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la une du n°647
La Une du n° 647

NOUVELLES DU GRIN:N°647 du 10 au 16 mars 2010

L'immeuble Lamoussa BALIMA en feu :

C'est un grand grenier que Bobo a perdu

Cette semaine, les nouvelles ne sont pas du tout bonnes au grin. Jean-Pierre le Marabout n'est plus. La mort a eu finalement raison de lui le samedi 06 mars dernier à l'hôpital Sourou SANOU de Bobo-Dioulasso. De son vrai nom, Jean-Pierre OUEDRAOGO, "marabout" comme on l'appelait affectueusement, était un animateur à la Radio Horizon FM Bobo. Il était tellement passionné de son métier d'animateur qu'il animait à lui seul trois émissions phares qui accrochaient très intensément les auditeurs.
Toutes les couches de la société trouvaient leur compte avec JPM. "Doudou Zouk" pour les amoureux ; "Regga Time" pour la jeunesse engagée, dans le même style que Sam's K le Jah de la Radio Ouaga FM et le "Rétro" qui faisait bercer les anciens en les ramenant "au fameux bon vieux temps" que tout le monde n'a pas connu.
"Marabout" était un vrai marabout de la musique. Il aimait bien ce qu'il faisait. Il fait partie des rares animateurs pilotes dans notre pays qui ne soient pas de la diaspora burkinabè vivant en Côte d'Ivoire. On sait qu'au début des Radios FM au Burkina, les premiers animateurs étaient presque tous des "diaspos". Mais, "Marabout" lui, a évolué à Bobo-Dioulasso. Cela ne l'a pas empêché de compter parmi les animateurs vedettes de Bobo…
Désormais, la page de "Marabout" est tournée. On ne parlera plus de lui qu'au passé. Mais son œuvre demeurera pour toujours. Il restera vivant dans le cœur de ceux qui l'ont aimé. On savait l'homme malade depuis des mois. Il y a eu des rumeurs sur sa mort qui ont circulé dans les grins. Et finalement, la mort, inévitable a fait son œuvre.
Jean-Pierre le Marabout était le petit frère du député Michel OUEDRAOGO. C'et d'ailleurs chez lui au secteur 21 que se sont déroulées ses obsèques en présence du député Alfred SANOU, du maire Salia SANOU et de nombreuses autres personnalités de marque. Au cimetière municipal de Dô, à son enterrement le dimanche 07 mars, on notait la présence du ministre Soungalo OUATTARA. Il laisse derrière lui 2 enfants (une fille et un garçon) inconsolables. Nous sommes à Dieu et c'est vers Lui que nous retournerons. Paix à son âme !

