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la une du n°642
La Une du n° 642
ACTUALITE :N°642 du 03 au 09 février 2010

La gratuité des ARV
Une mesure salutaire

Dans son adresse de nouvel an 2010 à la Nation, le président du Faso, Son Excellence M. Blaise COMPAORE, a annoncé d’importantes mesures devant améliorer le quotidien de ses compatriotes. Au nombre de celles-ci la gratuité des ARV pour compter du 1er janvier 2010. Une mesure salutaire qui mettra du baume au cœur des personnes infectées et affectées par le SIDA.

Les acteurs impliqués dans la lutte contre le SIDA à l’image de Bagnoumboué BAKYONO ont salué la mesure«En matière de santé, les efforts seront poursuivis en vue d’accroître l’offre sanitaire par la réhabilitation des infrastructures existantes et la construction de nouveaux centres médicaux. La lutte contre la pandémie du VIH-SIDA sera renforcée à travers la gratuité du traitement par les antirétroviraux pour compter du 1er janvier 2010». Voilà ce qu’avait dit le chef de l’Etat dans son message et concernant la santé des populations.
Le moins que l’on peut dire est que la mesure était attendue par les Burkinabè. En effet, le commun des Burkinabè, les ONG et associations de lutte contre la pandémie, les personnes infectées, les PTF, etc. saluent tous la mesure. Nos autorités ont, d’ailleurs et ce depuis toujours, eu une pleine conscience des actions vigoureuses à mener pour l’éradication du fléau dans notre pays.
Le nombre impressionnant des ONG et associations qui évoluent avec dynamisme dans le domaine, la création en 2001 du CNLS-IST directement rattaché à la présidence du Faso, le budget 2009 d’environ 34 milliards consacré à la lutte contre la pandémie sont autant d’actes et de signes qui témoignent de cette volonté. Si les années passées notre pays n’a pas semblé manifester sa volonté de rendre les ARV gratuits pour tous, des actions étaient cependant menées dans le sens d’aboutir à cette éventualité qui ne devait être un leurre mais une réalité indiscutable.
C’est dire qu’un processus était en voie et cette année 2010 voit donc son aboutissement. En effet, la mesure est rendue possible par la réunion de plusieurs conditions : textes provisoires d’application prêts, décentralisation des centres de prise en charge, système d’approvisionnement fiable par la CAMEG, disponibilité des ressources humaines et financières, etc. En principe, les personnes infectées, suite à cette mesure, doivent pouvoir depuis le 1er janvier 2010 bénéficier des ARV sans débourser le moindre «Kopeck». Cependant, si l’opportunité et l’importance de la mesure ne souffrent d’aucune ambiguïté, des appréhensions subsistent et sont relevées par certains acteurs intervenant dans le domaine. C’est ainsi qu’il faut une plus grande sensibilisation des personnes infectées afin que celles-ci profitent de l’effectivité des implications de la mesure. Ce que d’ailleurs faisait remarquer le SP/CNLS-IST, M. André Joseph TIENDREBEOGO, après la cérémonie de présentation de vœux de son institution le 08 janvier 2010, qui avait pleinement conscience que des actions en amont devaient encore être menées pour amener les personnes infectées vers les centres de traitement. La Coalition burkinabè des organisations, associations et réseaux de lutte contre le VIH-SIDA et la promotion de la Santé (CORAB) qui regroupe environ 150 organisations burkinabè de lutte contre le VIH salue également la mesure mais souhaite qu’elle aille de pair avec la gratuité des examens biologiques. Un souhait qui sera examiné en 2010 ; tel en a décidé la IXe session ordinaire. On peut dire sans se tromper qu’avec la mesure de la gratuité des ARV, un grand bond vient d’être fait en matière de lutte contre la pandémie et nul doute que cela se constatera les années à venir en terme de recul du fléau. La situation de l’épidémie au Burkina Faso a considérablement évolué durant la dernière décennie passant de 7,17% en 1997 à 1,6% en fin 2007 selon le rapport 2008 de l’ONUSIDA. Sur 130 000 personnes infectées, on dénombre 60 000 femmes.
Avec seulement trois sites sentinelles de sérosurveillance en 1997, le pays en compte maintenant 13, preuve du sérieux avec lequel les autorités prennent le problème.o.

Angélin DABIRE

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