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La Une du n°665
La Une du n° 645
RETRO-SPORTS :N°665 du 14 au 20 juillet 2010

Coupe du Monde 2010
L’Espagne sur le toit du monde

La 19e finale de la Coupe du Monde qui s’est jouée le 11 juillet au stade Soccer City de Johannesburg a vu le triomphe de l’Espagne sur les Pays-Bas par un but à zéro après prolongation. Un but d’Andres INIESTA à la 116e minute. Et l’Espagne donne des leçons aux autres notamment à l’Afrique, en matière footbalistique.

«Un joueur d’origine castillane qui évolue en Catalogne au FC Barcelone a marqué le but de la victoire pour La ROJA (La Rouge) et consacre du même coup l’unité d’un pays miné par les divisions régionales. Le football a réussi où la politique a échoué». C’est le commentaire pour le moins enthousiaste d’un commentateur espagnol après le premier titre mondial de l’équipe d’Espagne. La formation ibérique est sans doute la meilleure du monde. Avant le coup d’envoi de la compétition, elle était classée deuxième par la FIFA. Désormais, elle va prendre la place incontestable de N°1. Les Espagnols sont restés dans la dynamique de leur réussite à l’Euro 2008 où ils ont conquis brillamment le titre continental en triomphant de la Mannchaft allemande sur un but de Fernando TORRES. Une formation qu’ils ont d’ailleurs écartée de leur chemin en demi finale, le 7 juillet à Durban, sur la voie de leur consécration. Pouvait-il en être autrement pour une équipe dont l’ossature provient du club considéré comme le meilleur au monde ; le FC Barcelone ? Sept joueurs du Barça étaient titulaires dans l’équipe victorieuse du 11 Juillet.
Le fruit de la stabilité et surtout de la formation
L’Espagne par ce triomphe a donné une belle leçon surtout aux Africains. En football, la stabilité est un élément fondamental. Les Ibériques après la victoire à l’Euro 2008 ont respecté le choix du coach Luis ARRAGONES de quitter ses fonctions. L’équipe fut alors confiée à Vicente DEL BOSQUE, un ancien qui a passé 35 ans au Real Madrid à la fois comme joueur et entraîneur. Le vieux moustachu a choisi de garder la même ossature et le même système de jeu. DEL BOSQUE a eu deux ans pour préparer la Coupe du Monde. L’Espagne gagne ainsi la première finale qu’elle joue d’une Coupe du Monde qu’elle dispute depuis 1930. Elle est aussi la première nation européenne à gagner le trophée en dehors de l’Europe. Voilà une expérience dont doivent s’inspirer les Africains qui confient leurs équipes, à quelques mois de la compétition, parfois à des aventuriers chassés ailleurs pour mauvais résultats En cela, le cas du Ghana est intéressant et constitue un bon début dans la recherche de l’excellence. Par contre celui de la Côte d’Ivoire qui a appelé un Sven Goran ERICSSON, renvoyé du Mexique avant la fin des éliminatoires de la zone CONCACAF à la tête des Eléphants à trois mois du coup d’envoi doit être banni. La seconde leçon espagnole est celle de la formation. Même si les clubs ibériques, qui sont parmi les plus riches au monde, n’hésitent pas à débourser des montants souvent démesurés pour acquérir les meilleurs joueurs, la formation occupe une place de choix dans leur politique sportive. L’ossature des clubs espagnols, il faut le souligner, a toujours été locale. Les joueurs du Barça qui sont titulaires à la ROJA sont les piliers de leur club, contrairement aux équipes anglaises qui n’ont souvent aucun élément local dans le onze de départ. Il faut donc former et surtout utiliser les fruits de cette formation. Le football ne s’accommode pas de l’improvisation.

Les larmes bataves
Si les Espagnols sont aux anges, les Néerlandais ne sont pas loin de l’enfer après leur défaite. Les Oranje sont à leur troisième finale sans la moindre victoire. En 1974, ils ont été battus par l’Allemagne alors qu’ils ont ouvert dès la deuxième minute sur penalty pour faute de Dieter HOENESS sur Johan CRUIJFF. Quatre ans plus tard (1978) en Argentine, c’est au cours des prolongations que la vedette de l’époque Mario KEMPES va priver les Bataves du titre. Score finale : 3 buts à 1 pour l’Albi céleste. Trente deux ans après, la malédiction continue de suivre l’équipe néerlandaise avec cette troisième désillusion en finale. Les Néerlandais ont d’autant plus de regrets que leur attaquant, Arjen ROBBEN, a échoué à deux reprises face au gardien espagnol alors que le score était toujours vierge. Il faut vraiment croire que leur sort était déjà scellé car Paul LEPOULPE dans son aquarium en Allemagne avait déjà prédit, leur défaite. Ils sont donc obligés de reporter leur ambition pour 2014, année de la prochaine édition au Brésil.o

