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La Une du n°666
La Une du n° 666
Lettre de l'Editeur :N°666du 21 au 27 juillet 2010

Simples ramages pour bercer l’APO

Ce que l’on peut retenir de ce feuilleton politico-judiciaire au bord de la Lagune Ebrié c’est que l’Accord politique de Ouagadougou que la grande majorité des Ivoiriens voient comme le salut pour leur pays cristallisera l’attention de ses contempteurs au sein du FPI, des politiciens qui incontestablement trouvent en la normalisation en Côte d’Ivoire un danger pour leur personne car non seulement ayant la conviction de perdre leurs privilèges mais surtout se reprochant nombre de choses qu’ils pensent impardonnables et par leurs compatriotes et par la communauté internationale. Mais ce qu’ils tentent d’empêcher ou de retarder à souhait finira par se réaliser. Le dicton ne dit-il pas que la feuille a beau tournoyer dans le ciel, elle finira par choir sur le sol ?.

«L’affaire Désiré TAGRO» que certains ont vue comme cet autre avatar politicien orchestré par les caciques du Front populaire ivoirien (EPI), parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, pour torpiller l’Accord politique de Ouagadougou (APO) aura-t-il fait plouf ? En tout cas, la justice saisie par le président Laurent GBAGBO a blanchi le ministre de l’Intérieur que Mamadou KOULIBALY, président de l’Assemblée nationale ivoirienne et vice-président du FPI, a vertement accusé de corruption, de concussion et de favoritisme envers les ressortissants de sa région dans les concours de recrutement d’agents et officiers de police. Une accusation qui n’aura pas que pour conséquence de créer le malaise dans la maison FPI mais surtout de déteindre sur le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire initié par l’APO pour lequel le mis en cause a conduit les négociations au nom de la partie gouvernementale. En effet, les caciques du FPI dont la tête de proue reste l’accusateur Mamadou KOULIBALY, qui n’ont pu empêcher l’APO, sont sortis du bois pour le fustiger et le remettre en cause. Les récentes sorties d’un Blé GOUDE, patron des «Jeunes Patriotes» en disent long.
Ceci explique-t-il cela ? En tout cas, la justice ivoirienne qui vient de donner son verdict dans cette affaire montre que Mamadou KOULIBALY et consorts ont filé du mauvais coton et c’est tant mieux pour Désiré TAGRO mais aussi pour le président GBAGBO qui devrait avoir plus de sérénité pour poursuivre la mise en œuvre de l’APO. Autrement dit, le bruit provoqué ne devrait être que ramage dont a aussi besoin l’APO pour voir ses acteurs toujours au charbon pour mettre dans le tort les sceptiques.
Ce que l’on peut retenir de ce feuilleton politico-judiciaire au bord de la Lagune Ebrié c’est que l’Accord politique de Ouagadougou que la grande majorité des Ivoiriens voient comme le salut pour leur pays cristallisera l’attention de ses contempteurs au sein du FPI, des politiciens qui incontestablement trouvent en la normalisation en Côte d’Ivoire un danger pour leur personne car non seulement ayant la conviction de perdre leurs privilèges mais surtout se reprochant nombre de choses qu’ils pensent impardonnables et par leurs compatriotes et par la communauté internationale. Mais ce qu’ils tentent d’empêcher ou de retarder à souhait finira par se réaliser. Le dicton ne dit-il pas que la feuille a beau tournoyer dans le ciel, elle finira par choir sur le sol ? La Côte d’Ivoire retournera dans le concert des nations auréolées de la légalité républicaine et c’est ce pour quoi œuvre l’APO avec la facilitation du président du Faso, Blaise COMPAORE, appuyé par la communauté internationale dont l’ONU qui a un regard particulier sur la marche du processus.
Nonobstant leur effet perturbateur au plan émotionnel, les actions de sape du genre de ce qui vient d’être mené au sein du FPI resteront des épiphénomènes qui auront plutôt l’heur de montrer la pertinence de l’APO. Si le timing convenu n’a pu être respecté, il faut reconnaître que des raisons objectives révélées par l’épreuve du terrain dédouanent les acteurs de sa mise en œuvre. Cependant, il faudra au président GBAGBO de l’entregent pour discipliner ses ouailles afin de parler le même langage au niveau du parti au pouvoir ; car, détenant le pouvoir d’Etat, le FPI prend une grande part dans l’aboutissement des objectifs de l’APO.
A présent qu’il peut s’asseoir à la même table de discussion avec ses adversaires ou les autres parties signataires de l’APO sans la présence du Facilitateur, il faut dire que le président GBAGBO est bien placé pour apprécier les vertus de cet accord. Et c’est Blaise COMPAORE qui indubitablement est le plus heureux, lui qui aura réussi le plus difficile : parvenir à ce qu’un Laurent GBAGBO, un Henry Konan BEDIE, un Alassane Dramane OUATTARA et un Guillaume SORO puissent se retrouver pour débattre de l’avenir de la Côte d’Ivoire qui passe par l’application intégrale de l’APO. Pour paraphraser quelqu’un, il peut maintenant dormir tranquille ; ces leaders ivoiriens au cœur de la crise ne le feront pas mentir lorsqu’il affirmait que seuls les Ivoiriens trouveront remède à leur situation. La possibilité pour le Cadre de concertation institué par l’APO et qui regroupe les quatre leaders suscités de siéger sans sa présence est un soulagement pour Blaise COMPAORE qui, il ne faut pas l’oublier, est aussi en année électorale au Burkina Faso. C’est dire que très bientôt il sera beaucoup sollicité au pays et devra s’occuper de défendre sa candidature à la Magistrature suprême. Ironie du sort, avant la fin de 2010, les Ivoiriens devront aller à leur élection présidentielle ; c’est le plus grand mal qu’on leur souhaite. Ne disent-ils pas là-bas en Eburnie «Je t’aime, mais je me préfère» ? Au Faso, la présidentielle, c’est pour novembre et en Côte d’Ivoire, tout semble dire qu’elle peut se tenir en octobre. Alors, il faut éviter d’imposer au Facilitateur, qui n’est pas nanti du don d’ubiquité, d’être sur les deux terrains au même moment. C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’il faut appréhender sa déclaration dans une interview laissant entendre qu’il risque de ne plus être disponible en tant que Facilitateur pour les Ivoiriens si le «Jeu» se poursuivait indéfiniment. Comprend donc qui veut et plus d’entrain dans la mise en œuvre de l’APO..o

- cheick Ahmed
ilingani2000@yahoo.fr

 

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