[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
La Une du n°645
La Une du n° 645

Retro-Rétro – Gouvernance:N°645 du 24 février02 mars 2010

Groupe parlementaire CDP
Pour une synergie d’action
entre députés, élus locaux et structures du parti

Les députés du groupe parlementaire du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) étaient en conclave du 18 au 20 novembre dernier à Tenkodogo dans le cadre de leurs premières journées parlementaires de l’année 2010. Ces journées avaient pour thème : «Mécanismes de concertation entre députés, structures du parti et les élus locaux pour une synergie d’actions».

Le présidium à l’ouverture des journées parlementaires du CDPLe déplacement des députés CDP sur Tenkodogo avait l’allure d’une campagne électorale bien orchestrée : un convoi bien escorté avec des escales bien politiques dont seul le CDP a le secret. Première escale : Koupéla où attendaient des militants mobilisés pour l’occasion. Après les salutations d’usage, les députés CDP ont rendu une visite de courtoisie au Chef de Koupéla. Les échanges avec le dépositaire de la coutume de Koupéla ont duré près d’une heure avant que le convoi ne prenne la direction de Tenkodogo où étaient également mobilisés des militants dès l’entrée de la ville. Dans la ville emblématique de Naba ZOUNGRANA, face à l’hôtel Djamou, une place forte de cette ville, un meeting a été organisé par les militants CDP pour souhaiter la bienvenue aux députés. Occasion pour le président du Groupe parlementaire, Mahama SAWADOGO, de remercier les militants pour la mobilisation avant de présenter à l’assistance le groupe parlementaire et le travail qu’il fait à l’Assemblée nationale. Mahama SAWADOGO en a profité pour inviter les uns et les autres à rester mobilisés pour la bataille électorale à venir, c'est-à-dire la présidentielle.
Dans la soirée, les élus CDP ont rendu des visites de courtoisie aux autorités coutumières et religieuses de la ville de Tenkodogo. Chez le roi de Tenkodogo, Naba Saga, ancien député, le Groupe parlementaire a eu droit à des échanges fructueux. Le roi a souhaité que les députés CDP réfléchissent sur le rôle et la place de la chefferie coutumière dans l’architecture institutionnelle de notre pays. Les visites de courtoisie ont pris fin au domicile du gouverneur de la Région du Centre-Est, Siméon SAWADOGO.