Ahmed NAZE

La première de l'Afrique au crible

 

Que retenir de ce mois Sud-africain durant lequel, le continent africain en général, et le pays de Nelson MANDELA en particulier fut l'objet de toutes les attentions ? Autopsie du plus grand évènement sportif de la planète, avec les Jeux olympiques d'été, abrité par le continent.

Sans faute organisationnelle
Ils étaient nombreux à pronostiquer un flop lorsque la FIFA a eu le courage de désigner l'Afrique du Sud pour abriter le Mondial de football 2010. Pour tous les conteurs de mauvaises nouvelles, l'Afrique n'a pas les moyens, ni le talent d'abriter une telle manifestation. Mal doit leur en prendre au lendemain de la compétition, tant le succès éclatant du pari sud-africain est chanté par tout le monde. Aucun coac à signaler, hormis si on cherche la petite bête, les décibels dans les enceintes sportives, œuvre des vuvuzelas, ces sortes de trompettes faisant un bruit monstre. Mais c'est cela aussi l'Afrique, un continent où le football rime avec fête au travers, son, couleurs, musique et accoutrement. Bravo à l'Afrique du Sud qui a su faire honneur à tout un continent.
Ils n'ont pas été du tout à la fête. Même si l'Espagne citée parmi les premiers favoris a emporté le trophée, tous les autres ont déçu et sur les grandes largeurs. A commencer par le Brésil, qui est resté à quai aux quarts de finale, stade où il avait déjà été recalé en 2006 en Allemagne, battu 1-0 par la France. Cette fois encore, c'est devant un autre finaliste qu'il a été renvoyé à la maison, les Pays-Bas l'ayant emporté 2 à 1.
Ensuite, l'Argentine et l'Angleterre que les spécialistes pensaient être des demi-finalistes en puissance. Mais l'une comme l'autre ont volé en éclats face à une Allemagne qui a su faire parler la poudre en attaque. Enfin, l'Italie le tenant du titre et la France finaliste ont échoué lamentablement. La seconde nous servant même en Afrique du Sud, un psychodrame transformé en affaire d'Etat dont les répercussions n'ont pas fini de polluer l'environnement du sport-roi hexagonal.

Triste niveau de jeu
Le football ne fut pas au rendez-vous. On a vu des matches d'une pauvreté technique affligeante et des équipes à la condition physique improbable. En dehors de l'Allemagne, de l'Espagne, de l'Uruguay et à un degré moindre des Pays-Bas et du Ghana, les autres nations n'ont pas justifié le fait que ce rassemblement quadriennal prend en compte les meilleures nations sur le plan footbalistique. Des pays tels le Honduras, la Corée du Nord, l'Algérie n'ont marqué à eux trois qu'un seul petit but, preuve que cette coupe du monde n'a pas soulevé l'enthousiasme des téléspectateurs. Seulement 145 buts ont été inscrits, avec au sus un champion du monde auteur de sept buts, soit le plus faible total de l'histoire depuis que le Mondial est passé à trente-deux équipes. Ce cru-là quoi qu'on en dise ne restera pas dans les annales.

Le plein de tribune
Et pourtant cette pauvreté de jeu n'a pas eu raison de l'enthousiasme des Sud-africains. C'est toute une nation qui s'est mobilisée comme un seul homme pour faire de son Mondial un succès qui fera date. Des tribunes pleines, du bruit à n'en plus finir, une atmosphère de fair-play en continu, un accueil des étrangers d'une grande chaleur, tous les pronostics pessimistes sur la capacité de remplissage des stades ont été mis en pièces. La nation arc-en-ciel a justifié son talent à relever tous les défis. Les Blancs, les noirs, les métis, les Asiatiques se sont côtoyés dans la fraternité, l'amitié et le partage contribuant à rendre ce Mondial au rang d'une réussite éclatante. Et déjà le pays réclame d'accueillir les jeux olympiques. On espère que d'autres pays africains suivront sa trace car l'Afrique du Sud a montré qu'ici bas tout est possible à condition de le vouloir et de bien donner les moyens.o

Idirss SEMDE

 

 

 

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