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La Une du n°669
La Une du n° 669

Retro-Rétro – Gouvernance:N°669du 11 au 17 août 2010

3e congrès extraordinaire du CDP
Avec Blaise COMPAORE pour la victoire

Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) a tenu, les 6 et 7 août 2010 à Ouagadougou, son 3e congrès extraordinaire. Bonzes du parti et simples militants ont activement pris part à la cérémonie d’ouverture et de clôture qui ont respectivement eu lieu les vendredi 6 août et samedi 7 août 2010.

Tout comme l’orchestre dirigé par le maestro Jacob DABOUE, les cérémonies d’ouverture et de clôture du 3e congrès du CDP étaient réglées comme une horloge. Ils étaient au bas mot environ 3 500 congressistes venus des 45 provinces du Burkina Faso, des sections et sous-sections du CDP à l’extérieur du pays à prendre part à ce grand rendez-vous. Outre la désignation du candidat du parti à la présidentielle de novembre 2010, l’ordre du jour du congrès était axé sur le bilan du programme quinquennal du président Blaise COMPAORE et les réformes politiques et institutionnelles dans la perspective de l’édification d’un Burkina Faso émergent. Un ordre du jour qui montre à souhait la nécessité de la tenue d’un tel congrès. C’est habillés de tee-shirts et de tenues cousues dans des pagnes aux couleurs du parti et frappés de son logo que les militants CDP ont fait le plein de la Maison du peuple. D’autres par manque de places à l’intérieur étaient obligés de suivre les cérémonies d’ouverture et de clôture grâce au son des hauts parleurs installés à l’occasion. Il n’y a pas de doute que le CDP est un grand parti organisé et implanté à travers tout le pays. Comme à chaque fois que ce parti organise une manifestation, on a assisté à une mobilisation grandiose et exceptionnelle. Sur des banderoles affichées à l’occasion, on pouvait lire les messages clairs et sans équivoque pour une victoire éclatante du candidat CDP à l’élection présidentielle de novembre 2010 pour laquelle les militants se sont dits mobilisés.

Il est 08h 50mn : une brève suspension musicale et autres slogans lancés pour chauffer la salle est faite pour permettre aux membres de la direction nationale du parti de s’installer. 9h 00mn l’inégalable Ambroise TAPSOBA, un des maîtres de cérémonie, lance des «victoires» au CDP ou à Blaise COMPAORE repris par les militants qui se sont mis debout pour accueillir le président du parti, Roch Marc Christian KABORE, sous des ovations. C’est après l’exécution de l’hymne du CDP pour la victoire, la paix, l’honneur, l’intégrité, la démocratie, le progrès, la justice… que le secrétaire général de la section provinciale du Kadiogo, Patrick NIKIEMA, a livré le message de la section. Il a souhaité aux congressistes la bienvenue et a dit la reconnaissance de la section du parti pour le choix de Ouagadougou pour accueillir le 3e congrès extraordinaire. Il a rappelé la volonté et la détermination du CDP de faire du Burkina Faso, «un pays émergent fondé sur la paix sociale, la stabilité politique, l’affermissement de l’Etat de droit et de la démocratie et l’amélioration de la productivité du travail de notre peuple». Il a fait cas des acquis engrangés avec le président COMPAORE et a réitéré l’engagement et la détermination de la section à poursuivre la construction des chantiers aux côtés du chef de l’Etat. Pour le président du parti, Roch Marc Christian KABORE, ce 3e congrès extraordinaire du CDP qui se tient après son 4e congrès ordinaire est historique. Il a demandé une minute de silence aux congressistes pour les militants du parti disparus, les victimes de l’inondation et des récentes victimes des évènements dramatiques de Gaoua. «Pour la 4e fois consécutive de son histoire, sous la IVe République, le peuple burkinabè a rendez-vous avec son destin, pour élire, à travers un scrutin libre et transparent, le président du Faso. Ce parcours exceptionnel dans la vie démocratique de notre pays, draine avec lui les espoirs de stabilité politique, de paix, de prospérité économique en faveur de nos populations et d’approfondissement continu de la démocratie que notre peuple cultive depuis l’établissement de la constitution du 2 juin 1993». Le CDP qui est un parti de 15 ans d’expérience dans la gestion du pouvoir d’Etat, «assume pleinement ses responsabilités devant le peuple burkinabè, tout en se félicitant de continuer à nourrir la réflexion en vue de consolider ses acquis démocratiques, la paix et la prospérité, dans le respect de notre loi fondamentale», a dit son président qui a rappelé le contexte de la conjoncture nationale et internationale dans lequel se tient ce congrès. Au plan national, il a fait état de la nécessité pour notre pays de créer les «conditions objectives et subjectives d’un Burkina émergent, démocratique et réconcilié avec son histoire». Au plan international, la mondialisation de l’économie, le phénomène de la globalisation, la dernière crise mondiale multidimensionnelle, foi de Roch Marc Christian KABORE, «ont modifié les paradigmes du développement et ouvrent la voie à de nouvelles possibilités pour les pays en développement comme le nôtre». Il a alors dit la nécessité pour notre pays de continuer dans la voie tracée par le président COMPAORE pour le progrès économique et social de notre pays dans un esprit d’ouverture, de cohésion et de rigueur propice à l’enracinement de la bonne gouvernance. Pour améliorer les règles et pratiques dans la perspective de consolider les acquis démocratiques, le CDP estime qu’il est nécessaire de réviser la constitution.
Le CDP ne veut pas se laisser divertir par certains qui tirent dans tous les sens, opposés qu’ils se disent à cette éventuelle révision qu’ils estiment n’être qu’un prétexte pour sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel. Pour le CDP, la limite à la révision d’un quelconque article de notre constitution demeure la constitution elle-même. Et le président du parti de voler dans les plumes de ces «marchands d’illusions et autres donneurs de leçons» qui dénient au CDP le droit de proposer des réformes. Après avoir dit le droit mais surtout le devoir du CDP de se prononcer sur toutes les questions relatives à la vie de la Nation, le président KABORE a dit une fois de plus l’engagement et la détermination de son parti pour la poursuite de l’édification d’un Burkina prospère avec Blaise COMPAORE. Ce dernier d’ailleurs, à l’occasion de ce congrès, a acheminé un message de gratitude et de remerciement au CDP qui a toujours été aux avants postes des luttes menées. Il a souhaité par la voix de Simon COMPAORE que ce 3e congrès extraordinaire soit celui de l’unité et de la cohésion et que des propositions fortes de réformes prenant en compte, l’intérêt général se dégagent des travaux. L’ADF/RDA, l’AMP, ce regroupement de 35 partis politiques qui soutiennent le programme du chef de l’Etat, et l’UNDD, partis invités, ont adressé des messages aux militants et responsables du CDP. Si les deux premiers cités ont soutenu le parti, l’UNDD, quant à elle, a invité le CDP à n’avoir que l’intérêt général dans ses propositions de réformes et a peint la situation politique du pays telle que ses responsables la voient.
La cérémonie d’ouverture, après les différentes interventions, a pris fin pour faire place aux travaux en plénière. C’est le lendemain samedi 7 août que les congressistes se sont retrouvés autour de 10h pour la clôture du 3e congrès extraordinaire du CDP. Sans véritable surprise, l’actuel chef de l’Etat, Blaise COMPAORE, a été, sous les ovations et hourras des militants, investi candidat CDP pour la présidentielle du 21 novembre prochain. Pouvait-il vraiment en être autrement aux regards des différents soutiens que ce parti apporte au président COMPAORE qui le lui rend si bien ? Si la résolution de la désignation du candidat CDP a été lue par Jean Christophe ILBOUDO, militant du parti, c’est le secrétaire général du parti, Achille TAPSOBA, qui a livré la teneur de la synthèse des travaux en plénière tandis que le président du parti, Roch Marc Christian KABORE, a clôturé de son discours, le 3e congrès extraordinaire du CDP. Il est revenu sur le bilan quinquennal du président du Faso que les congressistes ont jugé largement positif de même que les perspectives encourageantes qui s’ouvrent à notre pays. Il a également fait cas des réformes politiques et institutionnelles à venir et a appelé les Burkinabè et particulièrement les militants du CDP à se doter chacun de sa CNIB pour une brillante élection du candidat COMPAORE au soir du 21 novembre 2010. Le président du parti a félicité les congressistes pour leur discipline et la qualité des travaux. On peut dire que ce 3e congrès extraordinaire a comblé les attentes. Ce fut un congrès de maturité. Si le Premier ministre, Tertius ZONGO et plusieurs membres du gouvernement ont pris part à ces 48h du CDP, la cérémonie de clôture a été rehaussée par la présence de l’épouse du chef de l’Etat, Chantal COMPAORE.o.

Angélin DABIRE

 

Ils étaient là !


Tertius ZONGO
Le Premier ministre, Tertius ZONGO était présent à l’ouverture et à la clôture du congrès. Par moments il souriait, riait, acquiesçait de la tête ou applaudissait les orateurs. Sans doute qu’il se sentait en phase avec les propos des responsables du CDP.
Plusieurs membres de son gouvernement, militants déclarés ou pas du parti majoritaire étaient également présents. Si certains comme Alain B. YODA, Marie Odile BONKOUNGOU, Seydou KABORE, Salif SAWADOGO, Kader CISSE… étaient habillés aux couleurs du parti, d’autres comme Maxime SOME, Joseph PARE (cérémonie de clôture) ne portaient pas des habits «griffés» CDP.

 

 

François COMPAORE
Il était là. Le frère cadet du président du Faso et conseiller économique à la présidence du Faso. En compagnie de son épouse, celui-ci a assisté aux cérémonies d’ouverture et de clôture. On l’a vu agiter un fanion à l’effigie de son frère de président et être comme la plupart des congressistes sous le charme de la traduction mooré assurée par l’incontesté Ambroise TAPSOBA.

 

 

 

Chantal COMPAORE
C’est juste avant l’ouverture de la cérémonie de clôture qu’elle a fait son apparition en compagnie du Premier ministre, Tertius ZONGO. Outre le message de soutien qu’il a envoyé au parti, Blaise COMPAORE a aussi envoyé sa douce moitié prendre part à la cérémonie de clôture. Comme à son habitude l’épouse du chef de l’Etat, durant tout le temps qu’a duré la cérémonie, a gardé son sourire légendaire.

 

 

 

Oumarou KANAZOE et Alizéta OUEDRAOGO
Ils font partie de la crème des opérateurs économiques et hommes/femmes d’affaires du pays. Ils sont des soutiens de taille du président COMPAORE et d’aucuns n’hésitent pas à les qualifier de bras financier du pouvoir de la IVe République. Le premier est surtout connu dans le domaine des routes et la deuxième dans le domaine de l’immobilier, des cuirs et peaux.

 

 

 

Salif DIALLO
Il fut en 2005, directeur de la campagne présidentielle du candidat CDP, Blaise COMPOARE. Précédemment vice-président, secrétaire chargé de l’orientation politique du CDP, l’homme est devenu simple militant du CDP. Il a été sanctionné pour «indiscipline» pour avoir fait des propositions par voie de presse demandant le passage à la Ve République en violation des principes du parti. L’homme n’a pas été suivi mais plutôt sanctionné par ses camarades du parti qui ont dit niet à une quelconque Ve République. On l’a vu parlementer avec Fatou DIENDERE, Basile GUISSOU, Joseph PARE, Luc Adolphe TIAO, et bien d’autres bonzes du parti. Il a parfois applaudi certains discours. Qu’en a-t-il été lorsque ses camarades dans leurs interventions disaient qu’il n’était pas question d’aller à une Ve République ?

 

Assimi KOUANDA
Directeur de cabinet du chef de l’Etat, Blaise COMPAORE, l’homme aura la lourde tâche de diriger la campagne présidentielle à venir de son chef. Il devrait s’en sortir sans peine quand, on sait qu’il peut compter sur le soutien sans faille de son parti le CDP.
Lors du point de presse qui a suivi juste après la clôture du congrès, il était au présidium. Sur l’écriteau posé devant lui on pouvait lire. «Assimi KOUANDA, rapporteur général adjoint». Il faut dire que le bilan et l’aura de son mentor doivent en principe lui faciliter la tâche. Enfin, lorsqu’on dit de l’homme qu’il est un rassembleur, qu’il cultive la modestie et l’humilité, pas de doute que le candidat COMPAORE peut dormir tranquille.

 

Gaston SOUBEIGA
Il est le président de la Fédération Associative pour la Paix et le Progrès avec Blaise COMPAORE (FEDAP/BC). Récemment sa structure constatant que beaucoup de nos compatriotes n’avaient pas leur CNIB, document requis pour pouvoir exprimer leur droit de vote a demandé qu’on autorise les votes avec l’acte de naissance. Il n’a pas été suivi ni par le gouvernement, ni par le CDP qui estime que ce serait un recul démocratique pour notre pays que d’autoriser cela. De plus, il s’agit d’un consensus de la classe politique nationale que les autorités et le CDP ne veulent pas voir remis en cause.

 

 

Réformes politiques et institutionnelles
le CDP propose…

Dans la perspective d’améliorer les règles et pratiques afin de consolider les acquis de notre démocratie, le Président du Faso, le 10 décembre 2009, à la veille de la célébration du 49e anniversaire de l’indépendance de notre pays, a invité l’ensemble des Burkinabé à faire des propositions de réformes politiques et institutionnelles. Pour répondre à cette invite présidentielle, le CDP lors de son congrès a consacré une place prépondérante a aux réformes. Nous vous proposons quelques-unes souhaitées par le parti au pouvoir.

Bien avant, il faut préciser que le CDP faisant le bilan de la mise en œuvre du Programme du Président du Faso sur le plan politique note que «fidèle aux engagements pris devant le peuple burkinabé, le président Blaise COMPAORE n’a ménagé aucun effort pour assurer le renforcement de l’ordre républicain, dont il est le garant. La tenue d’élections municipales et législatives transparentes et démocratiques respectivement en 2006 et en 2007, la stabilité du pays et le fonctionnement régulier des institutions sont autant d’acquis qui ont été propices au renforcement d’un climat de paix sociale». Dans le domaine de la gouvernance, le CDP note un renforcement du cadre institutionnel pour l’opérationnalisation de l’Autorité supérieur du contrôle de l’Etat (ASCE) en matière de lutte contre la corruption, la création et l’installation de l’Autorité de régulation des marchés publics, l’option d’une politique sectorielle au niveau de la justice…

Les propositions de réformes du CDP
Convaincus de la nécessité d’une adaptation progressive et permanente des institutions à un environnement en constante évolution, les délégués CDP ont fait les propositions de réformes politiques et institutionnelles suivantes :
- L’affirmation du caractère inaliénable de la souveraineté du peuple par une fraction du peuple ou par un individu ;
- L’exigence pour tout candidat à l’élection présidentielle d’être seulement Burkinabé de naissance ;
- La mise en exergue de l’intégrité comme valeur républicaine à l’instar de celle de probité, de transparence, d’impartialité et de solidarité ;
- La création d’un sénat ;
- Le renforcement de l’efficacité du Conseil constitutionnel ;
- Le renforcement de la place et du rôle du Parlement dans le paysage institutionnel, notamment par la consolidation de son pouvoir de contrôle de l’exécutif ;
- La suppression de la limitation des mandats présidentiels par la révision de l’article 37.
Les congressistes ont longuement échangé sur la question de la révision de l’article 37 et ont apprécié l’argument selon lequel la Constitution organise par elle-même les voies de sa propre révision et que la modification de l’article 37 n’est pas interdite par la Constitution. En tout cas pour le CDP, il appartient au peuple souverain de renouveler ou non sa confiance à un candidat, d’où la nécessité «de ne voir figurer dans la loi fondamentale le principe de la limitation du renouvellement des mandats présidentiels».o

Ben Alex Béogo

 

Roch Marc Christian KABORE, président du CDP

“Nous, on est serein. on n’a pas une vision
apocalyptique du Burkina Faso”

 

A l’issue de la cérémonie de clôture du 3è congrès extraordinaire du CDP, le président du parti Roch Marc Christian KABORE a animé un point de presse. Au menu des échanges avec les journalistes, les questions liées à l’inscription sur les listes électorales, les difficultés liées à la distribution de la CNIB, les réformes politiques et institutionnelles…Nous vous proposons l’intégralité de ses propos.

De l’inscription sur les listes électorales, de la non-disponibilité de la CNIB et du message de l’UNDD.
Vous savez que les différents partis politiques ont été sollicités pour faire en sorte que les citoyens puissent s’inscrire sur les listes électorales. Nous avons à travers nos structures, participé activement à cette mobilisation. Aujourd’hui, il y a des difficultés sur les CNIB. L’accent a été mis sur la production des cartes et non sur la distribution. Ce n’est pas seulement un problème du CDP. C’est un problème de l’ensemble des forces vives de la société civile et des citoyens. Il nous appartient de nous impliquer tous dans la sensibilisation afin que les citoyens aient leurs pièces d’identité. Nous avons lancé un appel à toutes les forces dans ce sens et je suis convaincu que si nous sommes tous engagés, nous allons atteindre nos objectifs.
Nous avons fortement apprécié le message de l’UNDD. C’est un parti de l’opposition qui a livré un message au congrès du CDP. Le CDP est un parti démocratique qui respecte le choix des électeurs et nous avons aussi nos points de vue. L’UNDD a aussi exprimé sa position sur ce qu’elle considère comme étant la démocratie au Burkina Faso que nous ne partageons pas du tout. Mais c’est son point de vue en tant que parti de l’opposition et nous respectons ce point de vue. Nous souhaitons que de plus en plus la majorité et les partis d’opposition puissent assister à nos rencontres, à nos congrès et donner chacun son point de vue sur la réalité de la situation pour que les militants qui assistent aux congrès puissent entendre d’autres sons de cloche. Je remercie l’UNDD pour sa participation.

Des propositions de réformes politiques et institutionnelles
Concernant les réformes politiques, nous avons proposé un certain nombre de réformes. Tout d’abord nous avons dit que la souveraineté appartient au peuple et qu'aucun segment du peuple ne peut s’attribuer cette souveraineté. La souveraineté appartient au peuple soit à travers l’élection de ses représentants, soit à travers le référendum. Nous avons aussi posé le problème des relations entre le Parlement et l’Exécutif. Désormais, nous considérons que la déclaration de politique générale d’un Premier ministre doit être soumise à débats suivie d’un vote du Parlement. Si à l’issue de cela, il n’a pas la majorité absolue du Parlement sur le programme qu’il a donné, il rend sa démission et le chef de l’Etat propose un nouveau Premier ministre. De même, nous avons dit que son discours sur l’état de la nation qui est actuellement suivi de débats peut déboucher sur le dépôt d’une motion de censure, à une recommandation du Parlement ou au fait que le Premier ministre engage la politique de son gouvernement. Egalement, nous avons dit qu’il faut créer le Sénat pour que nous soyons un Parlement bicaméral. Le contenu de ses missions, de ses membres, etc. sera fixé plus tard par la constitution. Il est aussi écrit dans la constitution que pour être chef d’Etat, il faut être Burkinabè de naissance, né de père et de mère eux-mêmes Burkinabè de naissance. Nous avons demandé à ce qu’on revienne sur cette disposition pour ne pas pénaliser par exemple un enfant, né seulement de père Burkinabè. Pour être candidat à la présidence, nous disons qu’il faut être simplement Burkinabè de naissance. Concernant l’article 37, il faut qu’on revienne à une vision normale de la démocratie. En la matière, c’est le peuple qui est souverain. Celui-ci étant souverain ça veut dire que c’est lui qui choisit. Il n’est pas question pour nous de faire des constitutions en pénalisant le peuple. Aujourd’hui au Burkina, on nous dit que ce qui est politiquement correct est de limiter les mandats et que c’est ça la démocratie.
L’expérience même à travers le monde nous montre que ce n’est pas ça. Nous voulons aussi être imité par d’autres. Nous disons que tous ceux qui sont candidats, que ça soit de la majorité ou de l’opposition, le seul critère valable c’est l’élection des urnes. C’est pourquoi, quand des partis politiques sont assis, disent qu’ils ne participent pas aux élections, moi je trouve que c’est de l’irresponsabilité parce que tous les partis politiques doivent travailler à ce que leurs militants soient sur les listes électorales. Ils doivent donner des mots d’ordre de vote. S’ils ne sont pas candidats, ils peuvent dire au moins de voter contre la candidature de Blaise COMPAORE pour situer la position de leur électorat. Chacun bavarde et il ne sait même pas combien de personnes peuvent voter pour lui. C’est inutile. Il faut que les partis prennent conscience qu’ils ont un rôle d’éducation et de sensibilisation et que ce n’est que dans l’action et dans les faits que le peuple acquiert aussi les mécanismes. Mais si finalement on ne vote pas, on dit aux gens de ne pas aller s’inscrire, comment on va exprimer son opposition au système. Dans le cadre des réformes politiques nous avons aussi proposé qu’au niveau du Conseil constitutionnel où le président du Faso et le président de l’Assemblée nomment chacun 3 personnalités, il faut que deux de ces personnes soient des juristes confirmés pour renforcer la qualité et la potentialité du Conseil constitutionnel. Il s’agit là de nos propositions que nous allons verser au débat national. Nous n’avons pas fixé de calendrier pour cela. Vous savez qu'avant nous, certains partis ont déjà fait des propositions. C’est tout un processus et vous serez informé quand ça sera au niveau des discussions parlementaires.
Pour le moment, nous sommes à l’étape des axes que nous avons dégagés et nous allons maintenant travailler pour les rendre opérationnels.

Le CDP ne craint-il pas des manifestations visant au rejet de la modification de l’article 37 ? Que prévoit-il en cas de protestation ?
Nous on est serein. On n’a pas une vision apocalyptique du Burkina Faso. Nous ne sommes pas des spécialistes de la divination. Nous sommes un parti avec notre droit d’expression. Nous avons aussi une constitution qui est claire. Au départ, lorsque nous avons parlé de réviser l’article 37, la première position était de dire que c’est anti-constitutionnel.
Aujourd’hui même, les plus tenaces de ceux qui sont contre reconnaissent que juridiquement que c’est possible. S’il y a des pétitions qui sont initiées pour demander qu’on mette l’article 37 au titre des dispositions non-révisables, c’est bien parce qu’on est conscient que cet article est révisable. De même, lorsque l’article a été modifié au moment du collège des Sages où étaient ces personnes qui réclament aujourd’hui qu’on mette cet article au niveau de ceux, non-révisables ? En son temps, le problème n’avait pas été posé. Pourquoi le poser maintenant 10 ans après ? Nous sommes, vous savez dans un Etat présidentialiste. Le peuple est représenté soit par les députés soit par lui-même au référendum. C’est ce que dit notre constitution. Maintenant si les gens se lèvent pour marcher, ils peuvent le faire tous les jours. C’est leur liberté et leur droit tant qu’ils respectent les textes de la République. Lorsqu’on estime qu’on est assez fort pour mobiliser et marcher, on doit aller aux élections, récupérer le pouvoir et le gérer selon la vision qu’on a. C’est ça la démocratie.

De la proposition de la FEDAP/BC d’autoriser les actes de naissance pour les votes à la présidentielle de novembre 2010
Nous n’avons aucun problème avec la FEDAP/BC. Il peut avoir simplement des moments où on n’est pas d’accord sur un point. Pour notre part, nous avons trouvé qu'après avoir adopté ça (CNIB comme seul document à utiliser pour les votes) en accord avec les autres partis de l’opposition représentés au Parlement, il nous paraissait un recul que de revenir sur cette position que nous avons arrêtée. Au niveau du Parlement nous avions trouvé un consensus sur le maintien du statu quo au moment où nous avons initié les réformes politiques. Par la suite, nous avons dit qu’en janvier, nous allons interpeller le gouvernement pour savoir s’ils sont prêts, on vient à la pièce d’identité. Lorsque le Premier ministre a rencontré les députés, la réponse était qu’ils étaient prêts. Alors on a levé le statu quo parce que cette réforme était importante dans un pays où les gens n’avaient même pas d’actes de naissance.
On doit pouvoir admettre dans un premier temps qu’il s’agit d’une réforme à difficulté.
Néanmoins nous sommes pour qu’on continue sur ce terrain-là parce que nous sommes convaincu que d’ici les municipales et les législatives à venir les choses seront bien à point sur le plan du fichier électoral et sur le plan de la transparence, de la mobilisation des populations et des citoyens sur la liste électorale. Il y a des difficultés certes ; mais, ce n’est pas autant que nous devons fuir devant ces difficultés. Il faut les assumer et préparer le terrain pour que nous puissions d’ici là ne plus avoir de problèmes avec le fichier électoral, ni de doutes que ce sont des morts ou des moutons qui ont voté. En effet, ce sont là les divergences que nous avons avec les partis d’opposition et nous pensons qu’il faut lever tous ces voiles pour que l’alternance puisse se faire dans la transparence des urnes. Nous n’avons aucun problème avec la FEDAP/BC nous avons simplement donné notre point de vue tout comme l’a fait la FEDAP/BC.
Chacun gère sa chapelle. La FEDAP/BC est une association et nous un parti politique. Nous ne sommes pas sur les mêmes longueurs d’ondes.o

Angelin DABIRE

 

 

 

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