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la une du n°647
La Une du n° 647

Retro-Rétro – Gouvernance:N°647 du 10 au 16 mars 2010

8 mars 2010
153e halte, toujours des préoccupations

Koudougou, capitale de la région du Centre-Ouest a abrité, le 8 mars dernier, la 153e commémoration de la Journée internationale de la Femme au plan national. En effet, les femmes du Burkina ont choisi de faire là, leur halte annuelle, une halte qui est toujours celle de la quête de l’égalité des droits, l’égalité des chances, l’égalité en tout. Réflexion, défilé, discours, djanjoba, festin etc., étaient au menu. Tout cela en présence de la première Dame, Mme Chantal COMPAORE, qui, pour rien au monde, ne pouvait manquer ce rendez-vous elle qui donne une dynamique hors du commun à l’engagement des femmes. La fête fut vraiment belle ; mais le 8 mars 2010, à Koudougou, a été une fois de plus, pour les femmes burkinabè, l'occasion d’égrainer le chapelet de leurs préoccupations.

…et la parade milirtaire des filles gendarmes ont été un des temps forts de la cérémonie«Nous sommes encore sous éduquées, sous alphabétisées, nous sommes victimes de violences sexuelles, de harcèlements de tous ordres, nous n’avons pas les mêmes droits, encore moins les mêmes dans les postes de responsabilités que vous les hommes, nous sommes toujours à la traîne…» C’est en substance, les maux dont souffrent les femmes du Burkina et certainement celles du monde, qui ont été dénoncés en ce jour d’émancipation de la femme à Koudougou en conformité avec le thème international : «Droits égaux, Opportunités égales : Progrès pour tous». Et comme chaque pays doit coller la commémoration avec ses réalités, les femmes du Burkina Faso ont réfléchi sur le thème : «Femme, Alphabétisation et Education Non formelle».

Les femmes de la région du Centre -Ouest ont tenu à manifester leur joie en apportant des présents à la première Dame.Ce que confirmera Mme Chantal COMPAORE quand elle soutient avec force que : «la Journée internationale de la femme n’est pas seulement une opportunité de réjouissances festives mais qu’elle est surtout un moment propice de focaliser l’attention de tous sur les conditions de vie de la femme». Des conditions de vie qui, à en croire les chiffres et les déclarations, ne sont pas reluisantes. «Le taux brut de scolarisation au niveau national était de 72, 6% dont 77, 2% pour les garçons contre 67,8% pour les filles en 2008- 2009. Dans le domaine de l’éducation de base non formelle, les indicateurs montrent qu’en 2005-2006, l’effectif dans les CENBNF était de 3131. La participation des filles était en légère hausse, passant de 1283 en 2004-2005 à 1415 en 2005-2006 soit un taux d’accroissement annuel moyen de 10%. Selon l’INSD, en 1994, seulement 15% des femmes étaient alphabétisées. Douze ans après, soit en 2006, elles étaient 16% contre 36,09% pour les hommes avec un taux national de 28, 40%.»

Céline YODA, ministre de la promotion de la femme a plaidé pour un accompagnement plus accru des femmes dans l’alphabétisation et la scolarisationA affirmé Mme Céline YODA, ministre de la Promotion de la femme qui, amère ajoutera : «Si à cela on ajoute les emplois de temps trop chargés des femmes et des filles, les mariages forcés et précoces, les viols et les harcèlements sexuels, les préférences des parents pour les garçons limitent l’accès et le succès des filles à l’école». Ce tableau sombre de la situation de la femme burkinabè et de toutes les femmes en général ne peut pourtant cacher les réels motifs d’espoirs et de confiance en l’avenir de l’autre moitié du ciel.

Tableau sombre, mais de réels motifs d’espoir
Le défilé des forces vivesLa commémoration de la Journée internationale de la femme est l'occasion pour les femmes et les décideurs de faire l’état des lieux des politiques et programmes en faveur des femmes. Malgré les efforts consentis par les gouvernants et les partenaires pour donner une place à la femme, beaucoup reste à faire. Et Koudougou a été le lieu de rappeler à chaque entité ses responsabilités. Le choix du thème relatif à l’alphabétisation et à l’éducation non formelle des femmes et des filles trace les pistes de ce que sera le combat de la femme en cette année 2010.

