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la une du n°647
La Une du n° 647
NATION :N°647 du 10 au 16 mars 2010

Les évêques et l’article 37
Sermon pour sermon

Réunis à Fada N’Gourma du 15 au 21 février 2010, les évêques du Burkina Faso épiloguant sur l’article 37 de la Constitution ont indiqué que «tout changement (entendez toute modification de l’article 37) doit viser le bien commun et non les avantages de groupes particuliers ». Sans aller jusqu’à rentrer dans l’esprit de ceux qui penchent pour une modification éventuelle dudit article on peut affirmer qu’ils sont eux aussi mus par le même leitmotiv.

Nos évêques le disent si bien à la fin de ce que d’aucuns ont qualifié de sermon, il faut plus de vigilance et de responsabilité pour «préserver les acquis sociaux et politiques de notre peuple». Nous convenons avec eux que ce souci doit nous guider tous même si nous avons à l’esprit que nos prélats ne vont pas jusqu’au bout de leur logique. En effet, parlant de peuple, il semble restreindre celui-ci à l’opposition excluant la large majorité qui soutient le président du Faso et qui a indiqué par la voix du président de l’Assemblée nationale que l’article 37 dans sa forme actuelle était antidémocratique. Nonobstant les cris d’orfraie et les menaces à peine voilées qui ont suivi cette déclaration de Roch Marc Christian KABORE, il faut reconnaitre que celui-ci est dans son bon droit de chef du parti majoritaire du Burkina Faso. Si le président du CDP trouve que Blaise COMPAORE est le mieux à même de défendre les intérêts de la majorité, quoi de plus normal qu’il veuille faire sauter le verrou de la limitation pour lui permettre de défendre les intérêts de cette majorité. On appelle cela du réalisme politique et, nulle personne sensée ne lui en tiendra rigueur pour cela. Maintenant, que par le biais de supputations basées sur l’histoire récente de notre pays on en vienne à penser que cela hypothèquera la paix sociale, nous demandons à voir, même si par avance nous pouvons dire que les conditions objectives et subjectives de 2010 ne sont pas les mêmes que celles de 2000. Faut-il le rappeler à nos prélats, lorsque le verrou constitutionnel avait sauté en 1997, cela n'avait pas entraîné les remous qu'ils craignent et n’avait pas empêché les Burkinabé de voter massivement pour Blaise COMPAORE l’année d’après. Nous savons toutes les conditions dans lesquelles cette clause limitative a été réintroduite. Et pour aller jusqu’au bout de leur logique les prélats qui parlent au nom du peuple devaient dire clairement que ce même peuple n’avait pas eu voix au chapitre lors de ce consensus politique. Bien sûr, les élus du peuple ont entériné ce retour en arrière, mais cela suffit-il à figer pour l’éternité cet article 37 nouveau ? Pour notre part nous répondons par la négative dans la mesure où pas plus au Burkina qu’ailleurs, aucun consensus politique n’est figé, et il ne viendrait à l’esprit de personne de trouver à y redire. Et, parlant justement de paix sociale qui peut parier que le départ de Blaise COMPAORE du pouvoir, est une condition de la préservation de celle-ci ? Nos évêques le disent si bien, «beaucoup de dossiers pendants de l’époque notamment les crimes économiques (nous ajouterons et de sang) n’ont toujours pas trouvé de solution». Ce n’est pas avec le départ de l’actuelle majorité que cette occurrence interviendra dans la paix et la quiétude sociale. Nous avons en effet à l’esprit les propos vindicatifs d’une partie significative de l’opposition appelant à un «règlement des comptes de l’actuelle majorité» une fois que celle-ci ne sera plus aux affaires. Mieux ou pire, lorsque Hermann YAMEOGO dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas un «supporter» de Blaise COMPAORE avait proposé l’adoption d’une loi d’amnistie pour solder les comptes du passé, il s’était vu traiter de «traître» et de «vendu» qui sera pendu (sic) en temps opportun avec ses comparses. Avec de telles prédispositions d’esprit du camp d’en face on imagine ce que peut être le Burkina si l’actuel président s’en allait dans des conditions qui pourraient permettre à certains d'assouvir leurs intentions vengeresses pour le compte de leurs "groupes particuliers". Du coup on s’aperçoit que la révision de l’article 37 n’est pas seulement une question de droit mais bien de préservation des intérêts de la maison commune. Il faut donner des gages à chacun que les démons du passé ne resurgiront plus. L’Eglise dans cette perspective doit être à l’avant-garde du combat avec d’autres forces sociales. Mère de tous, elle doit amener ses fils à s’entendre sur l’essentiel et à bannir à jamais les pratiques qui nous ont coûté si cher aussi bien au plan humain qu’économique. La conférence épiscopale a-t-elle seulement pensé à cela ? Acteur principal de la révolution d’Août, artisan de la démocratie et au fait de tout ce qui se passe actuellement, Blaise COMPAORE plus que quiconque est à même d'avoir une vue d'ensemble sur l'évolution du pays. On est pour ou contre lui, mais on est tous unanimes du constat qu'il a jusque-là su préserver la paix sociale. Pour ce faire, pourquoi lui ôter la possibilité de pouvoir continuer cette œuvre si telle était sa volonté, celle du peuple et de Dieu. Sainte mère de Dieu, éclairez nous.o