Désormais les députés CDP seront évalués en fonction de ce qu’ils auront fait l’Assemblée et dans leurs circonscriptionsLa cérémonie d’ouverture des journées parlementaires a eu lieu, le 19 février 2010 dans la «salle du 8 mars de l’hôtel Djamou» en présence des autorités politiques, administratives, coutumières et religieuses de la province du Boulgou, avec à leur tête le gouverneur de la Région, Siméon SAWADOGO. Dans son discours à la cérémonie d’ouverture, le Maire de Tenkodogo, Alassane ZAKANE, par ailleurs, secrétaire provincial du CDP, a salué le choix de sa ville pour cette première rencontre de l’année 2010 des députés CDP. Parlant du thème de ces journées, le maire dira : «Le thème retenu pour ces journées est bien révélateur de la volonté des dirigeants de notre parti à conjuguer les efforts de tous pour plus de fonctionnalité et surtout de victoire prochaine. Cet objectif ne peut être atteint que dans la concertation et la synergie d’actions entre les acteurs du parti. En effet, l’élu local ou national constitue à la fois un acteur et un vecteur dans le processus de décentralisation et conséquemment de renforcement de la démocratie dans notre pays. Les efforts de l’un doivent être relayés nécessairement par ceux de l’autre pour une efficacité d’ensemble»
Abordant la question de l’opération d’enregistrement gratuit d’actes de naissance, le maire fera remarquer que le cumul des enregistrements des jugements déclaratifs de naissance dans la province, de mai 2009 à janvier 2010, s’élève à 92 600 personnes soit un taux de 66,32% et à la date du 18 février dernier la délivrance des copies d’actes de naissance a atteint 94,02%. Par la voix du Secrétaire provincial du CDP, les militants de la province ont réitéré leur engagement à se mobiliser pour les échéances électorales de cette année.
«Les échanges entre les députés et les élus locaux (conseillers municipaux, maires, présidents de conseils régionaux) sont d’une part, une occasion de rapprochement des points dévolus et des propositions nécessaires au renforcement de la marche irréversible vers une décentralisation intégrale. Ces mécanismes de concertation peuvent permettre aux maires et aux députés d’harmoniser leurs points de vue sur certaines questions d’intérêt national pour l’épanouissement des populations à la base», dira Mahama SAWADOGO, le président du Groupe parlementaire dans son allocution d’ouverture des journées et relativement au thème. Pour le président SAWADOGO, les députés CDP de par leur dynamisme, la pertinence de leurs analyses et leurs positions politiques assurent efficacement leurs missions tant au sein de la représentation nationale que dans l’animation de la vie politique nationale ; ils sont dans les structures du parti et permettent, par les actes qu’ils édictent, de mettre en œuvre le programme présidentiel dont le parti est garant. Abordant la question de l’élection présidentielle à venir, le président du Groupe dira que pour son parti, le CDP, la devise est : Transparence et vérité des urnes et que le meilleur gagne. Actualité oblige, le président du Groupe parlementaire CDP est revenu, dans son discours, sur la situation en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Togo et a salué les efforts du président du Faso dans ses médiations. Du coup d’Etat au Niger, Mahama SAWADOGO dira qu’il place la communauté internationale dans un dilemme : celui de choisir entre deux natures de coup d’Etat à savoir le coup d’Etat constitutionnel et le coup d’Etat militaire.
Vers une évaluation du député CDP
Après la cérémonie d’ouverture, les députés CDP se sont retrouvés à huis clos autour des mécanismes de concertation entre députés, structures du parti et élus locaux pour une synergie d’actions, du guide de l’élu CDP, de la lettre de mission du député et de la fiche d’évaluation du député CDP.
Pour une concertation permanente du groupe parlementaire avec le Bureau exécutif national (BEN) du parti, les élus ont proposé des réunions périodiques une fois toutes les deux semaines et la possibilité de saisine du BEN par le président du Groupe. Pour ce qui est des mécanismes de concertation entre les élus nationaux, les élus locaux et les structures du parti, il a été proposé dans chaque circonscription, deux rencontres annuelles entre les élus locaux, les bureaux de la section, des sous-sections et les députés pour les informer des délibérations du Parlement. Ces rencontres devraient se tenir au chef-lieu de province un mois au plus tard après la clôture de chaque session. Pour ce qui est du guide de l’élu CDP, le député devrait observer des obligations aussi bien sur le plan du travail parlementaire, du travail en circonscription qu’au plan de l’animation politique. Ainsi sur le plan parlementaire, le député doit s’approprier le contenu de la Constitution, comprendre l’exposé de motifs des projets et propositions de loi, étudier les rapports des commissions générales, s’investir dans la compréhension des questions régionales et internationales, prendre la précaution de signer une procuration en cas d’absence aux plénières pour que son vote soit comptabilisé. «Sur le plan du travail dans sa circonscription, le député doit s’organiser pour être suffisamment présent dans sa circonscription, élaborer une stratégie de communication en vue de rendre plus visibles ses actions, s’informer des projets et programmes de développement qui s’exécutent dans la circonscription et suivre leur évolution, rendre visite aux autorités et disposer d’un lieu où les électeurs pourraient le rencontrer». Toujours selon les conclusions des travaux, le député CDP doit s’informer quotidiennement sur la vie politique, économique et sociale au niveau national et local. Il doit aussi s’approprier les positions officielles du parti et du groupe.
La lettre de mission du député CDP énumère un certain nombre d’obligations tant à l’hémicycle que dans les circonscriptions. Les activités à l’hémicycle impliquent la participation du député aux travaux en commissions, à la confection de la loi… Quant aux activités du député en circonscription, elles se résument aux visites des chantiers en exécution, le suivi des projets et programmes en exécution dans la circonscription, la participation aux activités du parti, la collaboration avec les organisations de la société civile et la solidarité avec les populations lors des grands événements dans la circonscription. Le député CDP peut également organiser des activités socioculturelles et sportives. Au regard de la lettre de mission, une fiche d’évaluation sera établie. Chaque député devra fournir un rapport d’au plus deux pages sur sa prestation. Au titre des activités en circonscription, le rapport doit être fait sur les activités menées en concertation avec les élus de chaque circonscription et sur les activités initiées et entreprises individuellement par chaque député. Les rapports sont déposés auprès du bureau du Groupe parlementaire pour examen, six mois avant la fin de la législature pour permettre au président du groupe d’établir un rapport général d’évaluation de la législature pour le Bureau exécutif national.
Après ces conclusions, fruits des échanges entre députés, les élus CDP ont rencontré les responsables des structures du parti pour des entretiens (les bureaux de sections, sous-sections, unions nationales, structures spécifiques, conseillers …). Ces échanges ont surtout concerné les difficultés que rencontre le CDP sur le terrain. A l’issue des échanges, les centres d’intérêt relevés sont entre autres, l’absence de femmes députés et maires dans la province, la difficile collaboration entre la mouvance présidentielle et le CDP lors des joutes électorales, l’insuffisance de concertation entre les députés et leur base une fois élus…
Les députés CDP à l’issue de leurs travaux ont adopté une motion de remerciement et deux résolutions. La première sur la concertation entre le groupe parlementaire, les élus locaux et les structures du parti et la deuxième sur la campagne présidentielle.
Le président du Groupe parlementaire dans son discours de clôture de ces journées dira que les résultats des travaux sont d’une grande richesse pour la conduite des leurs actions à venir. «En cette année électorale, l’importance d’un tel thème n’est plus à démontrer car aucune victoire électorale ne peut être engrangée sans cohésion et sans synergie d’actions. Les débats menés aussi bien avec les bureaux des sections et des sous-sections, les unions nationales et les structures spécifiques qu’avec les conseillers de notre parti se sont tenus dans la courtoisie, l’esprit de camaraderie et de franchise, valeurs cardinales à la consolidation de notre parti», foi de Mahama SAWADOGO, président du Groupe parlementaire CDP.
Si on s’accorde sur le fait que les députés, les élus locaux et les structures de base du CDP travaillent pour le même objectif, c’est-à-dire la mise en œuvre du programme présidentiel, on ne peut que saluer le choix du thème de ces journées et souhaiter que les conclusions servent à impulser une véritable synergie d’actions pour la réussite de la mission assignée à chaque acteur.o.

