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La Une du n°647
La Une du n° 647
RETRO-SPORTS :N°646 du 03 au 09 mars 2010

Championnat national de D1 : 10e journée
L’AS SONABEL reprend sa marche

Le club des Electriciens a inscrit sa trajectoire dans le championnat 2009-2010 de football sur le mode tout ou rien. Il en est à sept succès pour deux défaites. Défaites qui avaient semblé couper sa marche amorcée en fanfare dans le présent marathon du Faso foot. Depuis trois matches, l’AS SONABEL est à nouveau abonnée au succès. Sa place de leader ainsi acquise se consolide de journée en journée.

Sortie de la deuxième division, nul n’aurait pensé que l’AS SONABEL en serait là à presque mi-parcours de la saison. Leader après dix matches, elle confirme à chaque sortie que sa position est loin d’être un fait du hasard.
En accueillant vendredi dernier le Bouloumpoukou sports de Koudougou, elle a pu éviter ce piège en s’imposant, certes par la plus petite marque 1-0, mais c’est toujours trois points précieux de pris. On le remarque au fil des matches, qu’aucune opposition n’est facile. Les équipes sont très proches les unes des autres et ce moindre relâchement peut coûter cher.
On en veut pour preuve, la grosse difficulté qu’a éprouvée le RCK pour arracher le nul face à Bobo Sports qui après deux défaites de rang essaie de revenir dans la course. En marquant en premier et s’appuyant sur son secteur défensif, très solide en début de saison, celui qui fut éphémère leader a mené la vie dure aux Cheminots. Ce n’est que dans les ultimes moments de cette rencontre, que le RCK a réussi la fonction et, bien entendu, à éviter ainsi une défaite qui aurait laissé des séquelles. C’est une formation cheminot qui depuis près de cinq journées, ronronne son football. Elle était partie sur des chapeaux de roue, mais a commencé sans raison apparente à balbutier ses représentations et partant à faire du surplace.
C’est un point pris important en attendant son match en retard contre la référence actuelle, l’ASFA-Y. Ce type de confrontation est de nature à fédérer et partant à relancer une machine pour l’heure un peu grippée. Le RCK peut en cas de résultat positif relancer sa saison ou au cas contraire, continuer à ramer comme il le fait actuellement.
Une autre formation pour laquelle on se pose beaucoup de questions est, sans conteste, le RCB. Place forte du football à Sya, personne ne reconnaît le Racing club qui en dix matches, n’a pu, en remporter que deux seulement dont le deuxième en date, lors de cette journée 2-1 face à l’US Yatenga. Une victoire qui lui permet de gagner un rang en passant de la 11e place à la 10e avec 11 points sur 30 possibles. C’est dire si le RCB se cherche.
Autant le dire, le football dans la capitale économique n’est plus ce qu’il était. Exit l’ASFB, exit l’USFRAN deux formations qui ont été chez nous des monuments. Elles végètent en deuxième division d’où elles ne parviennent pas à s’extirper, même si la loi fédérale qu’on sait, avantage les équipes de province à leur détriment.
Le RCB, tel qu’il est actuellement, tant sur le plan comptable que sur celui de son articulation peut se retrouver en leur compagnie. Sinon, il devra changer beaucoup de choses parce qu’on l’aura remarqué, le passé ne signifie plus la garantie de maintenir son standing. Et un RCB en D2 ferait vraiment désordre pour la réputation de notre élite du football.o

Résultats de la 10e journée

USFA – Sourou = remis
ASFA-Y – EFO = remis
SONABEL – BPS = 1-0
RCK – Bobo Sports = 1-1
RCB – USY = 2-1
SSCB – USCO = 1-2
ASK – Maya = 0-0

Programme de la 11e journée
Samedi 6/03/2010

Stade Municipal
16h 00 = EFO – SONABEL

Stade Sangoulé LAMIZANA
16h 00 = Sourou – ASFA-Y

Stade Banfora
16h 00 = USCO – USFA

Stade Ouahigouya
16h 00 = USY – SSCB

Stade Wobi
16h 00 = RCB – ASK

Stade Koudougou
16h 00 = BPS – RCK

Dimanche 7/03/2010
Stade Wobi

16h = Bobo Sports - Maya

Idriss SEMDE

Coupes africaines des clubs
L'USFA à la trappe

Le deux sur deux n'a pas eu lieu. Si l'ASFA-Y a largement justifié le résultat de son match aller au Gabon, en l'emportant dimanche 4-1 face au Stade Madji, l'USFA avant elle, a chuté samedi 0-1 contre le Séwé sports de San Pedro. Une défaite logique, vu l'indigence affligeante du jeu livré par la formation militaire.