Mme Chantal COMPAORE a appelé le gouvernement et les partenaires au développement  pour une mobilisation en faveur de la femme burkinabè.Et ce n’est pas Mme COMPAORE qui nous dira le contraire quand elle soutient que : «L’acquisition du savoir étant une condition optimale pour le plein épanouissement de l’homme comme de la femme… Je fonde l’espoir que la mobilisation des partenaires à travers le cadre de concertation des acteurs de l’éducation de base et le fonds pour l’alphabétisation et l’éducation non formelle contribueront à la levée de ces facteurs limitant». A Koudougou, les femmes du Burkina ont une fois de plus marqué les esprits à travers leur engagement. Et dans la mobilisation pour leur cause, et dans les engagements pris pour un meilleur devenir. Le défilé a montré des femmes déterminées, prêtes à affronter toutes les difficultés pour se sortir de l’analphabétisme et de l’ignorance. A Koudougou les femmes du Burkina se sont donné rendez-vous pour Dédougou 2011 où elles pourront certainement apprécier le travail fait d'ici-là. Reste maintenant aux hommes de donner le coup de pousse qui sied et à tous les niveaux pour que se concrétise «Droits égaux, Opportunités egales : Progrès pour tous».o.

Frédéric ILBOUDO

 

Ouahigouya n’était pas en reste

La 153e Journée internationale de la femme a été célébrée sur toute l’étendue du territoire national sous diverses fortunes. A Ouahigouya, les femmes de la commune n’étaient pas en reste ce lundi 8 mars 2010.o

Un grand djandjoba a ponctué la fête.«Femme, alphabétisation et éducation non-formelle : état des lieux des politiques et programmes» ; c’est sous, ce thème national que les femmes de la commune de Ouahigouya ont célébré la Journée internationale des femmes adoptée par les Nations Unies depuis 1977. Cette commémoration a été ponctuée de nombreuses activités en faveur de l’alphabétisation. Ainsi, une semaine durant, l’autre moitié du ciel, au niveau de Ouahigouya, a tenu des causeries sur l’importance de l’alphabétisation, les causes des abandons des femmes dans les centres d’alphabétisation, le maintien des femmes et des filles dans les CPAF et une conférence sur le thème de cette journée. Cette semaine d’activés a été couronnée le lundi 8 mars par une cérémonie festive à la place de la nation de la ville de Ouahigouya où les femmes, mobilisées comme une seule «femme», ont manifesté leur désir ardent de lutter pour l’amélioration de leur condition de vie. Et Bibata OUEDRAOGO, coordonnatrice communale des femmes, de relever que cette journée est l’occasion idéale d’interpeller les consciences collectives et individuelles sur les conditions de vie de la femme et de dresser le bilan des progrès accomplis. Selon elle, l’alphabétisation est un levain qui permet à un peuple de se développer. Dans son adresse, Mme OUEDRAOGO a fait savoir que la population du Burkina Faso compte 52% de femmes dont 64% sont analphabètes. «Vu ce faible taux d’analphabétisation, les femmes sollicitent l’engagement et l’appui des autorités et partenaires financiers pour multiplier les centres de formation», a-t-elle lancé.
Quant au parrain, Mahamadi SAWADOGO dit Khadafi, représenté pour l’occasion par Yacouba BARRY, directeur général de la maîtrise d’ouvrage de ZIGA, il dira que dans le système éducatif, les taux de scolarisation, d’alphabétisation et de formation professionnelle des filles et des femmes restent toujours en deçà des attentes. Pour relever ce défi, le parrain s’engage à être aux côtés des femmes pour renforcer et améliorer leurs capacités dans les domaines suscités.
Car il fait sienne cette assertion «éduquer une fille, c’est éduquer une nation». Le président de cette cérémonie commémorative, Abdoulaye SOUGOURI, maire de la commune de Ouahigouya, dans la même veine a souhaité le renforcement de la poursuite de l’alphabétisation au niveau des filles et des femmes, la pérennisation des acquis et le suivi strict des niveaux d’alphabétisation tout en souhaitant plus de fréquentation des centres de formations par les femmes. Cette journée a été ponctuée d’une course cycliste féminine dont les vainqueurs ont reçu respectivement par ordre de mérite un vélo, un foyer Sodigaz et 3 pagnes de 8 mars et 5 000F CFA.
Les femmes de la commune ont remis au parrain un sac de pomme de terre, un panier de légumes et un bélier.
Prestation musicale, défilé et Djandjoba ont accompagné la journée de «l’autre moitié du ciel» dans sa quête permanente pour plus de femmes alphabétisées.o.

- Issoufou MAÏGA
( Ouahigouya

 

Quelques dates historiques

La Journée internationale de la femme est l’histoire de femmes ordinaires qui ont fait l’histoire. Elle puise ses racines dans la lutte que mènent les femmes depuis des siècles pour participer au développement de la société au même titre que les hommes. Dans l’antiquité grecque, Lysistrata a lancé une «grève sexuelle» contre les hommes pour mettre fin à la guerre. Pendant la Révolution française, des Parisiennes demandant «liberté, égalité, fraternité» ont marché sur Versailles pour exiger les suffrages des femmes.

L’idée d’une Journée internationale de la femme a fait jour autour du XIXe et XXe siècle, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une croissance démographique explosive et des idéologies radicales. En 1977, une résolution des Nations unies recommandait aux différentes nations de célébrer avec plus de faste les droits des femmes et la paix internationale en y consacrant une journée pour ces festivités.
- 1909 : Conformément à une déclaration du Parti socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.
La Charte des Nations unies, signée à San Francisco en 1945 était le premier instrument international à proclamer l’égalité des sexes en tant que droit fondamental de la personne humaine. Aujourd’hui, l’un des principes d’organisation centraux de l’ONU est qu’aucune solution durable aux problèmes sociaux, économiques et politiques les plus pressants de la société ne peut être trouvée sans la pleine participation, et la pleine autonomisation des femmes du monde entier.
- 1970 : l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution portant sur une action internationale pour l’avancement des femmes.
- 1975 : l’Organisation des Nations Unies a déclaré 1975 comme l’année internationale de la femme tout en tenant une première conférence sur le thème de la paix et du développement. L’ONU consacre ainsi une journée internationale des femmes.
- 1977 : Soit deux ans après l’Année internationale de la femme, les Nations unies ont adopté une résolution invitant les pays à consacrer une journée à la célébration des droits des femmes et de la paix internationale. Le 8 mars est ainsi devenu une journée de reconnaissance dans de nombreux pays.
Au Burkina Faso, chaque année, cette journée est célébrée avec l’appui manifeste des autorités sous des thèmes qui répondent aux préoccupations des femmes burkinabè.
- 1998 : Aux lendemains de la création du ministère de la Promotion de la femme, la journée internationale de la femme est célébrée officiellement, sous le thème : «Propreté et gestion de notre cadre de vie : la réponse des femmes».
- 2000 : Sous l’égide des femmes parlementaires, l’Assemblée nationale a voté la loi N°019-2000/AN portant institution des fêtes légales au Burkina Faso qui reconnaît la Journée internationale de la femme comme une fête légale, fériée et chômée. Et la 143ème Journée mondiale de la femme est officiellement célébrée à Bobo-Dioulasso, sous le thème : « Femme, développement et lutte contre la pauvreté».
- 2001 : La 144ème Journée internationale de la femme a été célébrée à Tougan dans la province du Sourou sous le thème : «Rôle de la femme dans l’économie nationale».
- 2002 : La 145ème journée s’est tenue à Ouahigouya, Yatenga, sous le thème « Femme et lutte contre le VIH/SIDA».
- 2003 : C’est sous le thème : «Genre et VIH/SIDA-IST, solidarité des femmes dans la lutte» que s’est déroulée la 146ème journée à Fada et qui a connu une importance particulière avec la célébration en différé dans les 45 provinces du pays
- 2004 : Gaoua, chef-lieu de la région du Sud-Ouest a accueilli la 147ème journée sous le thème : «Santé maternelle et infantile»
- 2005 : La 148ème journée de la femme a été célébrée à Ziniaré dans l’Oubritenga autour du thème : «Femme-Egalité et paix pour le développement»
- 2006 : La 149ème journée qui a eu comme thème : «Femmes et lutte contre la pauvreté» s’est déroulée à Kaya dans le Sanmentenga
- 2007 : La ville de Bobo-Dioulasso a accueilli pour la deuxième fois la célébration de la journée internationale. Cette 150ème journée était placée sous le thème national : «Education et responsabilisation des femmes»
- 2008 : C’était au tour de Tenkodogo dans le Boulgou d’accueillir la 151ème journée avec le thème : «Femmes et VIH, la féminisation de la pandémie, stratégies de riposte»
- 2009 : Le thème de la 152ème journée qui était : «Investir dans les femmes et les filles pour un développement humain durable : les priorités et stratégies régionales» a été célébrée à Dori, chef-lieu de la région du Sahel.

Source : DCPM/MPF

 

 

 

 

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