Ben Alex BEOGO

 

Des députés se prononçent sur les travaux et le coup d’Etat au Niger

A l’issue des travaux, quelques députés ont accepté s’exprimer sur le thème et les conclusions de ces journées parlementaires. Actualité oblige, certains se sont prononcés sur le coup d’Etat au Niger.

Salif TIEMTOREIl s’est agi pour nous de nous asseoir, de réfléchir et de voir quels peuvent être les mécanismes que nous pouvons mettre en place pour une meilleur concertation entre nous, les élus locaux et les structures du parti. C’est ce qui nous manquait. Avant le député, les élus locaux et les structures du parti travaillent chacun de son côté. Et vous savez que lorsqu’il n’y pas de coordination, il peut à un moment donné, avoir conflit et donc mésentente, alors que nous travaillons pour un même parti, pour un même objectif. Nous sommes dans une année électorale, il s’est aussi agi de voir ce que nous pouvons faire pour assurer une victoire éclatante à notre candidat. L’autre aspect est que nous avons arrêté une feuille de route du député qui va constituer comme une lettre de mission pour le député. Nous avons aussi réussi à sortir une fiche d’évaluation du député CDP et un guide d’action du député CDP. Nous avons pris aussi des résolutions devant nous permettre de nous engager pleinement aux côtés des élus locaux et les structures du parti pour une synergie d’actions sur le terrain. Nous devons aussi participer à l’animation de la vie politique nationale. A partir de maintenant nous devons être plus percutants, être plus présents que sur le terrain et communiquer de plus en plus et il ne faudrait pas que ce soit les premiers responsables qui s’expriment. Nous devons être tous en mesure de répondre à toutes les questions qu’on nous pose. Et pouvoir en tout temps et en tout lieu défendre les positions du parti. Nous allons passer à l’offensive et nous invitons les journalistes à aller vers les députés, vers nos responsables pour les amener à s’exprimer. Nous avons aussi retenu que dans toutes situations, il faut le dialogue et la concertation.
Sur le coup d’Etat au Niger, je dirais que partout où il y a frictions, conflits, il faut nécessairement le dialogue. Le président TANDJA a refusé le dialogue et ce qui devrait arriver est arrivé. C’était d’ailleurs prévisible.

