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La Une du n°666
La Une du n° 666
RETRO-SPORTS :N°666du 21 au 27 juillet 2010

Championnat national D1-26e et dernière journée
Ouaga et le reste du monde

Le championnat national de football de première division a rendu son verdict depuis trois journées maintenant. L'ASFA-Y se succède à elle elle-même, mais l'enseignement principal de cet exercice se situe ailleurs. Le fossé s'est nettement agrandi entre les équipes de la capitale et celles du reste du pays.

Les cinq formations de Ouagadougou devant et les autres derrière. Et pour en ajouter à cette domination écrasante, le RCK, la moins performante des équipes de la capitale, a mis huit points dans la vue du RCB qui amène avec sa sixième place, le peloton des battues.
Pour tout dire, il y a eu en fait deux championnats, sinon même trois, puisque le nouveau champion caracolle en tête nanti de 61 points contre 49 à son dauphin, qui n'est autre que sa rivale de toujours, l'Etoile filante de Ouagadougou, obligée comme les autres concurrentes de subir la supériorité évasante de l'ASFA-Y. Les Jaune et vert n'ont pas fait dans la dentelle, eux qui affichent un bilan impressionnant de 18 succès pour 7 nuls et seulement une petite défaite de 1-0 concédée dès la 4e journée à l'AS Kourittenga. Et puis, la machine à gagner s'est mise en route,forte d'un contingent de Ghanéens, qui par leur autre culture de football, constituent depuis deux ans déjà, un formidable plus pour ce club déjà soixantenaire.
Pour en revenir à la fracture apparue dans le Faso foot, il faut reconnaître que la réalité du terrain n'est que le reflet de la différence de moyens, et qui ne cesse de prendre de l'ampleur, existant entre les quatorze engagées. La capitale concentre aujourd'hui les meilleures équipes parce qu'elle a aussi les plus grands moyens. Autrement dit, se pose ici le problème du financement du sport, qui avec la crise économique ambiante doit répondre à une stratégie bien pensée et élaborée. Sachant que la colonne de base du développement du sport, c'est d'abord les clubs, la problématique de son financement dépend premièrement de celle des clubs. Comment se finance l'Etoile filante ? Une telle question nous plonge dans une sorte de labyrinthe inextricable telle que la réponse sera multipliée par autant de nombre de répondants. Alors, se poser la même question concernant l'ASMAYA ou le Sama Sporting club revient à plonger dans un cauchemar sans fin.
Pour récurrente qu'elle soit une telle question, il va falloir pourtant y apporter une réponse limpide et définitive si on ne veut pas à continuer dans cette voie sans issue qui a conduit à l'arrêt cette saison du championnat. Mais trop cristallisé sur la gestion des équipes nationales, sur les querelles larvées entre les instances et l'autorité de tutelle, notre sport ne consacre que peu de place à la réflexion et la création d'idées neuves. Il faut certainement aussi que les instances fédérales aient des conditions de travail qui incitent à aller au-delà de la gestion rituelle du quotidien. Sinon, il leur est difficile d'exercer une réelle emprise sur leur discipline respective et de gommer les petites contrariétés, qui mises ensemble, tirent la gestion vers l'approximation et l'à-peu-près.
Si le football qui constitue partout dans le monde, la locomotive n'arrive pas à trouver une voie, sinon qu'à rester enfermée dans un championnat qui ronronne, difficile alors de penser que les autres disciplines peuvent performer. Il demande encore à s'appuyer sur de vrais repères, sur notamment un financement plus conséquent, sûr et régulier capable de générer des clubs mieux structurés, plus autonomes et ayant les moyens de créer une économie du football. En dehors de tendre à un tel objectif, il faut craindre que ce championnat à plusieurs vitesse ne parvienne jamais à être celui capable de faire émerger des joueurs d'élite. Or, le football par procuration, celui qui pioche des jeunes joueurs formés dans des centres improbables ne peut tenir sur le long terme. C'est pourquoi, cette question du financement devient, chaque jour qui passe, capitale. Résolue, elle permettra de donner tout le pouvoir aux clubs, dont notamment celui de la formation des jeunes talents, et aussi de recoller une organisation du football, qui pour l'instant ne repose sur rien. Si seulement l'arrêt du championnat en avril pouvait servir à une prise de conscience. Pourquoi ne pas espérer ?o

Résultats de la 26e journée
MAYA – EFO = 0-2
RCK – SOUROU = 5-2
SONABEL – USCO = 3-0
ASFA-Y – USY = 1-0
USFA – RCB = 1-0
ASK – SSCB = 1-0
BOBO SPORTS – BPS = 1-3

Idriss SEMDE

 

Vie des Fédérations
La quadrature du cercle

La saison sportive 2009-2010 va bientôt s’achever au Burkina. Mais à l’heure du bilan, il n’y a pas de matière à se réjouir. Au double plan organisationnel et des résultats on souffle le froid.

En application des textes réglementaires, les fédérations sportives ont renouvelé leurs structures dirigeantes à la fin de l’année 2008. Les disciplines majeures comme le cyclisme, la boxe, le Volley-ball se sont choisi de nouveaux dirigeants pendant que le football du fait des bouleversements qu’il a connus avec la démission du comité exécutif en 2007 n’a pas été directement concerné par la vague des élections, le bureau actuel ayant été mis en place après cette crise.
Depuis la mise en place des entités, il faut reconnaître que leur fonctionnement n’est pas toujours ce qu’on voulait. Des crises traversent la plupart et bien entendu l’effet se ressent sur les terrains.
Des problèmes organisationnels
Au handball, le secrétaire général a jeté l’éponge. Et quelques semaines plus tard, c’est au tour du président de la Fédération de Basket-ball de rendre le tablier. L’explication donnée est la convenance personnelle. Trop facile pour convaincre. Pour des gens qui se sont battus corps et âme pour être où ils sont, il faut avoir de bonnes raisons pour partir. Pour le cas, du Basket-ball dont la démission du président a été officiellement acceptée, le 16 juillet dernier par le ministère des Sports et des Loisirs au cours d’une cérémonie, de cette fédération le problème est que les textes n’ont pas prévu le cas de démission du président. Et comme le scrutin a été celui de liste le départ du président entraîne celui de tous les autres membres du bureau. Le ministère a néanmoins confié l’intérim au vice-président Souleymane YAMEOGO en attendant la mise en place de la nouvelle structure. Selon nos informations, même si DRABO soutient être parti pour convenance personnelle, deux raisons expliqueraient sa décision. Il y a d’abord le manque de moyens. Les caisses de la Fédération sont vides. Pour tenter de sauver la situation, le bureau a demandé aux ligues notamment celle du Centre de pré-financer les compétitions. Un marché que ces structures régionales ont refusé. On reproche à DRABO d’avoir mis la barre très haute durant son premier mandat avec par exemple un million de FCFA comme récompense au champion national senior. Il était donc difficile à la Fédération de maintenir le rythme avec une telle exigence financière alors que les sponsors sont très rares dans le Basket-ball. Le blocage était donc inévitable. La seconde raison serait une certaine cacophonie au sein du bureau démissionnaire. Le vice -président de DRABO, Souleymane YAMEOGO, aurait organisé son tournoi, qui n’a d’ailleurs pas connu le succès escompté, sans l’avis de son président. Dans ces conditions, la vie du groupe ne pouvait qu’être précaire. Voilà le Basket-ball plongé de nouveau dans la crise. Il faut parer au plus pressé en organisant des élections. Même s’il va être difficile de rattraper le retard, les nouveaux dirigeants pourront au moins préparer la nouvelle saison.
Dure, dure est la vie dans toutes les disciplines
D’une façon générale, le sport souffre du manque de financement au Burkina. On a vécu la période de galère du football avec la suspension du championnat le 21 avril dernier pour manque de moyens et la saisie des biens de la fédération par ses créanciers. Même si l’Etat a solutionné le problème en permettant la reprise de la compétition, on aura compris que le foot burkinabè est un sinistré. Le championnat qui vient de s’achever a couronné l’ASFA-Yennenga pour la deuxième année consécutive mais qui sait de quoi sera faite la saison prochaine ? Le football coûte tellement cher qu’il n’est pas sûr que l’Etat puisse éternellement lui trouver les fonds nécessaires aux clubs. Pour éviter la dérive, il faut trouver des sponsors et ce n’est pas ce qui est le plus facile.
Le Volley-ball burkinabè a vécu un phénomène qui l’a transfiguré. Il a suffi que le président de la section de cette discipline démissionne pour que les dirigeants à l’ASFA-Yennenga décident de saborder les équipes. Leurs équipes masculine et féminine ont disparu, et les joueurs sont allés grossir les rangs de l’AS SONABEL. Dans l’univers du volley, il était difficile d’envisager une saison sans les «Jaune et vert», cela d’autant qu’ils contribuaient à tirer la discipline vers le haut avec la rivalité légendaire avec l’EFO. Aujourd’hui, les Stellistes qui sont à leur meilleur niveau, en témoigne leur second titre en championnat national, n’ont plus que l’US Forces armées comme rivale au sens sportif du terme.
Beaucoup d’autres disciplines n’existent que sur le papier et ne peuvent mener aucune activité visible sur le terrain. Le cas de la Boxe est aussi éloquent. C’est un des sports qui procure des distinctions au Burkina. Mais depuis des lustres, on n’entend plus retentir le coup de gong. Dans la boxe professionnelle, un promoteur comme Isaïe KABRE organise sporadiquement des galas pour meubler le temps, mais il n’existe aucun plan d’épanouissement au niveau amateur. Ce qui n’augure rien de bon pour l’avenir. Quand on sait le temps qu’il faut mettre pour former un pugiliste de haut niveau, on mesure aisément le gouffre dans lequel est en train de plonger la boxe burkinabè. Et ce ne sont pas les seuls cas. Pratiquement toutes les disciplines sportives vivent dans ce dénuement permanent. Il n’y a pas d’argent pour organiser les compétitions officielles encore moins préparer la relève. Avec une telle évolution, le sport burkinabè est obligé de réduire ses ambitions de gloire à de petites médailles. L’excellence mondiale qui exige beaucoup de travail et surtout de lourds investissements ne semble pas pour le moment à notre portée.
Le sport burkinabè a besoin d’un sérieux diagnostic afin de situer ses forces et ses faiblesses et surtout définir les objectifs à court et long terme. o

Ahmed NAZE

 

 

 

 

 

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