Alpha YAYA

Fête de l’indépendance
Dédougou 2013 est en marche

Le festival des masques et des arts de Dédougou a été l’occasion pour les festivaliers de découvrir une ville en pleine effervescence d’énergie, de potentialité, mais qui souffre d’un désenclavement criard. L’annonce de la commémoration de la fête nationale d’indépendance en 2013 à la cité de Bankuy est en train de donner un souffle nouveau à la localité. Partout poussent de grands chantiers qui présagent pour Dédougou une amorce d’un développement.

D’ici trois ans cette citerne de l’entreprise EBOMAF qui Seule capitale de région à n’être pas reliée à la capitale Ouagadougou par le bitume, Dédougou et la région de la Boucle du Mouhoun, semblent être l’abandonné du Faso. En effet, malgré son statut de grenier du Burkina, la Boucle du Mouhoun reste une zone désenclavée. Si bien qu’aller dans la capitale de la région, c’est la croix et la bannière. Une lueur d’espoir pointe pourtant à l’horizon. En effet, c’est la cité du Bankuy qui abritera dans trois ans, la commémoration de la fête de l’Indépendance de notre pays. Une commémoration qui est attendue par tous les fils et filles de toute la région car elle permettra à n’en pas douter de donner un coup de fouet au développement de la zone. Déjà les fils et filles se mobilisent pour que Dédougou donne un autre visage au Burkina et au monde d’ici trois ans. C’est ainsi que Mahamadou BONKOUNGOU, DG de EBOMAF un des fils de la localité et grand opérateur économique est en train de faire sortir de terre, un hôtel digne de ce nom qui sera à n’en pas douter une référence dans le pays.

En effet et selon les informations que nous avons pu recueillir sur place, l’investissement s’élèverait à plus de deux milliards de nos francs. Une infrastructure qui viendra apporter une autre couleur à la ville et surtout contribuera à résoudre un temps soit peu la question des sites d’hébergement dont souffre la cité du Bois sacré. Outre ces investissements privés, les travaux de construction du tronçon Koudougou Dédougou long d’à peine 150km et celle de Dédougou-Nouna-frontière du Mali, désenclaveront de façon définitive la localité. Mieux ces deux routes feront de Dédougou un carrefour de transit entre le Burkina et le Mali puisqu’elle réduira de façon significative, la distance. Jusqu’alors c’est Bobo qui était le carrefour et cela à cause du bon état de la route. Le FESTIMA qui est une activité phare de Dédougou connaîtra donc un engouement beaucoup plus significatif au regard des facilités qu’apporteront les différents investissements d’ici à 2013. Lentement mais sûrement, Dédougou et partant toute la région de la Boucle du Mouhoun vont sortir de cet état de désenclavement. Les difficultés de transport (très peu de compagnie de transports s’aventurent sur l’axe à cause du très mauvais état du tronçon), les difficultés d’hébergements ne seront plus qu’un mauvais souvenir et pour les Dédougoulais, et pour tous ceux qui veulent aller visiter la localité. A coup sûr, les investissements que connaîtront Dédougou d’ici à 2013, achèveront de convaincre les incrédules que l’initiative de commémorer la fête nationale de façon tournante participe au développement des localités. Il appartiendra donc aux fils et filles de se mobiliser pour accompagner les autorités locales, avec à sa tête le Gouverneur Siaka TRAORE afin que les défis soient relevés. 2013 c’est dans trois ans et le compte à rebours a bel et bien commencé.o

Frédéric ILBOUDO

 

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