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la une  du n°638 du 06 au 12/01/2010
La Une du n° 638

Retro-Rétro – Gouvernance:N°638 du 6 au 12 janvier 2010

CAN Angola 2010
Diagnostic d'un tirage au sort

C'est le 20 novembre 2009, à Luanda, que le sort a déterminé la composition des quatre groupes de la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations, Angola 2010. Il est facile de constater que dans chacun des groupes, deux équipes se dégagent sauf dans le groupe A qui abrite le pays hôte, l'Angola.

La mascotte de la CAN 2010Lorsqu'on suit l'histoire de la Coupe d'Afrique des Nations, il est très rarement arrivé que le pays qui abrite la phase finale se fasse éjecter dès le premier tour. Quitte donc à hériter de ce que les spécialistes et amateurs du ballon rond ont l'habitude de nommer "groupe de la mort", tous les qualifiés à la phase finale préfèrent éviter le pays accueillant la compétition.
Même dans les catégories inférieures (juniors et cadets), quoi qu'il se passe, le pays hôte arrive toujours à s'extraire de son groupe après les matchs du premier tour. A cela, plusieurs explications. D'abord, il y a la pression du public qui fait que les joueurs locaux sont dans l'obligation de se transcender. A chaque match, ils jouent la rencontre de leur vie et cela a une forte incidence sur le résultat final. Ensuite, il faut mentionner la mobilisation des plus hautes autorités du pays, en termes de présence physique et de motivation financière et matérielle. Enfin, il y a quelque part le conditionnement, même inconscient des arbitres. Quoi qu'on dise, ils sont des hommes et par conséquent restent dans un sens plutôt que dans l'autre. Et puis, qui peut nier que pour l'engouement au tour de l'événement, pour rendre aux sponsors leurs gros investissements, l'instance africaine la CAF ne préfère pas que le pays d'accueil dure dans la compétition.
C'est pourquoi, malgré la montée en puissance de l'Algérie, malgré la pléade de vedettes du Mali, l'une de ces deux nations, favorites naturelles du groupe 1, va devoir plier bagages au terme des matchs de poule. L'Angola, qui du reste a participé au Mondial 2006, ne voudra en aucun cas rater sa CAN et fera ce dont il faut pour être prête le jour "J". Quand au quatrième pays, le Malawi, il jouera les arbitres, c'est-à-dire malheur à l'une des trois nations ayant la faveur des pronostics, qui se laissera accrocher par lui.
Dans le groupe B composé de la Côte d'Ivoire, du Burkina Faso, du Ghana et du Togo, les deux favoris sont incontestablement les deux pays qualifiés pour le Mondial Sud-africain, à savoir la Côte d'Ivoire et le Ghana. Même si c'est le groupe qualifié du plus difficile et du plus indécis, la lucidité commande de savoir que Ivoiriens et Ghanéens, par leur vécu, par l'histoire et par le potentiel du moment, il ne faut pas l'oublier, doivent logiquement se qualifier au soir du 19 janvier 2010. Mais, comme on est en année de coupe du monde, sait-on jamais ! L'histoire, encore elle, a montré que les équipes africaines qualifiées pour les deux compétitions lorsqu'elles ont lieu la même année, réussissent rarement sur les deux tableaux.
Le groupe C composé de l'Egypte, du Nigeria, du Bénin et du Mozambique, peut difficilement donner des qualifiés pour les quarts de finale, autre que les deux premiers cités. Il faudra vraiment que le Bénin ou le Mozambique réussissent la CAN de leur vie ou soient l'auteur d'un exploit qui fera date, pour empêcher l'Egypte et le Nigeria d'aller au-delà des poules.
Enfin dans le groupe D, le Cameroun et la Tunisie sont logiquement les favoris pour aller au deuxième tour. Le Gabon est encore en apprentissage alors que la Zambie ne forme plus cette équipe qu'aucune autre ne voulait voir sur son chemin. Jadis une nation redoutée et redoutable, la Zambie n'a eu de cesse de dégringoler après sa finale disputée et perdue 1-2 contre le Nigeria lors de la CAN 94 en Tunisie. C'est pourquoi, dans ce groupe aussi, il ne devait pas y avoir de surprise, sauf si le Nigeria et la Tunisie jouaient en deçà de leur vrai potentiel.o.

Tirage au sort des groupes

Groupe A
Angola
Mali
Algérie
Malawi

Groupe B
Côte d'Ivoire
Burkina Faso
Ghana
Togo

Groupe C
Egypte
Nigeria
Bénin
Mozambique

Groupe D
Cameroun
Gabon
Tunisie
Zambie

Ben Alex Béogo


La parole aux Bookmakers

Bien entendu et selon la coutume, les amateurs s'essayent au jeu des pronostics. Un classement est établi en fonction des chances de chaque qualifié et surtout des critères objectifs et subjectifs. Généralement au final, les pronostics dans 80% des cas se révèlent justes.

Le mystique stade de LuandaParce qu'on le sait, le football a une part non négligeable d'irrationnel. Très souvent, ce sport s'amuse à donner des résultats que seuls les parieurs fous sont à même de trouver. Concernant la CAN 2010, le jeu des pronostics est facile sans l'être tout à fait. A cela deux faits essentiels.
Le pronostic est facile parce que pour une fois, un pays est seul devant tous les autres : la Côte d'Ivoire. Elle est seule au monde, pour les bookmakers, pour peu qu'elle arrive en Angola avec tous son potentiel et avec une préparation bien conçue et exécutée. La force de la Côte d'Ivoire est telle que de nombreux observateurs n'hésitent pas à en faire le pays africain capable de perturber la quiétude des favoris du Mondial Sud-africain qui aura lieu six mois après la CAN.
Le pronostic est difficile parce que derrière la Côte d'Ivoire, c'est la bouteille à l'encre. Quelle équipe se dégage de par sa forme et ses performances récentes ? A vrai dire, elles sont quelques-unes, mais toutes autant qu'elles sont, peuvent faire une bonne CAN comme foirer lamentablement.
Le Cameroun, d'abord, n'a depuis deux ans que son expérience à faire valoir. Les cadres sont vieillissants et la nouvelle génération tarde à s'imposer. En dehors de Samuel ETO'O, il ne dispose plus de joueur de calibre supérieur. Seul le jeune Alexandre SONG semble être de la graine d'un très futur grand.
L'Egypte, le tenant du titre, a été incapable de se qualifier pour le Mondial, battue à la régulière par l'Algérie qui a mérité de loin sa qualification. Elle aussi est forte d'une génération vieillissante et pour ne rien arranger, des joueurs vedettes comme Abou TREIKA et Amr ZAKI ont déclaré forfait pour blessure. Nul ne sait ce que vaudra l'Egypte en Angola, sauf à la voir à l'œuvre dans son centre de Benguela.
Le Nigeria n'a plus que son nom lui aussi à faire valoir. Les super Eagles ne sont plus super et même que dans les éliminatoires combinées Mondial-CAN 2010, il a frôlé la correctionnelle dans un groupe où il y avait des "foudres de guerre" comme le Kenya ou le Mozambique. Le pays de Stephen KESHI arrive à l'instar de l'Egypte en véritable objet non identifié.
La Tunisie qu'on pensait souveraine parce que survolant son groupe de qualification, a échoué tristement lors du dernier match face au Mozambique, alors qu'avec deux points d'avance sur le Nigeria, la porte de l'Afrique du Sud lui était grande ouverte. Elle a pris un coup si sensible derrière la nuque, qu'il est difficile de croire qu'elle s'en remettra à l'occasion de la CAN. Battue 1-0 par le Mozambique, quand un nul lui suffisait pour rejoindre les 32 équipes qualifiées au Mondial, les Aigles de Carthage arrivent dans l'inconnu.
Enfin il y a le Mali, le Ghana et l'Algérie. Le Mali est un gâchis lorsqu'on voit la composition de son équipe. Le Ghana qui pouvait postuler à la victoire, est décimé par les blessures. Les juniors champions du monde en Egypte en 2009 appelés en remplacement seront-ils à la hauteur ? Quant à l'Algérie enfin, elle est l'équipe en plein devenir. C'est celle qui peut perturber les plans ivoiriens tant sa qualification au mondial dans les conditions que l'on sait lui a donné un moral d'acier sinon d'enfer. Rien qu'à les voir dans leur camp de préparation, on sent qu'une équipe est en train de naître. Cette confiance-là, cette joie d'être ensemble est le meilleur remède qui soit à l'abord d'une compétition. Elle sera l'équipe surprise. Tout est réuni pour….o

TD


Quel retour pour les Etalons ?

Après une hibernation de six ans, les Etalons sont de retour dans l'arène de la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations. A l'occasion d'Angola 2010, ils vont enfin essayer de passer un premier tour, véritable obstacle infranchissable pour une équipe du Burkina pas du tout gâtée par le sort.

