[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
la une du n°647
La Une du n° 647

ACTUALITE :N°647 du 10 au 16 mars 2010

Journée nationale du paysan
Dialogue franc et direct entre le président du Faso et les producteurs

La 14e Journée nationale du paysan a pris fin le 5 mars à Ziniaré avec la rencontre entre le président du Faso et le monde paysan. Le parc animalier a servi de cadre à cet important évènement.

Le président du Faso a d’abord visité les stands d’exposition des producteurs avant d’échanger avec eux.«Avant de parler de l’eau, de l’agriculture, je voudrais qu’on puisse parler de la terre. Car si nous n’avons pas pris conscience que la terre est un être vivant comme nous et qu’il faut la protéger, prévoir notre avenir avec la vie de la terre, avec sa capacité qu’elle peut nous donner pour faire notre agriculture, l’élevage…., nous faisons fausse route» a dit d’entrée de jeu le président du Faso. Des propos qui sonnent comme un appel impérieux à la sauvegarde de la terre et viennent confirmer son engagement en faveur de la protection de cet outil précieux de production qu’est la terre. Le président du Faso, malgré la lourde charge qui est la sienne, est resté collé à la terre. Il a une exploitation agricole et le Parc animalier qui a abrité les débats est aujourd’hui le plus grand zoo du Burkina. C’est la raison pour laquelle Blaise COMPAORE est à l’aise quand il s’exprime sur le sujet. Il a exhorté les paysans à respecter l’environnement La rareté des pluies et tous les autres écueils affairant à la mauvaise exploitation de l’environnement doivent pousser le monde paysan à réfléchir longuement sur les méthodes d’exploitation de nos ressources. «Si nous aimons le pays, sauvegardons la terre pour les générations futures». C’est tout dire.

Le jeu de questions-réponses
Entre Blaise COMPAORE et les paysans, les propos sont francs et directs. Les échanges ont tourné autour de la maîtrise de l’eau avec la construction et la réhabilitation des anciens barrages, l’accès aux micro-crédits et la création d’une banque agricole, la valorisation des produits forestiers, la promotion de la production animale, l’accès aux nouvelles technologies de production et aux médias publics. Le Premier ministre Tertius ZONGO qui a été interpellé a laissé entendre que son équipe fournit beaucoup d’efforts pour le monde agricole. 7 600 tonnes de semences améliorées ont été mises à la disposition des producteurs. Ce qui équivaut à un investissement de quatre milliards et demi de FCFA. Huit milliards ont été dépensés pour acquérir 23 375 tonnes d’intrants revendues à prix social. La filière-coton a en outre englouti plus de 20 milliards de FCFA pour sa relance. Les autres membres du gouvernement sont intervenus pour donner davantage de précision sur des sujets donnés. A l’issue d’un franc-parler qui a duré bien longtemps, le président du Faso a qualifié le forum de très enrichissant et de réconfortant.

Le hic de l’organisation
La Journée nationale du paysan comme son nom l’indique est dédiée à la frange agropastorale qui représente 80% de la population. Mais du fait de la très forte implication de l’Administration, les premiers concernés se sentent très peu utiles. Des voix s’élèvent de plus en plus pour exiger une appropriation de la journée par les paysans. Devant le chef de l’Etat, le président de la Confédération paysanne du Faso Bassiaka DAO est allé droit au but. «La JNP est d’abord et avant tout, l’affaire de nous paysans. C’est pourquoi nous réclamons que l’organisation de la JNP, pour les éditions à venir soit entièrement confiée aux organisations professionnelles agricoles mobilisées au sein de la Confédération paysanne du Faso et des chambres régionales d’agriculture. Au lieu que ce soit les ministres, les gouverneurs, les hauts-commissaires, les préfets, et lest maires qui sont à l’avant-garde parce que c’est notre tribune». Pour Moussa DAGANO président des producteurs de la SISSILI, la forte présence de l’Administration au forum ne les permet pas de s’exprimer comme ils l’auraient souhaité. Mieux le choix des participants à la JNP ne satisfait pas les producteurs du fait de la non-implication selon eux des organisations faîtières. La JNP serait actuellement trop cadrée. Même le choix de ceux qui doivent prendre la parole lors du forum est fait par les techniciens qui les préparent. Ce qui a amené M. DAGANO à dire que la JNP a régressé en termes d’implication des acteurs concernés. Le président du Faso a demandé que les producteurs soient davantage mis en avant dans l’organisation tout en soulignant que l’organisation d’une telle manifestation demande beaucoup d’efforts et de moyens.o

Ahmed NAZE

 

 

 

Sommaire actu

 
INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé