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la une du n°642
La Une du n° 642

ACTUALITE:N°642 du 03 au 09 février 2010

Paiement des recettes du coton
Des producteurs de Banfora passent à la Caisse

Après les régions cotonnières de Bobo, Dédougou, Houndé…, c’était au tour des producteurs de Banfora de goûter aux fruits de leur dur labeur. Une quinzaine de groupements des producteurs de coton (GPC) (16 au total) ont touché près de 150 millions de F CFA en espèces, le samedi 23 janvier 2010.

Arsène SOMDA, DR SOFITEX des CascadesC’est l’usine de la SOFITEX de Banfora qui a servi de cadre pour mener cette opération de paiement des recettes du coton aux producteurs. Présidé par le chef de la région cotonnière, Arsène SOMDA, le paiement s’est effectué en présence des membres du service financier de la SOFITEX, des producteurs concernés et la presse nationale.
Sur la table, il y a 149 millions 700 mille francs qui doivent être distribués à des habitants de la zone rurale. Ils passent devant le financier (le président du GPC et son S.G) et reçoivent directement l’argent. Avant le début effectif des opérations de paiement, le chef de la région cotonnière a expliqué aux paysans qu’il s’agissait d’une promesse de paiement que la SOFITEX se devait de tenir.
En effet, lors de la campagne cotonnière écoulée, le paiement des recettes du coton a connu des retards exagérés indépendants de la volonté de la SOFITEX qui est à son tour frappée par une crise cotonnière persistante. Lors des fora passés, ces difficultés ont été suffisamment expliquées aux producteurs. La SOFITEX avait présenté ses regrets aux producteurs suite aux désagréments subits et par la même, saluer à sa juste valeur la compréhension et la patience dont ils ont su faire preuve.

De l’argent frais pour les cotonculteurs de la région des CascadesLes équipes de la SOFITEX pendant les fora, avaient promis que cette année les choses allaient être autrement. Nombreux étaient les producteurs qui n’y croyaient pas. Ce sont eux justement qui ont été les plus surpris par cette opération de paiement des recettes du coton qui est rentré à l’usine en décembre dernier. Et selon Arsène SOMDA, l’opération est lancée et l’on n’attend plus que les fiches de paiement pour les traiter et les payer.
Une manière de dire que la balle est maintenant dans le camp des producteurs. S’ils veulent l’argent, ils n’ont qu’à faire rentrer leur production cotonnière à l’usine et patienter le temps de traiter leur dossier et l’argent est disponible.
Les producteurs qui touchent l’argent sont surpris et contents à la fois. Mais ils demandent à la SOFITEX de faire un effort au niveau du prix du coton.
«C’est bon de nous payer vite notre argent, mais nous voulons que le prix du coton monte un peu», soutient Brabi OUATTARA, le président du GPC Sababougnouman de Gbindougouni dans le département de Soubakaniandougou. Son GPC a récolté la palme d’or en s’octroyant la somme colossale de 34 millions 709 mille 400 francs.
Le secrétaire général du GPC renchérit : «Malgré mes 13 hectares que j’ai cultivés, je n’ai même pas reçu deux millions». Bêma OUATTARA, le président du GPC Takomadou Vogo de Wahirmabougou près de Loumana dans la province de la Léraba ne s’en tient pas seulement à une augmentation du prix du coton. Il exige aussi la baisse des prix des intrants et des semences. «Aujourd’hui, les dépenses du coton sont difficiles à supporter pour les producteurs», a-t-il ajouté.
L’opération s’est très bien déroulée à Banfora à la grande satisfaction du chef de la région cotonnière, Arsène SOMDA qui pense que les récoltes précoces arrangent la SOFITEX parce qu’elle permet le démarrage rapide des usines, mais arrangent aussi les producteurs qui se procurent de l’argent frais et à temps.
À cette présente campagne, la région de Banfora table sur une production totale qui va tourner entre 55 mille et 60 mille tonnes de coton graine. Largement au-dessus de la production précédente qui était de 54 mille tonnes. Pour Arsène SOMDA, la situation est meilleure que l’an passé. Il a rassuré les producteurs que le paiement va se poursuivre normalement, sans rupture.
L’un des GPC venu de Dramandougou dans le département de Tiéfora, s’est plaint de leur rendement de coton OGM. «Nous avons fait comme les techniciens ont demandé mais le rendement n’est pas meilleur que celui du coton conventionnel. C’est la dernière fois que nous cultivons ce coton-là», s’est exclamé le S.G Amadou TRAORE.
Interpellé sur la question, Arsène SOMDA pense que toute innovation a ses manquements. Pendant qu’à Dramandougou on fait un faux procès au coton OGM, ailleurs on ne jure que par cette spéculation.
Ainsi va la vie.o

Drissa KONE
Bobo-Banfora-Bobo

Que se passe-t-il à l’UNPCB ?

François TRAORE, président démissionnaire de l’UNPCBA l’occasion du lancement de l’opération de paiement des recettes du coton à Banfora, nous avons «sondé» un peu les producteurs de coton de la province de la Comoé et de la Léraba sur l’interpellation faite par 20 unions provinciales des producteurs de coton au président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina. Ces unions reprochent à François TRAORE de rester sourd aux conclusions de l’A.G du 28 décembre 2009 qui demandait d’arrêter la mise en place des groupes de production et de commercialisation du maïs (GPCM).
Ces 20 unions se désengagent de la note de service signée par le coordonnateur de l’UNPCB, demandant la poursuite de la mise en place des GPCM sans informer leurs élus. Ils disent attendre d’abord le renouvellement des organisations des producteurs de coton tel que décidé par l’A.G du 28 décembre 2009.
Comme il fallait s’y attendre, les avis sont partagés selon qu’on soit de la Comoé ou de la Léraba qui fait partie des signataires qui se sont désengagés.
Les producteurs de coton de la Comoé qui ne font pas partie des protestataires sont pour la plupart bien avertis de la question. Dès qu’on leur pose le problème, ils voient la main des «ennemis» de François TRAORE derrière. Pour eux, ce que le président de l’UNPCB a fait pour la filière, personne ne pourra l’égaler. Ils voient aux GPCM, une sorte de porte de sortie pour les producteurs de coton «en cas de cas». «Nous sommes avec François TRAORE ; il connaît mieux nos problèmes parce qu’il est avant tout un producteur modèle».
Du côté des producteurs de la Léraba, la plupart des personnes qu’on a approchée disent ne pas être au courant de cette histoire de GPCM. Mais ceux qui sont au courant sont assez amères.
«Chaque fois, on nous dit que François veut partir mais que ce sont les producteurs qui le retiennent ; à ce rythme-là, il sera notre président à vie. Notre problème c’est le renouvellement de l’UNPCB et non la mise en place des GPCM».
Les débats vont bon train et l’on espère que le bon sens va l’emporter pour éviter une division des producteurs de coton.

 

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