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la une  du n°638 du 06 au 12/01/2010
La Une du n° 638
ACTUALITE :N°638 du 6 au 12 janvier 2010

Décentralisation
Salogo ou la cité de Naaba wèmba

La célébration du 11-Décembre est l’occasion pour la nation de reconnaître le mérite de ses fils et filles qui se sont distingués par leur abnégation au travail. Mme Fatimata KAFANDO/WELOGO, maire de la commune rurale de Salogo fut l’une de ces heureux élus. Nous l’avons rencontrée pour parler de son action à la tête de la commune depuis 2006. Nous en avons profité pour découvrir sa commune sur le plan administratif et coutumier.

Mairie de SalogoSalogo est l’une des huit communes que compte la province du Ganzourgou. Elle est située à 25 kilomètres au Nord-Est de Zorgho, chef-lieu de la province. C’est une zone tampon entre les provinces de Sanématenga au Nord-Ouest, du Kourittenga à l’Est et de l’Oubritenga à l’Ouest. Au Sud se trouve la commune de Zorgho, au Sud-Est celle de Méguet. Elle couvre une superficie de 380 km carrés et compte 15 villages, en 2009 sa population était estimée à 22 711 habitants. L’activité principale pratiquée par la population est l’agriculture. Mais le commerce, l’élevage et l’artisanat y trouvent aussi une place de choix. Grâce au barrage de Salogo-Mobèga, la culture maraîchère et la pêche connaissent un essor dans la commune. Les services déconcentrés de l’Etat sont : la préfecture, une inspection primaire avec 14 écoles, un CEG, deux CSPS, un service de l’environnement…
Dans la localité actuelle de Salogo vivait un homme très méchant appelé Boogo. Il tuait et pillait ses frères. Terrorisée, la population demanda l’aide du Moogho-naaba. Celui-ci leur envoya son fils ainé Nakingnam qui tua Boogo et rétablit la quiétude dans la localité. L’endroit où l’on enterra Boogo, s’appelle de nos jours Booyaoghin et est l’un des quartiers de Salogo.
A la mort de son père, Nakingnam fut rappelé à Ouagadougou, et intronisé Mogho-naaba. Sa fille Wemba restée à Salogo devient chef du village. La cour royale à Filiba localité située à 10 km de Salogo actuel était le champ du chef. Nakoura, fils de Wemba succéda à sa mère. Un jour s’étant rendu dans son champ, les femmes lui confièrent la garde des bébés. C’est en ce moment qu’un envoyé du Mogho naaba lui rendit visite. A la question “que faites-vous ?”, le chef répondit “M saounda kamba” ce qui signifie “je suis entrain de bercer les enfants” et comme l’action de bercer se dit “Saologo” en mooré la localité prit ce nom et par déformation ce nom est devenu Salogo. Par la suite le chef décida de transférer la cour royale de Filiba à Salogo c’est-à-dire au niveau du champ du chef, qui de nos jours est le chef-lieu de la commune. 23 chefs chacun ayant autorité sur un quartier ou un village sont intronisés par le chef de Salogo. C’est cette entité coutumière du chef de Salogo qui constitue l’entité administrative qu’est le département et la commune de Salogo. Sur le plan coutumier, une série de trois manifestations caractérise la “principauté” de Salogo : le Nowouka, le Réguinbè et le Kiwougou qui est la fête la plus populaire connue dans la commune. Pour cette année, c’est le 23 janvier 2010 qu’aura lieu le Kiwougou.o.

Fatimata Kafando, maire de la commune de Salogo

Mme le maire, la nation a reconnu vos efforts en vous décernant la médaille d’honneur des collectivités locales. Quels sont vos sentiments ?
Fatimata Kafando (F.K) :
Merci, c’est ce que j’ai semé que j’ai récolté. J’ai un sentiment de joie et de fierté. Je remercie toutes les autorités pour cette distinction. Je prends en outre l’engagement de ne pas trahir leur confiance.

Quel est votre message à l’endroit de la population de Salogo ?
F.K :
D’abord, je dédie cette médaille au conseil municipal et à toute la population de Salogo. Je leur dis merci pour leur soutien constant aux activités de développement de la commune et les invite à redoubler d’efforts afin qu’ensemble nous puissions gagner des batailles plus grandes.

