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La Une du n°641
La Une du n° 641
:N°641 du 27 janvier au 02 février 2010

Deux poids, deux mesures au CSC ?

Le 15 janvier dernier la présidente du CSC nous a adressé la correspondance dont la teneur suit :
Objet : Observations

Monsieur le Directeur de publication,
Dans votre parution n° 638 du 06 au 12 janvier 2010, vous avez dans l'éditorial du journal intitulé « BastaYa ! », tenu des propos discourtois.
Le journal, en faisant usage des expressions telles «...des hypocrites et des personnages de peu de foi ...» du fait de leurs opinions, est constitutif d'injure, d'invective et de mépris. Par conséquent, le journal contrevient aux dispositions des articles 109 et 113 de la loi n°56 /93/ADP portant code de l'information au Burkina Faso, et de l'article 12 de la charte déontologique des journalistes burkinabé.
Aussi, voudrais-je vous inviter à plus d'élégance et de modération dans vos propos. Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur de publication, l'expression de ma considération distinguée.

Béatrice DAMIBA
Commandeur de l'Ordre National

Aïe !?!

C’est mon oncle qui avait raison et qui a certainement encore raison ! Lorsqu’il a lu cette missive dont on peut dire qu’elle est une bien curieuse manière de souhaiter la bonne année, j’ai eu toutes les peines du monde à déchiffrer la multitude d’expressions qui ont traversé son visage. Lui, d’habitude si expressif et volubile, m’a donné l’impression d’un boxeur atteint au plexus par un magistral direct et qui, l’instant d’une seconde, le souffle court, a perdu tous ses sens. Le seul son qu’il a pu émettre a été un «aïe !» qui précédera une flopée de jurons dont je vous dispense.
J’avoue que moi-même, j’ai été dans un état second lorsque j’ai pris connaissance de la lettre et cela pour la simple raison qu’un coup de fil du CSC m’informait que la présidente présenterait ses vœux à la presse dans l’après-midi et qu’une correspondance (que je n’avais pas encore reçue) m’avait été adressée dans ce sens. J’ai donc naturellement failli ne même pas lire la lettre que je découvrais dans mon parapheur, pensant qu’il s’agissait de cette invitation ! Mal m’en aurait pris !
Tous comptes faits et à la réflexion, il n’y a pas lieu en définitive d’avoir des griefs contre cette missive, qui, dans sa forme comme dans son fond, cadre bien avec les missions du CSC et des devoirs qui sont les siens même si quelque part on a comme un sentiment d’incompréhension. Il faut dire que l’écrit incriminé, l’éditorial de notre édition N° 638, s’est voulu un tantinet décalé et une illustration de ce qu’il affirmait à savoir qu’«il ne sera pas dit qu’on se laissera insulter éternellement et impunément, étant entendu que personne ne détient le monopole de l’injure dans ce pays…». En un mot comme en cent, nous savions parfaitement où nous mettions les pieds, même si par ailleurs notre opinion reste intacte car «dire du chien qu’il aboie n’est pas une injure…» Si chacun est libre de ses opinions, pourquoi voudrait-on que certaines soient sujettes à caution et d’autres non ! Il y aurait-il du deux poids deux mesures au CSC ? Ou bien a-t-il aussi attiré l’attention des autres sur le caractère injurieux de leurs propos et qu’ils préfèrent garder ces observations sous le coude apportant encore la preuve, si besoin en était, qu’ils sont ce qu’ils sont ? Dans tous les cas, à L’Opinion, nous restons constants et disons «Basta Ya !» à tous les extrémismes et à toutes les intolérances. Personne n’a aucun monopole dans quoi que soit dans ce pays ! Certains devraient y réfléchir sérieusement avant de lancer des «fatwas» n’importe comment et pour se défouler. C’est la stricte vérité !o

Par Faèz

 

 

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