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la une du n°642
La Une du n° 642
ACTUALITE :N°642 du 03 au 09 février 2010

Propos d’après cérémonie d’ouverture

 

Blaise COMPAORE, président du Faso, président du CNLS-IST
Blaise COMPAORE, président du Faso, président du CNLS-IST«Je pense que pour moi c’est d’abord une double satisfaction de retrouver les membres du conseil national. Je rencontre ici des hommes et des femmes fortement déterminés à vaincre la pandémie du VIH-SIDA dans notre pays et je constate avec beaucoup de bonheur qu’il y a des résultats parce qu’il y a une stabilisation de la prévalence du SIDA au Burkina Faso, un engagement toujours énergique contre cette pandémie. Aussi nous avons encore du courage pour continuer, donner des orientations pour des actions plus fortes en 2010. C’est vrai qu’il y a toujours pour nous une préoccupation majeure qui est la prévention. Cette prévention doit s’organier davantage en direction des jeunes, des enfants. Nous devons faire en sorte que les jeunes et les enfants soient porteurs de changements dans les mentalités. Nous allons engager plus d’actions pour l’éducation sexuelle, organiser mieux les jeunes pour qu’ils comprennent l’intérêt d’avoir des comportements sains pour l’avenir de notre pays et partant de leur propre avenir. Mais il reste que sur d’autres terrains même avec la gratuité des ARV, la prise en charge des efforts reste à faire. C’est par exemple, le cas au niveau des examens biologiques qui coûtent très chers pour les patients. Mais même si nous avions les produits pour annoncer aujourd’hui la gratuité des examens biologiques, nous allons être confrontés à la question des ressources humaines parce que le suivi a besoin aussi de techniciens, des hommes et femmes en un mot des experts en la matière. C’est dire donc que nous avons toujours des défis à relever mais au regard de la mobilisation des acteurs encore réaffirmée aujourd’hui nous pouvons être assuré que notre combat ne sera pas vain».

André Joseph TIENDREBEOGO
secrétaire permanent du Conseil national de lutte contre le SIDA et les Infections sexuellement transmissibles (CNLS-IST)
André Joseph TIENDREBEOGO«Nous avons estimé pour les actions menées en 2009 dans le cadre de la lutte contre le SIDA et les IST, le bilan positif.
Nous avons essayé de prendre un certain nombre de domaines en présentant le bilan par domaine programmatique correspondant à nos axes d’interventions. Quand on fait, par exemple, le bilan de la prévention qui vient en première position, on se rend compte qu’il y a une amélioration par rapport à 2008 ne serait-ce que par exemple la couverture géographique des sites qui font les activités de prévention de la transmission du SIDA de la mère à l’enfant. Déjà les CHR et les CHU le faisaient, mais nous avons maintenant 1 150 CSPS sur 1 370 qui font cette couverture. Cela représente 84% des CSPS alors que nous étions à 803 formations sanitaires en 2008. Nous avons parlé aussi des campagnes de dépistages volontaires qui ont pu toucher près de 294 000 personnes. Ce qui est vraiment important. Nous voyons également que le chiffre des ventes des préservatifs est aussi important même s’il est en-dessous de celui de 1988. Mais comme les résultats ont été donnés au 30 septembre 2009 nous aurons certainement au 31 décembre 2010 de meilleurs résultats. Au niveau du traitement nous constatons également une augmentation du nombre de personnes sous traitement ARV.
Au 21 décembre 2008 nous étions autour de 21 000 personnes sous ARV et au 31 décembre 2009 nous nous retrouvons avec 26 448. C’est quand même une augmentation substantielle et nous pensions qu’avec ce rythme nous tendons vers l’objectif de l’atteinte de l’accès universel. Je rappelle que les besoins actuels sont exprimés autour de 49 800 personnes qui auraient besoin du traitement. Nous voyons également que les Infections sexuellement transmissibles (IST), les 100% des cas des 39 000 personnes qui ont été dépistées au cours de l’année 2009 ont été pris correctement en charge et traités. Au niveau de la prise en charge psychosociale, économique, spirituelle le nombre d’orphelins et enfants et personnes vulnérables a augmenté en termes de prise en charge. Les campagnes d’information ou de communication pour le changement des comportements ont pu toucher près de 9 millions de Burkinabè. Cela signifie que les acteurs de tous les secteurs notamment les communautaires, le secteur public avec les ministères, les provinces, les villages… tout le monde s’y est mis pour que le message passe afin que chacun puisse se protéger et protéger son prochain de la contamination. Somme toute les résultats aussi bien du point de vue de la prévention que de la prise en charge sont positifs. Il en est de même de la mobilisation des ressources. Nous avons pu mobiliser 25 milliards sur un budget prévisionnel initial d’environ 25 milliards et demi. Mais comme nous avons révisé le budget qui est maintenant à 33 milliards cela réduit le taux de mobilisation. Mais je rappelle que ces résultats sont relatifs au 30 septembre prochain et que nous aurons de meilleurs résultats au 31 décembre 2009. Les partenaires sont aussi engagés à travers le panier commun. Dans l’ensemble, même si tout n’est pas parfait, on peut s’estimer satisfait des résultats que nous avons obtenus en 2009».

Bagnoumboué BAKYONO
coordinateur national du RAJS et vice-président chargé de la communication de la CORAB

Bagnoumboué BAKYONO«Pour nous l’année 2009 même si elle a été plus ou moins satisfaisante a été une année difficile surtout avec les inondations. Il y a eu un certain nombre d’activités qu’on avait programmées mais qu’on n’a pas pu réaliser parce que les différents partenaires et donateurs amis du Burkina ont mis le focus sur la mobilisation de l’aide qui restait pour venir en aide au gouvernement et aux sinistrés. Nous étions donc obligés dans le cadre de nos activités de réorienter nos interventions sur les sites des sinistrés pour prendre en compte cette situation d’urgence. Sinon dans l’ensemble les actions qui ont été menées sont satisfaisantes surtout avec la grande annonce de la gratuité des ARV faite par le président du Faso qui va consolider la lutte contre le VIH-SIDA. Nos attentes pour 2010 c’est de voir comment on peut intégrer la santé sexuelle dans tous les programmes de lutte contre le VIH-SIDA pour nous permettre d’avoir plus d’efficacité. Que ça soit au niveau des ministères, des ONG, des entreprises, etc. si on intègre la santé de la reproduction, la santé sexuelle dans les programmes de lutte contre le VIH-SIDA, nous allons gagner beaucoup parce que le taux de croissance de notre population est lié au fait que les gens n’ont pas l’information sur comment gérer leur vie sexuelle, planifier les naissances en fonction de leur gain de leur vie familiale. On doit utiliser l’opportunité de la lutte contre le SIDA pour résoudre ce problème d’ignorance lié à la santé de la reproduction et à la santé sexuelle. Un autre défi pour nous c’est la gratuité des examens biologiques. Vous savez qu’en matière de suivi biologique, les équipements sont concentrés dans les grands centres urbains. Comment décentraliser ce suivi biologique pour permettre que la gratuité des ARV soit une réalité ? Le malade qui est sous traitement ARV s’il ne fait pas régulièrement d’examens pour mesurer l’impact du médicament risque de mourir très vite. Voilà les deux défis qui nous tiennent à cœur pour cette session».o

Angelin DABIRE

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