Paolo DUARTE, entraineur des EtalonsTout le monde en parle. Parce que le football est ainsi fait que tous les supporters, où qu'ils se situent, ne veulent que la victoire. Parce que concernant les Etalons, et surtout au regard du potentiel réel de notre sport-roi, de son passé et de son palmarès, se retrouver parmi les seize meilleures nations sur cinquante trois en Afrique est déjà en soi une performance !
Mais, il est logique de ne pas s'en contenter. Car, qui ne progresse, recule et finit par ne plus rien représenter. C'est pourquoi, la pression qui accompagne les Etalons, pour peu qu'elle soit saine et enthousiasmante, est ce qui peut leur arriver de bon et de bien. Elle peut être le déclic psychologique pour franchir enfin une barrière qui, à force, a pris l'allure de l'exercice d'escalader le mont Everest.
Il est permis cette fois-ci d'y croire. Les Etalons ont réalisé un parcours de qualification de très bonne tenue, un parcours qui leur vaut d'avoir aujourd'hui le respect du monde du football, y compris au-delà du continent. Les deux favoris présentés du groupe B, la Côte d'Ivoire et le Ghana, même s'ils nourrissent des ambitions de succès au final, savent qu'ils devront batailler au premier tour.
Les Etalons renouent avec la CAN six ans aprèsPeu en retrait par rapport à ces deux pays, mais à égalité de chances avec le Togo, le Burkina pour passer doit réaliser trois matchs parfaits ou presque. Et puis, le destin semble lui avoir fait une petite fleur avec le forfait de plusieurs joueurs importants des Blacks Stars. Sans oublier le fait qu'il a tiré lors du premier et du deuxième match, les deux favoris. C'est dire si d'entrée, il ne doit pas mégoter ses efforts, ni encore moins jouer avec le frein à main.
C'est vrai qu'après la déculottée enregistrée en Abidjan contre les Eléphants, les Etalons se doivent d'être prudents dans la gestion du match. Mais prudent ne veut point signifier timide. Il faudra aux joueurs jouer à fond tous les coups offensifs, se montrer solidaires et particulièrement lucides dans les moments faibles.
Certes, dans un match, il est hasardeux de croire à l'avance que le scénario arrêté va se réaliser à cent pour cent, quand bien même cela peut se produire. Donc, il est plus sûr de savoir agir et réagir en fonction des circonstances que d'avoir un plan de guerre dont on ne pourra pas se défaire au cas où la partie ne retournerait pas dans la direction souhaitée.
Après donc les éliminatoires que les Etalons ont réussies, il existe des certitudes qui doivent les inciter à croire que rien n'est impossible. Et tout deviendra d'autant plus possible que le premier match sera sanctionné d'un résultat positif, à tout le moins encourageant. Il ne faut donc pas se louper dans ce troisième duel contre la Côte d'Ivoire en moins de cinq mois.
Dans ce genre de compétition, tout se décide de par la qualité de la préparation. Les Etalons ont opté pour le Portugal pour leur mise en jambes, contrairement aux autres qualifiés qui ont choisi l'Afrique australe. Il faut espérer que cette différence leur permettra de faire la différence et de montrer ainsi que ce choix, contrairement à plusieurs des opinions entendues, était le bon.
En tout cas, rien n'a filtré de ce retranchement au Portugal pour permettre d'émettre un avis autorisé, de nature à aller à l'optimisme ou au pessimisme. Déjà sur place à Cabinda dans leur camp de base, les Etalons ont une semaine pour parfaire leur préparation et réussir l'exploit. Pourquoi ne pas y croire ?.o

Le Burkina et les phases finales de la CAN

Aller à la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations est un objectif majeur pour tous les pays du continent. Le Burkina se bat et non sans grands écueils avec ses moyens pour être toujours de la fête.

La première apparition des Etalons à la phase finale de la CAN a eu lieu en 1978 au Ghana. Ils ont été invités à la dernière minute après la disqualification de la Côte d’Ivoire. Logé dans le groupe A à Accra en compagnie du Ghana, du Nigeria et de la Zambie, le Burkina va perdre tous ses matchs (Nigeria-Burkina : 4-2 ; Zambie-Burkina : 2-0 et Ghana-Burkina : 3-0) et marquer zéro point à la fin des éliminatoires. Après cette participation qui a été un coup du destin le Burkina va mettre 18 longues années pour retrouver une phase finale de la CAN. C’était en 1996 en Afrique du Sud sous la houlette de Drissa Malo TRAORE dit Saboteur. Là aussi, les choses tournèrent au vinaigre. Après une phase éliminatoire bien maîtrisée dans un groupe où il y avait la Côte-d’Ivoire et le Maroc, les Etalons ont tiré le groupe B à Bloemfontein avec l’Algérie, la Zambie et la Sierra Leone. Trois matches et malheureusement trois défaites (Sierra Leone-Burkina : 2-1 ; Zambie-Burkina : 5-1 ; Algérie-Burkina : 2-1). L’entraîneur Drissa TRAORE a été limogé en Afrique du Sud après la première défaite face à la Sierra Leone.
Le bonheur éphémère de la CAN 98
La CAN 1998 organisée au Burkina Faso sera l'embellie pour les Etalons à ce niveau de la compétition sous la direction technique du Français Philippe TROUSSIER. Les choses ont malgré tout mal démarré avec la défaite face aux Lions indomptables du Cameroun en match d’ouverture le 7 février. Sous la poussée des supporters, ils vont redresser la barre en battant l’Algérie (2-1) et la Guinée (1-0). En quart de final contre la Tunisie, les Etalons se qualifient aux tirs au but (1-1 et 8 tirs au but à 7). Les supporters sont alors aux anges et se mettent à rêver à dame coupe. L'euphorie s'arrêtera net avec la confrontation, à Bobo-Dioulasso avec les Pharaons d’Egypte. C’est la défaite ; zéro contre deux buts aux futurs vainqueurs du tournoi. Devant les Simbas de la RDC en match de classement, le Burkina pensait pouvoir au moins accrocher la troisième place. Après une partie dont la tournure reste toujours inexplicable, le Burkina est battu aux tirs au but après un jeu équitable de 4 à 4 (4 tirs à1 pour la RDC). Il faut dire que le Burkina menait 4 buts à 2 à 4 minutes de la fin du match. Malgré cette fin calamiteuse, la CAN 1998 reste le meilleur palmarès des Etalons. En 2000 au Nigeria, les Etalons coachés par le Belge René TAELEMAN étaient dans le groupe 3 à Kano en compagnie du Sénégal, de la Zambie et de l’Egypte. Le bilan est bien maigre : deux défaites et un match nul (Sénégal-Burkina : 3-1, Zambie-Burkina : 1-1, Egypte-Burkina : 4-2). L’atmosphère se dégrade sérieusement dans le milieu du football. Le Burkina sera encore de la campagne du Mali en 2002. Le Onze national composé en majorité des Etalons cadets fraîchement rentrés de Trinidad et Tobago où ils ont obtenu la troisième place de la coupe du monde en 2001, est dirigé par Jacques YAMEOGO.
Les cadets ont été sollicités après le refus des seniors d’aller disputer un match éliminatoire de la Coupe du monde au Zimbabwe. Au pays du Diatiguya, le Burkina se retrouve à Ségou avec l’Afrique de Sud, le Maroc et le Ghana. Les Etalons quittent la compétition au premier tour après un nul et deux défaites (Afrique du Sud-Burkina : 0-0, Maroc-Burkina : 2-1, Ghana-Burkina : 2-1). Après cette débâcle malienne, la coupe était pleine et le bureau fédéral dirigé par le colonel Honoré Nabéré TRAORE est contraint de quitter le navire remplacé par Seydou DIAKITE à la présidence. Pour la CAN 2004 en Tunisie, les Etalons se qualifient brillamment. La nation est fière et une contribution pour le soutien aux Etalons est organisée.
Plus d’un milliard de CFA sera récolté. Sous la conduite du Français Jean-Paul RABIER, les Etalons passent complètement à côté du sujet. Appelés à évoluer dans le Stade El Menzah de Tunis aux côtés du Mali, du Sénégal et du Kenya, le Burkina affiche après les trois matches de poule un bilan négatif de deux défaites et un nul (Sénégal-Burkina : 0-0 ; Burkina-Mali : 1-3 ; Burkina-Kenya : 0-3). Les Etalons ne se sont pas qualifiés pour les phases finales de 2006 et 2008.
Une absence qui est fatale au bureau de Seydou DIAKITE qui est remplacé par l’équipe de Zembendé Théodore SAWADOGO. Le Portugais Paulo Rebelo DUARTE appelé à la partie technique réussit à transcender le groupe. Les Etalons font des phases éliminatoires presque parfaites, ne s’inclinant que face à la Côte d’Ivoire en aller et retour. Comme si le destin voulait donner une chance de revanche aux Etalons, ils vont de nouveau croiser les Eléphants le 11 janvier à Cabinda pour la première confrontation dans le groupe B. Ils croiseront ensuite le Togo et le Ghana. Espérons que cette campagne angolaise sera meilleure que les autres !

Ahmed NAZE

Quel impact pour les mondialistes ?

La CAN et le mondial, la même année, est-ce une bonne ou mauvaise chose pour les représentants africains ? Le débat a toujours été mené, mais jamais il n'a été définitivement tranché et pour cause. Les faits en la matière n'ont pas encore permis de dire que cela jouait dans un sens ou dans l'autre.

Didier DROGBA de la Côte d’IvoireEssien du GhanaSamuel ETO’O du CamerounMartins du NigériaEn dehors de l'Afrique du Sud, qui peut tranquillement se consacrer à la préparation de son Mondial qui aura lieu du 11 juin au 11 juillet 2010, les cinq autres représentants du continent vont s'essayer dans quatre jours à la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations en Angola.
En effet, l'Algérie, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Nigeria sont qualifiés pour la CAN, dans laquelle seules les équipes ivoirienne et camerounaise étaient têtes de série. L'Angola, et l'Egypte ont eu les faveurs de la CAF dans le choix des occupants du chapeau 1, ce qui en soi n'était pas usurpé puisque le pays hôte l'a toujours été, de même que le tenant du titre. Cela n'enlève en rien au mérite des qualifiés africains qui viennent d'abord à la CAN pour parfaire leur préparation à la compétition suprême. Car et c'est là tout le dilemme des mondialistes, le Mondial a une visibilité plus grande et requiert par conséquent une autre façon de l'aborder tant dans la concentration, la préparation que la mobilisation des moyens.
Forcément, même si ces équipes ne traitent pas la CAN par dessus la jambe, elles semblent moins concernées surtout quand il n'est pas possible pour elles d'envisager le succès. De toute évidence, on observe que ces équipes ont rarement pu jouer avec le même bonheur sur les deux tableaux. Mais comment ne pas aussi se dire que la CAN peut servir de cadre idéal de préparation, de tremplin pour aborder le Mondial avec plus de certitudes qui constituent en football l'élément déterminant pour une équipe. Une équipe en manque de certitudes est en manque de confiance, doute de son jeu et a donc tendance à se retenir, à jouer avec le frein de main.
La CAN constitue donc quoiqu'il en soit une opportunité, un cadre où on peut soit se dire qu'il faut parfaire ce qui a été vu ou se dire que le travail est à revoir entièrement parce que ce fut une CAN négative. Lorsqu'on observe la composition des équipes qualifiées, en dehors toujours de l'Afrique du Sud, les joueurs des cinq autres pays évoluent pratiquement tous en Europe et pour beaucoup d'entre eux, les leaders notamment, dans les plus grands clubs. Forcément, il leur est difficile en six mois d'aborder trois compétitions majeures. CAN, ligue des champions, Mondial avec la même performance dans chaque homme. Vu les limites physiques individuelles, on remarquera que jouer trois tableaux, amène des sautes de forme. Ce constat-là a déjà été établi. D'où le débat lancé de savoir si la CAN ne peut être jouée en année impaire ou tous les quatre ans en année paire afin d'éviter le Mondial. L'inconvénient de cette dernière solution est qu'il y aura un manque à gagner financier pour la Confédération africaine de football qui n'a pas la même marge que la FIFA en la matière. C'est pourquoi, elle fait la sourde oreille lorsqu'on aborde le sujet et qu'elle a même créé le championnat d'Afrique des Nations (CHAN) pour couper court à toute velléité de modifier la conception à l'origine de la CAN par les pères fondateurs.
En tout cas, la Côte d'Ivoire qui a l'ambition de gagner sa deuxième CAN pense qu'il est possible de réussir les deux compétitions. Il faut attendre de voir si elle y parviendra. Premier verdict le 31 janvier 2010..o

Drissa TRAORE

Les supporters Etalons
Des fans pas comme les autres

Les supporters des EtalonsSupporter a-t-il la même signification au Burkina qu’ailleurs ? Cette question, on peut bien se la poser au regard du comportement singulier des supporters des Etalons. Depuis le retour de l’équipe nationale du Burkina sur la scène internationale en 1996, ils ont régulièrement fait parler d’eux mais malheureusement en mal. Pour pousser les Etalons à la victoire sur les différents stades, l’Etat a toujours consenti des efforts pour accompagner les supporters regroupés d’abord au sein du Comité national de soutien aux Etalons(CNSE). Après la CAN 1996 en Afrique du Sud et l’édition de 1998 au Burkina où les supporters ont vraiment agi de façon unitaire, le reste du temps, leur action s’est toujours inscrite dans la division. Les choses ont commencé véritablement à se «gâter» lors de la CAN 2000, à Kano au Nigeria, où Mahamadi KOUANDA avait fait le déplacement en dehors du CNSE. Idem à la CAN 2002 au Mali. De retour au pays et suite aux remous que le football a connu après les échecs successifs de 2000 et 2002, KOUANDA porte sur les fonts baptismaux sa Coordination de soutien aux Etalons. Pour la participation à la CAN 2004 en Tunisie, l’Etat débourse 100 millions de FCFA, soit 50 millions pour la Coordination de Mahamadi KOUANDA et 50 millions pour la Comité alors dirigé par Noufou OUEDRAOGO. Comme à Kano au Nigeria et à Ségou au Mali le comportement des supporters burkinabè n’a pas été exemplaire. Le soutien aux Etalons passe toujours au second plan. Les bagarres sont fréquentes ouvrant des plaies qui ne sont pas toujours faciles à refermer. Mieux, les déplacements sont des occasions de faire du business. Les faits les plus récents sont la sortie à Abidjan en septembre pour le match retour contre la Côte D’Ivoire où les supporters se sont comportés de la plus mauvaise manière. Lors du voyage d’Accra en octobre 2009 à l’occasion de la rencontre contre le Syli national de Guinée, la douane a dû sévir face à la transformation des cars de l’UNSE en camions de transport de marchandises. La création de l’Union nationale de soutien aux Etalons (UNSE) en 2005 sous la houlette du Ministre Jean Pierre PALM n'y changera rien. L’unité prônée est battue en brèches, notamment par Mahamadi KOUANDA qui voit en cela un diktat du Ministre qu’il n’hésite pas à attaquer chaque fois que l’occasion lui est donnée. Pour l’expédition en Angola où le coup d’envoi de la 27ème édition de la CAN est prévu pour dimanche, les Burkinabè se déplacent encore en rangs dispersés. Mahamadi KOUANDA est allé prospecter pour le compte de sa coordination. Il a même signé un contrat avec une compagnie aérienne pour le transport de ses partisans. Sur place à Cabinda, il a pris ses contacts pour le séjour de ses partisans. L’UNSE avec le soutien du Ministère des Sports, de son côté, va transporter ses partisans à bord d’un avion de l’Armée de l’air. Tout cela ne serait pas mauvais, si les deux groupes avaient les cœurs à l’unisson en dehors des fanions qu’ils vont agiter au stade. Les déclarations des responsables laissent penser que le moindre dérapage peut valoir encore au Burkina la honte dans la lointaine terre angolaise.


Ahmed NAZE

Mogtédo
Des supporters des Etalons s’expriment

CAN Angola 2010. C’est dans moins d’une semaine. Mogtédo, une bourgade située à 85km à l’Est de Ouagadougou, attend ce rendez-vous avec ferveur. La ville compte cinq (5) vidéos clubs qui capteront les images des matchs en direct pour permettre aux nombreux supporters de vivre l’événement. Nous avons rencontré certains de ces supporters. Ils apprécient les joueurs retenus par Paulo DOUARTE et se prononcent sur les chances du Burkina dans son groupe où il évolue avec ses voisins directs bien connus que sont le Togo, le Ghana et la Côte-d’Ivoire.

Madi COMPAORE dit petit Madi
Madi COMPAORE dit petit Madi Il y a très longtemps que je supporte les Etalons. J’ai déjà été avec eux deux fois en Côte d’Ivoire, une fois au Mali, et cette année j’étais avec eux au Ghana lors de notre match contre la Guinée. Au Burkina, les gens prennent le Football à la légère, pourtant le Football est une grande chose ancrée dans les cœurs des populations. L’équipe actuelle de Paulo DOUARTE, le sélectionneur des Etalons est constituée des meilleurs joueurs dont dispose le Burkina. S’ils s’y mettent, ils peuvent faire des merveilles et je suis convaincu que nous passerons le premier tour. Je lance un appel à l’Unité des supporters des Etalons et j’invite les écoles de formation à faire des recrutements de jeunes joueurs en province. Car il ya de bons joueurs qui par manque d’encadrement, de soutien et surtout de moyens ne peuvent pas faire prévaloir leurs talents dans l'équipe nationale encore moins dans les Clubs étrangers.


Issouf GANON dit Bébeto
Depuis1996, je supporte les Etalons. Entre temps, j’étais déçu d’eux. Mais avec les éliminatoires de cette CAN, j’ai encore eu confiance à l’équipe. Les joueurs retenus sont les meilleurs du moment ; maintenant il faut que l’entraineur fasse un bon classement. Selon moi, Moumouni DAGANO ne doit pas jouer les quatre-vingt-dix (90) minutes car il n'est plus percutant comme au début des éliminatoires. Il doit céder sa place à Habib BAMOGO ou à Aristide BANCE à la première mi-temps. En tout cas si l’entraîneur utilise bien ses joueurs, nous n’avons peur d’aucune équipe présente à cette CAN.

 


Issouf TAPSOBA dit Karas-Moré
Nous sommes dans une poule dure mais pas impossible. Nous avons déjà joué avec la Côte d’Ivoire et nous savons ce qu’elle vaut. Notre défaite 5 à 0 ne fut qu’un incident de parcours. Le volume de jeu développé par les Eléphants ne dépasse pas celui des Etalons. De même, le Togo et le Ghana ne sont pas la mer à boire. Mais je propose qu’Issouf KONE soit titularisé à la place de Moumouni DAGANO. Je souhaite aussi qu’on maintienne les mêmes joueurs pendant longtemps dans l’équipe nationale afin qu’ils soient aguerris. Si je prends le cas du Cameroun, Rigobert SONG et bien d’autres jouaient dans l’équipe nationale bien avant la CAN 98 et continuent de jouer.


