[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
La Une du n°635
La Une du n° 635
::N°635 du 16 au 22 décembre 2009

La preuve par le Chili

Quand on vous dit que la limitation des mandats sous prétexte de favoriser l’alternance et qu’il n’y a que cela de vrai en démocratie est d’un cynisme ! Le Chili nous en donne une double voire une triple illustration éloquente à tout point de vue !
Savez-vous que là-bas la Constitution dispose que nul ne peut exercer deux mandats présidentiels consécutifs ? Qui dit mieux, pourrait-on dire ? Mathématiquement nulle part au monde, on ne pourra faire mieux. Tout au plus pourra-t-on faire autant. Alors d’où vient-il que jamais nos «experts en démocratie, agrafe alternance» ne nous ont cité ce cas et tout au contraire se plaisent à nous servir la recette du «pas plus de deux mandats consécutifs» comme le nec le plus extra ? Le Chili devrait donc être présenté en modèle, loin devant toutes ces démocraties occidentales qui permettent à une même personne de faire deux mandats successifs ! N’est-ce pas qu’on ne peut pas faire mieux en conditions pour créer l’alternance.
Mais voilà les faits et les réalités vont s’imposer aux théories. Tenez, depuis la fin en 1990 du régime du Général Pinochet qui dirigea le pays de main de fer ; depuis donc 1990, soit 20 ans, c’est la coalition de Centre-gauche, la concertation, qui est au pouvoir. Ce n’est que cette année que la Droite pointe le nez et a de réelles chances de parvenir au pouvoir !
Qui a dit que la limitation de mandats était synonyme d’alternance ? Et de deux comme leçon !
L’élection présidentielle du dimanche dernier nous présente une autre face de la limitation des mandats. Selon les sondages, l’actuelle présidente, la très respectable Michèle BACHELET jouirait d’un taux d’opinions favorables de 78% et serait passée dès le 1er tour contre le candidat de la Droite. Mais, pour cause de limitation, elle ne peut se présenter. Comme pour faire la nique à tous, c’est justement ce candidat de la Droite qui est arrivé en tête du 1er tour avec 44% des voix contre 29,6% à celui du Centre-gauche soutenu par la présidente sortante. Arrive en troisième position un dissident de ce camp avec 20% des voix.
On le voit, l’addition des suffrages des camarades de BACHELET place le Centre-gauche à un poil de la majorité absolue dès le 1er tour : 29,6% + 20% : 49,6%. Ainsi avec seulement 44% des voix, le milliardaire Sebastian PINERA candidat de la Droite arrive en tête et est en passe d’être élu au 2e tour. On rabote donc par le bas. Ce n’est pas une alternance aux forceps çà ! PINERA sera certainement élu. Pas parce que les Chiliens le voudraient particulièrement, mais parce qu’ils ne peuvent plus élire Michèle BACHELET et ensuite parce que la Gauche s’est divisée ! C’est çà la démocratie ? Où se trouve la volonté du peuple dans cette affaire. Moi je pense qu’il s’agit plutôt d’une dictature des états-majors des partis politiques !.o.

Par Faèz

 

 

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé