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La Une du n°640
La Une du n° 640
:N°640 du 20 au 26 janvier2010

Quand l’histoire s’accélère

Qu’est-ce que l’histoire de la Guinée s’est accélérée à Ouagadougou les 12, 13, 14 et 15 janvier dernier !
Le 12, le président du CNDD, président du pays débarque (ou plutôt est débarqué) sans crier gare. Tout s’emballe tant au niveau des acteurs directs, que de tout le reste, tandis que analystes et observateurs se perdent en conjectures. De l’avis général, cela n’annonçait rien de bon. Ni pour Daddis devenu comme un pestiféré, ni pour le Facilitateur auquel on avait l’impression que le Maroc renvoyait sans ménagement sa patate chaude.
Tout naturellement ses contempteurs de tous les bords s’en ont saisi à bras-le-corps pour le fustiger, certains n’hésitant même pas à attirer les foudres des Guinéens sur nos compatriotes vivant dans leur pays au prétexte que Blaise COMPAORE se mêlait de ce qui ne le regardait pas et de la pire des manières. Il faut dire qu’ils ont été sans mesure, tirant une jouissance morbide et un malin plaisir à souhaiter le mal à leurs compatriotes.
Comme si la situation n’était suffisamment pas compliquée, le lendemain 13 c’est le président intérimaire le Général Sékouba DIAKITE qui débarquait sans qu’on ne comprenne ce qu’il venait faire réellement. Selon certains, il venait chercher son compatriote de président tandis que pour d’autres, il venait plutôt pour tenter de convaincre le président COMPAORE de ne pas lui permettre de regagner la Guinée comme il le réclamerait à cor et à cri. On en était là lorsque le lendemain 14, une forte délégation du CNDD composée des partisans de Dadis faisait irruption au pays avec pour seul objectif, disait-on, de repartir avec leur mentor.
Si la rumeur affirmait qu’entre les deux principaux patrons du CNDD ce n’était pas la lune de miel, cet épisode a étalé au grand jour la prétendue discorde. C’est dire si l’atmosphère était particulièrement électrique aux environs du palais de Kosyam, surtout que l’expérience de Toumba (l’Aide de camp de Dadis qui lui a tiré dessus) montre qu’on dégaine un peu trop vite et facilement du côté de la Guinée.
C’est dire si on s’attendait au pire et si les oiseaux de mauvais augure avaient pignon sur rue et se délectaient.
C’est dans ce contexte où ça volait dans tous les sens qu’on a entendu que les Guinéens étaient parvenus à un accord historique qui réglait à la fois les bisbilles entre les militaires et la question de la transition ! Pour un miracle c’en était vraiment un ! Comment diantre Blaise avait-il manœuvré ?
Le 15 dans l’après-midi, ledit accord était signé devant témoins avec en prime des déclarations sans ambiguïté de part et d’autre.
Du coup, les concerts de réprobations et d’injures se sont mus en des murmures incompréhensibles. Certains ont même choisi de raser les murs, toute honte bue. Dans le même temps, la communauté internationale faisait chorus et se précipitait à Ouagadougou pour le faire savoir de vive voix.
La leçon de cette affaire c’est que même si on y est obligé, il ne faut jamais lapider son pays avec des cailloux mais avec des mottes de terre.o.o.

Par Faèz

 

 

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