[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
La Une du n°647
La Une du n° 647
NATION :N°646 du 03 au 09 mars 2010

Ouverture d’un consulat général du Burkina à Libreville
Fin de galère pour nos compatriotes !

Le Conseil des ministres du 24 février dernier au titre du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, a examiné et adopté un décret portant ouverture d’un consulat général du Burkina Faso à Libreville au Gabon. Selon le Conseil des ministres, cette nouvelle représentation permettra un meilleur suivi des intérêts des ressortissants burkinabé vivant au Gabon et une dynamisation de la coopération bilatérale. Une décision gouvernementale qui sera, sans doute, saluée à sa juste valeur par «nos parents» vivant au pays d’Ali BONGO au regard des nombreux problèmes qu’ils rencontrent dans ce pays, faute d’une représentation diplomatique digne de ce nom.

Adama YAMEOGO, un opérateur Du 14 au 17 juin 2009 nous étions à Libreville à l’occasion des obsèques du président Omar Odimba BONGO. Profitant de ce voyage présidentiel, nous avons voulu savoir comment vivent nos compatriotes au Gabon et quelles sont les problèmes qu’ils y rencontrent. Nous avons donc échangé avec plusieurs d’entre eux, allant de l'opérateur économique au Burkinabé lambda vivant à Libreville. Nos échanges nous ont permis de comprendre que les Burkinabé du Gabon avaient de sérieux problèmes pour avoir des documents administratifs, malgré la présence d’un consul honoraire. Pour certains leurs vrais problèmes, c’est d’ailleurs le consul, un Français du nom de Philippe CHANDAIZON. A propos de ce consul, nous avons posé la question suivante à M. YAMEOGO Adama, grand opérateur économique bien connu au Gabon.

Alain Bédouma YODA, ministre des Affaires EtrangèresLe Burkina a un consul à Libreville ici. Quelle appréciation faites-vous de son travail en faveur des Burkinabé résidant au Gabon ? Réponse de M. YAMEOGO : «Bon ! Je n’aime pas juger les gens, mais c’est difficile. Le consul n’est jamais là. Il n’a pas le temps ; il est toujours absent, donc quand on a besoin de lui, c’est difficile. Vraiment les Burkinabé au Gabon ne sont pas contents de lui, certains ne l’ont jamais vu. Par exemple depuis deux ans nous sommes bien organisés et nous célébrons chaque année la fête de l’indépendance, mais le consul n’est jamais là, il ne vient pas à la fête. Et ça fait mal aux Burkinabè. Il est censé être le premier des Burkinabé et il n’est jamais là». Profitant d’ailleurs du séjour du président du Faso, les Burkinabé de Libreville se sont entretenus avec lui sur le problème du Consul. «Nous avons échangé avec le président sur le problème du Consul. Il a pris bonne note et je pense qu’il va agir», nous avait dit M. YAMEOGO à l’issue de leurs échanges avec le président du Faso. L'Etat avait effectivement promis de trouver une solution avec le ministre des Affaires ètrangères, Alain Bédouma YODA. Moins d’un an après cette promesse, on peut dire que la solution est trouvée avec l’ouverture prochaine du Consulat Général à Libreville, une décision du conseil des ministres qui est sans conteste un ouf de soulagement pour les nombreux compatriotes vivant au Gabon. Chose promise, chose due donc pour le président du Faso.o

Idriss BIRBA

Election présidentielle 2010
Maxime KABORE, le candidat venu d’Outre-mer

Le 21 novembre prochain, les Burkinabè vont se choisir un nouveau président. A quelques mois de l’échéance, des ambitions s’aiguisent. Après Me Bénéwendé Stanislas SANKARA investi depuis des lustres par son parti, l’UNIR/PS, c’est de la lointaine Belgique que la seconde candidature nous est venue.

