveillé dans certains cercles « bien pensants » lesquels s’agitent par ailleurs dans le débat sur l’identité nationale déclenchée en France par « Sarko and co » par pur racolage politique.

Barak OBAMA, 44è président des USA, prix Nobel de la paix 2009Ainsi donc, à en croire ces âmes bien pensantes, il aurait fallu attendre « un peu », avant de décerner le prix Nobel à OBAMA dont les intentions en la matière sont certes louables, mais dont la posture actuelle dans le conflit afghan est en quelque sorte condamnable. « Pourquoi accorder le prix Nobel à un homme qui envoie du renfort dans un pays pour continuer une guerre injuste, dont les dégâts sur les populations civiles afghanes ne cessent de croître ? » Un argument imparable pour tous les pacifistes du monde, qui cache mal cependant les vrais tenants et aboutissants de cette guerre, d’une part et la volonté d’en découdre avec un homme qui en découle, d’autre part. Faut-il, en effet, le rappeler, cette guerre n’est pas celle d’OBAMA pas plus que celle des Etats-Unis, dans la mesure où elle a été déclenchée de commun accord par les forces alliées de l’OTAN au lendemain des attentats du 11 septembre, pour « détruire le nid des terroristes qui se faisaient progressivement en Afghanistan ». A l’époque, personne n’avait trouvé à redire et, le « com-chef » George Walker BUSH, avait rallié sous sa bannière, toutes les armées occidentales, à l’exception de quelques-unes. Mieux la Russie, tête de proue des pays du pacte de Varsovie, avait apporté sa caution morale à cette nouvelle croisade contre un pays où l’armée rouge avait été mise en déroute une décennie auparavant. C’est dire que tout comme la crise multidimensionnelle dont il a hérité de BUSH, OBAMA a aussi hérité de cette guerre dont il tente par tous les moyens d’atténuer les effets. Ce que ses contempteurs ne disent pas en effet, c’est que le président américain a promis de se retirer de ce brulot au plus tard dans trois ans, pour laisser les forces afghanes que les Américains auront formées, « terminer le travail ». Il ne pouvait du reste pas se «débiner», car, l’opinion américaine, conditionnée par une presse « nationaliste », ne lui aurait pas pardonné cette réculade.Il lui faut donc éteindre le feu allumé par son prédécesseur, avant de mettre en œuvre la politique étrangère que lui-même a conçue et qui est tout sauf belliciste. S’il est victime de ce lynchage médiatique ce n’est donc pas tant à cause de cette guerre dont les éditorialistes occidentaux maitrisent mieux les contours que nous autres dont les préoccupations sont ailleurs et qui pour l’essentiel concernent la lutte contre la pauvreté. En fait, OBAMA et n’en déplaise aux faux puritains, est victime de sa « négrité » dans une opinion occidentale qui n’était pas préparée à l’avènement d’un Noir à la tête de la première puissance mondiale. Pour tout dire, ce précurseur vient un peu tôt, et, pire, il veut remettre en cause la sacro sainte domination de certains cercles (suivez notre regard) en attaquant par exemple le conflit israélo-palestinien à la racine. Lorsqu’OBAMA enjoint à NETANYAHOU d’arrêter l’implantation des colonies juives en Cisjordanie, il irrite profondément les ultra-orthodoxes qui ont de plus en plus pignon sur rue en Israël. Et, comme ceux-ci ont une emprise certaine sur les medias du monde, on comprend l’ire de ces derniers vis-à-vis du président américain. Cette campagne anti OBAMA est appelée à s’intensifier si d’aventure il venait à bénéficier d’un second mandat qui lui offrirait l’opportunité de montrer son « vrai visage » au monde. En effet, il ne serait plus l’otage des sondages d’opinion pas plus qu’il n’aurait plus besoin d’un quelconque lobby pour se faire réélire. Du reste, lesdits lobbies ont commencé à le lâcher, et, seule la réussite de sa politique intérieure, notamment sa réforme du système sanitaire peut lui valoir le plébiscite de ses concitoyens s’il n’est pas victime dans l’intervalle d’une bavure. Ce n’est pas de la politique fiction, car, récemment, deux « innocents » garçons ont pu s’introduire à une fête qu’il donnait à la Maison Blanche, au nez et à la barbe des services secrets. Pour dire vrai, Obama n’a pas la tâche facile depuis qu’il est à White House ce qui nous convainc davantage sur le fait que le temps des colombes n’est pas encore venu. Et, ce n’est pas le « cousin » SARKOZY qui nous fera changer d’avis avec son débat sur l’identité nationale qui pue le racolage à cent lieues. S’il est vrai que l’identité c’est des valeurs partagées, il est tout aussi vrai qu’elle se transmet par les couilles. En la matière les négros qui sont en France ont de l’avance car ils ne « chôment » pas une fois la nuit tombée. Quoi de plus normal dans cette occurrence que la France soit de plus en plus métissée et que les DIARRA et autres YADE y soient de plus en plus nombreux. Sarko peut donc agiter l’épouvantail, il ne changera rien à cette donne. La France sera métissée ou ne sera pas tout comme l’humanité devra se « pacifier » si elle veut se donner un avenir. Alors, « on dit quoi à Copenhague ? ».o
Alpha YAYA

Transparence électorale
Le RAJIT outille les journalistes

Le Réseau africain des journalistes pour l’intégrité et la transparence a organisé, du 7 au 10 décembre dernier, un séminaire de formation à l'intention de journalistes burkinabè. Au centre de presse Norbert ZONGO qui a abrité le séminaire, une vingtaine de journalistes ont été formés aux mécanismes de la transparence électorale ; aussi devront-ils être capables d’identifier les différents types de fraudes électorales.

Tiergou Pierre DABIRE, secrétaire général du RAJIT2010, élection présidentielle ; 2011, élections municipales; 2012, élections législatives ; des échéances qui de par leur importance pour notre processus démocratique interpellent tout un chacun. Elles vont mobiliser l’ensemble des acteurs ainsi que des énergies si fait que, aussi bien dans les chapelles politiques que dans les différentes organisations de la société civile, on affûte les armes pour en sortir avec bonheur. C’est dans cette perspective que le RAJIT (Réseau africain des journalistes pour l’intégrité et la transparence) entend outiller les journalistes pour une meilleure responsabilisation dans le processus démocratique. Ce qui passe par une bonne appréhension des choses électorales notamment celles relatives à «la transparence électorale». D'où ce séminaire qui s'est tenu, du 7 au 10 décembre dernier, et dont la cérémonie d'ouverture à été présidée par le conseiller technique du ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, M. Adama BARRO, représentant le ministre, en présence de la représentante du PNUD.
Dans son discours de bienvenu, Pierre Tiergou DABIRE, secrétaire général du RAJIT, après avoir fait le constat que depuis 1991, le processus électoral au Burkina Faso est l’objet de critiques diverses, notera que «si pour les uns l’organisation des élections est sujette à caution parce que entachées d’irrégularités et de fraudes, pour les autres, ces critiques sont les faits de mauvais perdants. Toujours est-il que la transparence est une quête reconnue par tous ». C’est certainement cette quête de transparence qui a conduit le RAJIT à initier cette formation à l’intention des hommes de média qui sont des observateurs du processus. Toute chose que confirme la représentante résidente du PNUD au Burkina quand elle dit : « le choix du thème trouve toute sa pertinence aujourd’hui dans le monde et particulièrement sur le continent africain où les élections, qu’elles soient nationales ou locales donnent souvent lieu à de nombreuses contestations et à des remises en cause quant à leur fiabilité et leur transparence ; … » Avant d’ajouter que : « … c’est donc un défi majeur qui appelle la responsabilité de tous les acteurs du processus démocratique dont la presse. En effet qu’il s'agisse de la sensibilisation et de l’éducation citoyenne des populations, de la mobilisation des électeurs, ou de l’information saine de l’opinion nationale et internationale sur l’environnement juridique et institutionnel des processus électoraux, les hommes et femmes de médias ont un rôle capital à jouer. Et pour réussir cette noble mais délicate mission, ils ont besoin d’être bien informé et formé d’où l’importance de ce séminaire… » Le représentant du ministre en charge de la Communication, M. Adama BARRO, a, quant à lui, salué la tenue de l’atelier « qui arrive à son heure parce que les journalistes et les médias doivent être à même d’expliquer aux citoyens et aux électeurs non seulement les enjeux de ces consultations électorales mais aussi leurs droits et leurs devoirs en la matière. »
Financé par le PNUD à travers le Programme de renforcement de la gouvernance administrative (PRGA), le séminaire avait pour principal animateur M. Abdoul SANGO, juriste spécialiste des médias, homme politique et commissaire à la CENI. Autant de casquettes qui font de lui un acteur indiqué pour faciliter le travail des journalistes. Des thèmes traitant de l’environnement juridique et institutionnel, l’enregistrement des électeurs et la tenue d’un bureau de vote, les types de fraudes et leurs sanctions etc. étaient au menu des échanges entre participants et formateurs.o

Frédéric ILBOUDO

 

 

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