A aucun moment, durant les quatre-vingt-dix minutes, l'USFA ne s'est mise en situation de l'emporter. C'est une équipe du Séwé qui a géré, comme dans un fauteuil ce match retour, quand après le résultat de 21 de l'aller, il y avait un espoir de croire en la qualification du représentant burkinabè.
Las, les militaires ont été transparents, incapables qu'ils ont été de hausser leur niveau de jeu, évoluant à un rythme qui ne saurait permettre de faire la différence. On a peine à comprendre comment une formation occupant fréquemment une place dans le top cinq du Faso foot peut produire une telle réalisation. Elle manquait cruellement de volume d'envergure et pire encore de technicité.
Trop dépendant de son collectif, aucun joueur en effet ne tranche pour pouvoir faire la différence individuellement, l'USFA n'a pas pu se mettre en valeur devant une organisation rigoureuse du Séwé. On en vient alors forcément à se poser des questions. Que se passe-t-il dans la découverte des talents au Burkina ? Comment une nation peut autant se trouver en manque d'individualités marquantes, au point que les spectateurs se rendent au stade sans enthousiasme ?
L'USFA a été si transparente, si loin de son adversaire, qu'elle aurait pu jouer des jours durant sans parvenir à inverser le résultat du match aller. Et pourtant ! Bien que l'équipe ivoirienne ait maîtrisé son sujet, elle n'avait rien d'une foudre de guerre. La différence se trouve dans son articulation d'ensemble, dans un investissement plus fort et plus déterminé et de façon épisodique dans quelques éclairs de jeu d'équipe mettant à mal le système de défense de l'USFA.
Au finish, il n'y a rien à dire sur le fait que les Ivoiriens continuent la campagne, pendant que l'USFA devrait méditer sur ses nombreux manques, ses limites et ses insuffisances. L'impression générale laissée impose à nos clubs de se mettre au travail plus que jamais.
Heureusement qu'il y a l'ASFA-Y pour redorer un week-end engagé sur une note plutôt sombre. Mais on remarquera aussi, que le club champion en titre brille de mille feux parce qu'il compte dans ses rangs des joueurs non burkinabè. Les Ghanéens Mandela Occasey et autre Solomon ASSAUTE tirent vers le haut par leur sens du contre-pied, leur culot, leur capacité à prendre le jeu en charge. Sur le strict plan de la valeur intrinsèque individuelle, ils sont au-dessus du lot. Le talent individuel, denrée rare au Faso est ici compilé par les feux follets venus du pays Ashanti.
Avec ces joueurs-là, l'ASFA-Y peut voyager loin. Leur influence est tout simplement donné par un chiffre qui se passe de tout commentaire. Sur les six buts inscrits par l'ASFA-Y, cinq portent leurs griffes. Depuis qu'ils sont là, les Jaune vert ont atteint une autre dimension. Ce n'est plus la formation quelconque qui a failli jouer il y a quatre saisons, le barrage pour conserver sa place dans la division d'élite.
Cette qualification de l'ASFA-Y est d'autant plus une bonne nouvelle qu'au tour suivant, elle devra en découdre avec l'Espérance Sportive de Tunis. Ce grand club tunisien fait partie du gotha des clubs africains qui jouent très fréquemment les premiers rôles. Face à ce calibre supérieur, l'ASFA-Y peut gagner gros. En cas de qualification contre un tel adversaire, elle va se donner, mieux que des certitudes, de vraies garanties pour cette saison 2010 de coupes d'Afrique.
Il s'agit, en somme, de ce type de rencontres capable de décomplexer notre football sur sa capacité à participer au grand huit.
Cette phase qui se déroule en deux poules de quatre équipes chacune et que le Burkina Faso ne rêve même pas d'accéder de sitôt. Avec cette ASFA-Y, une telle éventualité devient de l'ordre du possible. Surtout que l'Espérance ne brille pas actuellement de la forme qui fait d'elle une équipe respectée et crainte sur le continent.
Tout est donc du domaine de ce rêve caressé depuis l'institution de la champions leader et en passe avec l'ASFA-Y de devenir réalité.
Nous croyons le champion actuel suffisamment décomplexé pour réaliser ce rêve qui peut agir en déclic pour tous les autres et leur indiquer la voie à suivre. A savoir que les apports de joueurs extérieurs pour bonifier un groupe sont nécessaires. Le tout est de faire venir des joueurs capables de constituer un plus. Avec ces Ghanéens, il est évident que cette dimension d'équipe capable de voyager est atteinte par les protégés de la princesse.
En attendant cette opposition ASFA-Y-Espérance, la victoire de 4 à 1 mérite d'être saluée à sa juste valeur. En s'imposant aussi largement, la manière en prime, elle peut se dire que cette année, rien ne doit lui paraître inaccessible. A condition bien entendu, d'avoir cette confiance, mais en sachant rester humble en respectant tous les adversaires, comme elle a su le faire face au stade Madji.
En tous les cas, elle vivra pas bien loin s'il advenait que le résultat acquis de 6 à 1 sur les deux matchs, soit interprété comme une fin en soi. Il faut espérer que non.o

Idriss SEMDE

 

 

 

 

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