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la Une du n°636-637
La Une du n° 636-637

NOUVELLES DU GRIN N°636-637 du 23 au 29 décembre 2009

Il s'enfuit avec l'argent cotisé par ses camarades pour le réveillon de Noël

Plus les fêtes de fin d'année approchent plus les gens sont gagnés par l'anxiété. Les fêtes, encore les fêtes. On ne peut pourtant pas s'en passer même si on sait que l'excès nuit en toute chose. Personne n'est épargnée : musulmans comme chrétiens… tout le monde est concerné. Les fêtes se suivent à un rythme infernal. Impossible néanmoins de s'essouffler. Il faut tenir le coup coûte que coûte.
Pendant que les Chrétiens s'activent à préparer la venue de l'enfant Jésus, les musulmans sont à l'affût de la Saint-Sylvestre, mais doivent aussi songer au "Djonmailai" où cette fois ce sont des bœufs qui seront égorgés. Entre temps, les pèlerins sont rentrés de La Mecque. Là-aussi, il faut festoyer. Le terme consacré c'est le "walima".
Au grin, les débats s'animent de plus belle. Le thé, et encore le thé pour faire tourner les choses. On ne le dira jamais assez, le grin reste l'un des rares bastions qui ne soit pas encore tombé dans l'indifférence.
Au grin, la solidarité a toujours un sens. Tous les membres boivent ensemble le thé dans les mêmes verres. Les liens sont très forts et cela donne encore de la vivacité au grin. Rien ne peut dans ces conditions empêcher les membres de se retrouver et de débattre. Même pas l'âpreté actuelle du froid. Seulement, le fakir ne doit pas retarder avec le bon premier. Une fois qu'il est servi, les gens commencent à sortir de leur silence. Le débat est lancé et c'est parti pour les chaudes empoignades. Ainsi, va le grin.

Début du championnat national de football le 26 décembre prochain : La plupart des clubs dans l'angoisse

C'est désormais officiel : le championnat national de football ouvre ses portes le 24 décembre prochain. La succession de l'ASFA-Y sera ainsi lancée. Dans tous les états-majors des équipes de la D1, c'est la veillée d'arme. En fonction des capacités, chacune des formations se fixe des objectifs. Pendant que certaines vont viser le titre ou une place africaine, d'autres vont chercher le maintien. Il y en a qui vont se contenter de pouvoir commencer et terminer le marathon. Qu'importe le rang occupé, pourvu qu'elle ne signe pas forfait en chemin. En tout cas, ça va être très laborieux pour des équipes de l'intérieur.
Au grin, les gens ne sont pas très branchés sur notre championnat national. Ils sont trop préoccupés par les grands championnats européens avec leur pléiade de stars. Aujourd'hui avec le satellite, il est plus facile de suivre des matchs qui se jouent au Nou camp ou au vélodrome qu'un match au Stade du 4-Août ou au stade omnisports de Bobo.
On a beau démontrer qu'une bonne équipe nationale ne s'acquiert qu'à partir d'un championnat acceptable, les responsables continuent toujours de naviguer à vue. Cette année, les équipes recevront la somme de un million de la part de la F.B.F. Une somme qui ne peut même pas équiper une formation complète de 11 joueurs en chaussures. C'est vraiment une goutte d'eau dans la mer. Mais à qui la faute ?
Au grin, on pointe du doigt la fédération qui ne fait rien pour chercher des financements pour les clubs. Mais où va-t-elle enlever cet argent dans un environnement économique très difficile, où le football dans un pays comme le Burkina Faso, est loin d'être la priorité ? Se demandent les autres.
Les premiers reviennent à la charge et mettent en avant la passivité de la fédération de Zambédé Théodore SAWADOGO. Pour eux, à défaut d'avoir des moyens, la F.B.F doit avoir des idées et savoir faire des plaidoyers. Et puisque le sport-roi concerne tout le monde, pourquoi ne pas faire un tour du côté de l'Assemblée nationale avec un exposé clair et convaincant pour rallier les députés à la cause du football national. Après tout, c'est un secteur qui peut lutter contre le chômage des jeunes et la pauvreté dans notre pays.
On doit savoir ce qu'on veut pour notre sport-roi. Les Etalons font rêver avec des éléments qui évoluent à l'extérieur. Mais les clubs, eux végètent dans une misère insupportable. Cela se ressent sur le rendement des joueurs. Jusqu'à présent, le Burkina Faso est le seul pays dans la sous-région à ne pas avoir une vedette dans un championnat européen. Nous n'avons jamais produit de joueurs de la trempe de Didier DROGBA, Michaël ESSIEN, Seydou KEITA, Emmanuel ADEBAYOR ou de Stéphane SESSEGNON. En Europe, les joueurs burkinabè jouent que les seconds rôles. Les membres du grin pensent que cela est dû au niveau de notre championnat qui ne présente aucun attrait.


Le niveau de notre Faso foot, leurs limites c'est le Burkina, le pays
Pour relever le niveau, il faut que le politique s'implique. Pourquoi ne pas dégager une ligne budgétaire sur le budget de l'Etat pour venir au secours des clubs burkinabè. Si par exemple, on donne 50 millions de FCFA à chaque club de D1 pendant 5 ans, cela permettra une meilleure organisation qui va engendrer de meilleurs résultats avec des joueurs au point qui pourront tirer leur épingle du jeu même en Europe. Il nous faut rapidement fabriquer une vedette burkinabè qui pourra faire parler de lui en Europe comme les autres Africains ; et ce n'est qu'en championnat national qu'on pourra le faire et non à l'extérieur.
Les techniciens burkinabè ne sont pas les plus incompétents de la sous-région. Seuls les moyens les empêchent de mieux exercer. L'entraîneur n'a pas les moyens, le joueur non plus, n'en parlons pas des supporteurs qui finalement s'érigent en donneurs de leçons en torpillant les présidents de clubs qui eux ne dorment pas. C'est vrai qu'ils ne sont pas logés à la même enseigne mais force est de reconnaître que la majorité se cherche vraiment.
Vivement qu'on réfléchisse tous ensemble pour faire sortir le football burkinabè de l'ornière. Nous avons un atout appréciable ; le président du Faso qui, malgré son calendrier chargé, aime le football. Mais il doit s'impliquer davantage pour aider notre championnat à se crédibiliser. Depuis le départ de la marque de cigarette "Excellence" dans le sponsoring de notre championnat, notre sport-roi n'a plus connu d'engouement considérable.
Il y a quand même une lueur d'espoir. Une structure française propose d'ouvrir une fenêtre pour aider le football burkinabè en créant d'abord un site web pour chacune des 14 équipes de D1 dans un premier temps, avant de chercher progressivement des sponsors pour elles afin que les rencontres du sommet de chaque journée soient médiatisées.
Tout cela est bien beau, mais le sage du grin pense qu'il ne faut compter que sur nous-mêmes pour développer notre football. Personne ne viendra le faire à notre place. Il est temps que nos jeunes footballeurs comptent sur cette discipline pour mieux vivre et lutter contre la pauvreté. Le football est une mine d'or.

Il s'enfuit avec l'argent cotisé par ses camarades pour le réveillon de Noël
A l'approche de la fête de Noël, des jeunes garçons du secteur 16 de Bobo-Dioulasso ont décidé d'organiser une soirée dansante entre amis, le 24 décembre 2009. Ils se réunissent et fixent la participation à 15 mille francs par personne. Le trésorier fut choisi sur le champ ; certains ont même payé leur cotisation sur place. Ils sont finalement 32 personnes à verser l'argent au trésorier. Cela fait exactement 480 mille francs.
Comme la date avance à grands pas, la bande convoqua une réunion pour faire le point. Le jour venu, le trésorier n'était pas au rendez-vous.
On envoya le chercher et c'est là qu'on est apprit qu'il est allé en Côte d'Ivoire. Son père est décédé depuis son jeune âge. Il vit avec ses 6 frères et sœurs et sa mère. Cette dernière dit ne pas être au courant de cette histoire. Selon elle, son fils ne lui a jamais parlé d'une soirée en préparation. Il lui a seulement dit qu'il allait en Côte d'Ivoire pour tenter si possible de rentrer en Guinée-Equatoriale. Elle lui fit des bénédictions à longueur de journée, mais elle ignorait que son fils avait de l'argent sur lui.
Les jeunes très remontés ordonnèrent la mère de payer. Elle dit ne pas être au courant mais leur demanda néanmoins de patienter et que très prochainement, son fils qu'elle sait brave et travailleur épargnera ce qu'il leur doit dès son insertion professionnelle. Cette manière de parler mit en colère la plupart des jeunes qui menacèrent d'aller à la police.
L'affaire chauffe au secteur 16 et certains au grin se demandent si la mère n'est pas complice.
La soirée n'aura pas lieu finalement et les 31 personnes qui comptaient sur cette soirée pour mieux célébrer la veillée de Noël sont obligées de se remettre à l'ouvrage pour pouvoir être dans la cadence. Dès lors chacun se demande comment ce type a pu accéder au poste de trésorier facilement. Il est certes très calme et timide mais personne ne lui avait confié son argent auparavant.
Dans le feu de l'action, certains jeunes sont allés faire le siège dans la famille du trésorier. Excédée, la mère aurait payé leur part. Mais cette information n'est pas totalement confirmée.
A cause de la mauvaise foi d'un ami, des jeunes vont faire le réveillon de Noël dans des conditions difficiles.
C'est sans commentaires exceptionnels que le sage du grin a donné son point de vu.
Pour lui, les jeunes doivent laisser la bonne dame en paix. Elle n'est ni trésorière, ni présidente. D'ailleurs il ne s'agit pas d'une association en tant que telle. Il n'y a pas de récépissé. La prochaine fois, ils sauront prendre des gardes-fou.o

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