Crise à l'ASFB ; un nouveau président pour repartir sur de nouvelles bases
Désigné comme président de la section football de l'ASFB par le comité de crise dirigé à l'époque par Yaya KONATE en mars 2009, Lassina BAMBA a rendu le tablier le 06 février 2010. Dans sa lettre de démission qu'il a adressée au président du comité de crise de l'ASFB, il écrit : "J'ai accepté le poste avec la ferme conviction qu'il fallait organiser les instances du club tout en créant un climat de confiance entre les administrateurs. Les premières réunions que j'ai eues avec mon bureau m'ont convaincu qu'il nous fallait rapidement faire un point financier sur la gestion de la saison en cours ; nombreux sont ceux qui ne pouvaient admettre que je ne puisse pas recruter un entraîneur alors que le club aurait reçu de l'argent de la fédération, aussi beaucoup ne comprennent pas qu'avec des cotisations des administrateurs en plus de la subvention, nous soyons sans ressource au mois de mars pour faire face à des obligations. Suite à toutes ces plaintes, j'ai saisi mon secrétaire Noumoutié SY pour nous éclairer sur la situation des cotisations ; ceci a fait l'objet de beaucoup d'incompréhensions, voire des suspicions. Nous avons continué dans un tel climat jusqu'à la fin de la saison avec comme conséquence un arrêt des cotisations. J'ai pris mes responsabilités en assurant un minimum de fonctionnement jusqu'à la fin de la saison avec des fonds privés (…)". Le président Lassina BAMBA dit avoir tiré les leçons d'un tel "disfonctionnement" en rendant sa démission "dans le vif espoir que notre club puisse se reconstruire autour d'autres personnes". Devant les propos de cette lettre, de nombreux supporteurs ont condamné le président démissionnaire qu'ils accusent d'avoir profité du car de l'ASFB. Ils affirment sans pour autant apporter des preuves palpables que le président louait le car à des transporteurs et qu'il n'a jamais fait le bilan de cette transaction. A l'approche du championnat national de D2, il paraît qu'aucune licence n'est encore traitée à l'ASFB qui doit pourtant faire de cette compétition sa priorité. En tout cas, le climat au sein de la famille "Jaune et noir" "était tout, sauf au beau fixe. C'est dans cette situation difficile, que des supporteurs ont convoqué une assemblée générale extraordinaire le samedi 06 mars dernier à la Bourse du travail de Bobo. L'objectif de cette rencontre était noble. Faire tasse rase sur le passé, ne pas remuer le couteau dans la plaie et relancer l'équipe. Pour cela, il faut un dirigeant. Les supporteurs de l'ASFB ont porté leur choix sur un jeune entrepreneur de Bobo-Dioulasso, en la personne de Seydou OUEDRAOGO.
Il a été chargé de former un bureau qu'il va présenter aux supporteurs au cours d'une autre rencontre. Le président Seydou OUEDRAOGO qu'on appelle également "ECOS" du nom de son entreprise est, selon ceux qui l'ont proposé, un enfant de l'ASFB. Face au vide laissé par le président démissionnaire, il fallait montrer que "fonctionnaire" est un grand club qui ne peut pas mourir comme ça. Avec l'arrivée d'ECOS, on espère que l'équipe pourra se repositionner sur la scène du football bobolais ; car comme le disent les supporteurs, la place de l'ASFB, ce n'est pas la D2. En attendant le nouveau bureau, l'espoir commence à renaître chez les "Jaune et noir". Au grin, après avoir pris connaissance de la lettre de démission du président BAMBA, certains membres ont fustigé les pratiques qui ont cours dans la gestion de nos équipes. C'est vrai que les moyens manquent mais il faut aussi savoir gérer le peu qui existe. Même si la subvention de la fédération est minime, il faut qu'elle serve quand même l'équipe et non un individu qui se dit dirigeant de surcroît.
A chaque fois qu'il y a une rentrée d'argent dans une équipe, il y a certains dirigeants qui s'érigent en créanciers pour tout soutirer. Ceux-ci ne font pas de sacrifices par passion mais par calcul.
Dans ces conditions, l'équipe ne peut pas évoluer. Par rapport à la situation de nos équipes, il nous faut des dirigeants mécènes ; qui donnent sans attendre la moindre retombée.
Du côté de l'ASFB, on espère que les choses vont bouger avec le nouveau président Seydou OUEDRAOGO. Le samedi 06 mars dernier à la Bourse du travail, le président démissionnaire et le président du comité de crise étaient absents. Mais de grands noms de l'ASFB étaient présents ; le vieux Héma, doyen et sage du club, Jonas BAYOULOU, Basille PARE, Issa GUIRE, Adama DJERMA, Aboubacar SALAMBERE…
Lors de cette rencontre, tout ce beau monde a apporté son soutien au jeune président "ECOS". L'encadrement technique de l'ASFB est désormais sous la coupe de Salif SIMPORE, l'ancien entraîneur du Sama Sporting club de Boromo. Il travaille depuis quelques semaines déjà avec un groupe de joueurs pour faire sortir un noyau qui va jouer le championnat de 2e division. Il travaille avec ses éléments en les rappelant à chaque fois que la D2 n'est pas la place de l'ASFB.

