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la une du n°647
La Une du n° 647
:N°647 du 10 au 16 mars 2010

Au secours, Salif arrive !

Comme il fallait s’y attendre, la décision du CDP de lever la suspension qui frappait Salif DIALLO a fait et continue de faire les choux gras de la presse nationale, chacun y allant de ses commentaires et analyses. C’est vrai que sur le sujet on lit du tout et même n’importe quoi ! Dans ce dernier registre, il y a ceux qui assurent que Salif DIALLO va régler des comptes et qu’il en cuira à tous ceux qui ne se sont pas gênés pour critiquer le propos qui lui a valu les remontrances de son parti.
Si tel était le cas, il faut dire que ça bardera pour notre matricule, déjà qu’un confrère de la place nous avait amicalement prévenu que nous prenions des risques inconsidérés, «trop petit» que nous sommes «pour écrire» ce que nous avions écrit à l’époque. S’en est donc fait de nous surtout qu’on nous dit encore gratuitement, que l’homme est particulièrement vindicatif et a tout entendu. «Les gens ont parlé «dêgué» et Salif a tout entendu» ; de quoi vous faire trembler de tous vos membres. Détallez les gars, ça va barder ! Rien ne sert de crier «Au secours Salif arrive !» ; vous y aurez tous droit, foi d’un «yesman trop zélé». N’importe quoi !
Du «n’importe quoi», on en a eu aussi droit dans les colonnes de L’Observateur Paalga N°7583 du 5 au 8 mars 2010. Comme à son habitude, chaque fois qu’on lui tend un micro, le Professeur Laurent BADO s’est laissé aller aux excès qu’on lui connaît et qui sont devenus sa marque de fabrique.
C’est vrai que le fait est devenu si coutumier qu’on n’y prête plus tellement attention, mais il y a des moments où l’on a bien envie de lui dire deux mots, histoire qu’il comprenne qu’on l’entend et qu’on le prend quelquefois au sérieux ! S’exprimant sur l’allocution du président du Parlement burkinabè à l’occasion de l’ouverture de la première session 2010 de l’institution, il a eu ce propos que je trouve pour ma part quelque peu déplacé et excessif «c’est le discours le plus idiot que j’ai entendu de toute ma vie !». Ce n’est pas le fond de sa pensée qui me pose problème, ni ce qu’il veut exprimer mais le langage me semble un peu trop ordurier pour être accepté même de Laurent BADO. Sincèrement notre BADO a manqué une occasion de : «fermer sa grande gueule» car même dans le fond son propos est des plus incongrus.
Pas seulement parce qu’il est constitutionnaliste, ce qui supposerait qu’il serait partisan du droit et opposé à toute prise de pouvoir par la force mais parce que l’exemple de la Seconde Guerre Mondiale et de Hitler qu’il prend pour illustrer sa conviction est des plus idiots. En effet ramener toute cette période de l’histoire de l’humanité à un simple coup d’Etat est des plus simplistes.
Hitler n’explique pas tout à lui tout seul ! S’il y a donc un discours idiot sur les bons et les mauvais coups d’Etat c’est bien le sien ! Car, même au Niger, il y avait de la place pour une solution politique. D’ailleurs, les principaux bénéficiaires du putsch, notamment l’ancien Premier ministre, souffre-douleur par excellence du président déchu, soutenait le 9 mars dernier : «Il n’y a aucune confusion possible entre les putschistes et la classe politique. Nous avons toujours montré notre attachement à une solution politique». Ceci pour faire pièce à ceux qui le soupçonnent d’être derrière les putschistes.o.

Par Faèz

 

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