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La Une de L'Opinion n°639
La Une du n° 639
: N°639 du 13 au 19 janvier 2010

Préposés aux basses œuvres !

On dirait de Bernard KOUCHNER et de Eric BESSON qu’ils sont les symboles les plus expressifs de l’ouverture prônée et mise en musique par le président français Nicolas SARKOZY qu’on ne se tromperait pas sans nul doute.
Pas seulement parce qu’ils sont ou étaient déjà de fortes personnalités là d’où ils ont été débauchés mais aussi du fait de leur zèle particulier à servir leur patron du moment, cela malgré un environnement très critique.
C’est du moins, le moins que l’on puisse dire au regard de leurs états de service qui présentent des résultats effarants qui font pâtir de jalousie leurs prédécesseurs qui pourtant sont «d’origine».
Tous deux transfuges du Parti Socialiste où l’on n’est pas loin de les considérer comme de vulgaires traites, les deux ministres sont en charge de domaines particulièrement sensibles dans lesquels les opinions de la droite et de la gauche connaissent généralement plus que des nuances. C’est dire, tout naturellement aussi, qu’y exceller c’est carrément faire le contraire de ce que l’autre camp aurait fait. Alors imaginez un socialiste, ou plutôt un ex-socialiste se faisant couvrir de laurier par la droite ! C’est tout dire !
Tenez ; Eric BESSON, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire a réussi la prouesse de battre les propres performances de son président lorsque celui-ci avait la charge des expulsions en renvoyant chez eux 29 000 immigrants illégaux. Il fait même plus que les 26 000 que SARKOZY attendait alors qu’en son temps lui-même avait été incapable d’atteindre les 25 000 qu’il s’était fixé. Eric BESSON bât donc tous les records de reconduites puisque dans les 30 000 réussi par son prédécesseur Brice HORTEFEUX au moins le tiers était composé de «retours volontaires». Pour un homme de gauche, il faut dire que c’est extraordinaire. Comme pour montrer sa totale reconversion M. BESSON ne trouve pas mieux que d’interroger les Français sur leur identité dans un contexte de montée des exclusions de toutes sortes avec une froideur et un brin de cynisme, il met en doute le patriotisme de tous ceux pour qui un tel débat est inapproprié. Il est particulièrement vif contre ses anciens camarades du PS comme s’il n’avait jamais les mêmes convictions qu’eux sur la question de l’identité française. Pour tant les dérapages observés ici et là et le désintérêt massif des Français montrent bien qu’il avait mieux à faire.
Pour sa part le «French doctor» en est aussi à se parjurer avec un art consommé de faire en sorte que ses actes d’aujourd’hui soient aux antipodes de ses convictions politiques d’hier. ON en a eu une parfaite illustration de week-end dernier avec sa décision d’annuler sa visite en Côte d’Ivoire au prétexte les autorités du pays ne pourraient pas lui communiquer une date pour l’élection présidentielle à venir.
Quelque soit ce qu’on peut penser de ce énième report, rien, absolument rien ne peut justifier que le ministre des Affaires Etrangères de la France exige qu’on lui indique une date impérative pour la tenue de cette élection ! Ce n’est pas du néocolonialisme ça ? N’est-ce pas se «fonté» du pays et de ses autorités en voulant en faire de simples obligés ? C’est à se demander «pour qui se prend-t-il ce KOUCHNER ? !» Fort heureusement la Côte d’Ivoire a su répondre ! Merci GBAGBO et SORO ! Quand on pense que le Monsieur était un grand adversaire de la «Françafrique», du néocolonialisme, etc. !
Il semble que BESSON et KOUCHNER vivent le sort réservé à tous ceux qui changent de camps dans leur parcours politique ; ils sont obligés de manger leurs chapeaux et d’avaler des couleuvres pour convaincre les nouveaux amis qu’on a vraiment changé. Pour ce faire on doit faire de zèle dans l’exécution des basses œuvres.o

Par Faèz

 

 

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