L'immeuble Lamoussa BALIMA en feu :
C'est un grand grenier que Bobo a perdu
Dans la nuit du mercredi 03 au jeudi 04 mars 2010, un incendie a déclenché aux abords du grand marché de Bobo vers l'entrée de Koko. L'opérateur économique Lamoussa BALIMA y détient une vaste cour sur laquelle sont érigés deux immeubles (un nouveau et un ancien). C'est l'ancien immeuble qui date de l'époque coloniale qui a pris feu aux environs de 19 heures. Comme une traînée de poudre, la nouvelle s'est rapidement propagée à travers la ville de Sya. L'information rapide est parfois incomplète. Il se racontait en ville que le marché de Bobo était en flammes. La plupart des commerçants qui se trouvaient à la maison ont commencé à converger vers le grand marché. Et comme de nombreux commerçants habitent le secteur 11 (Colma), la voie difficile qui y mène était prise par un gigantesque embouteillage. En un temps record, la devanture du marché était noire de monde. Les forces de l'ordre, qui savent que dans pareil cas il y a toujours des risques de pillage, ont formé une ceinture de sécurité autour du marché. Personne ne devait franchir cette ceinture sans motif valable.
Les sapeurs pompiers étaient pour leur part sur la brèche, face au feu qui gagnait d'intensité au fur et à mesure. L'ampleur des flammes a amené les soldats du feu à réquisitionner les équipes de la SONABHY et de l'ASECNA. Le plus difficile, c'est que l'immeuble en feu comporte des magasins souterrains stockant de nombreuses marchandises allant de tissus, chaussures plastiques, du riz, des cubes, des engins à deux roues… etc. Selon des témoignages, ces soutes peuvent contenir le chargement d'une demi douzaine de camions remorques.
Dès qu'ils ont été informées, les autorités locales se sont rendues sur le lieux. Le secrétaire général de la région des Hauts-Bassins, le haut-commissaire du Houet, le maire de Bobo et les trois maires d'arrondissement étaient présents pour soutenir les commerçants.
Les sapeurs-pompiers ont lutté contre les flammes jusqu'au matin avec les autres forces de l'ordre qui veillaient au grain. Le lendemain, la fumée se dégageait toujours du sous-sol. Par mesure de sécurité, le grand marché est resté fermé rendant des commerçants anxieux et soucieux du ralentissement de leurs activités. Les victimes de l'incendie eux, sont en pleurs. Les pertes sont immenses.
La société de commerce et d'import-export CORAM est selon des témoins un véritable grenier de riz qui ravitaillait la plupart des grandes structures de la ville. Tout cela est parti en fumée. Il y avait aussi une grande quantité de maïs. L'un des commerçants venait de décharger un camion remorque rempli de la nouvelle cube "Tap-Tap", la veille de l'incendie. Tout cela a brûlé.
La perte sont énormes et le président du Faso a désigné une délégation gouvernementale conduite par le ministre de la Défense Yéro BOLY. Elle a visité l'immeuble incendié et a promis de rendre compte à qui de droit. Le bâtiment qui datant de l'époque coloniale n'était pas assuré parce qu'il ne présente plus les normes requises.
S'agissant des causes de cet incendie, la plupart des gens s'agrippent sur le témoignage du vigile qui aurait aperçu des étincelles sur le poteau électrique au-dessus de l'immeuble. C'est après que le feu a pris la maison. Mais certains commerçants pensent que le feu est plutôt parti du sous-sol. Ils pensent qu'il aurait couvé pendant deux jours au moins avant de se déclencher à l'extérieur. Pour eux, le feu ne peut pas commencer par le haut pour rejoindre facilement le bas.
Il y a même des commerçants qui sont très supertitieux. Pour eux, c'est parce qu'on a terrassé les caïlcédrats le long des voies que tout cela arrive. Les génies qui habitaient ces arbres seraient fâchés et ce sont eux qui sont en train de se venger.
Ce qui est sûr, ce sont des centaines de millions qui sont ainsi parties en fumée.
Le maire de la commune de Bobo-Dioulasso a initié une réunion avec les commerçants pour mettre en place un comité de crise qui sera chargé d'évaluer les dégâts et rendre compte à qui de droit.
Au grin, les gens ont tout simplement salué le comportement exemplaire de nos soldats de feu. Malgré le manque de moyens, ils ont réussi à tirer leur épingle du jeu.
Ceux qui ont une idée de l'ampleur des dégâts pensent que c'est l'un des plus importants greniers de Bobo-Dioulasso qui est parti en fumée. Ce sinistre va forcément influer sur la vie économique de la ville de Sya qui n'est pas d'ordinaire rose.o

 

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