Cela fait trois ans que vous êtes à la tête de la commune de Salogo, quel bilan pouvez-vous faire ?
F.K. :
Le bilan sera long à dresser ici. Néanmoins nous retiendrons qu’avec nos partenaires nous avons pu faire les réalisations suivantes : une trentaine de forages, un CEG, 3 écoles primaires, 2 centres bisongo, une inspection de l’enseignement primaire, des centres d’alphabétisation, un centre polyvalent, l’électrification d’un centre de santé, 982 latrines et surtout beaucoup de sensibilisation sur l’éducation des filles, le VIH/SIDA, la protection de l’environnement, etc. Si je prends le cas de l’inspection primaire, elle comprend 7 bureaux et une grande salle de réunion et a été entièrement construite par la population.

Nous savons que rien ne se fait aujourd’hui sans difficulté, quels sont les obstacles que vous avez rencontrés durant ces trois ans ?
F.K :
Ma commune a rencontré les mêmes difficultés qu’on rencontre partout à savoir le manque de moyen. Il y a aussi le manque d’électricité qui ralentit certains travaux ; la faiblesse des ressources humaines fait que certains services déconcentrés de l’Etat ne fonctionnent pas bien. Il y a aussi l’urgence des priorités, car en tant que nouvelle commune, tout est prioritaire.

Quels sont les atouts naturels sur lesquels se repose l’économie de la commune ?
F.K :
La nature ne nous est pas clémente. A l’exception du barrage de Salogo-Mobèga, il n’ya que les bafonds de Sankango et de Founagou qui sont aménageables.

Quelle appréciation faites-vous de l’exécution du budget 2009 et comment se présente celui de 2010 ?
F.K. :
Le budget 2009 a été bien exécuté, les recettes en prévision ont été en majeur partie recouvrées. La commune a bénéficié d’une convention avec le PNGT2 et toutes les activités écrites ont été réalisées dans leur majeure partie. Aujourd’hui la commune est un véritable chantier de développement. Le budget 2010 se présente déjà bien. Beaucoup d’activités ont été inscrites dans la limite de nos ressources et un accent particulier sera mis sur le recouvrement afin que les recettes inscrites soient totalement recouvrées.

En termes de perspectives, quels sont vos projets pour les années à venir ?
F.K. :
Pour les deux années à venir, nous continuerons toujours à :
œuvre pour l’approvisionnement en eau potable.
accroître le taux de scolarisation des filles ;
lutter pour le désenclavement de la commune à travers la réalisation des routes et la réhabilitation de celles existantes ;
plaider surtout pour une couverture de la commune par un réseau de téléphonie mobile ;
accroître la production agricole et maraîchère ;
promouvoir la santé de la mère et de l’enfant. Voici dressés les grands chantiers qui nous attendent pour les deux ans à venir.

Avez-vous un appel à lancer à l’endroit de vos partenaires ?
F K :
La commune dispose d’un Plan Communal de Développement (PCD) où nos activités sont résumées, nous appelons nos partenaires à nous aider pour relever les défis de la décentralisation (santé, éducation, eau potable et assainissement). Je profite de l’occasion pour les remercier et les inviter à nous soutenir constamment dans nos actions. Je lance un appel en tant que seule femme maire de la province du Ganzourgou aux différents partenaires à plus d’engagement à mes côtés pour pouvoir surmonter les difficultés et les obstacles que je viens d’énumérer.

Qu’est-ce qui vous reste sur le cœur que vous auriez voulu dire ?
F K :
Je voudrais remercier sincèrement sa Majesté Naaba Boulga de Salogo, mon époux, pour avoir été à mes côtés durant tous les moments difficiles. Il a toujours été présent lorsque nous le sollicitions. Il a apporté son aide pour bâtir la commune. Je lui dois et lui dédie cette médaille. Mes remerciements vont également à la population pour sa mobilisation autour de la chose commune, pour son adhésion aux différentes activités organisées. Par ailleurs, je les invite à payer leurs taxes et impôts afin que nous puissions achever nos chantiers déjà démarrés. Mes remerciements vont enfin à votre journal qui nous a toujours permis de nous exprimer, de nous faire comprendre par les citoyens de ce pays. Bon vent à votre journal. Que Dieu vous bénisse.o

Lavoisier

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