Alléluia ! La démocratie burkinabè se porte bien et sa vitalité se ressent au-delà des continents. Si bien que de Liège, en Belgique, Maxime KABORE a entendu l’appel de la patrie. Pasteur de son état, l’homme pense pouvoir être un bon berger pour le peuple burkinabè. Pour donner un aspect plus concret à sa candidature, il a animé un point de presse, le 25 février dernier au CENASA. L’homme de Dieu qui a soutenu ne pas se tromper de chemin, a justifié sa candidature par le fait que les choses ont besoin d’être changées au Burkina. Bien que vivant loin du pays depuis 14 ans il est suffisamment informé de la situation du pays pour prétendre exercer les plus hautes fonctions de l’Etat. Et comme les dispositions règlementaires permettent les candidatures indépendantes, KABORE a donc décidé de se présenter. Il se dit confiant de sa victoire au soir du scrutin même s’il doit encore franchir l’obstacle du parrainage. Ce qui n’est pas gagné pour quelqu’un qui n’a aucune base partisane. Ce qu’il a à faire de son «naam» en cas de succès, l’homme de Dieu refuse d’en dire plus quoi que ce soit pour l’instant. Il ne veut pas permettre à ceux qui n’ont pas d’idées de plagier ses trouvailles.
Maxime KABORE est-il un simple accompagnateur ?
Quoi qu’il en soit, la candidature de Maxime KABORE est un petit événement dans la vie de la 4e République. En quatre scrutins depuis l’adoption de la constitution, le 1er juin 1991, c’est la première fois qu’un candidat indépendant va compétir. Il refuse d’ailleurs d’être présenté comme un accompagnateur pour rendre plus probable la victoire. Quand la presse s’inquiète qu’après quatorze années passées en Belgique, il n’ait pas une base politique, en dehors de ses cercles d’amis, capables de soutenir son projet, il se met sur ses quatre chevaux. Pour lui, les Burkinabè ont besoin de changement et il est venu le leur apporter. Comment apporter ce changement avec son inexpérience politique ? KABORE qui semble sûr de son élément ne trouve même pas de baromètre pour mesurer ce handicap. «Je suis inexpérimenté par rapport à qui ?», rétorque-t-il simplement. Une formule lapidaire qui peut ressembler à une fuite en avant. Quel que soit son argumentaire, il a tout à prouver sur le plan politique au Burkina et surtout sa capacité à assumer la fonction suprême. Le retour à la démocratie date de 1991 et lui n’est apparu que cette année. Il a peut-être des dons pour les questions religieuses, mais l’homme de Dieu sait bien qu’il traîne des handicaps dont le principal est l’éloignement du pays. Il est à parier qu’ils ne sont pas nombreux les Burkinabè qui ont entendu parler de lui avant sa déclaration de candidature.
On peut tout de même se réjouir que les Burkinabè vivant à l’étranger s’intéressent à la vie publique de leur pays, mais de là à prétendre « vite-vite » à la magistrature suprême, il y a une ligne qu’il ne saurait franchir. Avant lui, Pierre Claver DAMIBA alors en poste à l’étranger avait voulu porter les couleurs de la CNPP/PSD en 1991. Il a fini par y renoncer. Or, M. DAMIBA était bien connu du monde politique pour avoir été ministre du Plan dans le gouvernement de Sangoulé LAMIZANA à la fin des années 60. On peut aussi citer le cas de Ram OUEDRAOGO en 1998. Connu alors pour être un impresario, il avait aussi surpris l’opinion en se présentant aux élections présidentielles sous les couleurs d’un parti écologiste. Il a échoué et depuis lors il continue de tenter sa chance. Plus près de nous, son alter ego togolais Koffi YAMGNAME s’est cassé tout seul la figure dans sa tentative de conquérir le fauteuil présidentiel de son pays d’origine. L’ancien secrétaire d’Etat français à l’Intégration sous François MITTERAND a fait figurer deux dates de naissance différentes dans son dossier de candidature à l’élection du 4 mars 2010. Il est maintenant le porte-parole de Jean-Pierre FABRE le candidat de l’Union des Forces du Changement (UFC) de Gil Christ OLYMPIO.
Maxime KABORE doit beaucoup travailler pour enlever de l’esprit de bon nombre des électeurs le caractère plus ou moins aventuriste qui colle à sa candidature. Mais les voies de Dieu sont impénétrables et le pasteur a promis de s’expliquer plus longuement sur ses intentions et surtout sur son programme. Une onction de l’Esprit saint lui sera sans doute nécessaire pour s’installer au palais de Kossyam au soir du 21 novembre 2010.o.

Ahmed NAZE

 

 

 

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé