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La Une du n°640
La Une du n° 640
RETRO-SPORTS :N°640 du 20 au 26 janvier2010

Can 2010
Les Etalons échouent dans un match à leur portée

Les Etalons ne joueront pas le second tour de la phase finale de la 27ème Coupe d’Afrique des Nations. Dans le match décisif contre les Black Stars du Ghana joué hier à Luanda, ils ont été battus par le plus petit des scores, un but à zéro.

Le gardien ghanéen Kingson au sol mais Pit ne marque pasDans ce match de qualification au tour suivant, la pression était au départ sur les épaules des Ghanéens. Après leur défaite contre les Eléphants de Côte d’Ivoire le 15 janvier pour leur première sortie dans la compétition, conséquence du retrait du Togo, les coéquipiers de Michael ESSIEN ont été battus par trois buts à un. Pire, le métronome des Black Stars s’est gravement blessé à l’entraînement et est forfait pour le reste de la compétition. Avec cette configuration, le Burkina semblait avoir les cartes en main pour gagner le match et accompagner la Côte d’Ivoire en quart de finale. Paulo DUARTE qui se veut un grand tacticien devait donc trouver les mots justes et surtout la bonne philosophie de jeu pour sortir la tête haute dans ce Stade du 11-Novembre

Paolo DUARTEMais le Portugais a opté de changer la configuration de jeu en mettant plus de joueurs par rapport au match contre les Eléphants avec néanmoins le même groupe défensif. L’osmose pouvait-il se faire avec une défense aussi renforcée et un secteur offensif quelque peu isolé ? On n’allait pas tarder à avoir la réponse. Les avants burkinabè, Jonathan PITROIPA, notamment allaient se vider sans mettre en danger le gardien Richard KINGSON du Ghana. Et comme il fallait s’y attendre, les Black Stars sur leur première occasion du match inscrivent l’unique but par André AYEW le fils de l’ancienne star Abédi PELE. Et pour ne rien arranger, le défenseur central Mamadou TALL est expulsé à 20 minutes de la fin pour un tacle dangereux sur Asamoah GYAN. Dès lors, c’était presque mission impossible pour les Etalons et la qualification s’est envolée avec.

Toujours des échecs en phase finale
Malgré le bon match de Pitroipa, les Etalons quittent la compétitionCette élimination des Etalons pose de nouveau la question du niveau réel du football burkinabè. Comment une équipe qui a séduit le continent depuis le 4 juin 2008, date de leur victoire contre la Tunisie lors des éliminatoires finit-elle aussi lamentablement ? Finalement le double échec contre la Côte d’Ivoire qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive est la jauge réelle du foot burkinabè. En éliminatoire si on enlève cette double confrontation, les Etalons ont toujours eu à faire à des adversaires à leur portée. Ils n’avaient pas besoin d’aller puiser dans leurs tripes pour gagner. En phase finale donc, proposer autre chose que cet ordinaire pour entrer dans la cour des grands. Ensuite l’équipe a-t-elle été bien préparée ? Le jeu produit lors des deux matchs laisse dubitatif. Face à la Côte d’Ivoire, DUARTE a fait l’option de la défense, mais le match nul a été obtenu surtout grâce aux maladresses de DROGBA et de ses coéquipiers. Ils se sont créé beaucoup d’occasions qu’ils n’ont pas su concrétiser. Face au Ghana, les Etalons ont tout simplement étalé leurs carences physique et tactique. Les joueurs ont fini le match presque à genoux alors que les Ghanéens semblaient avoir du jeu à revendre. Et pourtant, les témoins de la mise au vert de l’équipe au Portugal avaient rassuré sur le bon boulot fait par le groupe et promettaient l’enfer sinon le calvaire aux adversaires des Etalons. Mais à la place de l’exploit, c’est une sortie prématurée que nos représentants ont servie au pays. La CAN reste le sommet de l’Himalaya à gravir pour le pays des Hommes intègres
En sept participations à la phase finale, le Burkina n’a jamais pu franchir le premier tour en dehors de l’édition de 1998 qui s’est jouée sur ses terres. Pire les Etalons n’ont jamais réussi la moindre victoire à l’extérieur. Il est vraiment temps de repenser notre football.

Il est temps de repenser notre football
Paul KOULIBALY a souffert le martyr face à Avec cet échec, il est temps de se poser des questions sur l’avenir de notre football. Cette équipe des Etalons va perdre certains cadres comme Mahamoudou KERE ou Moumouni DAGANO qui sont presque au soir de leur carrière. Quand on regarde sur le banc de touche, il n’y a pas forcément les hommes capables de garder l’équipe au dessus des eaux. Les joueurs burkinabè évoluent à un niveau trop bas en Europe pour espérer concurrencer les cadors du continent quand on atteint un certain niveau dans la compétition. Si on lit la liste, ils sont dans des clubs insignifiants pour ceux qui sont titulaires en Europe, les pensionnaires des clubs huppés sont généralement sur le banc de touche . L’un dans l’autre, on peut sortir une formation pour se qualifier en phase finale parce que le grand nombre des postulants aidant, on tombe sur des équipes à notre portée comme les Iles Seychelles ou le Burundi. Mais dès lors qu’on passe l’étape du tamis, il est difficile de confirmer. Le Ghana a perdu cinq titulaires indiscutables (Suley MUNTARI, John PANTSIL, John MENSAH, Stephen APPIAH Michael ESSIEN) pour cette CAN. Il s’est appuyé sur la jeune génération constituée des vainqueurs de la Coupe du monde junior en octobre 2009 en Egypte. Et le voilà en quart de finale. Peut-on imaginer que le Burkina n’est pas le seul PITROIPA dans son équipe en Angola. Il aurait été diminué de plus de 30%. Avec un choix aussi limité, il est difficile de faire des résultats constants. Sur des matchs joués à échéances assez éloignées, on peut tenir, mais dans une phase finale où il faut être à 100% tous les trois jours, il est très difficile de s’en sortir. C’est ce qui explique en partie les déboires du Burkina.
Aïe  Aïe Aïe ! DjédjérindjéLa seule et unique solution à ce problème est la formation des jeunes. Il faut que les enfants jouent réellement le football de leur âge pour s’aguerrir et avoir la trempe des leaders. Il ne sert à rien de faire comme on peut pour atteindre le sommet dans les compétitions de jeunes et croire qu’on prépare la relève. Ces vedettes des petites catégories disparaissent toujours comme ils sont venus et c’est le pays qui boit la honte au haut niveau. Oui il est temps de reconfigurer le football burkinabè, lui fixer des objectifs et trouver les voies et moyens pour les atteindre. Si nous continuons sur la même voie, notre trophée sera toujours nos larmes en phase finale.o

Ahmed NAZE.

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