Kassoum COMPAORE dit ZIKO
On ne peut pas trouver mieux que ces joueurs pour représenter le Burkina ; mais il faut reconnaître que ces derniers temps DAGANO n'est plus en forme. Si je me réfère à nos derniers matchs retour contre la Côte d’Ivoire et la Guinée, il n’a pas du tout donné. Et le public a ouvertement manifesté sa désapprobation quand il voulait tirer le pénalty contre la Guinée. Donc, il faut que l’entraineur sache faire des remplacements au bon moment sinon nous ne sortirons pas de ce groupe composé de deux mondialistes à savoir la Côte d’Ivoire et le Ghana et d’un ancien mondialiste le Togo.

 


Rasmané NIKIEMA dit Saboteur
J’ai été entraîneur, aujourd’hui je suis supporter et gérant d’un vidéo club qui diffuse essentiellement des maths. J’aime beaucoup les Etalons. Je partais régulièrement au stade du 4-Août quand ils jouaient. Et quand j’ai ouvert le vidéo club, la salle se remplissait quand les Etalons jouaient. Mais il eut un temps où les gens ont perdu confiance en l’équipe et les gens ne voulaient plus les voir jouer. Mais moi, je n’ai jamais été découragé. Car c’est la loi du football qui est comme cela. Une équipe peut être bonne et après chuter. Même les grandes nations de football connaissent des périodes de vache maigre. Pour revenir à votre question, je dirai que le football reste le football et nous ne devons avoir peur d’aucune équipe. En tout cas je suis convaincu que nous passerons le premier tour au moins. Voyez-vous, au début des éliminatoires, nous avions l’ambition d’aller à la coupe du monde. Si nous avions réussi, c’est dire que nous serions dans le groupe G à la place de la Côte d’Ivoire et nous devrions jouer contre le Brésil, le Portugal et la Corée du Nord. Alors en ce moment qu’aurions-nous fait si nous avions peur d’affronter les équipes africaines. Je dis encore que le football c’est le football et c’est en 90 mn et sur le rectangle vert que se détermine la supériorité des équipes. Donc, il ne faut jamais sous-estimer ou surestimer une équipe à l’avance.

Boukaré SOUDRE
J’ai supporté les Etalons quand il n'y avait pas de téléviseur à Mogtédo. Nous écoutions à la radio et souvent nous pédalions des vélos pour aller voir les maths dans un téléviseur noir blanc à Zorgho, 25 km d’ici. En ce qui concerne cette CAN, nous nous vengerons de la Côte d’Ivoire et nous serons en tête du groupe suivi du Togo.o.

 

 

Lavoisier

Le parcours d’une compétition

Le 10 janvier, la jeunesse africaine se donne rendez-vous en Angola pour disputer la Coupe d’Afrique des nations, 27ème du nom. Seize nations sont inscrites dont le Burkina Faso. De la première édition en 1957 en Egypte à cette 27ème en Angola, que de chemin parcouru.

La première édition de la Coupe d’Afrique des nations CAN a été disputée en 1957 dans la foulée de la création de la Confédération africaine de football. Seuls les pays fondateurs, Egypte, Soudan et Ethiopie ont pris part au tournoi qui s’est déroulé à Khartoum au Soudan. Les Pharaons ont été les premiers à inscrire leur nom au tableau des vainqueurs de la CAN. Ainsi lancée, la plus grande compétition sportive du continent va changer de formule au fur et mesure que les membres de la CAF vont augmenter. En 1962, le tournoi se joua à 4 en Ethiopie. La Tunisie et l’Ouganda étaient les nouveaux venus. Les Warriors d’Ethiopie, alors, remportèrent ce qui sera leur seul titre continental jusqu’à présent.
Au Ghana en 1963, la phase finale de la CAN se joue avec six formations. Les nouvelles têtes sont les Green Eagles (devenus Super Eagles en 1994) et les Black Stars du Ghana. Les kids de l’Osagyefo Kwame N’KRUMAH allaient gagner leur première victoire en Coupe d’Afrique en battant le Soudan en finale le 1er décembre. En 1968, la 6ème édition regroupe pour la première fois 8 équipes en Ethiopie. La R.D Congo (alors Congo Kinshasha puis plus tard Zaïre) bat en finale le 28 janvier le Ghana par un but à zéro. La CAN se joue pour la 1ère fois à douze équipes en1992 au Sénégal. Le 26 janvier à Dakar, la Côte d’Ivoire grave son nom au bas du trophée en venant à bout du Ghana à l'issue d’une séance de tirs au but interminable (11 tirs à 10).
La compétition gagne en notoriété et de plus en plus de pays veulent participer à la phase finale. La CAF décide d’admettre seize équipes à la phase qui se joue en Afrique du Sud en 1996.