Mélégué TRAORE Je suis reparti au Niger en décembre passé au compte de l’Union interparlementaire pour rencontrer les autorités, parce que comme vous le savez, on avait emprisonné un certain nombre de parlementaires. Nous avons rencontré le président de la République, le gouvernement, le ministre de la Justice. J'ai également eu plusieurs rencontres avec les députés de l’opposition et les nouveaux députés qui avaient été élus en octobre. C’est donc une situation que je connais assez bien et je peux en tirer deux ou trois réflexions : Premièrement, il est évident que la constitution doit être respectée. Au Niger, nous étions arrivés à une situation de cristallisation avec des positions très nettes. Pour le président de la République, il n’y avait pas de crise et il le disait ouvertement. De toute évidence, ce n’était pas raisonnable de le dire. Pour l’opposition, la constitution d’Août qui instituait la 6e république ne peut pas être reconnue. La CEDEAO a essayé de réconcilier les positions. Mais la cristallisation était telle que beaucoup de gens au Niger pensaient que ç’allait se terminer par un coup d’Etat. C’était une opinion très répandue à Niamey… il faut donc faire très attention et ne pas écrire dans les constitutions des choses qu’on ne pourra pas respecter. Il se trouve qu’au Burkina Faso les dispositions qui concernent l’impossibilité de réviser ne porte pas sur l’article 37. Ce qui veut dire en principe que c’est ouvert. Les positions que les uns et les autres prennent actuellement ne sont pas des positions juridiques. Vous ne pouvez pas avoir une constitution où on dit qu’on ne peut pas changer, ce n’est pas possible. Les positions que nous avons actuellement sont des positions politiques. Nous n’avons pas le même type de blocage juridique qu’au Niger. Dans le cas du Niger, une disposition de la constitution était bafouée et TANDJA disait que comme, il ne peut pas changer, la solution était de mettre la constitution de côté et de faire une autre constitution. Au Burkina, le problème n’est pas de nature juridique, il est politique.

Jacob OUEDRAOGOCes journées parlementaires ont été une occasion de faire le diagnostic, voir ce qui ne va pas et asseoir des mécanismes pertinents pour promouvoir le dialogue. Nous repartons satisfait des échanges, et nous pensons qu’au niveau de la direction du parti, au niveau des élus locaux et des responsables des structures chacun sera réceptif par rapport aux conclusions des travaux pour qu’ensemble nous puissions travailler au renforcement de notre parti et ces actions sur le terrain. Nous savons que le député a un mandat national pour pousser les uns et les autres aux résultats, il ya la fiche d’évaluation du député qui a été instituée. Il appartient donc à chaque député de s’organiser pour pouvoir faire quelque chose sur le terrain. Et la contribution des uns et des autres permettra de donner une visibilité à l’action du député sur le terrain. Vous savez que la jeunesse de notre expérience démocratique fait que les missions du député ne sont pas bien comprises. Il ne s’agira pas de noter les députés mais ce sera une évaluation de façon collégiale pour voir ce que les députés du parti auront apporté, à notre expérience démocratique d’une part ; et au développement de notre pays d’autre part.

La situation au Niger est davantage préoccupante
Le coup d'Etat intervenu, met fin à la médiation de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, la CEDEAO.
Mahama SAWADOGOLe coup d'Etat place la communauté internationale devant un dilemme : celui de choisir entre deux natures de coup d'Etat à savoir le "coup d'Etat constitutionnel" et le coup d'Etat militaire.
Mais quels enseignements peut-on tirer de la situation de crise politique dans un pays ?
-Le premier et le plus évident c'est qu'en refusant l'arbitrage du peuple comme voie de solution de cette crise, on crée objectivement des conditions pour un arbitrage de l'armée et cela en défaveur de la classe politique toutes tendances confondues et évidemment du peuple citoyen.
-Le second mais le moins évident, c'est que plus qu'aujourd'hui qu'hier on ne saurait faire de la politique uniquement avec des principes ; il faut y ajouter une certaine dose de pragmatisme. En effet, de nos jours où les créatures divines mêmes sont génétiquement modifiées par l'homme il faut admettre que les créations humaines le soient aussi. Ceci pour dire que la pureté des systèmes politiques, en l'occurrence celle de la démocratie doit être un idéal à poursuivre et non une réalité à construire tout de suite et maintenant.
En terme plus simple, il nous semble que sur le plan éthique, "le coup d'Etat constitutionnel" peut être justifié en le considérant comme un des moments des faux pas de la démocratie qu'on constate malheureusement dans le long et très long processus d'édification de la0 démocratie.
En revanche, le coup d'Etat militaire ne saurait aucunement être justifié par les militants de la démocratie. Du reste, une telle justification serait un blanc seing offert aux potentiels putschistes militaires et civils dans tous les pays démocratiques en édification.o

Ben Alex BEOGO

 

 

 

 Haut

 

 Haut

 

.

 

 

 

 Haut

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé