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La Une du n°668 du 4 au 10 août 2010
La Une du n° 668
:N°668 du 4 au 10 août 2010

Blaise COMPAORE n’est pas prophète au Faso,
ni Edouard OUEDRAOGO à L’Obs

Ho là là ! Ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère, les confrères de L’Observateur paalga, eux qui ont pris le parti, depuis un certain temps, d’astiquer les oreilles de Blaise COMPAORE, du clan des COMPAORE, des courtisans et autres zélateurs du système, des affidés etc. comme ils aiment à l’écrire.
C’est en effet, le lexique du journal pour désigner l’entourage du président du Faso, Blaise COMPAORE ; le parti majoritaire, le CDP ; ceux de la majorité présidentielle ; ou les auteurs d’analyses qui leur sont favorables. Une simple question de vocabulaire ? On peut en douter. Mais ce qui est d’ores et déjà certain, c’est qu’on n’a plus besoin d’aller dans une certaine presse coutumière du fait pour lire certaines insanités. N’est-il pas vrai que sous nos latitudes nul besoin de descendre dans les égouts pour patauger dans la boue ? Mais tout de même !
Prenant prétexte de la proposition de la FEDAP/BC d’utiliser les extraits d’acte de naissance pour l’élection présidentielle de novembre prochain, afin de pallier les insuffisances constatées au niveau de la délivrance des CNIB, la rédaction du journal vole dans les plumes de tous ceux qui militent pour cette éventualité.
Lisez plutôt : «L’agitation du clan des COMPAORE et de leurs affidés est, de ce fait, bien stérile et on s’étonne de leurs délicatesses démocratiques, plutôt empruntées. Pourquoi faudrait-il d’ailleurs que le scrutin de 2010 soit différent des précédents ?
Parce qu’après 23 ans de bons et loyaux services, le locataire du palais de Kosyam va entamer son dernier mandat et qu’il lui faut commencer à soigner sa sortie ? Allons, ne soyons pas gênés ! Après tout, en 1991, il a pris la course en solitaire après le boycott de l’opposition ; ça ne l’a pas tué. Sept ans plus tard, il s’est tapé deux comparses avant de rééditer l’exploit en 2005 en se faisant élire à hauteur d’homme (80%) face à onze concurrents.
Avec un tel pedigree démocratique, ce ne sont donc pas de petits détails sourcilleux qui vont l’empêcher de dormir». (In L’Observateur Paalga n° 7686 du 02/08/2010)
Pendant qu’ils y sont, écrira en substance la rédaction, pourquoi n’utiliserait-on pas les carnets de baptême ou la carte d’abonnement à la SOTRACO, puisque le résultat du scrutin serait connu d’avance. Mais pourquoi pas la carte d’abonnement à L’Observateur ou à L’Opinion ?
C’est à croire qu’il n’y a qu’au Burkina Faso qu’un candidat peut être donné vainqueur d’avance et qu’une telle occurrence est synonyme d’absence de démocratie ou d’élection libre et équitable. Or Dieu seul sait combien d’élections dans les plus grandes démocraties sont courues d’avance sans que cela ne gêne quiconque. Peut-être qu’il ne serait pas de trop de faire observer qu’élection ne veut pas dire pêche miraculeuse et que l’issue de toute élection devrait forcément relever de la surprise. Et puis, ce n’est pas parce que le vainqueur probable d’une élection est connu qu’il faille «faire du n’importe quoi».
En vérité, il n’y a rien à dire ou à redire sur les mots et les arguments utilisés, car ceux-ci traduisent sans nul doute les opinions de leur auteur ; et, en la matière, il n’y a pas et il ne s’aurait y avoir de limite même s’il est vrai que tout ce qui est excessif est négligeable.
Ce qui me choque personnellement et me pousse à tracer ces mots c’est qu’à mon humble avis, L’Observateur Paalga, avec tout le crédit dont il jouit, n’a pas besoin d’utiliser un tel vocable pour convaincre de la force de ses options éditoriales. Je suis convaincu qu’ils sont nombreux qui pensent la même chose. Partant de ma petite expérience de vie associative, d’analyste politique et de participation aux débats sous toutes les formes (publiques, dans les médias, organisées ou informelles), je puis affirmer que son Directeur de publication le doyen Edouard OUEDRAOGO, ne peut pas se reconnaître dans les propos injurieux et discourtois utilisés. Pour deux raisons. Ceux qui comme lui aiment et vouent leur vie à la démocratie et ont consenti de lourds sacrifices en son nom ont un profond respect pour leurs contradicteurs et ne s’autorisent pas à les injurier, acceptant même de recevoir sans répliquer quelques coups sous la ceinture. Ne dit-on pas d’ailleurs que l’injure est l’hommage du vice à la vertu ? Ensuite, c’est une question d’éducation. Je n’en dirai pas plus.
Si ; et sans acrimonie, si Blaise COMPOARE n’est visiblement pas prophète au Faso, il semble que le doyen n’en soit pas aussi dans sa rédaction ! Où va-t-on ?!

Par Faèz

 

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