Les barrons de la CAN
Depuis sa création, ils ne sont que douze pays à avoir inscrit leur nom au bas du trophée. L’Egypte est le super champion du continent avec 6 succès. Les Pharaons ont remporté les premières éditions avant de marquer une très longue pause de 29 ans. C’est en 1986, à domicile, que les hommes du bord du Nil vont signer leur troisième victoire, douze ans après au Burkina, ils remportent leur quatrième titre. Les Egyptiens sont vainqueurs des dernières éditions jouées chez eux en 2006 et au Ghana en 2008. Le deuxième pays le plus titré est le Ghana. Les Black Stars ont fait la pluie et le beau temps dans un passé déjà lointain. Ils ont remporté les 4ème et 5ème éditions en1963 et 1965. Ils ont gagné les trois autres titres en douze ans d’intervalle (1970, 1978 et 1982). Le Cameroun est la troisième nation la plus titrée. Les Lions ont tardé à rentrer dans le club des grands. Leur premier titre date de 1984 en Côte d’Ivoire. Avec une génération bénie de joueurs, ils signent leur deuxième succès en 1988 au Maroc. Comme les autres, le Cameroun s’éclipse pendant douze ans, le temps de former une nouvelle équipe compétitive. Le retour est fracassant. En 2000 au Nigeria et en 2002 au Mali, Les Lions indomptables remportent le trophée, chaque fois aux tirs au but en finale devant le Nigeria et le Sénégal. Des grosses écuries du continent, la performance du Nigeria est sans doute la plus décevante. Deux titres seulement, depuis sa première participation il y a 47 ans. Le Nigeria a gagné son premier titre en1980 à domicile. Il obtiendra le second lors de la campagne de Tunisie en 1994. Il faut noter que les Super Eagles sont l’équipe qui a disputé le plus de finale dans l’histoire de la CAN. La RDC, alors Zaïre, a aussi gagné deux titres en 1968 et 1974. Les autres ne signent qu’un seul titre. Ce qui est déjà la lune à décrocher.

L’organisation de la CAN
L’organisation de la phase finale a suivi l’évolution de la participation. Les premières participations n’ont regroupé que les membres fondateurs. C’est le Ghana, en 1963, qui abrite le premier tournoi ; puis l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan. Depuis lors toutes les zones du continent ont été touchées avec toutefois une grande prépondérance pour l’Afrique de l’Ouest, à cause sans doute de sa plus grande stabilité politique. Considérée aujourd’hui comme la quatrième plus grande compétition sportive au monde après les Jeux Olympiques, la Coupe du monde et l’Euro, l’organisation de la CAN requiert de gros moyens. Depuis l’instauration de la formule actuelle à seize équipes, la CAF exige la construction de quatre stades dans quatre villes. Ce qui suppose la présence des autres commodités comme les sites d’hébergement, les transports, la restauration, etc. Même s’il n’a pas emporté le trophée, le Burkina peut s'enorgueillir d'avoir mieux organisé une phase finale de la CAN avec l’édition de 1998 .Les pays se bousculent pour abriter la prestigieuse coupe si bien que la CAF a programmé l’organisation jusqu’en 2014. Après l’Angola, la Guinée Equatoriale et le Gabon seront les hôtes de la compétition en 2012 et la Libye en 2014.En attendant ces échéances lointaines, le continent va vibrer dès le 10 janvier au rythme de la 27e édition qui se joue en Angola.o

Palmarès de la CAN

1957 : Egypte
1959 : Egypte
1962 : Ethiopie
1963 : Ghana
1965 : Ghana
1968 : RD Congo
1970 : Ghana
1972 : Congo Brazzaville
1974 : RD Congo
1976 : Maroc
1978 : Ghana
1980 : Nigeria
1982: Ghana
1984 : Cameroun
1986 : Egypte
1988 : Cameroun
1990 : Algérie
1992 :Côte d’Ivoire
1994 : Nigeria
1996 : Afrique du Sud
1998 : Egypte
2000: Cameroun
2002 : Cameroun
2004 : Tunisie
2006 : Egypte
2008 :Egypte

Ahmed NAZE

CAN 2010
Composition des groupes

 Groupe A :  Angola,  Mali,  Malawi,  Algérie

Groupe B :  Cote D'ivoire, Burkina Faso,  Ghana,  Togo

Groupe C :  Egypte, Nigeria, Mozambique,  Benin

Groupe D :  Cameroun,  Gabon,  Zambie,  Tunisie

Calendrier 638 Mac


       

 

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